La rétrospective consacrée à Bernard Rancillac par le Musée de La Poste ouvre dans quelques jours : entretien avec l’artiste

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(photo M. Lunardelli).

(photo M. Lunardelli).

Dans sa nouvelle exposition, proposée à Paris à l’espace Niemeyer, le Musée de La Poste revisite 50 ans de la carrière de Bernard Rancillac.

Le peintre évoque ici son parcours, ses convictions et revient sur l’événement que constitue cette rétrospective…

La rétrospective que vous consacre le Musée de La Poste couronne une longue suite d’expositions…

Oui, c’est vrai. J’ai eu ma première exposition personnelle à Meknès, quand je faisais mon service militaire là-bas au Maroc en 1953, et ma première exposition à Paris en 1956, il y a donc plus de 60 ans. Depuis lors, bien de l’eau a coulé sous les ponts de la Seine, et bien des expositions de mon travail pictural ont eu lieu.

ranci4Souvent elles réunissaient des toiles que j’avais faites autour d’un thème ou d’un procédé plastique, et elles constituaient des séries. Mais cette fois-ci, il s’agit d’une rétrospective de toute mon œuvre, jusqu’à des toiles très récentes.

Remarquez que je ne dis pas « du début à la fin », parce que j’espère bien encore trouver de l’énergie pour continuer à peindre. La peinture n’est pas pour moi une activité anecdotique, c’est toute ma vie, et c’est elle qui est aujourd’hui offerte au public.

 

ranci3Comment est née cette idée d’exposition avec le Musée de La Poste ?

C’est une idée de la direction du musée, et je tiens à remercier Mauricette Feuillas, sa directrice, Josette Rasle, la commissaire de cette rétrospective que je connais depuis très longtemps, et toute l’équipe qui les entoure.

Je veux aussi remercier l’Espace Niemeyer, qui m’accueille alors que c’est un immeuble magnifique, bien entendu, mais qui n’avait pas été conçu pour recevoir une exposition d’une telle ampleur.

Il y a eu bien des challenges à relever et c’est cela qui m’a passionné : au-delà de la peinture qui est montrée au public dans un lieu classé et chargé d’histoire, il a fallu affronter des difficultés matérielles et techniques. Mais je me suis senti totalement libre, et j’ai été mis en confiance dès le début par des gens – devenus aujourd’hui des amis – qui connaissent la peinture, qui aiment l’art et les artistes.

ranci5Cela a été pour moi un vrai plaisir de travailler avec eux pour préparer cette rétrospective. Même si je suis angoissé de savoir comment le public va réagir et s’il va répondre à notre appel.

 

Votre nom est associé à la Figuration narrative, apparue dans les années 1960. Comment est né ce mouvement ?

Dans ces années-là, c’était la peinture abstraite qui tenait à Paris le haut du pavé, qui était considérée comme d’avant-garde. Et je dois dire que j’ai commencé par faire de la peinture abstraite. Il le fallait bien pour tenter de gagner sa vie.

Mais au fond de moi, je n’étais pas satisfait. Je sentais qu’il fallait, non pas revenir à l’ancienne figuration, mais inventer une nouvelle figuration. Je voulais trouver un art plus attentif à ce qu’était devenue la vie dans ces années qu’on appellera par la suite les « Trente Glorieuses », plus ouvert sur la modernité, sur des réalités, des images et des mythologies du quotidien.

ranci1On allait bientôt parler de « nouvelle vague » pour le cinéma, et avec des amis jeunes peintres – comme Hervé Télémaque, Jan Voss, Peter Klasen et quelques autres – on s’est dit qu’il fallait inventer une « nouvelle figuration », que par la suite le critique d’art Gérald Gassiot-Talabot devait appeler « la figuration narrative ».

Mais passés ces moments forts, chacun a tracé son propre chemin.

 

Vous avez toujours revendiqué un art engagé…

"Le sommier", 1998. Bernard Rancillac, Adagp, Paris 2017. Acrylique sur toile, châlit, outils, 175x125 cm, coll. de l'artiste.

