« Philapostel » : un congrès, un concours…

15040702001Le 63ème congrès de Philapostel ouvrira ses portes fin mai. En attendant, l’association ouvre un concours de mail art. Thème retenu : la Provence.

Les créateurs de mail art ont jusqu’au 15 mai pour participer au concours que l’association Philapostel ouvre à l’occasion de son 63ème congrès. La manifestation se déroulant à La Londe-les-Maures, dans le Var, c’est la Provence qui a été retenue comme thème de ce concours ouvert à tous. Dessins au crayon, au feutre, peintures, collages, enrichis de textes ou non toutes les techniques sont autorisées. Ainsi que tous les formats et couleurs d’enveloppes utilisées.

15040702002«  Deux séries d’œuvres seront choisies par le jury, une sélection de travaux réalisés par des moins de 18 ans et une autre par des adultes, indique François Mennessiez, le président de Philapostel, toutes ces œuvres seront exposées lors du congrès de l’association et elles rejoindront ensuite les collections du Musée de La Poste. » Costumes traditionnels régionaux, ifs, oliviers, citronniers, bateaux, villages de l’arrière-pays, montagnes ensoleillées, vignes et coteaux, taureaux, flamands roses… A vos enveloppes.

Rodolphe Pays

Les enveloppes dessinées, peintes ou « collées » doivent parvenir avant le 15 mai à l’adresse suivante : Philapostel PACA, André Laurent, 31 rue Antoine Ré, 13010 MARSEILLE.

 

logophilapostelPremière association philatélique de France

Créée par des agents des PTT en 1952, l’association Philapostel compte aujourd’hui près de 2600 membres, répartis au sein de 27 entités régionales. « Toutes les associations philatéliques n’y parviennent pas, mais nous, nous avons pu stabiliser nos effectifs, indique François Mennessiez, le président de Philapostel, et continuer à être présent partout en France. »

15040702004Ouverte à tous, l’association est composée d’à peu près autant de postiers que de télécommunicants et d’adhérents extérieurs à La Poste et Orange. A l’occasion de son 63ème congrès, Philapostel réunira 150 de ses responsables à La Londe-les-Maures (Var) les 29 et 30 mai prochains. Au menu : assemblée générale, animations, exposition philatélique, concours de mail art…

Le site de Philapostel : http://philapostel.net/ppo/po-pageprinc.php?zc=po-actualite.inc.php

 

Le blog ne part pas en Provence, un peu en province quand même… Quelques jours… Rendez-vous début mai.

 

Nouvelle édition de « L’Adresse-LeMag » : toute l’actualité du Musée de La Poste et un supplément désormais consacré à sa rénovation

LeMag 23 1 Le numéro d’avril de L’adresse-LeMag, la publication grand public du Musée de La Poste, est disponible. Une édition désormais enrichie d’un supplément de 4 pages – titré 34 Bd de Vaugirard – consacré à la rénovation du musée.

L’Adresse-LeMag continue d’accompagner toutes les activités et initiatives du Musée de La Poste. A travers ses rubriques habituelles, et désormais via également un supplément. Intégré à la publication ce « 4 pages » intitulé 34 Bd de Vaugirard détaillera chacune des étapes de la transformation – les travaux ont démarré il y a quelques semaines – du Musée de La Poste.

LeMag invite à une visite guidée en images de l'exposition "Mémoires Gravées".

LeMag invite à une visite guidée en images de l’expo « Mémoires Gravées ».

Au sommaire de LeMag : une visite guidée en images de l’exposition Mémoires Gravées – une coproduction du musée Leclerc-Jean Moulin et du musée de La Poste – par Séverine Maréchal, co-commissaire de l’exposition; un sujet sur Archi–Timbrée, parcours architectural et philatélique proposé en partenariat avec le musée de La Poste par la Cité de l’architecture et du patrimoine (avec une interview d’Anne Ruelland, directrice des publics de la Cité de l’architecture); un archi-timbre_e-2-resp300reportage dans une école parisienne où une conférencière du musée de La Poste est allée à la rencontre d’une classe de CE2; une « Parole de visiteur » prise par Jean-Charles de Castelbajac, qui y raconte les deux timbres qu’il a récemment dessinés pour La Poste et sa « fascination pour la force d’un si petit objet »… Et des brèves, le programme des animations…

IMG_3220Et au menu de 34 Bd de Vaugirard : le premier numéro du supplément à LeMag consacré à la rénovation du musée de La Poste fournit des éléments de contexte, situe le projet, plante le décor, présente les acteurs… Avec en illustration intérieure une vue en coupe qui donne déjà une bonne idée du futur musée.

