Le Musée de La Poste prête des œuvres à l’AMI

Installé dans une ancienne usine de papier, l’Atelier-Musée-de l’Imprimerie de Malesherbes a ouvert ses portes en octobre.

C’est le plus grand musée d’Europe dans son domaine : l’Atelier-Musée-de l’Imprimerie (AMI) vient d’ouvrir ses portes à Malesherbes, dans le Loiret.

Via des prêts et un dépôt, le Musée de La Poste est associé à cette remarquable réalisation.

C’est une belle histoire. Une histoire de passion, de passionnés. Et le Musée de La Poste y participe.

Tout commence à la fin des années 1990, lorsque le couple d’imprimeurs Chantal et Jean-Paul Maury rachète la collection de machines d’imprimerie qu’avait réunie Serge Pozzoli, un passionné lui-aussi, également imprimeur, pilote de voitures de course, historien de l’automobile…

Avec ses propres machines, celles qu’il a achetées, celles qu’on lui a données, Jean-Paul Maury a créé le plus grand musée européen consacré à l’imprimerie.

Pas moins de 110 machines, dont les plus anciennes datent de plus de deux siècles. Toutes entreposées dans le Loiret où le groupe Maury est installé, et remises en état pour certaines d’entre elles.

Compléter encore cette collection, la rendre visible aussi : l’idée d’un musée fait son chemin dans la tête de Jean-Paul Maury.

L’AMI expose 150 machines et propose lors de la visite des ateliers de calligraphie, de fabrication de papier, de typographie…

Il se rend alors acquéreur d’un bâtiment industriel à Malesherbes, entre Orléans et Pithiviers. Une ancienne fabrique de papier (passion quand tu nous tiens). Il achète d’autres machines. On lui en donne aussi.

C’est le début des années 2010, le futur musée prend forme. S’ébauche, se construit. On l’appellera Atelier-Musée-de l’Imprimerie (AMI).

Le Musée de La Poste présente au sein de l’AMI l’intégralité des étapes de création et d’impression du timbre « Jeux Olympiques de Los Angeles de 1984 » dessiné et gravé par Jacques Gauthier.

Ouvert depuis fin septembre, il présente sur 5000 m2 plus de 150 machines. Et parmi elles de vraies raretés, comme la « Marinoni » montrée à Paris lors de l’exposition universelle de 1889.

« Tout le parcours muséographique raconte l’imprimerie de Gutenberg à la révolution numérique, explique Zahra Benkass, conservatrice de l’AMI, il est aussi parsemé d’ateliers pour les visiteurs, qui peuvent ainsi fabriquer du papier, s’initier à la calligraphie, à la typographie… »

Et voir les objets prêtés ou mis en dépôt par le Musée de La Poste. Plus qu’une participation, une vraie présence.

Maquettes, épreuves, BAT, poinçons, molettes… , c’est toute la chaîne de fabrication du timbre que le Musée de La Poste, appuyé par l’association « L’Art du Timbre Gravé », expose à Malesherbes.

« Le musée nous a permis d’exposer l’intégralité des étapes de création et d’impression du timbre Jeux Olympiques de Los Angeles de 1984 dessiné et gravé par Jacques Gauthier, poursuit Zahra Benkass, maquettes, épreuves, BAT, poinçons, molettes… , toute la chaîne de fabrication est là. »

Une contribution du Musée de La Poste appuyée par l’association Art du Timbre Gravé (ATG), qui s’est beaucoup investie dans le projet. Entre passionnés…

Rodolphe Pays

En savoir plus : http://a-mi.fr/

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La Banque Postale et le Musée de La Poste fêtent les 100 ans des CCP

Une manifestation et une exposition rappelant le rôle joué par les CCP depuis un siècle – auxquelles a contribué le Musée de La Poste – ont été organisées cet automne au siège de La Banque Postale.

Les CCP ont cent ans. Pour marquer cet anniversaire, La Banque Postale a organisé cet automne un événement et une exposition.

Une initiative à laquelle a contribué le Musée de La Poste.

CCPs are one hundred years old. To mark this anniversary, La Banque Postale organized an event and an exhibition this fall.

An initiative to which the Museum of La Poste contributed.

Les célèbres CCP, les comptes chèques postaux, ont fêté cette année leur siècle d’existence. C’est en effet une loi de janvier 1918 qui les a institués.