« Le sommier », 1998. Bernard Rancillac, Adagp, Paris 2017.
Acrylique sur toile, châlit, outils, 175×125 cm, coll. de l’artiste.

L’engagement n’a pas été pour moi un « devoir » que je me serais imposé. Mais je lisais les journaux, j’écoutais la radio et je me disais que le monde n’allait pas bien : il y avait – et il y a toujours – des guerres, des massacres, des souffrances, du racisme, des femmes et des enfants qu’on tue, des peuples opprimés…

Il était bien difficile pour un artiste comme moi de ne pas y être sensible et de ne pas en parler avec le langage et les moyens qui étaient les miens.

A vrai dire, le vrai problème n’est pas à mes yeux que je sois un artiste « engagé », mais bien plutôt que le public qui regarde mes toiles se sente parfois si « dégagé » des souffrances du monde.

Et je lui demande : pourquoi l’art devrait-il nous offrir un monde « à part », protégé, et s’abstenir d’évoquer ces questions brûlantes qui nous rongent ? Car enfin les humains sont au monde non pour y survivre, mais pour y bien vivre, non ?

Je regarde autour de moi et je vois que c’est loin d’être ce qui se produit.

 

"Le Muezin", 2013. Bernard Rancillac, Adagp, Paris. Acrylique sur toile, 130x197 cm, coll. de l'artiste.

« Le Muezin », 2013. Bernard Rancillac, Adagp, Paris. Acrylique sur toile, 130×197 cm, coll. de l’artiste.

La Figuration narrative, la façon dont vous l’avez pratiquée, est-ce que le flambeau n’est pas repris par certains street artistes ?

Ce qui est sûr, c’est que ces jeunes gens connaissent le même sort et les mêmes difficultés que nous quand nous étions jeunes.

Ils veulent montrer ce qu’ils font, ils veulent voir leur talent reconnu, et comme on ne leur ouvre pas facilement les portes du petit monde établi de l’art, ils ont choisi de le faire dans la rue, ce qui entraîne souvent pour eux bien des problèmes avec l’Etat, la police ou le voisinage.

Mais rien ni personne ne peut empêcher l’art de s’inventer un destin. La création vivante est une brûlure qui vous pousse impérativement en avant.

 

Quels sont les peintres « classiques » que vous appréciez ?

Il y en a beaucoup. Mais au fond, que m’importent les siècles et les époques, ce qui me passionne ce sont les œuvres. J’aime bien la grande peinture d’histoire, parce que les peintres y traitent des événements marquants – des batailles, des scènes de la vie… – qui parlent directement à leurs contemporains.

Moi aussi, je peins l’actualité qui va devenir l’histoire…

Propos recueillis par Rodolphe Pays

(photos T. Debonnaire)

affiche_expo-resp300« Rancillac / Rétrospective », du 21 février au 7 juin, une exposition du Musée de La Poste proposée à l’espace Niemeyer, 2 place du Colonel Fabien, Paris 19e.

Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 18 h 30 et les samedi et dimanche de 13 h à 18 h (fermé les jours fériés). Entrée libre.

 

Un panorama représentatif

Peintures, objets, affiches, installations, collages… : la rétrospective que le Musée de La Poste consacre au plasticien Bernard Rancillac comporte une centaine d’œuvres réalisées du début des années 1960 à aujourd’hui.

L’exposition présente ainsi un panorama représentatif du parcours de cet artiste engagé, initiateur notamment de la Figuration narrative. 

« L’Art n’est pas fait pour s’endormir le soir dans son lit » (Bernard Rancillac).

 

 

 

 

Rénovation du Musée de La Poste : l’étape la plus longue se poursuit à un rythme soutenu

_tdb9023-resp540La démolition-reconstruction des structures intérieures du Musée de La Poste se poursuit à un rythme soutenu.

