Archive pour février 2019

Jame’s Prunier a créé le timbre commémorant le 50ème anniversaire du premier vol du supersonique franco-anglais « Concorde »

Même sur des liaisons essentiellement réduites à la traversée de l’atlantique, le supersonique franco-anglais « Concorde » va exister avec panache de 1976 à 2003.

Le 2 mars 1969, le prototype 001 de Concorde effectue son premier vol.

Pour marquer le cinquantenaire de cet événement, La Poste émet le 4 mars un timbre et une mini-feuille créés par le peintre et illustrateur passionné d’aviation Jame’s Prunier.

Il a établi et provoqué toutes sortes de records. Il est avant tout allé plus haut, plus vite que ses semblables (pas que ses concurrents, puisqu’il n’en avait pas). Il a été le premier à utiliser des techniques devenues aujourd’hui règles communes.

Pour marquer le cinquantenaire du premier vol de « Concorde », La Poste émet le 4 mars un timbre et une mini-feuille créés par le peintre et illustrateur passionné d’aviation Jame’s Prunier.

Des dizaines de timbres lui ont été consacrés. Un homme d’affaires anglais l’a emprunté plus de 700 fois…

Il a suscité la fierté, l’émerveillement, favorisé des ententes réputées improbables. Il a aussi fait naître la jalousie de certains de ceux qui avaient renoncé à suivre les mêmes traces. Il était et restera unique.

La « mini-feuille »…

On le regarde aujourd’hui – et pas que dans l’hexagone – comme on regardait le France, avec admiration et nostalgie. Le Concorde a pris sa retraite après à peine trente ans de très bons et très loyaux services.

A son corps défendant. Parce qu’à être singulier, il dérangeait trop, s’était attiré les foudres des bien-pensants, des bien-puissants. C’était il y a plus de quinze ans déjà.

L’aventure trouve ses sources à la fin des années 1950. Face au développement des liaisons aériennes, Américains, Anglais, Français et Russes songent alors à fabriquer des avions civils supersoniques.

L’homme d’affaires anglais Fred Finn (ici dans le cockpit de l’avion) a volé pas moins de 718 fois sur « Concorde » entre 1976 et 2003.

Pour des raisons techniques et d’oppositions politiques (liées notamment à l’environnement), les Etats-Unis renoncent rapidement.

Les Soviétiques mirent eux en service le Tupolev Tu-144 au début des années 1970, mais deux accidents successifs limitèrent considérablement les vols de passagers (au profit du transport de fret, qui cessa en 1983).

Maquette dessinée par Paul Langelle du timbre « Concorde Paris-Rio de Janeiro 1976 ».

Anglais et Français persévérèrent et finirent par s’unir. Le projet Concorde démarrait. Jusqu’au premier vol – au-dessus de Toulouse – du prototype 001, le 2 mars 1969, il y a tout juste un demi-siècle. L’odyssée était lancée. Elle se révèlera belle et douloureuse à la fois.

Le choc pétrolier de 1973, l’absence de soutien aux USA, les questions environnementales (consommations de carburant et bruit des quatre turboréacteurs) vont rendre difficiles l’exploitation commerciale de l’avion.

Mais malgré tout, même sur des liaisons essentiellement réduites à la traversée de l’atlantique, Concorde va exister avec panache de 1976 à 2003 (l’accident de juillet 2000 après le décollage de Roissy précipitera la fin de la saga).

Paris/New-York en 3 h 30, et New-York/Paris, en raison des vents favorables, en 3 h. A Mach 2. A 16 00 mètres. Lors de chaque vol, la centaine de passagers embarqués est subjuguée…

Concorde reste aujourd’hui encore l’unique avion de ligne ayant accompli des liaisons internationales supersoniques régulières. Plus qu’un avion… un mythe.

Rodolphe Pays

Timbre 50ème anniversaire du premier vol du Concorde, création Jame’s Prunier, mise en page Nicolette Humbert, contour mini-feuille Bruno Ghiringhelli, impression héliogravure.

