Maquettes de malles-poste, wagons et avions postaux : les restauratrices rendent leurs copies

Le Musée de La Poste a confié à Emilie Rouquié et Dalila Druesnes le soin de restaurer une vingtaine de ses modèles réduits, malles-poste, wagons et avions postaux.

Le Musée de La Poste a confié à Emilie Rouquié et Dalila Druesnes la restauration d’une vingtaine de ses modèles réduits, malles-poste, wagons et avions postaux.

Le musée poursuit ses campagnes de restauration.

Celle concernant les modèles réduits de malles-poste, wagons et avions postaux vient de s’achever.

C’est parfois avec des yeux d’enfants que les visiteurs du Musée de La Poste observent les modèles réduits exposés dans ses collections.

Non sans raison, les maquettes de malles-poste, wagons et avions postaux, avec la finesse de leur aménagement intérieur, leur décoration, leur multitude d’accessoires délicats, renvoient aux jeux du passé, à la maison de poupée, aux projections aventureuses…

img_5133Emilie Rouquié et Dalila Druesnes, les deux restauratrices à qui le musée a confié une vingtaine de ces modèles réduits, ont elles posé un autre regard sur ces objets d’abord porteurs d’histoire.

« La plupart des pièces étaient très empoussiérées, et certaines, malgré les précautions prises, avaient fini par s’encrasser, indique Emilie, spécialisée dans la restauration des objets en métal, on avait aussi constaté des déformations et des écaillages de peinture, des éléments fracturés, voire manquants. »

img_5136Le diagnostic posé, restait à déterminer les solutions. Pas toujours les mêmes selon l’objet, son état, son « âge » (certaines reproductions datent du XIXe siècle, d’autres sont plus récentes), l‘ampleur des opérations nécessaires.

« Il faut penser à différentes possibilités, parfois essayer, puis selon le résultat obtenu prendre une autre décision, poursuit Emilie, en particulier sur des objets composites tels que ces maquettes, les problématiques sont multiples. »

img_5142Si beaucoup de ces modèles réduits sont en effet constitués d’une base métallique, bien d’autres matériaux – souvent fidèles à ceux des véhicules d’origine – ont permis leur réalisation : bois pour le mobilier, plastique transparent pour les vitres, parchemin pour les sacs postaux, tissus pour les rideaux…

Wagon postal fabriqué en1880 ou « type 1926 », avion Junker construit en 1952… , à eux et à tous les autres Emilie a rendu – via nettoyage, remise en forme, reconstitution… – leur apparence originelle.

img_5128Et Dalila, la restauratrice « peinture », a restitué leurs couleurs.

« La difficulté, c’est toujours de trouver la bonne teinte, d’obtenir le même rendu, d’appréhender les modifications liées au séchage, explique-t-elle, dans ce domaine, la chimie intervient pour beaucoup. »

Les maquettes ont aujourd’hui réintégré leurs réserves. Pour certaines d’entre elles, en attendant d’être présentées à la réouverture du musée au sein des collections.

Rodolphe Pays

 

A chaque restauration son rapport

En matière de restauration, toute intervention doit être répertoriée… et réversible. Emilie Rouquié et Dalila Druesnes ont ainsi indiqué dans leur rapport le détail des opérations qu’elles ont effectuées – options choisies, produits employés… – sur les modèles réduits du Musée de La Poste.

Des informations illustrées de photos réalisées à chacune des étapes de leur travail. Dans ces rapports sont également susceptibles de figurer des signalements et préconisations émis par les restaurateurs.

Société des Amis du Musée de La Poste : quand des timbres racontent l’Histoire du Cameroun…

img_5747Quelques-unes des étapes de l’Histoire du Cameroun depuis près de 150 ans… C’est ce que retrace, timbres et documents postaux à l’appui, un article publié dans la nouvelle édition de Relais, la revue de la Société des Amis du Musée de La Poste (SAMP).

Il y a d’abord les timbres de la poste Allemande. De la fin du XIXe siècle, lorsque le Reich avait fait du Cameroun – « pour protéger ses intérêts » – un protectorat. Avec le cachet « Kamerun », ceux communs à plusieurs colonies allemandes où figure le « yacht  des Hohenzollern »…

img_5750Et puis ceux émis à l’occasion de la défaite allemande lors de la Grande Guerre, frappés du tampon « Corps expéditionnaire franco-anglais – Cameroun ».