Le Musée de La Poste a fourni un grand nombre de photos égrenant les différentes étapes de cette épopée des services financiers.

Si les chèques étaient apparus dès 1865, il n’étaient jusque là « réservés » qu’à une minorité de gens aisés résidant dans quelques grandes villes. La naissance des CCP va démocratiser l’usage du chèque.

« Leur création est liée au contexte de la Grande Guerre, explique Sébastien Richez, historien du Comité pour l’Histoire de la Poste, aux tensions monétaires et financières qui agitent alors la France et aux besoins de transfert d’argent entre les familles, les soldats. »

La Poste n’a pas manqué de célébrer l’événement. En organisant cet automne au siège de La Banque Postale une manifestation et une exposition rappelant le rôle joué par les CCP tout au long de ces 100 ans.

Le Musée de La Poste y a contribué en fournissant un grand nombre de photos égrenant les différentes étapes de cette épopée des services financiers.

Postier et collectionneur acharné – il possède à lui tout seul un véritable petit musée postal – Jean-Claude Labbé (photographié ici lors d’une précédente présentation de ses collections personnelles) a prêté pour la circonstance une série en excellent état de carnets de compte chèques postaux originaux.

Autre participation à cet hommage aux CCP, celle de Jean-Claude Labbé, adhérent de Philapostel, une association de postiers amateurs de timbres, de cartes postales et de numismatique.

Ce collectionneur acharné – il possède à lui tout seul un véritable petit musée postal – a prêté pour la circonstance une série en excellent état de carnets de compte chèques postaux originaux. Un trésor qui se révèle être une véritable source patrimoniale.

Digne sans aucun doute d’un musée de La Poste…

Rodolphe Pays

 

 

 

 

 

Hôpital Necker : le récital « La Poste à travers chants » prend soin de tous ses spectateurs

Pour cette « première » dans un hôpital, le récital « La Poste à travers chants » a été donné par la chanteuse et accordéoniste Crystel Galli.

Le récital La Poste à travers chants a été lancé par le Musée de La Poste il y a quatre ans.

Succès dans les maisons de retraite et les résidences seniors. Mais succès aussi ailleurs…

The La Poste recital through songs was launched by the La Poste Museum four years ago.

Success in retirement homes and senior residences. But success also elsewhere…

« La bicyclette » et « Emmenez-moi » ont été plébiscités…

Au début de la séance, la douzaine de spectateurs ne manifestait pas beaucoup d’enthousiasme. La salle demeurait calme. Seuls, les quelques accompagnateurs également présents semblaient attendre le spectacle avec curiosité sinon impatience.

Mais très vite, l’ambiance s’est réchauffée, l’assistance dodelinait de la tête, des mains accompagnaient le rythme des chansons. En tapant sur les draps, les rebords de lit, les tables de chevet.

Ce n’était pas l’Olympia, mais la joie sur les visages n’était pas moindre que lors de concerts traditionnels. Les chansons entonnées par Crystel Galli se sont ainsi enchaînées plus d’une heure durant. « La bicyclette » a été particulièrement appréciée, « Emmenez-moi » aussi, et d’autres encore.

Le spectacle « La Poste à travers chants » est mené en alternance par Crystel Galli et François Francart.

Ce n’était pas l’Olympia, c’était une salle d’hémodialyse de l’hôpital Necker, à Paris. Ce n’était pas la foule, c’étaient 12 malades allongés sur leur lit de soins auxquels s’étaient joints quelques infirmiers. Et c’était bien.

« C’est la première fois que nous organisons notre animation La Poste à travers chants dans un hôpital, nous ne savions pas si ce récital que nous proposons habituellement dans les maisons de retraites ou les résidences senior allait fonctionner, raconte Hakima Benabderrahmane, la responsable de la politique des publics du Musée de La Poste, mais on est vraiment contents, le résultat va au-delà de nos espérances, ça s’est vraiment bien passé. »

Il faut dire que le spectacle, lancé il y a quelques années déjà à l’initiative du musée, est bien rôdé. Là, c’était Crystel et son accordéon qui officiait. D’autres fois, c’est François et sa guitare qui assurent le spectacle.

L’un comme l’autre reprennent des chansons liées à l’univers des lettres, des cartes postales, des voyages… Et ça marche à tous les coups. Les malades de l’hôpital Necker peuvent en témoigner.

Rodolphe Pays

Pour en savoir plus sur l’animation La Poste à travers chants, appeler Anaïs Zabala au 01 42 79 23 86.