Jame’s Prunier.

Timbres disponibles à compter du 4 mars à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à18 h. Tél ; : 01 53 71 98 49.

 

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Les « enveloppes » de Christian Debout parlent d’amour, rendent hommage, éloignent l’oubli…

Christian Debout et « L’enveloppe blanche » (photo Tiphaine).

Christian Debout crée depuis longtemps des tableaux et des sculptures reproduisant des versos d’enveloppes.

Il a exposé certaines de ces œuvres au Musée de La Poste il y a quelques années.

Et deux d’entre elles figureront au sein des collections à la réouverture du musée.

Les sources de l’intérêt jamais démenti de Christian Debout pour les enveloppes remontent à loin.

Enfant, il avait vu son père collectionner les timbres, conserver des lettres… L’attirance vers ces feuilles de papier savamment pliées, porteuses et gardiennes de messages mystérieux, sans doute inconsciemment pointait déjà.

C’est au cours d’un séjour aux Cyclades que Christian Debout, alors étudiant aux Beaux-arts, observe la proximité géométrique des « idoles » cycladiques et des enveloppes traditionnelles.

Mais c’est un peu plus tard, lors d’un séjour sur les îles Cyclades que tout s’est déclenché.

Le jeune étudiant aux Beaux-arts y découvre alors les « idoles » de la civilisation cycladique. Les visages stylisés de ces statues datant de 5000 ans, leurs bras croisés à l’identique le fascinent…

Ces lignes simples, géométriques, symétriques qui se rejoignent l’interpellent : l’analogie avec le verso des enveloppes traditionnelles lui saute aux yeux.

A la forme, s’ajoute aussi le fond. S’agrège en effet à cette révélation esthétique le fait que sa femme, argentine, vit à ce moment-là de l’autre côté de l’Atlantique.

« Pas de portable, d’internet, de moyens immédiats de communication à l’époque, le seul lien c’était le courrier, rappelle Christian Debout, les lettres que nous échangions, parfois longues à parvenir, étaient précieuses, vitales, et l’arrivée d’une enveloppe tant attendue un enchantement. »

« L’enveloppe rouge », une huile sur toile de la première période des « enveloppes » (1979-1981) de l’artiste.

C’est la fin des années 1970, démarre alors chez le jeune artiste une période créative largement consacrée à ces pourvoyeuses de nouvelles. Il peint ainsi une série de toiles – des petits puis des grands formats – reproduisant des versos d’enveloppes.

Pour la plupart des monochromes aux couleurs vives (« Pour que les teintes continuent de flamber, j’utilisais notamment des pigments broyés à l’huile »).

Le sculpteur César, dont il est alors l’assistant, apprécie ce travail et l’encourage. « Il m’a même dit un jour qu’il regrettait un peu de ne pas avoir eu l’idée de concevoir ces enveloppes », sourit Christian.

Ces œuvres sont exposées, reçoivent un bel accueil.

A gauche, les coupes gagnées par le père de Christian Debout dans des compétitions d’athlétisme se sont transformées en enveloppe (« Une manière de rendre hommage »).

Et Christian Debout passe à autre chose, poursuit son parcours artistique. Travaille aussi pour le théâtre, le cinéma. Mais les enveloppes ne disparaissent pas pour autant de sa tête.

Vers les années 2000, il s’y remet. En peint de nouvelles. Et décide aussi d’en faire à partir d’objets de toutes sortes. Mais tout en respectant son postulat de départ : figurer le verso (« Le seul côté intéressant, original, l’ouverture et la fermeture… »).

Métal, bois, rideaux, végétaux… , tout concourt à cette nouvelle frénésie d’enveloppes. Les coupes gagnées par son père dans des compétitions d’athlétisme (« Je n’aime pas les trophées, mais c’était une manière de lui rendre hommage »), les boutons de sa mère couturière (« Je ne voulais pas les jeter, ils ont un autre usage, mais c’est aussi une pensée pour elle), des fers à béton, une pelle du jardin…

Tiphaine, artiste peintre (auteure d’une série de tableaux sur les rois de France) et son mari Christian Debout.