C’est l’étape la plus longue et la plus complexe du chantier de rénovation du musée.

Celle qui est aussi susceptible d’occasionner des nuisances sonores pour les riverains.

_tdb9173-resp300Dans la mesure où le projet de rénovation du Musée de La Poste implique la conservation de la coque du bâtiment (les murs extérieurs) et d’une partie des planchers, la démolition-reconstruction des structures intérieures est un exercice obligé.

Ce parti pris technique et architectural est notamment imposé par la préservation de la façade donnant sur le boulevard de Vaugirard, témoin de l’architecture en béton des années 1970.

Les différentes opérations actuellement en cours – peu « spectaculaires » vues de l’extérieur, mais cependant considérables – doivent en conséquence être réalisées de front (la recomposition des espaces intérieurs nécessitant de mener parallèlement le retrait des anciennes structures, la consolidation de celles qui demeurent et l’édification des nouvelles).

travaux2D’où une organisation particulière des tâches, en décalage, afin d’éviter les accidents de travail : démolition le matin, reconstruction l’après-midi et inversement suivant les postes. Un processus qui oblige les équipes du chantier à entamer tôt la journée de travail.

La rénovation du musée avance : fin des travaux et aménagements des espaces muséographiques sont programmés pour le premier semestre 2018.

Rodolphe Pays

(photos Thierry Debonnaire)

_tdb1794-resp300Des dispositifs pour limiter le bruit

Les nuisances sonores du chantier de rénovation du Musée de La Poste sont une préoccupation permanente de Poste Immo, la filiale de La Poste maître d’ouvrage du chantier.

Conscients de la gêne qu’elles occasionnent pour les riverains, Poste Immo et l’entreprise CBC, en charge des travaux, mettent en œuvre des dispositifs pour les limiter.

En particulier des bâches acoustiques : situées sur la façade et placées en périmètre de machines comme le brise roche hydraulique (qui génère beaucoup de bruit).

Des mesures complémentaires sont également prises : utilisation de pince hydraulique – moins bruyante -, de talkie walkie pour réduire les déplacements en ascenseurs et lors des pompages du béton pour éviter les « coups » de klaxon répétitifs des camions toupies, etc.

Le blog prend une pause : prochain rendez-vous, à la mi-février…

 

 

D’un street artiste l’autre : Jace s’apprête à remplacer Kashink sur la palissade du Musée de La Poste

La fresque de Kashink encore visible quelques jours devant le Musée de La Poste.

La fresque de Kashink est encore visible quelques jours devant le Musée de La Poste.

Photo Charles Devoyer

Kashink en action (Photo Charles Devoyer).

Katre, SP 38, Lenz, Kashink et prochainement Jace…

Les street artistes se succèdent devant le Musée de La Poste.

Pour le plus grand plaisir des passants et des riverains du quartier.

Presque un an déjà que des street artistes investissent les uns après les autres la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

L'affichiste SP 38 devant sa fresque.

L’affichiste SP 38 devant sa fresque.

Katre avait ouvert la voie au printemps 2016, suivi dans la foulée tout l’été par l’affichiste SP 38.

Le toulousain Lenz avait ensuite pris le relais avant que Kashink ne délivre à son tour en fin d’année ses messages haut en couleur.

L’idée était simple : le musée étant fermé pour travaux (mais cependant « ouvert » hors les murs), à défaut de voir des œuvres à l’intérieur, on en montre à l’extérieur.

Le principe de ces réalisations successives se poursuivra pendant toute la durée du chantier.

Une oeuvre de Jace dès la mi-février sur la palissade du musée.

Une oeuvre de Jace sera réalisée mi-février sur la palissade du musée.

Plus que quelques jours pour voir la fresque de Kashink, le travail de la jeune artiste sera bientôt recouvert. Et remplacé à la mi-février par celui de Jace, artiste normand installé depuis des lustres sur l’île de La Réunion.

