Archive pour septembre 2017

Olivier Masmonteil accroche ses papillons au restaurant Ledoyen

Deux toiles d’Olivier Masmonteil sont désormais apposées au plafond de l’escalier central du restaurant Ledoyen.

Quand cuisine et peinture se rencontrent…

Des tableaux d’Olivier Masmonteil (peintre exposé par le Musée de La Poste en 2014) viennent d’être accrochés au sein du restaurant Ledoyen, un des lieux phares de la gastronomie parisienne.

Il est des proximités, des parallèles auxquelles on ne songe pas spontanément. Par exemple, distants en apparence, l’art culinaire et l’art pictural auraient-ils ainsi des accointances, des choses en commun ?

Pour Olivier Masmonteil, les deux disciplines ne sont pas étrangères l’une à l’autre, pas si éloignées.

Olivier Masmonteil. (photo Pierre Douaire)

« Dans les ateliers de la Renaissance, des spécialistes des visages, des fleurs, des meubles, des draperies contribuaient aux œuvres conçues par les grands maîtres, la méthode n’a d’ailleurs pas disparu aujourd’hui, rappelle le peintre, de la même manière, dans les cuisines des restaurants de haute gastronomie, depuis des lustres les chefs s’entourent d’experts en sauce, en pâtisserie, de sommeliers, d’écaillers… »

Les tableaux ont été dévoilés jeudi 21 septembre par Yannick Alléno et Olivier Masmonteil, en présence de Jeanne d’Hauteserre, maire du 8ème arrondissement de Paris (à droite sur la photo).

Amateur et collectionneur d’art, Yannick Alléno, le chef triplement étoilé du Pavillon Ledoyen, restaurant « historique » du bas des Champs-Elysées, partage ce sentiment.

Aussi, quand il s’est agi de marquer les 225 ans de l’existence de l’établissement, c’est presque naturellement qu’il a pensé faire appel à un plasticien. Et spécialement à Olivier Masmonteil, dont il connaissait et appréciait le travail.

« On m’a demandé de créer des œuvres destinées à recouvrir les plafonds de l’escalier central du bâtiment, raconte l’artiste, j’avais carte blanche pour ce projet que j’ai finalisé sur place durant le mois d’août. »

Paysagiste, affectionnant de travailler sur de grandes surfaces (il a aussi eu sa période « petits formats »), le peintre a choisi de créer des voûtes de nuages sur lesquelles il a disposé des nuées de papillons.

« Ce thème permettait une grande liberté dans le traitement et le jeu des couleurs, et à travers lui, c’est l’idée de l’éphémère que j’ai voulu mettre en avant, explique-t-il, l’éphémère de la beauté – son renouvellement également -, celui des papillons, des œuvres d’art, et aussi dans ce lieu celui de la gastronomie. »

En 2014, dans le cadre de l’exposition « La tête dans les nuages », proposée par le Musée de La Poste, Olivier Masmonteil avait présenté une série de petits formats paysagers intitulée « Quelle que soit la minute du jour ».

Concevoir une œuvre apposée à l’horizontal au-dessus des convives-visiteurs s’est révélé un exercice singulier.

Le peintre a dû adapter son travail aux différents angles de vue possibles pour regarder les tableaux : du rez-de-chaussée, de l’escalier, de la coursive à l’étage…

« J’ai aussi tenu compte de la lumière particulière du lieu, avec ses zones sombres, ses éclairages artificiels domestiques, ses quelques passages de lumières du jour, précise-t-il, il a fallu positionner les tableaux à plusieurs reprises et procéder à des réajustements de couleurs, de contrastes. »

Dévoilés officiellement hier en présence de l’artiste, les tableaux sont désormais exposés aux clients du restaurant parisien. En approche apéritive ou/et en congé digestif.

Rodolphe Pays

Depuis 1792

L’actuel restaurant Ledoyen a d’abord été une modeste auberge ouverte en 1779 par un nommé Desmazure.

Située à proximité de la place Louis XV – place de la Concorde aujourd’hui -, l’établissement a ensuite été loué à Antoine-Nicolas Doyen (dit aussi Ledoyen) qui l’aménage et l’ouvre en 1792.

Le restaurant reçoit alors fréquemment les membres de la Convention (qui siégeaient tout près, au Jeu de paume du jardin des Tuileries).