 

« Enfants conférenciers » : avec le Musée de La Poste, du Caire à Los Angeles en passant par Paris

Encourager les élèves à visiter les  musées autrement, former de jeunes guides… : c’est la vocation du dispositif Enfants conférenciers auquel participe le Musée de La Poste.

Encourage students to visit museums differently, train young guides… : this is the vocation of the Children speakers system, in which the Musée de La Poste participates.

Le dispositif « Enfants conférenciers » a été initié il y a 5 ans par L’Académie de Paris.

Proposer aux élèves une approche des musées, de l’art, de l’histoire moins traditionnelle, moins magistrale.

Faire en sorte qu’écoliers et collégiens soient très autonomes dans leurs visites des lieux culturels, dans leur relation à la création, à la connaissance, qu’ils s’approprient les œuvres, se prennent en charge pour les comprendre et les apprécier, partagent aussi leurs découvertes avec leurs camarades…C’est tout l’objet du dispositif Enfants conférenciers initié il y a cinq ans par deux conseillers pédagogiques de l’Académie de Paris, Agnès Bourbonnais et Christophe Blanc.

Après avoir eux-mêmes étudié certains objets des collections d’un musée, les enfants conférenciers jouent les guides pour d’autres élèves venus à leur tour en visite.

Une démarche vite adoptée par plus d’une dizaine de musées d’Ile-de-France (Arts et Métiers, Rodin, Maison Victor Hugo, Cité de l’architecture et du patrimoine… ) et à laquelle le Musée de La Poste a adhéré lui-aussi il y a deux ans.

Le principe : une classe se rend dans un musée, les élèves identifient un certain nombre d’objets, recueillent toutes sortes informations complémentaires, et par la suite trois d’entre eux – les enfants conférenciers – joueront les guides pour d’autres classes venues visiter le musée.

« Nous avons adapté le mode opératoire en agissant hors les murs en association avec les enseignants. » Hakima Benabderrahmane, responsable de la politique des publics du Musée de La Poste.

« En raison de l’actuelle fermeture pour travaux, nous avons adapté le mode opératoire en agissant hors les murs en association avec les enseignants, indique Hakima Benabderrahmane, la responsable de la politique des publics du Musée de La Poste, nous fournissons aux élèves des timbres, ils travaillent alors sur différents domaines en lien avec la philatélie, la lettre ou l’histoire de la Poste – la gravure, le mail art, l’Aéropostale… -, réalisent des fresques historiques, des projets de timbres, de gravure… »

Une quinzaine de classes participe déjà au projet. Issues d’établissements parisiens, de province et même d’écoles françaises à l’étranger (Le Caire, Los Angeles, Phnom Penh, Vienne… ).

« Des échanges par courrier et visioconférences se font entre ces jeunes, explique Hakima Benabderrahmane, là-encore les conférenciers en herbe jouent tout leur rôle. »

Désormais bien rodée et portant ses fruits, cette pratique hors les murs pourrait même perdurer à la réouverture du musée.

Rodolphe Pays

En savoir plus :http://www.ladressemuseedelaposte.fr/Scolaires#article2989

Le Musée de La Poste s’associe au 50ème anniversaire du centre financier de La Source

Pour les 50 ans du centre financier de La Source, le Musée de La Poste a prêté une remarquable maquette d’architecte du bâtiment et un grand nombre de photos représentatives de toutes les époques et de toutes les activités de l’établissement. (photo La république du Centre)

Si la réouverture après travaux constitue leur priorité, les équipes du musée continuent d’œuvrer hors les murs. A travers des prêts notamment.

Exemple dans le Loiret, au centre financier d’Orléans.

Plus d’une décennie après la Seconde Guerre mondiale, c’était encore la campagne au sud d’Orléans. En particulier là où, à quelques kilomètres du centre-ville, le Loiret – affluent ou résurgence de la Loire, on ne sait trop – prend sa source.

Lors de l’événement organisé pour marquer les 50 ans du centre financier, une plaque « anniversaire » a été dévoilée par Jean-Pierre Sueur, ancien maire d’Orléans, Michèle Paolini, directrice de l’établissement et Niamé Diabira, adjointe au maire d’Orléans, en charge du quartier de La Source.

D’où le nom du quartier – La Source – qui, à la faveur de l’essor économique de l’époque, commence à s’édifier dans les années 1960.