Bonne lecture…

Rodolphe Pays

Diffusé par abonnement, « L’Adresse-LeMag » est également disponible au Musée Leclerc-Jean Moulin, qui accueille l’exposition « Mémoires gravées », ainsi qu’à la boutique du Musée de La Poste (21 avenue du Maine, Paris 15ème). La revue est aussi téléchargeable sur le site internet du musée : ladressemuseedelaposte.fr (rubrique « Focus »).

 

Le lancement de L’Hermione et des timbres rappellent l’homme que fut La Fayette

La Fayette peint par Joseph-Désiré Court.

La Fayette peint par Joseph-Désiré Court.

imagesLe nom de La Fayette n’est ignoré de personne. Une notoriété qui ne doit cependant pas toujours à l’homme qu’il fut. La rue et les célèbres galeries parisiennes contribuent un peu confusément à conserver sa mémoire. Mais la vie publique exceptionnellement riche et romanesque de La Fayette (1757-1834) mérite davantage qu’on s’y arrête. Et la philatélie – française, américaine… – y contribue…

280px-Combatlouisbourg400_004210900_1924_14072007Le 21 mars 1780, Gilbert du Motier quitte le port de Rochefort à bord de la frégate royale L’Hermione. Destination, Boston, sur la côte nord-est de ce qui deviendra bientôt les Etats-Unis d’Amérique. Plus connu sous le nom de La Fayette, le capitaine du navire a pour mission d’annoncer l’envoi de renforts français aux insurgés indépendantistes menés notamment par Georges Washington.

ai-je-bien-descendu-la-charente-l-hermione_4978026-XLL’Hermione qui a quitté l’île d’Aix samedi dernier pour rejoindre les Etats-Unis est la réplique exacte du bateau de La Fayette. Un trois-mâts – dont le plus haut culmine à plus de 50 mètres – de 46,50 mètres de coque et de 11,50 mètres de maître-bau (plus grande largeur). Cette frégate identique à son aînée – un projet lancé il y a presque vingt ans – rend hommage à l’aventurier, à l’homme d’action qu’était La Fayette.

lafayette03Cette traversée de l’Atlantique de 1780 n’était pas la première du marquis en Amérique. Trois ans auparavant, âgé de seulement 20 ans, il avait armé – malgré l’interdiction de Louis XVI, qui souhaitait alors maintenir une certaine neutralité dans le conflit entre les anglais et les indépendantistes – le bateau La Victoire. Avec pour objectif de rejoindre l’armée de Washington. L’étroitesse des liens qui unissent La Fayette aux Etats-Unis ne cessera dès lors jamais.

la fayette USA 1931Il contribuera d’abord à la victoire décisive des insurgés lors de la bataille de Yorktown en 1781. A l’invitation de Georges Washington, La Fayette retournera outre atlantique en 1784. Happé par la révolution française, l’empire et la restauration, il ne reposera ensuite les pieds sur le sol américain que 40 ans plus tard. Sollicité par le Congrès, il fera alors en 1924 une tournée triomphale d’un an dans sa deuxième patrie.

La Fayette et George Washington réunis sur un timbre de 1927.

La Fayette et George Washington réunis sur un timbre de 1927.

Et puis, il prénomma son fils George Washington (le président américain eut d’ailleurs un temps le garçon en garde alors que La Fayette était prisonnier des prussiens). Enterré au cimetière de Picpus, à Paris, la tombe de Gilbert du Motier de La Fayette tombe est recouverte pour partie de terre venue des Etats-Unis…

Rodolphe Pays

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Jean-Charles de Castelbajac : « J’aime le timbre, c’est un lien vital de ma vie »

Jean-Charles de Castelbajac présente son timbre "Coeur" (photo Guilhem de Castelbajac).

