Gaëlle Rageot-Deshayes, commissaire de l’exposition « Rancillac » aux Sables d’Olonne : « Ce qu’il faisait dans les années 1960 était nouveau, fort, engagé, virulent… »

L’expo « Rancillac » qui se tient actuellement au Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, aux Sables d’Olonne, prolonge la rétrospective consacrée à l’artiste que le Musée de La Poste a proposée à Paris au printemps.

Un nouvel accrochage – coproduit par le Musée de La Poste – qui s’attache au travail mené par le peintre dans les années 1960.

Gaëlle Rageot-Deshayes, la commissaire de l’exposition et conservatrice en chef du Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, évoque le partenariat mené avec le Musée de La Poste et le parcours de l’artiste.

Bernard Rancillac et Gaëlle Rageot-Deshayes lors du vernissage de l’exposition « Les Années Pop ».

« Avec le Musée de La Poste, nous avions il y a quelques années monté une exposition commune consacrée aux peintres Chaissac et Dubuffet.

L’idée d’une nouvelle collaboration autour de Rancillac m’a aussitôt intéressée, notamment parce que nous avons dans nos collections permanentes des œuvres d’artistes comme Arroyo ou Télémaque, qui eux aussi ont participé à l’aventure de la Figuration narrative.

Mais plutôt que de faire également une rétrospective, nous nous sommes attachés à montrer l’évolution du travail du peintre dans les années 1960.

Y compris en exposant des œuvres moins connues de sa période abstraite ainsi que des dessins – il en a fait beaucoup – aussi fulgurants que ses tableaux.

Les années 1960 pour Rancillac, c’est le début de la célébrité, ce qu’il faisait était nouveau, fort, engagé, virulent.

Les couleurs vives, les sujets populaires s’inscrivent alors dans une nouvelle esthétique, celle du Pop Art… C’est pour cela que l’on a intitulé cette exposition Les Années Pop.

Pop aussi, la scénographie, qui se démarque de la chronologie, joue la rupture, et à laquelle Rancillac a lui-même largement contribué.

D’ailleurs, il dit de cette expo que c’est comme un autoportrait. »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

« Les Années Pop », une exposition consacrée à Bernard Rancillac, jusqu’au 24 septembre, Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, aux Sables d’Olonne (85).

Un accrochage coproduit par le Musée de l’Abbaye Sainte- Croix et le Musée de La Poste.

En savoir plus : http://www.lemasc.fr/masc/

 

Guaté Mao : « J’ai voulu créer des timbres grand format illustrés de visages d’hommes et de femmes de tous les pays »

La fresque de timbres de Guaté Mao est visible sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste jusqu’en septembre.

Après celles de Katre, SP 38, Lenz, Kashink et Jace, c’est une fresque de Guaté Mao que les passants du boulevard de Vaugirard peuvent voir actuellement sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

L’œuvre comporte pas moins de 300 « timbres » grand format – des portraits d’hommes et de femmes du monde entier – réalisés au pochoir ou en sérigraphie.

Guaté Mao raconte ce qui l’a intéressé dans ce projet du musée.

 » Dès que j’ai une proposition pour créer en extérieur, je l’accepte. Ce n’est pas une question d’argent, c’est avant tout afin que mon travail soit vu.

Réalisés au pochoir ou sérigraphiés, Guaté Mao a collé près de 300 « timbres » sur la palissade du musée.

Alors quand le Musée de La Poste m’a sollicité pour m’exprimer sur la palissade de son chantier de rénovation, j’ai dit oui sans hésitation.

Dans ce projet il y avait une contrainte, celle de faire quelque chose d’au moins un peu lié à l’univers de La Poste. J’ai pris cela comme un challenge, ça m’a intéressé.

Au début j’ai d’abord pensé à dépeindre un bureau de poste d’Afrique, un continent que j’aime beaucoup, et des facteurs qui bougeaient avec des lettres.

J’avais aussi envisagé de montrer un facteur avec des plis éparpillés tout autour de lui. Mais je n’étais pas convaincu par ces premières idées.

Et puis, j’ai regardé des timbres, des récents, de plus anciens, j’ai fait des recherches, ça m’a passionné. On apprend tellement de choses avec eux, j’ai voulu les mettre à l’honneur.

Depuis des années je fais beaucoup de portraits, à partir de photos ou non, alors j’ai décidé de poursuivre dans cette voie, de créer des timbres grand format illustrés de visages d’hommes et de femmes de tous les pays.