Là-bas, comme sur tous les continents, il appose sur les murs ses fameux « gouzous », personnages sans traits, avec un peu d’embonpoint, qui portent sur le monde un regard décalé, poétique, humoristique…

A voir dans quelques jours…

Rodolphe Pays

La fresque de Jace sera visible devant le Musée de La Poste, 34 boulevard de Vaugirard, Paris 15ème, du 15 février au 12 juin.

 

Le 27 janvier 1967 disparaissait le Maréchal Juin

Timbre "Alphonse Juin/Maréchal de France/1888-1967", dessiné et gravé par Pierre Gandon (1970).

Timbre « Alphonse Juin/Maréchal de France/1888-1967 », dessiné et gravé par Pierre Gandon (1970).

Il y a tout juste un demi-siècle, s’éteignait Alphonse Juin, l’enfant d’Algérie devenu Maréchal de France. Trois ans après sa disparition, un timbre honorait sa mémoire.

Retour sur un parcours hors du commun…

« J’en suis de ce peuplement. Et par toutes mes fibres. » Né en Algérie le 16 décembre 1888, Alphonse Juin restera sa vie entière fidèle à la terre où il a vu le jour et où il a grandi. A la Tunisie et au Maroc aussi, où, devenu militaire, le futur Maréchal de France sera affecté pour de longues périodes.

Alphonse Juin à Saint-Cyr.

Alphonse Juin à Saint-Cyr.

Le jeune Alphonse passe son enfance dans la région de Constantine. Père gendarme, originaire de Vendée, mère corse…

L’armée, il l’intègre par la « petite » porte en 1909. Par un engagement de quatre ans comme soldat de 2ème classe au premier régiment de zouaves d’Alger. Il ne tarde pas à gravir les échelons. Caporal, sergent…

« Sujet exceptionnel, s’il continue comme cela, il ira certainement loin », dit de lui son capitaine. L’officier ne s’était pas trompé. En 1912, Alphonse Juin sort major de Saint-Cyr (promotion dont était également issu Charles de Gaulle).

Eclate alors la Première Guerre mondiale. Devenu lieutenant, Alphonse Juin participe au sein de la brigade marocaine du général Ditte aux combats de la Marne. Blessé ensuite en Champagne, il perdra définitivement l’usage de son bras droit. Huit mois plus tard, il est de nouveau sur le front. Et est promu capitaine en avril 1916.

En opération lors de le Seconde Guerre mondiale...

En opération lors de le Seconde Guerre mondiale…

La guerre terminée, il rejoint l’école de guerre… où compte tenu de ses qualités, il est maintenu en tant que professeur stagiaire. Il servira ensuite en Afrique du nord sous les ordres de Lyautey.

Son ascension se poursuit : 1932, il accède au grade de lieutenant-colonel, en 1935 à celui de colonel. Et en 1938, il devient général de brigade.

La Seconde Guerre mondiale est déclarée. Alphonse Juin, encerclé dans la poche de Lille, est fait prisonnier. Il sera libéré en juin 41. Désormais général de division, il est alors nommé par Vichy adjoint au commandant des troupes du Maroc. Sa carrière se poursuit : il devient général de corps d’armée et prend la tête des forces françaises d’Afrique du Nord.

juin5C’est le début d’une période difficile pour lui. Comment concilier sa loyauté militaire et l’espoir que fait naître le débarquement des alliés en Afrique du nord.

Son ancien condisciple de Saint-Cyr lui accorde sa confiance : en 1943, De Gaulle le nomme à la tête du corps expéditionnaire d’Italie. Juin et ses troupes joueront un grand rôle dans la libération de la « botte » : au Monte-Cassino, près du fleuve Garigliano…

Le 25 août 1944, il entrera aux côtés de Charles de Gaulle dans Paris. Et au printemps 1947, retournera en Afrique du nord, comme résident général au Maroc. En 1952, c’est l’aboutissement de sa carrière militaire : il est élevé le 14 juillet à la dignité de Maréchal de France.