Christian Debout continue aujourd’hui encore d’en créer, les expose, les vend…

Et deux de ses œuvres figureront dans les salles des collections à la réouverture – désormais très prochaine – du Musée de La Poste.

Rodolphe Pays

En savoir plus sur Christian Debout : http://www.editiontiphaine.net/spip/article.php?id_article=448

 

Un timbre rend hommage à Louise de Vilmorin

Ecrivain, femme passionnée, Louise de Vilmorin s’est éteinte il y aura un demi-siècle cette année.

La Poste lui rend hommage en émettant un timbre à son effigie.

Descendante d’une longue lignée de botanistes et grainetiers installée au sud de Paris, Louise de Vilmorin (1902-1969) a démontré sa vie entière qu’elle était elle-aussi attachée aux racines.

Pas tant celles des carottes, du cerfeuil ou encore du céleri dont sa famille faisait le commerce mais davantage du lieu historique où celui-ci s’exerçait, Verrières-le-Buisson.

Toute sa vie, Louise de Vilmorin est restée fidèle au domaine familial de Verrières-le-Buisson.

Née dans ce village où les Vilmorin vivaient et travaillaient depuis plus de deux siècles, Louise a grandi dans le château familial entourée de sa sœur et de ses quatre frères.

Mais peu de ses parents, domiciliés à Paris et qui ne rejoignaient la demeure familiale que lorsque leurs occupations mondaines leur en laissaient le loisir.

Le tout-Paris artistique, intellectuel et politique se pressait aux soirées données par Louise de Vilmorin.

Si la jeune fille en a souffert, cette absence ne l’a pas dissuadée de très vite mener à son tour une existence constellée de rencontres et de soirées élégantes, de dîners soignés. Pourtant, elle se défendait d’être elle-aussi une mondaine.

Oui, elle organisait à Verrières des réceptions où se pressaient artistes, intellectuels et politiciens en vue. Orson Welles, Léo Ferré, Jean Cocteau, Georges Pompidou, Françoise Sagan, Jean Anouilh… Mais pour elle cette réputation apparaissait comme un malentendu.

Séductrice née – fiancée à vingt et un ans à Saint-Exupéry, mariée à un richissime américain deux ans après, établie à Las Vegas, elle divorcera et épousera plus tard un prince hongrois -, Louise de Vilmorin se voulait avant tout écrivain. (photo Henri Cartier-Bresson).

Séductrice née sans l’ombre doute – fiancée à vingt et un ans à Saint-Exupéry, mariée à un richissime américain deux ans après, établie à Las Vegas, elle divorcera et épousera plus tard un prince hongrois -, elle se voulait avant tout écrivain. Et elle l’était.

Encouragée par André Malraux (son ultime compagnon), elle publie à trente-deux ans son premier roman, Sainte-Unefois.

« L’écho du rire est un sanglot »…

D’autre ouvrages à succès suivront : Un lit à colonnes (1941), Madame de… (un livre adapté au cinéma par Max Ophüls), La lettre dans un taxi (1958)…

Louise de Vilmorin a aussi publié plusieurs recueils de poésie, écrit des scénarios et des dialogues pour des longs métrages (Les amants, de Louis Malle… ), correspondu longuement avec Jean Cocteau…

Que masquait son apparente légèreté ? La réponse tient peut-être dans ses quelques mots : « L’écho du rire est un sanglot. ». Louise de Vilmorin n’a jamais perdu ses racines. Elle est enterrée à Verrières-le-Buisson. Chez elle.

Rodolphe Pays

Le timbre Louise de Vilmorin 1902-1969 sera émis le 11 février. Photo Jacques Sassier, 1967/Gallimard, mise en page Valérie Besser. impression héliogravure.

Le timbre sera disponible à compter du 11 février à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème (ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 18 h). Tél. : 01 53 71 98 49.


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