Les mandats-poste aussi. Ceux de l’Etat sous tutelle du Cameroun, de l’Etat du Cameroun, de la République du Cameroun, de la République fédérale du Cameroun, de la République fédérale du Cameroun-Federal Republic of Cameroon, de la République unie du Cameroun…

Autant de timbres et de formulaires postaux qui rappellent plus d’un siècle de l’Histoire de ce pays, voisin du Nigéria à l‘ouest et de la République centrafricaine à l’est. Portugais, Néerlandais, Allemands avaient depuis longtemps débarqué dans cette région d’Afrique. Pour y commercer. La traite négrière, l’occidentale et l’orientale, y a aussi été pratiquée.

timbre_texte_proclamationPour maintenir et développer leur présence au Cameroun, c’est en 1884 que l’Allemagne décide d’en faire un protectorat. Une domination qui cessera après sa défaite à l’issue de la Première Guerre mondiale.

La Société des Nations (future ONU) décide alors de placer le Cameroun sous tutelle du Royaume-Uni et de la France. Les Britanniques occupant l’ouest du pays et les Français l’est.

L’indépendance la zone administrée par la France interviendra en 1960 (et celle de la zone anglaise l’année suivante). Et c’est depuis lors la poste du Cameroun qui marque via ses timbres les étapes de l’Histoire du pays…

Rodolphe Pays

img_5751Tout le sommaire de « Relais », la revue trimestrielle de la Société des Amis du Musée de La Poste (SAMP) sur http://samp.unblog.fr.

Pour prendre contact avec l’association :

SAMP, 34 bd de Vaugirard, 75731 PARIS CEDEX 15.

 

24 millions d’habitants

110px-flag_of_cameroon-svgAvant la colonisation, diverses formes d’organisations sociales existaient dans ce qui forme aujourd’hui le Cameroun : royaumes (Bamoun, Adamaoua, Garoua… ), ethnies nomades…

220px-carte_cameroun_francaisLe pays compte aujourd’hui environ 24 millions d’habitants (plus de 2 millions d’entre eux vivent à Yaoundé, la capitale).

Le Cameroun est membre de l’Organisation internationale de la francophonie et du Commonwealth.

 

Mangas : deux timbres accompagnent le nouvel opus des « Légendaires » de Patrick Sobral

"Les légendaires", de Patrick Sobral (Editions Delcourt).

« Les légendaires », de Patrick Sobral (Editions Delcourt).

Bonne nouvelle pour les amateurs de mangas : La Poste édite deux timbres à l’effigie des héros de la BD Les légendaires.

En 2003, le scénariste et dessinateur Patrick Sobral propose aux éditions Delcourt de publier une bande dessinée influencée par les mangas japonais. C’est la naissance d’une longue série d’albums de « manfras » (contraction de manga et français) regroupée sous la bannière « Les légendaires ».

poste-2016-96Une saga qui raconte les aventures d’un groupe de héros – Danaël, Gryf, Jadina, Shimy et Razzia – plongés dans un monde médiéval et fantastique où, après une catastrophe, toute la population est retombée en enfance. Artémus le légendaire, 19ème épisode de la série, sort dans quelques jours.

poste-2016-97Pour accompagner la parution de ce nouveau tome, La Poste émet deux timbres et deux visuels d’accompagnement dessinés par Patrick Sobral (des créations originales). Un diptyque sur lequel on retrouve les 5 personnages principaux de la BD.

Ainsi, sur la vignette de droite, qu’un QR Code permettant de visionner un cours de dessin proposé par Patrick Sobral, des extraits de la BD et une vidéo animée présentant les héros.

lire-a-limoges-2014_1817127Né en 1972 à Limoges, l’auteur a connu un choc en regardant la série TV Les Chevaliers du Zodiaque. Il ne s’en remettra jamais. Il décroche d’abord un CAP de dessin et devient… décorateur de porcelaine.

Mais il n’oublie pas les mangas, dont le succès ne fait que croître, et, alors que l’industrie de la porcelaine s’essouffle, il décide de se lancer dans le 9ème art. Et en particulier dans les mangas à la française.