Parfois ces portraits sont issus de vrais timbres, d’autres fois de clichés pris par des photographes ou par moi. Il y a des anonymes sur ces images dentelées, beaucoup, et des gens célèbres aussi.

C’était un gros travail, j’en ai fait des centaines de ces timbres, au pochoir ou en sérigraphie. Et j’en ai au final collé près de 300 sur cette palissade.

J’aime voyager, tout ce qui est humain. Transmettre aussi, à travers par exemple les ateliers de pochoir que j’anime en Seine-Saint-Denis.

Cette fresque, c’est un peu comme une galerie de cette humanité que j’aime côtoyer et restituer.  »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

La fresque de Guaté Mao est visible sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste jusqu’en septembre.

En savoir plus : https://www.facebook.com/GuateMao/

 

 

Un tableau du street artiste Jace entre dans les collections du Musée de La Poste

Un tableau de Jace, sans titre, figure désormais dans les collections du Musée de La Poste.

S’il possède déjà au sein de ses collections un certain nombre d’œuvres récentes, le Musée de La Poste souhaite cependant élargir son fonds d’art contemporain.

Parmi les toutes dernières acquisitions en date, un tableau du street artiste Jace…

Jace a réalisé son tableau dans les réserves du musée.

Une nouvelle œuvre vient d’enrichir le fonds d’art contemporain du Musée de La Poste. Il s’agit d’un tableau sur toile de lin réalisé à la bombe par le street artiste Jace (qui avait déjà conçu une fresque temporaire sur la palissade du chantier de rénovation du musée).

Sur ce grand format horizontal exécuté dans les réserves du musée, l’artiste a habillé un « gouzou » – son personnage fétiche – en facteur et l’a juché sur une pile de lettres.

Ce nouveau clin d’œil à La Poste ne doit rien au hasard : installé depuis l’enfance à La Réunion, éloigné de beaucoup de proches, Jace fréquente régulièrement les bureaux de poste de son île (« Quand on est un lointain insulaire, le courrier est d’autant plus important, on va souvent à La Poste pour des envois, des échanges avec la famille, des amis… »).

Le tableau devrait être exposé au public à la réouverture du musée.

Rodolphe Pays

(photos Thierry Debonnaire)

En savoir plus sur Jace et ses « gouzous » : http://www.gouzou.net/

Au sommaire de la lettre philatélique du Musée de La Poste : le tour du timbre en 10 étapes

La nouvelle édition de Culture Timbres, la lettre philatélique du Musée de La Poste, est parue.

Un numéro consacré aux différentes étapes de la réalisation des timbres.

Et illustré avec l’humour qu’on lui connaît par le dessinateur Antoine Chereau.

Une cinquantaine de timbres est émise en France chaque année. Illustrée de personnages célèbres, de rappels historiques, d’œuvres d’art, de sites naturels, d’hommages à la science, d’événements sportifs…

Ce sont leurs vocations, ces scènes, représentations ou reproductions imprimées sur les petites vignettes dentelées accompagneront les plis sur lesquels elles apparaîtront ou bien rejoindront les albums des collectionneurs…

Mais avant d’être utilisés, comment naissent les timbres ? Qui propose les thèmes dont ils sont porteurs, qui choisit, qui décide au final de les émettre ? Et au-delà du lancement de principe, quels sont les processus de réalisation des timbres ?

Comment et pourquoi fait-on appel à tel artiste pour les dessiner ou les graver ? Quelle technique d’impression, quelles précautions… ? Et la diffusion, qui, comment ? De l’idée suggérée au départ à la conservation des pièces artistiques liées la conception d’un timbre au final, combien d’étapes ?

Culture Timbres en a identifié 10. La nouvelle édition de la lettre philatélique du Musée de La Poste détaille chacune d’elles. Et c’est Phil@poste qui est à la manœuvre.

On apprend ainsi que tout le monde peut proposer l’émission d’un timbre. Mais – pas de surprise – que toutes les idées ne sont pas bonnes à prendre.

Après la sélection, c’est la décision officielle qui intervient (par arrêté ministériel). Viennent ensuite les choix des artistes, des techniques d’impression. Et puis la diffusion, la conservation des pièces par le Musée de La Poste…

Plutôt que de l’illustrer par des timbres, ce sont des dessins qui accompagnent le propos. Des œuvres conçues par Antoine Chereau. L’humour est donc aussi au rendez-vous de ce numéro de Culture Timbres. Bonne lecture !

Rodolphe Pays

Diffusé en ligne, « Culture Timbres » est aussi disponible sur le site internet du Musée de La Poste ( http://www.ladressemuseedelaposte.fr/, rubrique « Focus »).