Avec d’abord un collège universitaire, puis deux laboratoires du CNRS, les tout premiers immeubles d’habitation, un lycée…

Et très vite, en novembre 1968, l’ouverture d’un centre de chèques postaux (aujourd’hui « centre financier »). Pas n’importe lequel, le plus « gros » établissement de ce type en France, le seul à éditer sur place les carnets de chèques.

Un bâtiment conçu un peu dans le style de celui de l’UNESCO, érigé à Paris quelques années auparavant (photo Croquant).

Pas n’importe quel bâtiment non plus : un immense « paquebot » en croix, conçu un peu dans le style de celui de l’UNESCO, érigé à Paris peu d’années auparavant.

Toute l’architecture d’une époque…

C’était il y a 50 ans. Ce demi-siècle d’activité intense, de présence sociale aussi (les « Chèques postaux », comme on a tout de suite pris l’habitude d’appeler le lieu, sont vite devenus le noyau de vie de ce nouveau quartier) ne pouvait être passé sous silence.

Les panneaux d’exposition illustrés des photos du Musée de La Poste ont aussi servi de supports aux explications données à l’assistance par d’actuels ou anciens collaborateurs du centre.

Un événement autour d’une exposition retraçant l’histoire du centre – à laquelle le Musée de La Poste a apporté sa contribution, voir encadré – et du dévoilement d’une plaque commémorative a été organisé le 12 novembre pour marquer cet anniversaire (qui coïncide aussi avec celui du centenaire de la naissance des comptes chèques postaux, créés en 1918).

Nombreuses photos à l’appui, l’exposition en témoigne : en cinquante ans d’existence, les « Chèques Postaux » d’Orléans se sont acquittés de leur tâche grâce à plusieurs générations de postiers.

Lors de la manifestation, Michèle Paolini, la directrice de l’établissement, a tenu à rendre un hommage appuyé à ces milliers de collaborateurs successifs.

« Ce centre a une âme, nourrie du travail et de l’attachement à l’esprit de service des femmes et des hommes qui ont œuvré ici. » Michèle Paolini.

« Ce centre a une âme, nourrie du travail et de l’attachement à l’esprit de service des femmes et des hommes – toute leur carrière durant pour certains d’entre eux – qui ont œuvré ici, a-t-elle notamment rappelé à l’assistance présente à cette occasion, à ceux qui prendront la relève dans le cadre de l’organisation et des structures nouvelles qui verront le jour dans les années à venir de maintenir le flambeau. »

Avant que les participants à cette manifestation fassent le tour des panneaux racontant toute l’histoire de l’établissement, Jean-Pierre Sueur, ancien maire d’Orléans (de 1989 à 2001) aujourd’hui sénateur, y est allé lui-aussi de son « compliment » aux postiers et à l’institution postale.

« Longtemps La Source n’a existé que par les chèques, beaucoup savent ici ce que le quartier et la ville leur doivent, a-t-il notamment expliqué, ce haut lieu d’activité professionnelle, de service public, mais aussi d’effervescence sociale et syndicale, c’est un peu notre cathédrale laïque et républicaine. »

Des propos qu’étayent les photos prêtées par le musée pour illustrer la fresque chronologique très complète qui revisite les cinquante années du centre.

Du chantier de construction aux salles de traitement des chèques, en passant par les installations techniques, les équipements communs ou sociaux (foyer, bibliothèque, salle de jeux, coopérative… ).

Sans oublier les visages de dizaines de postiers affairés à leurs tâches ou réunis pour diverses occasions. Comme une succession de tranches de vie… prises à la source.

Rodolphe Pays

« La Source et les chèques, c’est un lien très fort, même la station du tram, toute proche, s’appelle Chèques postaux », Michèle Paolini, directrice du centre financier.

 

La contribution du musée

Le Musée de La Poste a apporté son soutien à la célébration des 50 ans du centre financier de La Source.

En prêtant la remarquable maquette d’architecte du bâtiment et, après un important travail de recherche et de sélection, un grand nombre de photos représentatives de toutes les époques et de toutes les activités de l’établissement.

Yseult YZ Digan, créatrice du nouveau timbre de la République : « La Marianne, c’est nous, c’est le peuple »

« Pour ce nouveau timbre de la République, ce que j’ai voulu faire passer, c’est que le visage de cette Marianne exprime quelque chose, que cette jeune femme regarde l’avenir, avance, avec détermination, indépendance, liberté… » Yseult YZ Digan.