Bien lui en a pris : près de 5 millions d’albums des Légendaires ont été vendus depuis leur création en 2004…

Rodolphe Pays

"Les légendaires", de Patrick Sobral (Editions Delcourt).

« Les légendaires », de Patrick Sobral (Editions Delcourt).

Timbres « Les légendaires », auteur Patrick Sobral, mise en page Mathilde Laurent, impression héliogravure. Diptyque disponible à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème (tél. : 01 53 71 98 49), ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 18 h.

 

 

 

Manga : dès le XVIIIe siècle

Hokusai, autoportrait.

Hokusai, autoportrait.

Le terme manga apparaît au Japon à la fin du XVIIIe siècle. Il peut être traduit par l’expression « dessin libre » (ga = dessin, man = divertissant, sans but). Le peintre et dessinateur japonais Hokusai utilisera en 1814 le terme pour titrer un de ses ouvrages reproduisant des estampes « grotesques ».

Les mangas contemporains se développeront après la deuxième Guerre mondiale. Avec les codes toujours en vigueur aujourd’hui : utilisation fréquente du noir et blanc, personnages aux traits occidentaux, décors de scène minimalistes, expression caricaturée des visages, découpage cinématographique… ).

 

C215 : « Les boîtes aux lettres, c’est un support universel, un bien commun »

C215, le 8 septembre dernier, lors d'une séance de dédicace organisée au "Carré d'encre", la boutique de Phil@poste, à l'occasion de la sortie du timbre émis pour le centenaire de la naissance de Léo Ferré.

C215, le 8 septembre dernier, lors d’une séance de dédicaces organisée au « Carré d’encre », la boutique de Phil@poste, à l’occasion de la sortie du timbre émis pour le centenaire de la naissance de Léo Ferré.

C215 entretient depuis quelques années un rapport privilégié avec l’univers postal. A travers les boîtes aux lettres qu’il personnalise un peu partout en France et dans le monde. A travers les timbres aussi désormais.

Il évoque cette proximité…

« Mes premiers contacts professionnels avec La Poste datent en particulier de l’opération PAINT B.A.L., menée en 2012. Il s’agissait de travailler sur des boîtes aux lettres publiques, ensuite présentées au Musée de La Poste puis mises aux enchères au profit de la restauration d’une fresque que Keith Haring avait réalisée pour l’hôpital Necker à Paris. Avec une quarantaine d’autres street artistes, j’avais été associé à l’événement.

audeladuEt puis l’année d’après, j’ai participé à l’exposition Au-delà du street art organisée par le Musée La Poste. Avec un grand portrait réalisé sur place et une boîte aux lettres peinte.

Les gens qui s’occupent de la philatélie au sein de La Poste ont été intéressés par mon travail. Ils m’ont proposé de réaliser le timbre Break Dance à l’occasion de la Fête du Timbre de l’automne 2014. Et puis ils m’ont à nouveau contacté pour que je dessine le timbre émis début septembre pour le centième anniversaire de la naissance de Léo Ferré.

ferreLa famille du chanteur m’a fourni des photos, j’ai choisi l’une d’elles pour l’expression du visage et pour ce qu’elle permettait techniquement. Et j’ai aussi voulu que cette œuvre figure dans la rue, à Ivry-sur-Seine. Ferré, c’est une tradition que j’aime, celle des poètes, des chanteurs populaires, libres, engagés…

A travers ce dessin, j’ai voulu montrer ça, et puis aussi faire apparaître le rouge, le noir, les couleurs de l’anarchie… D’autres projets de timbres pourraient voir le jour…

En liaison avec La Poste, je continue toujours à peindre des boîtes aux lettres personnalisées. Il y en a une vingtaine à Vincennes, autant à Mulhouse. Ca forme des parcours que les gens suivent avec des cartes, à pied, en vélo… Dans des gares aussi…

A Ivry-sur-Seine...

A Ivry-sur-Seine…

Ces boîtes, c’est un support universel, un bien commun, j’en ai également fait à Louviers, en Belgique, à Rabat, pour le Musée de la Poste du Maroc. Bientôt à Saint-Pétersbourg… »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Timbre « Léo Ferré 1916-1993 », création C215, d’après une photo d’Hubert Grooteclaes. Disponible à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème (tél. : 01 53 71 98 49).