Et également en version papier à la boutique du musée, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 18 h (Tél. : 01 53 71 98 49).

Le festival de la Correspondance de Grignan avec le soutien de la Fondation La Poste et la présence du Musée de La Poste

Le festival de la Correspondance de Grignan se tient toute cette semaine.

Une manifestation exceptionnelle dont la Fondation La Poste est partenaire et à laquelle contribue également le Musée de La Poste.

Un seul terme suffit parfois à définir une activité, un domaine. Ou au moins à le résumer, le situer précisément. Pour une institution comme La Poste, le mot « correspondance » semble ainsi tout trouvé pour la qualifier. Comme une signature universelle.

Et dans toutes ses acceptions : la lettre bien sûr, mais aussi son contenu, les messages en général, les relations établies, les contacts pris, les échanges avec les clients, les affinités et les proximités avec eux…

Bruno Durieux, le maire de Grignan, lors de l’inauguration du festival.

La Fondation, le Musée et le Comité pour l’Histoire de La Poste, les trois entités en charge des aspects culturels et historiques de l’entreprise, s’attachent à travers leurs actions à mettre en avant cette identité forte de La Poste que représente la correspondance.

C’est dans ce cadre notamment qu’elles s’investissent dans des manifestations telles que le festival de la Correspondance de Grignan, dans la Drôme. Un événement créé il y a plus de 20 ans par Bruno Durieux, le maire de la commune, qui attire à chacune de ses éditions des visiteurs et spectateurs venus non seulement de toute la France, mais également du monde entier.

Textes et chansons par trois sociétaires de la Comédie Française, Florence Viala, Elsa Lepoivre et Serge Bagdassarian, mis en scène par Philippe Meyer (à gauche sur la photo).

Il faut dire que le programme du festival se révèle à chaque fois particulièrement attractif : lectures théâtralisées de correspondances, concerts et tours de chant autour de l’écriture, projections de documentaires, rencontres, débats…

Autant de spectacles et d’animations proposés par des artistes et des personnalités de renom. La « cuvée » 2017 qui se déroule toute cette semaine ne déroge pas à la règle. Et la Fondation La Poste y joue une fois de plus tout son rôle.

Richard et Romane Bohringer ont lu et joué les lettres de Jack London à sa fille.

« Partenaire majeur du festival depuis des années, la Fondation La Poste nous apporte un soutien important, apprécie Bruno Durieux, elle est aussi très impliquée dans le processus de programmation, en amenant des idées, des suggestions, des propositions qui contribuent beaucoup à la qualité et au succès de l’événement. »

Le Musée de La Poste est aussi présent. Il a prêté plusieurs pièces de ses collections – carte des routes de poste de 1632, étui de poudre à sécher l’encre, nécessaire à correspondance de voyage, ciseaux à parchemin… – pour l’exposition consacrée la marquise de Sévigné qui se tient tout l’été à Grignan (le festival de la Correspondance est né à l’occasion du tricentenaire de la mort de cette épistolière exceptionnelle qui avait à plusieurs reprises résidé dans la ville).

Le soutien apporté au festival par la Fondation et la présence du Musée ne se résument pas à une contribution culturelle et historique utile et appréciée. Relayés en permanence par les médias régionaux et locaux, cette implication permet aussi à l’entreprise de gagner en notoriété positive.

Et vis-à-vis de tous les publics, particuliers, mais aussi chefs d’entreprises, dirigeants d’institutions eux-aussi associés à l’événement, ce sont également des contacts qui sont pris, des perspectives susceptibles de s’ouvrir… De la correspondance autrement dit.

Rodolphe Pays

 

Dévoilement des Trophées du Timbre 2016

La soirée de remise des « Trophées du Timbre » 2016 s’est déroulée jeudi 29 juin au siège de La Poste. De g. à dr. : Gilles Livchitz, directeur de Phil@poste, Guy Coda, André Gloux, Maël, Louis Boursier, Isabelle Simler, Elsa Catelin, C215 et Henri Galeron.

Les Trophées du Timbre 2016 ont été remis jeudi dernier.

L’événement s’est déroulé au siège de La Poste en présence de nombreuses personnalités.

Ils sont près de 20 000 internautes à avoir répondu à l’appel de La Poste pour désigner les timbres de l’année 2016. Un verdict qui émane de bien au-delà des frontières : les votes provenaient de pas moins de 115 pays.

La cérémonie de dévoilement s’est déroulée – en présence de Philippe Wahl, le président de La Poste – jeudi 29 juin au nouveau siège de l’entreprise, près de la porte de Versailles, à Paris.