Emmanuel Macron dévoilait mi-juillet le nouveau timbre de la République.

L’intention de la street artiste Yseult YZ Digan, à qui La Poste a confié la réalisation du timbre, était de faire de cette Marianne une jeune femme engagée.

Elle explique comment elle a mené ce projet.

C’est la première fois que La Poste fait appel à un street artiste pour dessiner le timbre Marianne. Comment avez-vous accueilli cette proposition tout de même un peu officielle ?

« D’abord, je n’ai pas été retenue d’emblée pour exécuter cette commande. Lorsque j’ai été contactée par La Poste, c’était dans le cadre d’une compétition qui mettait en concurrence les créations de plusieurs artistes.

Le fait de travailler pour une institution telle que La Poste ne m’a pas dérangée, j’ai déjà exposé dans des endroits considérés comme assez académiques, le Grand Palais, la Fondation Cartier, l’Institut Français de Prague, la biennale de Moscou…

Et c’est au final l’une des trois propositions que j’ai faite qui a été préférée. Que, dans ce cadre c’est vrai un peu solennel, le choix se soit porté sur le projet, le regard d’une street artiste me semble important, significatif.

 

« En souhaitant reproduire cette Marianne en très grand format sur le pignon d’un bâtiment de Périgueux, la ville où sont imprimés les timbres, je voulais ne pas dissocier ce projet de mon travail et de l’engagement que je poursuis à travers lui. » Yseult YZ Digan.

Il y avait un cahier des charges à respecter, une situation assez inhabituelle pour un street artiste…

Il n’était pas si contraignant que cela. Bien sûr, il fallait réaliser une œuvre qui représente les symboles de la République, mais il s’agit plutôt là d’un thème que d’une contrainte.

La particularité de ce travail, ça a davantage été de concevoir une œuvre qui puisse ne pas être trop complexe à reproduire en gravure. Et ce n’était pas si simple.

En terme de cahier des charges, j’ai aussi eu si l’on peut dire mon exigence, celle de reproduire cette Marianne en très grand format sur le pignon d’un bâtiment de Périgueux, la ville où sont imprimés les timbres. L’idée étant de ne pas dissocier ce projet de Marianne de mon travail et de l’engagement que je poursuis à travers lui.

 

L’association des deux semble réussie, dès sa sortie en juillet dernier, on a évoqué une Marianne « engagée »…

Cette Marianne engagée, c’est la rencontre d’une volonté politique, celle de l’Elysée, et de ce que je produis depuis que je fais du street art. Je pense que l’on m’a sollicitée du fait de mon parcours, des valeurs que je transcris via mon travail. Je crois que cette nouvelle Marianne traduit cette convergence.

Ce que j’ai voulu faire passer, c’est que ce visage exprime quelque chose, que cette jeune femme regarde l’avenir, avance, avec détermination, indépendance, liberté…

 

Emmanuel Macron et Yseult YZ Digan lors du dévoilement de la nouvelle Marianne à Périgueux en juillet dernier. (photo Nicolas Tucat/AFP)

Pour cet exercice particulier, vous avez dû travailler différemment de la façon dont vous le faites habituellement ?

Ne m’étant jamais vraiment intéressée aux timbres, je me suis au départ beaucoup documenté, je me suis familiarisé avec le sujet en observant tout ce qui avait été fait auparavant.

Sur le fond, cela a été l’occasion pour moi de redécouvrir cette Marianne, son histoire, l’association de ces deux prénoms, le lien avec la Révolution française.

J’ai eu le sentiment que la Marianne finalement, c’était nous, c’était le peuple, et c’est ce que j’ai essayé de faire passer dans le dessin.

Sinon, au plan technique, j’ai travaillé comme je le fais presque toujours, à l’encre de chine, selon le procédé du lavis, avec une seule couleur, le noir, diluée pour obtenir les intensités souhaitées.

 

Elsa Catelin a gravé l’œuvre d’Yseult YZ Digan. (photo Armêl Balogog)

Il a ensuite fallu procéder à l’interprétation gravée de votre dessin…

Avec Elsa Catelin, la graveure, on a beaucoup échangé. Il y a eu pas mal d’allers et retours pour des ajustements.

La première proposition par exemple était pour moi trop féminisante, l’expression du visage apparaissait assez neutre, ça introduisait un peu de distance, de superficialité. Le nez était plutôt droit aussi, je le voulais plus arrondi, je voulais également le regard plus intense encore.