Il n’a depuis jamais cessé d’être un lieu prisé. Doté de trois étoiles au Guide Michelin, il est depuis 2014 dirigé par Yannick Alléno, un des chefs les plus réputés de la cuisine Française.

 

Les 10 étapes de la réalisation d’un timbre (volet 2)

Timbre « Journée du timbre 1966 », dessiné et gravé par Pierre Béquet.

Une cinquantaine de timbres en moyenne voit le jour chaque année.

Après le choix officiel des émissions, viennent les étapes de réalisation – au nombre de dix – qui se succèdent jusqu’à ce que le timbre soit collé sur une enveloppe ou glissé dans un album…

Suite – et fin – de la revue de détail de chacune d’elles, illustrée sans retenue par le dessinateur Antoine Chereau.

 

Étape 6 : Les aspects administratifs et juridiques

Afin d’accompagner les artistes appelés a réaliser un timbre, les services de Phil@ poste réunissent des documents qui leur permettent de s’imprégner du thème abordé (les créateurs ont aussi toute latitude pour s’informer du sujet auprès de bibliothèques, sur internet… ).

Autre mission, menée par le service juridique de Phil@poste, établir les contrats avec les artistes, obtenir les accords des ayants droit…

 

L’imprimerie de Phil@poste est installée depuis 1970 à Boulazac, en Dordogne.

Étape 7 : L’impression

L’ensemble des émissions philatéliques françaises est traité à l’imprimerie du groupe La Poste, un site de Phil@poste situé à Boulazac, près de Périgueux (Dordogne).

Une unité de production performante et très complète pouvant prendre en charge tous les types d’impression : taille-douce, offset, héliogravure, mixte et numérique.

L’imprimerie réalise également des documents officiels pour l’État français et diverses entreprises. Elle conçoit aussi des timbres et des produits sécurisés pour plus d’une vingtaine de pays.

 

Étape 8 : Les opérations « Premier jour »

Les manifestations « Premier jour » ou de vente anticipée marquent la date officielle de lancement d’un timbre. Elles sont organisées à Paris et dans des villes de province en lien avec son thème.

Les associations philatéliques à l’origine de la demande d’une émission ou qui l’ont soutenue sont associées à ces opérations.

En ces occasions, les artistes qui ont gravé et/ou dessiné les timbres se prêtent régulièrement à des séances de dédicaces.

 

Étape 9 : La diffusion

La diffusion générale de chaque timbre émis intervient au lendemain des opérations « Premier jour ».

Elle se déroule dans les bureaux de poste, à la boutique Le Carré d’Encre, à celle du Musée de La Poste, sur le www.laposte.fr/ boutique.

Et également par correspondance, auprès du service client de Phil@poste.

 

 Étape 10 : La conservation

Après l’émission d’un timbre, les pièces « artistiques » liées à sa réalisation (poinçons de gravure, dessins, essais de couleur, bons à tirer… ) sont versées par Phil@ poste au Musée de La Poste.

Classées, inventoriées et numérisées, elles sont conservées par le musée pour le compte de l’État et peuvent être présentées dans les collections lors d’expositions temporaires.

Rodolphe Pays

 

Phil@poste, en France et au-delà

Direction opérationnelle à compétence nationale du groupe La Poste rattachée à la branche Services-Courrier-Colis, Phil@poste est en charge de la mise en œuvre des programmes philatéliques et de la réalisation et la promotion des émissions de timbres français.

Phil@poste mène aussi une politique active de développement à l’international. En renforçant notamment son offre de création et de fabrication de timbres auprès des postes étrangères et de produits sécurisés pour diverses entreprises.

Et en développant la vente de timbres français hors des frontières, via un réseau d’agents et sur le site dédié aux philatélistes du monde entier, wopa-stamps.com.

 

Une programmation fixée par arrêté ministériel

L’État a confié à La Poste un droit exclusif d’émission des timbres-poste (ainsi que de toutes les valeurs fiduciaires postales) dans le cadre de l’article 16 de la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990.

C’est le ministre de tutelle de La Poste qui fixe par arrêté la programmation philatélique.

 

Les 5 premières étapes de la réalisation d’un timbre (volet 1), c’est ici : https://ladresseip.wordpress.com/2017/09/19/les-10-etapes-de-la-realisation-dun-timbre-volet-1/

Les 10 étapes de la réalisation d’un timbre (volet 1)

Timbre « Journée du timbre 1966 », dessiné et gravé par Pierre Béquet.