Jean-Charles de Castelbajac a dessiné le timbre Coeur 2015  (photo Guilhem de Castelbajac).

Le créateur de mode et designer Jean-Charles de Castelbajac est aussi dessinateur de timbres. S’il n’est pas lui-même collectionneur, il entretient depuis l’enfance un lien particulier avec le timbre, objet sentimental, medium de connaissance et de culture… et œuvre d’art.

Il raconte comment il est « fasciné par la force de si petits objets ».

« Le timbre, c’est un lien vital de ma vie, ça remonte à l’enfance lorsque j’étais en pension. Avant même de lire les lettres que je recevais, c’est le timbre, ses couleurs, ses images qui m’enchantaient. C’était une vraie relation sentimentale.

Séance de dédicace du timbre Bleuet de France.

Séance de dédicace du timbre Bleuet de France.

Le timbre n’est pas un medium comme un autre, c’est un medium plus qu’un autre, c’est d’abord historique, c’est de la mémoire, un voyage dans le temps. Les deux expositions actuellement proposées en partenariat par le Musée de La Poste, qui associent les timbres avec l’histoire et l’architecture, en témoignent. Elles contribuent à la connaissance, à la compréhension, et c’est important, nécessaire…

Le timbre "Bleuet de France " dessiné en 2014 par J.-C. de Castelbajac.

Le timbre Bleuet de France dessiné en 2014 par J.-C. de Castelbajac.

Avec le « Bleuet de France », le premier timbre que j’ai dessiné pour La Poste, j’ai voulu rendre un hommage à tous les soldats, à ces jeunes gens si courageux.

Et c’est aussi à travers eux un hommage à tous ceux de ma famille qui ont servi la France.

Avec une pensée particulière pour Blanche, ma grand-mère, qui lors de la Première guerre mondiale faisait transporter à ses propres frais des victuailles pour les soldats.

Le pétale rouge en forme de cœur du timbre « Bleuet », je l’ai dessiné en pensant au « Dormeur du val » de Rimbaud, au sacrifice qu’il symbolise.

imag-tp-coeursLe bleu et le jaune, les couleurs de La Poste, j’y suis aussi viscéralement attaché. Ce sont celles des vitraux et de nombre d’œuvres qui nourrissent mon imaginaire. Je les ai d’autant plus utilisées pour le timbre « Cœur 2015 » que La Poste m’a demandé de concevoir.

Dans ce dessin, j’ai voulu que les deux personnages s’embrassent de manière poétique, pudique. Un peu comme l’auraient fait Peynet ou Savignac, des dessinateurs injustement oubliés aujourd’hui, avec émotion et tendresse. Et puis, il faut le dire, j’ai adoré travailler avec La Poste, j’ai adoré ce tissu social…

Oui, j’aime le timbre, j’ai toujours été fasciné par la force d’un si petit objet. »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Larousse-CastelbajacJean-Charles de Castelbajac a illustré la couverture de l’édition 2015 du Larousse.

Et il sera présent du 20 au 24 mai au festival « Art Rock » de Saint-Brieuc avec « Fantômes », une performance qu’il a conçue et à laquelle seront associés le musicien Mr NÔ et le bagad de Saint-Brieuc. 

arton2312-resp600« Mémoires Gravées », une exposition qui raconte la guerre 39-45 à travers les timbres proposée en partenariat par le Musée Leclerc-Musée Jean Moulin et le Musée de La Poste, jusqu’au 8 novembre, Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris-Musée Jean Moulin, 23 allée de la 2ème DB, Paris 15ème.

archi-timbre_e-2-resp300« Archi-Timbrée », un parcours philatélique et architectural proposé en partenariat par la Musée des Monuments français et le Musée de La Poste, jusqu’au 21 septembre, Cité de l’architecture & du patrimoine, 1 place du Trocadéro, Paris 16ème.