 

Pascal Roman : la retraite du Musée de La Poste à livres toujours ouverts

tdb_6643Le Musée de La Poste, ses collections, ses expositions, ses animations, sa boutique… Et ses hommes et ses femmes, au service de l’histoire, de la culture, du partage… Parmi eux, l’historien du musée, le « guide suprême », Pascal Roman.

A l’occasion de son départ à la retraite, portrait d’un érudit comme on n’en fait plus guère. Doublé d’un homme drôle et éminemment sympathique…

Pascal… Michel Fugain avait déjà tout dit, tout résumé : « c’est un long roman, c’est une belle histoire… » On pourrait aussi y ajouter le « j’ai tout lu, tout vu, tout bu » de Jacques Dutronc, en se passant cependant – et pour cause – du second degré. Parce que tout simplement c’est vrai : une culture aussi encyclopédique, ça ne court plus guère les rues…

logosampLe guide « suprême » (et bien plus que ça… ) du Musée de La Poste tire sa révérence, fait valoir ses droits à la retraite comme on dit. Sans cependant décrocher tout à fait. Les visiteurs et les collaborateurs du musée ne s’en plaindront pas : l’homme gardera un pied dans la place, en appuis ponctuels – bienvenus et attendus – et au sein de la Société des amis du Musée de La Poste (SAMP).

C'est à Saint-Mandé (alors département de la Seine) que Pascal Roman a vu le jour.

C’est à Saint-Mandé (alors département de la Seine) que Pascal Roman a vu le jour.

L’histoire a démarré aux portes est de Paris, à Saint-Mandé, dans ce qui était alors le département de la Seine. On connaît l’humour de Pascal, sa façon de ne pas se prendre au sérieux, sa manière de ne pas craindre de dire les choses, tout en évitant soigneusement de blesser.

Doit-il cette humeur souriante, cette causticité douce – mais pas lisse -, cette empathie permanente à la fréquentation aux premiers jours d’un peut-être voisin de maternité, le comédien et humoriste Marc Jolivet, né au même endroit, au même moment, lui-aussi drôle, curieux et bienveillant.

La plage du Château Vert à Philippeville, en Algérie, ville où l'historien du Musée de La Poste a passé son enfance.

La plage du Château Vert à Philippeville, en Algérie, ville où l’historien du Musée de La Poste a passé son enfance.

Peut-être puise-t-il aussi sa nature solaire aux chaleurs qui ont bercé son enfance du côté de Philippeville – aujourd’hui Skikda -, au nord de Constantine, dans l’Algérie des années 1950…

Du lycée Condorcet, à Paris ...

Du lycée Condorcet, à Paris …

Son goût des études, cette frénésie de connaissance, de savoirs, Pascal les a ensuite cultivés à Paris et en province. Au lycée Condorcet d’abord (pépinière de talents où de célèbres prédécesseurs avaient eux-aussi pris leur envol, Bergson, Raymond Aron, Sainte-Beuve, Cocteau… et Jacques Dutronc).

... à Notre-Dame de Sainte-Croix au Mans.

… à Notre-Dame de Sainte-Croix au Mans.

Puis au Mans, chez les jésuites du lycée Notre-Dame de Sainte-Croix (là-aussi creuset de têtes bien faites et de tempérament bien trempés, Ferdinand de Lesseps, Saint-Exupéry, Hervé Bazin, Olivier de Kersauzon… et François Fillon).

Esprit éminemment curieux, Pascal s’intéresse à tout. Ca le tient depuis l’enfance. Son père aimait l’histoire, sans doute a-t-il contribué à lui mettre le pied à l’étrier. Pas encore celui des courriers du roi et autres postillons, mais cela viendra aussi en son temps. Gamin, il se rendait sur des sites à la recherche de témoignages du passé. « On trouvait toutes sortes de choses, des pierres, des fossiles, des objets, je conserve encore des milliers de pièces glanées à cette époque », raconte-t-il.

L'appartement, la chambre sous les combles, la cave n'y suffisent plus... Son actuel bureau non plus...

L’appartement, la chambre sous les combles, la cave n’y suffisent plus… Son actuel bureau non plus…

Il aime aussi l’espace, les planètes, les étoiles, les météorites. La numismatique (et tout spécialement les monnaies du bas-empire romain, du haut Moyen Âge et de l’orient latin). Et les livres, surtout anciens. Et les langues de l’Antiquité, les écritures… Et puis tout le reste, la politique, la maçonnerie (pas celle du bâtiment… ), le cinéma, la chanson… Liste non exhaustive.