Une cinquantaine de timbres en moyenne voit le jour chaque année.

Après le choix officiel des émissions, viennent les étapes de réalisation – au nombre de dix – qui se succèdent jusqu’à ce que le timbre soit collé sur une enveloppe ou glissé dans un album…

Revue de détail de chacune d’elles, illustrée sans retenue par le dessinateur Antoine Chereau.

 

Etape 1 : Les demandes

Les demandes d’émission de timbre sont chaque année nombreuses (près de 1 000 recensées en 2016). Elles émanent de sources très diverses : associations, élus, représentants officiels d’institutions, de syndicats d’initiative, artistes, familles d’artiste, particuliers…

Les thèmes proposés sont aussi variés : célébrer un personnage, commémorer un événement, marquer un anniversaire, valoriser un savoir-faire, une région, une culture…

Ces demandes sont par principe adressées au ministre de tutelle de La Poste (ministre de l’Économie et des Finances), elles sont ensuite transmises au PDG de La Poste.

C’est Phil@poste, direction à compétence nationale rattachée à la branche Services-Courrier-Colis de l’entreprise publique, qui a en charge l’organisation de la sélection des timbres ainsi que leur conception, fabrication et diffusion.

 

Etape 2 : Recevables ou non ?

Toutes les demandes d’émission de timbre ne sont pas examinées par la commission des programmes philatéliques, dont la mission est de proposer deux fois par an la liste des timbres du programme philatélique français.

Pour être prises en compte, les propositions doivent respecter plusieurs critères : universalité du thème ou du personnage évoqué, lien avec la France, pas de personnalité vivante (il existe quelques exceptions liées à l’histoire – Napoléon III, Philippe Pétain – ou à des choix du public – Jean-Claude Killy, Carl Lewis, Simone Signoret… ), pas de dimension commerciale…

 

Etape 3 : Le choix officiel

C’est la commission des programmes philatéliques qui propose – deux ans à l’avance – les futures émissions parmi les demandes retenues. Elle est composée d’une vingtaine de membres : postiers, collectionneurs, négociants en timbres, responsables d’instances et d’associations philatéliques, personnalités du ministère de la Culture, de la société civile…

Chaque année à deux reprises, en juin et décembre, un arrêté ministériel de l’autorité de tutelle de La Poste (le ministère de l’Économie et des Finances) entérine les propositions de la commission. En moyenne, une cinquantaine de timbres est émise tous les ans.

 

Etape 4 : Illustration, technique d’impression…

Maquette du timbre : création originale, dessin, tableau, détail de tableau, mise en page… ? Technique d’impression : taille-douce, héliogravure, offset, numérique ou mixte… ?

En fonction du thème, les équipes de Phil@ poste décident des types d’illustration et d’impression. Pour reproduire un portrait ou un château « Renaissance », la finesse de la gravure en taille-douce sera souvent privilégiée. Et pour obtenir un rendu de couleurs plus vif, l’option de l’héliogravure sera retenue…

Via son service de veille technologique, Phil@poste peut aussi choisir l’innovation. Comme récemment avec les timbres lenticulaires, en « braille », avec hologramme, odeur de gazon, goût de chocolat…

 

Etape 5 : Quel artiste ?

Pour les timbres en taille-douce, Phil@poste travaille avec une douzaine de graveurs (deux font partie des effectifs de l’imprimerie du groupe La Poste, les autres sont des artistes indépendants).

Le choix s’établit en fonction de l’expérience de chacun, des qualités qu’ils ont démontrées pour réaliser des portraits, des paysages, des bâtiments architecturaux… et des plannings de réalisation.

Lorsqu’un artiste est sollicité (parfois suite à un concours) pour concevoir un dessin ou une mise en page, il propose plusieurs épreuves. Le choix final revient à Phil@poste, qui peut occasionnellement demander des modifications (par exemple l’ajout d’un élément apportant une précision historique).

Autre cas de figure, les œuvres d’art existantes reproduites sur les timbres. Les auteurs – en particulier ceux qui bénéficient de la plus grande notoriété – comme les ayants droit peuvent donner leur avis sur le traitement de l’œuvre retenue, et notamment son impression.

(A suivre).