Journalistes spécialisés, partenaires philatéliques et institutionnels, artistes, collaborateurs d’agences de création et postiers y ont assisté.

Le timbre de l’année revient à Bataille de Verdun 1916-2016. Fruit de l’association du dessinateur de bande dessinée Maël et de la graveuse Elsa Catelin, il rend hommage aux soldats de la Grande guerre, y compris allemands, à travers notamment la présence du drapeau de l’Allemagne à proximité de celui de la France.

Dans la catégorie « bloc de timbres », c’est Les abeilles solitaires qui s’est vu décerner le trophée.

Une œuvre conçue par l’auteure et illustratrice Isabelle Simler. Le bloc a été imprimé en héliogravure.

Comportant 12 timbres, les Correspondances planétaires ont remporté le prix des carnets.

Une série poétique imprimée en héliogravure due au peintre, illustrateur et graphiste Guy Coda.

Le collector thématique primé est Le Mont-Saint-Michel. C’est le photographe André Gloux qui a réalisé les 10 clichés de la merveille de l’Occident.

Un collector imprimé en offset.

Les oblitérations n’ont pas été oublié : créée par Henri Galeron, c’est celle intitulée Coqs de France qui l’a emporté.

Deux prix « spéciaux » ont également été remis (attribués par un jury de spécialistes).

Un prix taille-douce pour le bloc Les grandes heures de l’histoire, composé de 2 timbres sur la Renaissance gravé par Louis Boursier.

Et un prix spécial de La Poste pour le timbre Léo Ferré 1916-1993, dont l’illustration est une œuvre du street artiste C215.

Un palmarès novateur qui va dans le sens des propos de Philippe Wahl, le président de La Poste, qui a notamment déclaré lors de cette soirée de remise des trophées toute « la nécessité pour le timbre de s’inscrire dans la modernité. »

Rodolphe Pays

Le vote pour les « Trophées du Timbre » 2017 débuteront le 2 janvier prochain.

 Ci-contre l’oblitération primée d’Henri Galeron.

Relais de Poste : Aux Ormes, Citoyens !

Le relais de Poste des Ormes, dans la Vienne, bâti en en 1752 par le comte d’Argenson, a été en service jusqu’au milieu du XIXe siècle.

S’il demeure toujours de nombreux anciens relais de Poste, peu d’entre eux sont ouverts au public.

Celui des Ormes, dans la Vienne, reçoit lui des visiteurs.

Et le Musée de La Poste apporte son concours aux animations qui y sont organisées.

Elle fait partie du paysage, y est intimement liée. Et depuis si longtemps. Au point qu’on en oublie parfois son importance, son rôle, son « ancienneté ». A tort. Le sempiternel syndrome de l’habitude sans doute.

Au coeur du relais, un bassin pédiluve permettait de rafraîchir et de décrotter les chevaux.

Pourtant, fondée par la volonté du roi – d’abord pour son service exclusif -, puis progressivement ouverte à toutes les populations, présente ainsi depuis des siècles partout sur le territoire pour accompagner la vie économique, administrative et privée du pays et de ses habitants, la Poste est une institution qui occupe une position singulière : son histoire se confond avec celle de la France. Quel autre organisme public ou entreprise pourrait en effet se prévaloir d’une telle antériorité et d’une utilité si universelle ?

Cette étroite proximité, cette implication de la Poste dans le développement et les échanges au fil du temps se cristallise parfois au travers de lieux. L’ancien relais de Poste des Ormes, dans le département de la Vienne, symbolise pour une part l’imbrication séculaire de la Poste dans la société française.

Philippe et Anne de Logivière (descendante de François Marquet, le dernier maître de Poste du relais) font revivre les Ormes en proposant au public des visites et des animations, notamment musicales.

Bâtie au milieu de XVIIIe siècle par le comte d’Argenson, propriétaire de la baronnie des Ormes, secrétaire d’Etat à la guerre et… surintendant des Postes, la demeure apparaît dès son édification tout entière dédiée aux chevaux.

« C’est à l’époque un haras, avec un vaste manège à la voute en panier lambrissée et de grandes écuries, détaille Anne de Logivière, propriétaire du domaine et descendante du dernier maître de Poste qui y a officié, et c’est aussi un relais de Poste, avec des pièces réservées aux postillons en attente de courses, des espaces où les chevaux de la Poste étaient soignés et parqués. »

La vocation de cet édifice remarquable – un quadrilatère majestueux et élégant de 70 mètres de côté – s’étend aussi à l’accueil des voyageurs s’arrêtant au relais, avec des chambres mises à leur disposition, des salles de restauration.