 

 

De la Cité de l’architecture & du patrimoine à l’hôtel de Choiseul-Praslin : le Musée de La Poste au cœur de plusieurs événements

Les événements auxquels est lié le Musée de La Poste se succèdent. Mardi soir, c’était le vernissage d’Archi-Timbrée, un parcours philatélique proposé à la Cité de l’architecture & du patrimoine. Et ce mercredi, c’est la cérémonie organisée à l’hôtel de Choiseul-Praslin à l’occasion de la donation au musée d’œuvres préparatoires au timbre dessiné en 1995 par le peintre Zao Wou-ki.

L'abbaye du Mont-Saint-Michel en timbre et en moulage. Photo Thierry Debonnaire.

L’abbaye du Mont-Saint-Michel en timbre et en moulage.
Photo Thierry Debonnaire.

50 œuvres, 50 timbres… C’est le principe du parcours Archi-Timbrée que le musée des Monuments français (département de la Cité de l’architecture & du patrimoine qui accueille l’événement) et le Musée de La Poste proposent ensemble d’avril à septembre. Un parcours original dont le vernissage s’est déroulé mardi soir en présence de nombreux invités. Auprès de 50 moulages ou maquettes de monuments présentés figure ainsi pour chacun d’eux un timbre qui les reproduit (accompagné de quelques informations, nom du timbre, du contexte de l’émission… ).

_TDB7422« Les étapes de ce parcours invitent les visiteurs à un voyage à travers l’architecture française mise à l’honneur sur les timbres, explique Frédérique Cahu, chargée d’action culturelle à la direction des publics de la Cité de l’architecture & du patrimoine, elles réunissent deux œuvres aux dimensions opposées mais s’enrichissant l’une de l’autre. »

Photo François Guillot (AFP).

Photo François Guillot (AFP).

Le Musée de La Poste est également ce soir en première ligne d’un autre événement : la donation officielle au musée de travaux du peintre Zao Wou-ki. Retour en arrière. Il y a vingt ans, La Poste rendait hommage au peintre français d’origine chinoise Zao Wou-ki en émettant un timbre illustré d’une de ses œuvres.

180px-P1240828_Paris_VI_rue_de_Sèvres_n111_hotel_Choiseul-Preslin_rwkDes études exécutées à cette occasion par l’artiste rejoignent aujourd’hui les collections du Musée de La Poste. Françoise Marquet, sa veuve, et Sin-May Roy, sa fille, ont effet choisi de faire don au musée de neuf aquarelles préparatoires ainsi réalisées par le peintre. Une cérémonie se tient ce soir à l’hôtel de Choiseul-Praslin – qui abrita de 1946 à 1973 le Musée de La Poste -, là encore en présence de nombreux invités.

Rodolphe Pays

 

archi-timbre_e-2-resp300« Archi-Timbrée », jusqu’au 21 septembre, Cité de l’architecture & du patrimoine, 1 place du Trocadéro, Paris 16ème.

 

 

Anne Ruelland, directrice des publics à la Cité de l’architecture & du patrimoine : « Archi-Timbrée, c’est la convergence de deux disciplines »

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Proposé en partenariat par la Cité de l’architecture & du patrimoine et le Musée de La Poste, Archi-Timbrée ouvre ses portes ce mercredi.

Anne Ruelland, directrice des publics à la Cité de l’architecture & du patrimoine, évoque ce parcours philatélique et architectural ouvert dans les galeries du musée des Monuments français.

« Archi-Timbrée » met en regard des œuvres patrimoniales exposées au musée des Monuments français et les timbres qui les reproduisent. Comment est née l’idée de ce projet ?

Anne_RuellandNotre musée conserve et présente au public des moulages, des répliques de peintures murales et des maquettes reproduisant des chefs-d’œuvre du patrimoine architectural français. Et nous connaissions par ailleurs l’intérêt que La Poste porte à l’art et l’architecture à travers la philatélie. Mais c’est notamment lorsque nous avons découvert qu’un carnet de timbres sur l’art roman avait été émis, que cette proximité entre notre musée et celui de La Poste est apparue plus évidente. On s’est alors rencontrés, et en visitant les collections philatéliques du Musée de La Poste nous avons vu tout le potentiel de promotion et d’éclairage de l’architecture qu’elles représentent. L’idée d’associer les œuvres et leurs timbres est partie de là.