On a discuté de tout ça et on est parvenues à un rendu je crois vraiment satisfaisant. C’était un exercice délicat, mais on y est arrivées. Et puis, deux femmes pour réaliser un timbre, c’était inédit. Une belle première…

 

Des trois œuvres que vous avez présentées, c’est celle montrant la Marianne de profil qui a été retenue C’était aussi votre choix ?

Oui, c’est un bon choix. Le profil est plus fort, plus marquant. Les cheveux, très présents, très libres, le regard décidé, sûr, tout ça concoure à l’impression de volonté, d’engagement que j’ai voulu mettre en avant.

Au timbre maintenant, objet populaire, support d’échange, de faire partager cette vison… »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Le timbre Marianne est disponible à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouvert de 10 h à 18 h du lundi au vendredi (tél. : 01 53 71 98 49).

 

 

 

 

 

Le Prix Wepler-Fondation La Poste à Nathalie Léger et la Mention à Bertrand Schefer

La saison littéraire s’est poursuivie ce lundi avec l’attribution du 21ème Prix Wepler-Fondation La Poste.

« C’étaient mes choix aussi, ces deux livres je les ai portés, soutenus de juillet à septembre lors des différentes rencontres avec les autres membres du jury, c’était pour moi très difficile de les départager, l‘un comme l’autre méritaient je crois le Prix. »

Agnès Kulifer se souviendra longtemps de cet été 2018 passé à lire la soixantaine de livres candidats au Prix Wepler-Fondation La Poste.

Tout comme ses « collègues » membres du jury tournant de ce prix – journalistes, critiques littéraires, libraires… -, cette postière de la direction du courrier (chaque année le jury compte un collaborateur de La Poste dans ses rangs) aura vécu une expérience inoubliable.

Lundi soir à la brasserie Wepler, de g. à dr. : Gilbert Glavic, facteur montmartrois, Marie-Rose Guarniéri, fondatrice du Prix Wepler-Fondation La Poste, Agnès Kulifer, postière membre du jury et Philippe Wahl, président du groupe La Poste.

« C’était une aventure formidable, je souhaitais y participer depuis des années, continue-t-elle, les horizons diversifiés, les écritures originales que l’on découvre à travers ce prix m’avaient depuis toujours profondément intéressée. »

Le verdict est tombé hier soir : le Wepler-Fondation La Poste récompense Nathalie Léger pour son roman La robe blanche, et la Mention (le second prix) est attribuée à Bertrand Schefer pour Série noire.

Les deux lauréats, Bertrand Schefer et Nathalie Léger.

Deux livres parus aux éditions P.O.L qui s’inspirent, qui partent de faits divers.

La Robe blanche revient – mais pas seulement, la mère de l’auteure tient aussi une grande place dans le livre – sur le périple mortel dans lequel s’était engagée une jeune artiste italienne, qui voulait au départ de Milan rejoindre Jérusalem. Habillée en robe de mariée pour symboliser les unions possibles et souhaitables entre des peuples aux cultures différentes.

Elle n’aura pas eu le temps de contourner la Méditerranée, elle a été violée et assassinée en Turquie le 31 mars 2008…

Fait divers également pour Série noire, qui retrace l’enlèvement en 1960 du jeune Roland Peugeot, héritier de l’empire automobile. Un forfait fomenté par une bande hétéroclite de pieds nickelés amateurs préoccupés de singer la jeunesse dorée de l’époque.

Les deux principaux protagonistes de l’affaire (dont l’un deux avouera avoir eu l’idée du rapt en lisant un roman de série noire) se feront prendre quelques mois plus tard menant grande vie avec l’argent de la rançon, flambant dans les casinos et les stations de ski, au volant de voitures de luxe et accompagnés de jolies filles dans les meilleurs palaces.

« Ce sont des auteurs qui ont déjà publié d’autres bons ouvrages et qui sont peu médiatisés, ajoute Agnès Kulifer, pour ces raisons aussi je suis d’autant plus contente qu’ils aient été récompensés. »

Rodolphe Pays

(photos David Raynal)

La robe blanche, de Nathalie Léger, et Série noire, de Bertrand Schefer, aux éditions P.O.L.

En savoir plus : www.fondationlaposte.org/projet/le-wepler-fondation-la-poste-2018-distingue-deux-auteurs-de-p-o-l/


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