Pascal collectionne tout ou presque, y compris les boîtes de sardines...

Pascal collectionne y compris les boîtes de sardines…

Et il collectionne. Tant de choses. Y compris les boîtes de sardines. L’appartement, la chambre sous les combles, la cave n’y suffisent plus… Son actuel bureau non plus… Comme son prochain…

Exception à cette addiction universelle, qui peut paraître paradoxale pour un serviteur de la Poste et de son histoire : la philatélie n’entre pas au Panthéon culturel de Pascal. Il est bien sûr capable d’en retracer l’histoire, d’en détailler les dimensions politique, économique ou encore esthétique, d’en expliquer les techniques, pour autant, c’est un domaine auquel il reste peu sensible. « La philatélie n’est pas une science auxiliaire de l’histoire », donne-t-il en – courte –   explication…

Pascal Roman a fait toutes ses études (Droit, Histoire et Histoire de l'art) à la Faculté Panthéon-Sorbonne.

Pascal Roman a fait toutes ses études (Droit, Histoire et Histoire de l’art) à la Faculté Panthéon-Sorbonne.

On a beau s’intéresser à tout, il faut à un moment choisir sa voie. Pour Pascal, on ne se refait pas, ce sera ses voies : Le Droit, l’Histoire et l’Histoire de l’art. Des études qu’il mènera à son rythme – sur une décennie quand même, ce qui au fond n’était pas de trop pour satisfaire son appétit boulimique de culture et sa nature un rien insouciante – à l’université Panthéon-Sorbonne.

Une période que ne troublera pas l’appel sous les drapeaux : Pascal ne sera pas réformé, il sera simplement exempté, l’Armée ayant peut-être détecté chez lui un manque de réelle motivation pour le port de l’uniforme et son peu de goût pour les disciplines autres qu’historiques.

C’étaient les années 1970, elles étaient passionnantes de nouveautés, de découvertes, de créativité, de remises en question, de perspectives… , et Pascal ne détestait pas les vivre pleinement en tant qu’étudiant… Quitte à repousser un peu le saut dans l’inconnu, l’entreprise, l’âge vraiment adulte…

pascal Roman a rejoint La Poste en 1981, au centre de tranbordement du courrier de la gare de Lyon à Paris.

Pascal Roman a rejoint La Poste en 1981, au centre de transbordement du courrier de la gare du Nord à Paris.

Le moment de l’activité professionnelle venu, s’il a relativement peu exploité sa formation de juriste, il aura en revanche pu exercer son savoir-faire d’historien de l’art et d’historien tout court. Jusqu’à aujourd’hui. Et toujours demain.

Il lui aura malgré tout fallu attendre quelques années avant de faire son métier de ses passions personnelles. « A la fin de mes études, j’ai d’abord passé le concours de conservateur des musées nationaux, mais sans succès, explique Pascal, j’ai alors tenté d’autres concours, et le premier réussi, ça a été celui d’inspecteur à la Poste, le premier niveau de cadre au sein de l’institution. »

On est en 1981, année d’un changement politique marqué en France… et d’un changement de statut radical pour Pascal. La vie active démarre… S’ensuit alors une dizaine d’années de tâches diverses et variées au sein de ce qui était encore l’Administration des postes. Et d’emblée « dans le dur », cadre en brigade de nuit, au transbordement postal parisien de la gare du Nord. De 20 h à 6 h du matin, deux nuits sur quatre.

900_001« On s’occupait des flux de courrier route/rail, se souvient Pascal, à l’arrière des camions, je vérifiais notamment les Postadex, le courrier express de l’époque, je signais aussi les pars, c’est à dire l’équivalent des bons de livraison. »

Au bout de deux ans, Pascal rejoint la DSA, la direction des services ambulants. Toujours à Paris. Il y occupe un emploi administratif – ça ne sera pas sa tasse de thé -, traite les factures de la SNCF, les marchés de transports postaux… Une période transitoire pour lui. Elle lui permet de « patienter » avant de passer le concours d’inspecteur principal (il fallait à l’époque 5 années d’activité au sein de l’Administration des postes pour pouvoir s’y présenter).