 

Le musée des Monuments français avait-il déjà accueilli dans ses murs un autre musée ?

L'abbaye du Mont-Saint-Michel en timbre et en moulage. Photo Thierry Debonnaire.

L’abbaye du Mont-Saint-Michel en timbre et en moulage.
Photo Thierry Debonnaire.

Nous proposons régulièrement des expositions temporaires ou encore des ateliers autour du patrimoine architectural. Mais Archi-Timbrée, c’est une première, un projet mené en étroit partenariat avec un autre musée. Le résultat obtenu est ainsi le fruit des échanges fructueux entre nos deux institutions et de la grande réceptivité du Musée de La Poste.

Ce parcours établit un dialogue constant entre le timbre miniature et l’architecture monumentale. La convergence de deux disciplines en quelque sorte…

 

Comment cette convergence se traduit-elle pour les visiteurs ?

Le timbre "Maison de la Radio" devant la maquette du bâtiment. Photo Rodolphe Pays.

Le timbre « Maison de la Radio » devant la maquette du bâtiment.
Photo Rodolphe Pays.

C’est un autre regard sur nos collections qui leur est proposé. Plus large, plus riche. Notre musée expose en effet beaucoup de fragments d’œuvres. Bien sûr, les visioguides que nous mettons à disposition des visiteurs permettent de montrer des reconstitutions, mais les timbres y contribuent aussi en fournissant un grand nombre de détails, d’éléments, d’angles de vue… C’est remarquable de voir ce que le timbre peut véhiculer comme informations complémentaires pour le grand public. Et puis, l’ajout des timbres aux œuvres présentées, ça ne peut qu’attiser la curiosité…

Propos recueillis par Rodolphe Pays

« Archi-Timbrée », du 15 avril au 21 septembre, Cité de l’architecture & du patrimoine, 1 place du Trocadéro, Paris 16ème.

« Churchill De Gaulle » : une exposition rétrospective exceptionnelle proposée au Musée de l’Armée

IMG_3142A l’occasion du 70ème anniversaire de la Libération et du cinquantième anniversaire de la disparition de Winston Churchill, le Musée de l’Armée propose une exposition rétrospective consacrée à De Gaulle et Churchill. Le Musée de La Poste apporte sa contribution à l’événement en prêtant une pièce unique et symbolique : un projet de timbre franco-anglais scellant l’union imaginée un temps entre les deux pays.

Projet de timbre de  1940 scellant l'union franco-anglaise dessiné par Henry Cheffer.

Projet de timbre de 1940 scellant l’union franco-anglaise dessiné par Henry Cheffer.

Il aurait été le symbole de l’union politique franco-anglaise envisagée entre septembre 1939 et juin 1940 par les gouvernants des deux pays. Et le premier fruit de la fusion des postes française et anglaise notamment projetée dans le cadre de cette hypothétique – et restée méconnue – « confédération ». C’est en effet ainsi qu’un timbre commun présentant les effigies du roi George VI et du président de la République Albert Lebrun a failli voir le jour… On en était même aux essais de couleur…

Essai de couleur du timbre franco-anglais de 1940.

Essai de couleur du timbre franco-anglais de 1940.

Mais la guerre tourne au désastre, et le 16 juin le Conseil de Ministres repousse le projet d’union franco-anglaise. Philippe Pétain remplace alors Paul Reynaud. L’idée d’émettre le timbre est abandonnée. Reste l’œuvre d’Henry Cheffer qui devait l’illustrer. Avec l’ouverture de l’exposition Churchill-De Gaulle au Musée de l’Armée, elle sort aujourd’hui de l’oubli. Le Musée de La Poste a en effet prêté le dessin de l’artiste pour cette double rétrospective consacrée aux parcours – de la naissance à la disparition – de ces deux hommes d’exception. Une pièce qui a toute sa place dans l’accrochage : au cours de leurs différentes rencontres en juin 1940, Churchill et De Gaulle – dans la perspective de continuer efficacement le combat – évoqueront en effet le projet d’union entre le Royaume-Uni et la France.