Les fuérailles d'Alphonse Juin, le 19 février 1967 à Paris (photo Jacques Boissay/AKG-images).

Les funérailles d’Alphonse Juin, le 19 février 1967 à Paris (photo Jacques Boissay/AKG-images).

La suite sera moins heureuse pour lui. Son désaccord avec De Gaulle à propos de l’Algérie lui vaudra une mise à l’écart totale de la vie publique par son ex-camarade de Saint-Cyr (que de toutes les personnalités de l’époque Juin était le seul à tutoyer).

Alphonse Juin s’est éteint le 27 janvier 1967 à Paris. Un timbre à son effigie lui sera consacré trois ans plus tard. Tout juste un demi-siècle après sa disparition, qui se souvient encore du 2ème classe devenu Maréchal de France ?

Rodolphe Pays

Rancillac, street art, « Automate 1900 »… : L’Adresse-LeMag fait le tour de l’actualité du Musée de La Poste

unknown-2Expos, street art, restaurations d’œuvres, histoires de timbres… : l’actualité du Musée de La Poste est dans le nouveau numéro de L’Adresse-LeMag.

Expositions de photos d’exploration urbaine, expositions de fac-similés de pièces des collections et présentations historiques itinérantes, acquisitions et prêts d’objets, partenariats, animations pour les scolaires et les seniors, présence commerciale renforcée… : l’activité du Musée de La Poste ne s’est pas ralentie en 2016.

L‘année qui s’ouvre confirme la tendance. De nouveaux événements culturels et historiques sont programmés, d’autres initiatives menées conjointement avec diverses institutions (associations, hôpitaux… ) seront menées, la présence des conférenciers du musée lemag-30_page_2dans les écoles et les maisons de retraite ne se démentira pas…

Le nouveau numéro de L’Adresse-LeMag, la publication grand public du musée, donne un aperçu des actions ainsi programmées dans les semaines et les mois qui viennent.

A travers un entretien avec l’artiste, le magazine évoque notamment la rétrospective consacrée au peintre Bernard Rancillac. Un événement que le musée organise à partir de février à Paris, au sein de l’espace Niemeyer.

Peinture toujours, avec les fresques de street artistes qui se succèdent sur la palissade du chantier de rénovation du musée. Kashink, dont l’œuvre est visible jusqu’à la mi-février, explique dans un billet sa démarche et livre quelques clefs sur le sens de son travail.

lemag-30_page_6Les restaurations de pièces des collections (en particulier celles qui seront présentées au public à la réouverture du musée) se poursuivent.

Un reportage permet de suivre celle de « l’automate 1900 », un distributeur de timbres et de cartes en usage à la poste du Louvre au début du XXe siècle.

Egalement dans les colonnes de LeMag : les nouvelles Histoires de timbres, films courts produits par le musée et diffusés sur plusieurs chaînes de télévision, les animations, les prêts de pièces de collections du musée à d’autres institutions culturelles, l’offre pour tous de la boutique…

Bonne lecture.

Rodolphe Pays

unknown-2Diffusé par abonnement, « L’Adresse-LeMag » est également disponible à la boutique du Musée de La Poste (21 avenue du Maine, Paris 15ème).

Ainsi qu’à l’espace Niemeyer pendant toute la durée de la rétrospective « Rancillac ». 

La revue est aussi téléchargeable sur le site internet du musée : ladressemuseedelaposte.fr (rubrique « Focus »).

unknown-3Supplément « travaux »

Comme dans chacune de ses éditions, « L’Adresse-LeMag » comporte un encart consacré aux travaux de transformation du musée.

Baptisé « 34 Bd de Vaugirard », ce supplément de 4 pages fait le point sur l’avancée du chantier, les mesures prises pour limiter les nuisances, le calendrier…

 

 

Restauration des collections du Musée de La Poste : « l’automate 1900 » comme à la Belle Epoque

img_5890« L’automate 1900 » est une des pièces les plus emblématiques des collections du Musée de La Poste…

Ce distributeur de timbres et de cartes vient d’être restauré par un des meilleurs spécialistes de ce type de mécanismes.