 Rodolphe Pays

Chereau : jamais méchant, toujours sarcastique

Dessinateur de presse pour de nombreuses publications, Antoine Chereau a aussi mis son talent au service de La Poste. Il y a longtemps assuré des prestations en direct lors de très sérieuses réunions.

Et également produit des dessins pour le site intranet de l’entreprise (dont une sélection avait été exposée en 2013 au Musée de La Poste).

Quels que soient les thèmes abordés – les relations de travail, affectives, les questions de santé, d’éthique, les nouvelles technologies… -, le dessinateur fait mouche à tous les coups.

Jamais méchant, toujours sarcastique. Rien ne lui échappe, ni les travers, ni les dérives de l’air du temps.

La lecture des albums qu’il a publiés déclenche ainsi une hilarité quasi thérapeutique. Celui sur la santé était à mourir de rire. Celui sur le travail incite à remettre cent fois l’ouvrage sur le métier. Celui sur l’égalité ne manquait pas de liberté. Et le petit dernier, sur l’amour, est une partie de plaisirs…

Les quelques dessins que Chereau a réalisés pour ce sujet forment peut-être les prémices d’un futur ouvrage consacré aux timbres et à ses serviteurs…

En savoir plus : http://www.facebook.com/antoinechereau.dessinateurdepresse/

 

Dix tableaux du Musée de La Poste restaurés

Aurélie Allavoine a restauré dix tableaux des XIXe et XXe siècles.

Les œuvres qui seront présentées au public à la réouverture du Musée de La Poste auront pour la plupart été restaurées.

Dernières en date traitées, des toiles des XIXe et début du XXe siècles.

Les campagnes de restauration des œuvres et pièces qui seront exposées à la réouverture du Musée de La Poste vont bon train.

Après les documents d’art graphique, un pigeon voyageur de 1870, les maquettes de bateaux, d’avions, de véhicules, de wagons postaux, les enseignes lumineuses et l’automate 1900 de distribution de timbres – traités successivement depuis l’an dernier -, c’est une dizaine de tableaux qui vient ainsi de subir une cure de rajeunissement.

Une tâche qu’Agnès Mirambet-Paris, la conservatrice en chef du patrimoine en charge des collections, a confié à Aurélie Allavoine, une restauratrice spécialisée.

La restauratrice prépare le réencadrement des toiles qu’elle a traitées.

« Ces huiles sur toile de petit format, pour la plupart du XIXe et du début du XXe siècles, étaient dans un assez bon état global, indique Aurélie Allavoine, certaines avaient cependant subi des dommages, on y observait des lacunes, des écaillages ainsi qu’une oxydation des vernis. »

La première opération effectuée a consisté, à l’aide de solvants à base d’eau, en un nettoyage en règle de chacun des tableaux. Est venue ensuite l’intervention sur les vernis (après des tests pour choisir le solvant le plus adapté).

Les toiles restaurées seront présentées au public à la réouverture du musée.

« J’ai pu conserver ceux de trois toiles et simplement repasser une couche de vernis, explique la restauratrice, mais pour les autres – à travers eux les blancs transparaissaient jaunes, les bleus verts – il a fallu dévernir puis revernir complètement pour retrouver l’état originel. »

Restaient les surfaces où la peinture avait disparu ou était détériorée. « C’étaient des pertes de matière plus ou moins étendues, conséquence de chocs ou de fixations anciennes mal placées, détaille Aurélie Allavoine, il faut alors d’abord préparer la zone touchée et retrouver les bonnes teintes… en anticipant aussi les évolutions des couleurs avec le séchage, les lumières auxquelles elles seront exposées… »

D’autres restaurations sont déjà programmées, celles d’objets en cuir et de textiles notamment…

Rodolphe Pays    

Des détails traités finement

Scènes de relais de poste (postillon en pause, maréchal-ferrant au travail… ), portraits de facteurs… : c’est l’activité postale des siècles derniers qui est racontée à travers la dizaine de tableaux qu’Aurélie Allavoine a restaurée.

« J’ai appris beaucoup de choses sur l’histoire de la Poste, ces toiles sont riches de détails traités finement, raconte la restauratrice, et puis il y avait aussi un tableau amusant décrivant une course de diligences et un autre montrant le départ d’une malle-poste dont le verso est peint d’une représentation nocturne de gitans. »

 


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