IMG_3124Militaires d’abord, politiques ensuite, hommes à la détermination sans faille, habités par leur pays, ayant l’un et l’autre occupés le pouvoir et connus des traversées du désert, Churchill et De Gaulle ont beaucoup en commun. Ils ont aussi été tous les deux des prisonniers de guerre : Churchill lors de la guerre des Boers, et de Gaulle entre 1916 et 1918 (l’exposition présente notamment d’émouvantes lettres du prisonnier adressées à son « Cher papa »). Il n’y avait cependant guère de place pour l’amitié dans leur relation, nourrie d’intérêts communs mais aussi de stratégies parfois inconciliables. Ils se respectaient profondément, s’estimaient tout autant… et entretenaient des relations à la fois courtoises et sans concessions.

Winston Churchill et Charles de Gaulle enfants.

Winston Churchill et Charles de Gaulle enfants.

L’exposition évoque d’abord leur enfance. Churchill, né dans la haute aristocratie anglaise, passant ses vacances dans un château familial de 320 pièces. Tandis que De Gaulle se contente d’une simple maison bourgeoise à Lille. Puis les années de formation. Directement militaire pour De Gaulle. En passant par une première case politique pour Churchill. Mais la famille de ce dernier n’est pas sûre qu’il soit à la hauteur de ce type de carrière. On le remet dans le droit chemin en l’intégrant à l’armée. Il y restera jusqu’en 1900 (il traversera quatre conflits durant cette période), et reviendra alors à la politique. Mais l’armée ne sera jamais loin…

"Plug Street", le premier tableau peint par Churchill.

« Plug Street », le premier tableau peint par Churchill.

Tous deux sont terriblement affectés par la Première Guerre mondiale. Au point que Churchill, effondré par sa responsabilité dans l’échec de la bataille des Dardanelles, souffre de dépression et se soigne alors en peignant ses premières toiles (un hobby qu’il pratiquera jusqu’à sa mort). Prisonnier des allemands, De Gaulle lui se réfugie dans le travail, la réflexion, l’écriture. Plusieurs des livres qui seront publiés dans le prolongement de cette période figurent au sein de l’exposition.

IMG_3133Le parcours des deux hommes dans l’entre-deux-guerres, leurs rencontres, leurs relations à Londres, les batailles menées ensemble sont évoquées en détail. Photos, films, enregistrements sonores, documents, témoignages, objets ayant appartenu à l’un et à l’autre racontent le cheminement individuel et commun de ces deux figures majeures de la seconde guerre mondiale et plus largement du siècle passé.

IMG_3141Sur un grand écran, des images du défilé organisé le 11 novembre 1944 à Paris pour commémorer l’armistice de 1918 disent beaucoup du lien qui unissaient De Gaulle et Churchill. Ils remontent ensemble les Champs-Elysées, acclamés par une foule considérable. Tous les deux se recueillent à l’Arc de Triomphe, s’arrêtent devant la statue de Clémenceau. De Gaulle savait que Churchill et « le Tigre » s’étaient rencontrés en 1918 et connaissait l’admiration de l’anglais pour ce français indomptable. Une halte voulue par De Gaulle, et l’émotion visible de Churchill…

Et puis l’après-guerre, les traversées du désert pour l’un et l’autre. Le bureau de De Gaulle reconstitué : classique, vue sur le parc de la Boisserie, un porte-plume… Celui de Churchill, : vue sur un parc anglais, un bureau plus petit, une Remington munie d’un système « silencieux…

Le retour aux affaires, la fin de carrière… Une rétrospective d’une richesse exceptionnelle.

Rodolphe Pays

« Churchill De Gaulle », jusqu’au 26 juillet, Musée de l’Armée, Hôtel des Invalides, 129 rue de Grenelle, Paris 7ème.

 

 

 

 

 

 

 

 


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