« C’est un objet très technique, très innovant, il y a des dispositifs réellement subtils, des systèmes que je ne connaissais pas, incroyablement ingénieux, c’est vraiment une pièce superbe. »

Le Musée de La Poste a confié à Klaus Lorenz le soin de restaurer son distributeur de timbres et de cartes-lettres, "l'automate 1900".

Le Musée de La Poste a confié à Klaus Lorenz le soin de restaurer son distributeur de timbres et de cartes-lettres, « l’automate 1900 ».

Klaus Lorenz n’en finit pas de s’émerveiller en recensant les différents mécanismes de l’automate de distribution de timbres et de cartes-lettres (les « ancêtres » des cartes postales) dont le Musée de La Poste lui a confié la restauration.

Et pourtant, des automates il en a vu beaucoup d’autres, depuis les dizaines d’années que des musées et des particuliers de France et d’ailleurs font appel à ses services.

Celui dont il s’est occupé est il est vrai un des joyaux des collections du musée. Réalisé par des ingénieurs « maison » pour l’exposition universelle de 1900 à Paris, il a été en service au début du XXe siècle à la mythique poste du Louvre, au cœur de Paris (la restauration entreprise a confirmé cette utilisation opérationnelle).

Un distributeur de timbres et de carte

Un distributeur automatique de timbres équipé d’un pèse-lettre sophistiqué.

Un distributeur automatique, équipé d’un pèse-lettre, d’un humecteur de timbre, qui rejette la monnaie non autorisée… : la prouesse technologique devait être appréciée par les « usagers » de l’époque.

Longtemps présenté dans les salles d’exposition du musée, ce bel exemple de mobilier urbain des PTT d’alors avait forcément souffert des outrages du temps. Une restauration s’imposait.

« J’ai d’abord fait un diagnostic, l’appareil était encrassé, il ne fonctionnait plus, explique Klaus Lorenz, et les interventions précédentes avaient elles-aussi vieilli. »

img_5874En l’absence de toute documentation sur l’automate, le restaurateur a travaillé selon son habitude, en technicien expérimenté.

« J’ai observé, j’ai démonté, j’ai vu quels matériaux avaient été utilisés, beaucoup d’alliages cuivreux, de l’aluminium, de l’acier aussi, détaille-t-il, dans ce type de situation, j’essaie toujours de comprendre comment ça a été assemblé, conçu, quelle dégradation a pu s’installer. »

img_5878C’est là que Klaus Lorenz a découvert l’habileté et l’ingéniosité des concepteurs de la machine.

« Le système de soufflerie qui permet de délivrer les timbres et les cartes est remarquable, comme celui du pèse-lettre, qui grâce à des anneaux superposés indique le tarif d’affranchissement en fonction du poids de la correspondance, apprécie le restaurateur, idem pour le débrayage des tambours de distribution des timbres et cartes et le levier automatique qui bloque l’introduction de monnaie lorsque l’appareil est en rupture de stock. »

img_5892Plutôt que de réactiver les fonctionnalités de l’automate (qui n’a plus vocation à être utilisé), c’est une remise en état de toutes ses composantes – pesée, distribution, monnayeur, socle… – qui a été demandée à Klaus Lorenz.

Beaucoup d’interventions ont ainsi été nécessaires : nettoyage, réparation et fabrication de pièces, réglages, comblement de fissures…

« Chaque élément a été traité et pour finir lubrifié, conclut Klaus Lorenz, pour cette dernière opération, j’ai choisi un produit visqueux plutôt que fluide, l’appareil n’étant pas destiné à fonctionner, la protection sera ainsi supérieure. »

Avec le même intérêt que les usagers de la Belle Epoque, les visiteurs pourront à nouveau admirer « L’automate 1900 » à la réouverture du musée.