Concours réussi, Pascal rejoint l’institut de formation postal d’Evry (il fera en particulier dans ce cadre un stage de trois mois à la Cité des sciences où il contribuera – ça reste pour lui une belle expérience – à l’organisation d’un centre de conférences) avant d’être affecté à la direction du Réseau de La Poste. On est en 1988 et Pascal s’attelle alors à une lourde tâche, les queues à La Poste.

Avant d'intégrer le Musée de La Poste, Pascal Roman a travaillé sur le dossier sensible de l'attente aux guichets des bureaux de poste.

Avant d’intégrer le Musée de La Poste, Pascal Roman a travaillé sur le dossier sensible de l’attente aux guichets des bureaux de poste.

« Je me suis occupé pendant deux ans de Magui, c’est à dire de mesures de l’attente aux guichets des bureaux de poste, précise Pascal, un serpent de mer à propos duquel j’ai eu droit aux honneurs des publications internes de l’entreprise. »

C’est enfin la bascule… Un collègue et ami lui indique qu’un poste susceptible de l’intéresser se libère au Musée de La Poste. Et ça marche. Pascal devient alors responsable administratif, technique et financier du musée. Pas encore exactement son « truc », mais c’est déjà un premier pas.

A l'initiative de Pascal Roman, la "Patache", véhicule postal hippomobile, rejoindra les collections du Musée de La Poste.

A l’initiative de Pascal Roman, une « Patache », véhicule postal hippomobile, rejoindra les collections du Musée de La Poste.

Et puis quelques années plus tard, la personne en charge des collections historiques quitte le musée. Pascal postule et est retenu. « Là, j’étais vraiment dans mon élément, dans mon domaine, se rappelle-t-il avec émotion, j’étais parti pour 10 ans de conservation, et tout cela me passionnait. »

Durant cette décennie, Pascal s’attache en particulier à faire de belles acquisitions. Patache (voiture hippomobile de liaison postale du XIXe siècle), portes de malle-poste, peintures de postillon, maquette Chappe d’époque intègrent ainsi les collections.

« J’allais régulièrement à Drouot, en quête de tout ce qui pouvait avoir sa place au musée, dit-il, et quand l’affaire me semblait satisfaisante, je revenais en métro, le tableau ou l’objet sous le bras, c’était une autre époque. »

Au sein des collections du musée, Pascal Roman en interview.

Au sein des collections du musée, Pascal Roman en interview.

Si les collections s’enrichissent, leur présentation aussi. « A deux reprises, avec Pascal Rabier, alors responsable des collections philatéliques, et Patrick Marchand, qui lui s’occupait des expositions historiques, nous avons fait évoluer les salles, poursuit Pascal, en transformant la scénographie, en créant un parcours chrono-thématique, en limitant le nombre de reproductions au profit de pièces originales, en intégrant des textes aussi. »

Pascal est également associé à l’organisation d’événements exceptionnels comme les Journées mondiales des musées du transport. Plus d’une centaine de délégations a ainsi été accueillie par le Musée de La Poste. Au programme, visites, mises à disposition du TGV postal, d’une caravelle Air France…

« Ca a réellement été des années de bonheur, d’enrichissement intellectuel, de connaissance approfondie de l’art, apprécie-t-il, tous les jours je me disais j’ai encore appris ça, je vais me coucher moins bête. »

Intervention lors d'une journée sur le thème de "l'éthique".

Intervention lors d’une journée sur le thème « Esprit éthique ».

En 2007, le musée connaît une réorganisation. Pascal est alors nommé conseiller historique. Il les tenait déjà régulièrement, mais ses rôles d’ambassadeur du musée, de porte-parole culturel, d’expert s’en trouvent renforcés. « Les tâches parfois administratives de mon précédent poste ne me passionnaient pas plus que ça, sourit Pascal, je n’ai n’a pas mal vécu ce nouveau positionnement au sein du musée. »

Et on fait également appel à lui pour écrire les textes et identifier les iconographies des expositions itinérantes que le musée initie depuis le début des années 2010.