Le relais de Poste a aussi abrité un temps la maréchaussée. En témoignent les plaques numérotant les chambrées.

Autre affectation, le relais servira un temps de casernement à la maréchaussée. Plusieurs plaques « dans leur jus » indiquent toujours les numéros de chambrées…

Des graffitis dans certains greniers attestent également de la présence de partisans de la monarchie (prisonniers, fugitifs… ?) pendant la Révolution.

Des « Vive le Roy » gravés sur les pierres, parfois rayés par des opposants à l’ancien régime, des dates, des noms…

Plus d’un siècle et demi plus tard, contraints à l’exode par l’occupation lors de la Seconde Guerre mondiale, des réfugiés venus de l’est de la France marqueront eux-aussi leur présence sur les murs du relais. Leurs noms, leur village d’origine et des remerciements à l’égard des propriétaires du lieu qui les ont hébergés restent aujourd’hui encore visibles…

« C’est un endroit chargé d’histoire, un terme que l’on peut décliner au singulier comme au pluriel, poursuit Anne de Logivière, ce sont ainsi les faits marquants comme les anecdotes que nous essayons de relater via les événements et les visites que nous proposons au public. »

Le Musée de La Poste a réalisé pour le relais de Poste des Ormes une série de panneaux exposée en permanence dans l’ancien manège du domaine.

Le Musée de La Poste s’associe à la démarche. Il a notamment réalisé une série de panneaux expliquant l’histoire et le fonctionnement du relais qui est présentée en permanence dans l’ancien manège (aux côtés de pièces et d’objets tels que des bottes de postillon, grelots de chevaux… ).

Une exposition temporaire sur le thème de la poste aux chevaux conçue par le musée a également été installée à l’attention des visiteurs.

« Au-delà de ces informations appréciées par les gens qui viennent ici, nous avons pu organiser des conférences données par des historiens du Musée de La Poste, complète Anne de Logivière, des séances qui prenaient tout leur sens dans ce cadre approprié. »

Les abreuvoirs.

Si relativement peu de mobilier subsiste de l’activité du relais, en revanche plusieurs documents et fac-similés sont conservés aux Ormes.

Des livres de poste notamment, qui listaient les relais et indiquaient leurs règlements.

Des registres d’ordre et de police aussi. Sur ces cahiers figurent les récriminations éventuelles des utilisateurs de voitures postales, leurs remarques, leurs félicitations le cas échéant.

Le grenier à foin.

Y étaient également consignées les indications des inspecteurs chargés de la surveillance des lignes postales (en l’occurrence Paris-Bordeaux ou Paris-Poitiers) : relevés des plaintes, âges, anciennetés et qualités des postillons, nombre, état des chevaux…

Autant d’informations qui à leur manière ancraient l’activité de la Poste aux chevaux et de leurs relais dans le quotidien de la société française.

Et rappellent concrètement l’importance et le rôle (déjà) de la Poste dans le paysage économique et social de l’époque…

Rodolphe Pays

Un relais bâti en 1752… le long de la future Nationale 10

Au milieu du XVIIIe siècle, la route reliant Paris à Bordeaux passait à l’est des Ormes, commune située au nord de Châtellerault.

Propriétaire de la baronnie locale, l’influent comte d’Argenson, ministre de la guerre de Louis XV et surintendant des postes, a fait déplacer ce qui deviendra plus tard la Nationale 10 afin que celle-ci traverse son village. Et que les véhicules de la Poste aux chevaux fassent halte au relais de Poste qu’il a fait bâtir en 1752.

Quelques dizaines d’années plus tard, en 1824, François Marquet, alors maître de Poste du relais des Ormes, rachète la propriété à la famille d’Argenson.

Le relais fonctionnera jusqu’en 1851… la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux sonnant alors le glas de cette route de Poste. C’est le début de la fin : le 31 mai 1873, les relais de Poste seront officiellement supprimés.

Anne de Logivière, actuelle propriétaire du relais des Ormes, est la descendante de François Marquet.

 

Festival de musique de chambre

Depuis une dizaine d’années, Philippe et Anne de Logivière, les propriétaires du relais des Ormes, organisent chaque été un festival de musique de chambre intitulé Aux Ormes Mozartiens !.

Les concerts sont donnés dans l’ancien manège du relais, dont l’acoustique est remarquable. Des interprètes de grande qualité et une programmation exigeante ont fait la renommée de ce rendez-vous annuel.

En savoir plus : http://www.laposteauxchevaux.com


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