Rodolphe Pays

img_5888Klaus Lorenz : restaurateur sans frontière

La notoriété de Klaus Lorenz dépasse largement les frontières. Sa connaissance des automates, sa capacité à « lire » leurs mécanismes, ses savoir-faire sont depuis des années reconnus dans beaucoup d’endroits du monde. Bien avant que ses qualités et expériences professionnelles ne s’exportent, il s’était lui-même déjà affranchi des frontières.

C’est comme une seconde nature pour ce natif de Leipzig, ville située au cœur de ce qui était alors l’Allemagne de l’est. L’homme a de qui tenir. Père et grand-père ingénieur. Klaus Lorenz, lui, ne poursuivra pas aussi longtemps qu’eux ses études. Trop indépendant pour le système, il sera dirigé vers l’apprentissage.

Le retaurateur dans une (petite) partie de son atelier situé dans un village du Lot.

Le restaurateur dans une (petite) partie de son atelier situé dans un village du Lot.

Il sera mécanicien, « hydrauliste », travaillera à l’entretien des équipements du chemin de fer.

« Jeune, je me suis aussi passionné pour la pendulerie, raconte-t-il, à Leipzig, il y avait une abondante littérature sur l’horlogerie, je m’y suis frotté en comprenant la technique. »

Curieux de tout, il s’inscrira aussi à un club de préhistoire, avec lequel il pratiquera des fouilles archéologiques.

« J’ai ensuite rejoint un atelier de restauration à Dresde, poursuit-il, on travaillait pour le musée des Transports, il y avait toutes sortes de véhicules – locomotives, voitures… -, des maquettes, j’ai beaucoup œuvré aussi alors sur des vélos. »

Une autre partie de l'atelier...

Une autre partie de l’atelier…

Passage « à l’ouest ». Klaus Lorenz rejoint Nuremberg. Fait un stage d’anglais (il ne parle alors que l’allemand et le russe, appris à l’école de la RDA). Monte un atelier de restauration.

« On travaillait pour des particuliers et pour les monuments historiques, se souvient-il, on s’occupait de statues de métal, de serrures… » L’expérience dure deux ans. Et tourne court. « Trop  simple , trop tranquille… »

D'autres outil...

D’autres outils…

Klaus aime le contact, discuter, échanger, apprendre… Frontière à nouveau. Il avait des amis qui étaient d’Annecy, il est parti pour la Haute-Savoie.

« Je suis tombé sur des gens super, des assos, des personnes qui m’ont aidé ». Pas si facile au début. C’était l’époque des TUC, les travaux d’utilité collective.

Klaus renoue un temps avec ses premières amours, des fouilles archéologiques, romaines. « J’ai appris le français, je suis devenu vacataire scientifique, se rappelle-t-il, je montrais aux stagiaires comment préserver les objets, travailler avec eux. » Petit à petit, il décroche des contrats.

Au sein de l'atelier qui porte son nom, Klaus Lorenz travaille avec son épouse Catherine, décoratrice, spécialiste en peinture, dorure et cires.

Au sein de l’atelier qui porte son nom, Klaus Lorenz travaille avec son épouse Catherine, décoratrice, spécialiste en peinture, dorure et cires.

Pour le musée du château d’Annecy notamment, où on lui confie la restauration de pièces en métal.

Il rencontre alors une équipe de restaurateurs de peinture murales, achète des bouquins, apprend la maçonnerie. Il postule pour un job à Genève. Mais là, ça n’a pas marché. « Ils voulaient des suisses », sourit-il.

Et tout bascule. Le conservateur des musées du Lot le contacte alors pour lui proposer une tâche qui se révélera déterminante pour la suite : s’occuper des collections de Décamps, la célèbre maison de fabrication d’automates, présentées dans un musée du département, à Souillac.

img_5885« Je suis devenu le restaurateur de ces collections, explique Klaus, des centaines de pièces à restaurer, à surveiller. » Un nouvel apprentissage pour ce boulimique de connaissances.