S’il a beaucoup œuvré au sein du musée, Pascal a aussi été sollicité par les médias. Radios et télévisons ont ainsi régulièrement fait appel à lui pour évoquer différents aspects de la saga postale : la poste aux chevaux, le siège de Paris de 1870 et les ballons postaux, l’Aéropostale, la poste pendant les guerres…

En conférence au Musée Carnavalet.

En conférence au Musée Carnavalet.

Le réalisateur Jacques Perrin a aussi souhaité utiliser ses services à l’occasion du tournage de plusieurs films en lien avec l’aventure postale. Durant toutes ces années, Pascal a aussi tenu nombre de conférences, dans des mairies, des médiathèques, pour des associations…

Et son intention est bien de continuer à rester mobilisé au service de La Poste, de son histoire et de son musée. Y compris à l’aide d’outils qu’il a découverts depuis peu. Comme internet. « Les informations que l’on peut y recueillir, recoupées par d’autres sources bien sûr, sont très précieuses, ça m’aide beaucoup dans mes recherches », confie le récent converti aux nouvelles technologies.

Et quand on lui demande comment La Poste a pu le tenir en haleine toutes ces années, lui, le passionné de tout, sa réponse tombe comme une évidence : « La Poste, c’est l’aventure sur des siècles de la communication entre les hommes, avec elle on touche à tous les domaines, c’est de l’histoire humaine, c’est l’histoire de la France, c’est ça qui m’intéresse. »

Un long roman, une belle histoire… toujours d’aujourd’hui.

Rodolphe Pays

L’Espace Niemeyer accueille la nouvelle exposition du Musée de La Poste

img_5675La nouvelle exposition du Musée de La Poste ouvre ses portes samedi à Paris.

Consacrée à l’exploration urbaine, elle présente le travail de trois photographes spécialistes de ce mouvement artistique : Romain Veillon, Henk Van Rensbergen et Sylvain Margaine.

img_5665J – 2… L’Espace Niemeyer, dans le 19ème arrondissement de Paris, accueille à partir de samedi la nouvelle exposition du Musée de La Poste.

Un accrochage dédié à l’exploration urbaine. Trois photographes y dévoilent leurs travaux réalisés en France et à l’étranger.

Photo Thierry Debonnaire.

Photo Thierry Debonnaire.

Des moyens et grands formats, couleur et noir et blanc, qui racontent des lieux abandonnés, châteaux, églises, sites industriels, parcs d’attraction, équipements sportifs…

Une exposition qui bénéficie d’un écrin exceptionnel : l’Espace Niemeyer, avec ses courbes de béton et son sol en intérieur de coquille, met parfaitement en valeur les 75 photos présentées.

Rodolphe Pays

img_5686« Temps suspendu – Exploration urbaine », une exposition du Musée de La Poste présentée du 17 septembre au 18 décembre à l’Espace Niemeyer, 2 place du Colonel Fabien, Paris 19ème. Entrée libre.

 

Céline Neveux, commissaire de l’expo « Temps suspendu » : « Une réelle fascination pour des bâtiments abandonnés »

affiche_expo_temps_suspendu-3-resp300Usine abandonnée, palais déserté, église délaissée… Des photos de ces bâtiments oubliés dont la nature a repris possession font l’objet d’un nouvel accrochage du Musée de La Poste.

Interview de Céline Neveux, la commissaire de l’exposition.

De septembre à décembre, à l’espace Niemeyer, le Musée de La Poste propose une exposition photographique consacrée à l’exploration urbaine. Comment l’idée d’accompagner ce mouvement artistique encore peu connu du grand public a-t-elle vu le jour ?

celineC’est à travers une recherche de lieux que ce projet est né. Depuis le lancement des travaux de rénovation du musée, nous avons en effet déjà organisé plusieurs expositions hors les murs. Au musée du Montparnasse en 2014, au Musée Leclerc-Jean Moulin et à la Cité de l’architecture et du patrimoine l’an passé.

Après avoir été accueillis par ces institutions culturelles, nous nous sommes mis en quête d’un bâtiment postal susceptible d’abriter de nouvelles expositions. Un lieu momentanément inoccupé ou destiné à être cédé ou réhabilité.

On a ainsi visité d’anciens centres de tri notamment. Et c’est ce qui nous a fait penser au mouvement Urbex – Urban Exploration -, qui s’attache à la découverte et l’exploration de sites désertés, désaffectés. Ca a été un déclic, l’idée d’une nouvelle exposition du Musée de La Poste était trouvée.