Déjà 25 ans qu’il travaille pour ce musée. Parallèlement, il a aussi collaboré directement avec la maison Décamps (jusqu’à sa fermeture en 1997), pour la Colline de l’automobile, à la Défense, près de Paris, pour des particuliers…

« J’ai voyagé dans le monde entier pour restaurer des collections d’automates privées », évoque sans forfanterie Klaus. Toujours indépendant, il n’accepte pas tout ce qu’on lui propose. Au musée des automates et du jouet de Neuilly-sur-Seine, il dit non (« C’était pas mon optique »). En revanche, il s’occupe aussi depuis longtemps des collections de poupées automates du musée de Monaco.

« Les objets ne gardent pas leurs secrets, je parviens à les lire, ajoute-t-il, quand j’en observe un, j’imagine comment il aurait pu être autrement, par cette comparaison, on peut comprendre la démarche du créateur, sa logique. » Toujours passionné et affable, Klaus Lorenz a tout de même une inquiétude : que l’on ne se donne pas les moyens de restaurer de façon éthique.

Autrement dit, quelle frontière cette fois, ne pas franchir…

R. P.

Contact :

Atelier Lorenz : 05 65 32 61 91 ou atelierlorenz@aol.com

La boutique du Musée de La Poste : une offre originale, diverse et de belle qualité

_tdb1332Objets issus des collections, catalogues d’exposition, ouvrages d’art, beaux timbres…

La boutique du Musée de La Poste propose des produits pour tous les goûts et toutes les générations.

Ainsi que des soldes importants jusqu’au 21 février…

_tdb1331Les produits dérivés

Cabas, housses d’ordinateurs, sacs à dos, besaces… , en toile de – vrai – sac postal ; figurines artisanales reproduisant un messager du roi de la fin du Moyen-Age, un facteur « 1900 »… ; bijoux – bagues, pendentifs… – ornés d’anciens logos de la Poste, de bottes de postillon, de ballon _tdb1344postal stylisés… ; magnets, tapis de souris, étuis de cartes de visite illustrés d’une scène postale.

Créés en lien avec les collections du musée, tous ces articles sont autant de cadeaux originaux et de belle qualité.

_tdb1348Les livres

A chacune de ses expositions ou presque, le Musée de La Poste édite un catalogue. A l’automne, c’était celui accompagnant Temps suspendu, un accrochage de photographies dédié à l’exploration urbaine ; dès février ce sera celui associé à la rétrospective consacrée au peintre Bernard Rancillac.

_tdb1335La boutique du musée propose ainsi une gamme de catalogues et d’ouvrages d’art – et beaucoup d’autres livres – à l’intention de lecteurs passionnés par la culture.

Les timbres

_tdb1325_1Si toutes les émissions philatéliques de l’année sont vendues à la boutique du Musée de La Poste, beaucoup d’autres beaux timbres y sont également disponibles.

Via des carnets à thèmes notamment (« Reflets et paysages du monde », « Correspondances planétaires »… ).

Et aussi sous formes de collectors réalisés à l’occasion des expositions actuelles et précédentes organisées par le musée.

Et une exclusivité : la boutique propose la philatélie des départements et territoires d’outre-mer ainsi qu’une vignette libre-service d’affranchissement (LISA) illustrée d’une chaise de poste.

Et aussi

_tdb1358La boutique du musée propose par ailleurs des articles liées à l’écriture (papier à lettre, enveloppes, stylos, agendas… ), au vélo (stickers, sonnettes… ), une large gamme de cartes (vœux, événements, humour avec Plonk & Replonk… ).

Rodolphe Pays

(Photos Thierry Debonnaire)

La boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15 ème, ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 18 h (fermé les samedi, dimanche et jours fériés). Tél. 01 53 71 98 49.

 

_tdb1314Des soldes aussi

Jusqu’au 21 février, la boutique du musée se met à l’heure des soldes.

Tout est à moins 30%, exceptés les livres, la philatélie et les objets signalés.


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