 

Romain Veillon, "L'aube dorée", France (2015).

Romain Veillon, « L’aube dorée », France (2015).

Comment peut-on définir l’exploration urbaine, et qu’ont en commun tous ceux qui s’y intéressent ?

C’est avant tout une réelle fascination pour des bâtiments abandonnés, quelle que soit leur nature. Qu’il s’agisse de demeures privées, de sites industriels, d’équipements collectifs…

Cette passion ne date pas d’hier, de tous temps elle s’est manifestée, des gens se sont toujours interrogés, sur ce qui reste, ce qui a disparu, les raisons de ces désaffections. Pour l’imaginaire, c’est sans limite. Et ce sont vraiment ces sensations, oniriques, mystérieuses, que cherchent à faire partager les photographes contemporains qui pratiquent l’exploration urbaine. Ils peuvent rester des heures pour capter le bon moment, la bonne lumière qui vont révéler, sublimer le lieu.

 

Henk Van Rensbergen, "Nara Dreamland rollercoaster", Japon (2012).

Henk Van Rensbergen, « Nara Dreamland rollercoaster », Japon (2012).

La quête de ces sites, le cheminement pour y accéder, ça semble aussi important pour ces photographes que la réalisation finale des images…

Pour beaucoup de ces artistes, ça renvoie un peu à la cabane au fond du jardin. C’est d’abord un jeu de pistes pour trouver « l’endroit ». Et être parmi les premiers à se rendre sur place, quand le bâtiment ou l’espace est encore inconnu. Dès qu’un lieu commence à être fréquenté, à être vu, ça ne les intéresse plus.

Il y a aussi un côté très addictif dans cette démarche. Un des photographes de l’exposition, Henk Van Resbergen, est pilote de ligne. Toutes ses escales, ses vacances, ses temps libres, il les passe depuis des années à trouver ces endroits, à les faire encore exister, témoigner.

 

Sylvain Margaine, "Centrale électrique de Cespi d'Adda", Italie (2011).

Sylvain Margaine, « Centrale électrique de Cespi d’Adda », Italie (2011).

L’exposition présente les travaux de trois photographes. Plutôt que de montrer leurs réalisations successivement, vous avez choisi de les associer par thème…

Derrière chacun des cinq thèmes retenus – les usines, les villas, les loisirs, les lieux de culte et les hôpitaux -, c’est la même démarche, celle de faire rêver, aux palais oubliés, à la beauté qui demeure des églises désertées, de tous ces lieux devenus hors du temps…

Susciter des questions également, pourquoi l’activité de telle entreprise s’est arrêtée, comment en est-on arrivé là…

L’idée, c’est aussi d’évoquer des paradoxes, par exemple de montrer d’anciens parcs d’attraction, autrefois joyeux et bruyants, désormais friches figées et silencieuses. Plus que la désolation, voire parfois le sordide de ces espaces orphelins, c’est la poésie qui s’en dégage que j’ai voulu privilégier.

Propos recueillis par Rodolphe Pays

siege-parti-communiste-francais-zoom1-resp300« Temps suspendu – Exploration urbaine », une exposition du Musée de La Poste présentée du 17 septembre au 18 décembre à l’Espace Niemeyer, 2 place du Colonel Fabien, Paris 19ème. Entrée libre.

 

affiche_expo_temps_suspendu-3-resp300Palais, cristallerie, village olympique, chapelle…

L’exposition  » Temps suspendu  » rassemble 75 photographies grand format prises par trois artistes passionnés d’exploration urbaine, Sylvain Margaine, Henk Van Rensbergen et Romain Veillon. Majoritairement en couleur, elles ont pour la plupart été réalisées – en France comme à l’étranger – au cours de ces dernières années.

Dans des mines, centrales électriques, bourse de commerce, cristallerie, palais, village olympique, chapelles… Tous les lieux présentés ont été abandonnés et dégradés naturellement par le temps, la végétation s’y est installée, les machines ont rouillé, des pianos gisent dans des cours…


Entrer votre courriel pour vous inscrire à ce blog et recevoir gratuitement les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 129 autres abonnés

Nos/vos photos sur Flickr

Plus de photos

Notre compte Twitter

Les archives

Des chiffres

  • 253,670 visites