Archives de janvier 2016

La triple vie de Christine, postière, animatrice et randonneuse

Quand sa mère lui disait parfois "Rentre à La Poste, Christine répondait invariablement "Jamais"...

Quand sa mère lui disait parfois « Rentre à La Poste », Christine répondait invariablement « Jamais »…

L’histoire de La Poste, c’est aussi et peut-être surtout celle des postiers. Une histoire qui dure toujours. Riche en activités, en événements, en implications. En don de soi également. Portrait chronologique d’une postière contemporaine.

Christine Husson est postière de longue date. C’est une fille des Yvelines. Une vraie. Définitivement. Et plus précisément, de Meulan. Elle y a fait toute sa scolarité : écoles maternelle, primaire, secondaire…

Petite entorse à cette fidélité géographique viscérale, mais vraiment petite, elle a préparé son bac au lycée Saint-Exupéry – déjà un clin d’œil à La Poste – de Mantes-la-Jolie. C’était en 1976. Et c’était le bac B (on dit ES aujourd’hui).

Son goût pour l’animation de centres de vacances, elle l’a d’abord aiguisé dans les colos qu’elle a fréquentées dès la sortie de l’enfance. Ce ne sera pas indifférent par la suite dans le déroulement de sa carrière. Elle passe aussi du temps à la MJC, puis, un peu poussée par des copains, se soumet – « par curiosité, dit-elle » – aux épreuves du BAFA (brevet d’aptitude à la fonction d’animateur).

Pour valider son "BAFA", Christine a effectué son premier stage à la mairie du VIIème arrondissement, de Paris.

Pour valider son « BAFA », Christine a effectué son premier stage à la mairie du VIIème arrondissement de Paris.

Et comme il fallait valider celui-ci, elle fait alors un stage « opérationnel » à la mairie du VIIème arrondissement de Paris. « On avait des enfants de 3 à 13 ans, dont on avait compris que les parents voulaient un peu se débarrasser durant les vacances de Noël, se souvient-elle, tout n’était pas parfait, mais c’était le début d’une longue aventure, et c’était déjà formateur. »

Après le bac, pas d’études supérieures, « il fallait travailler »… Christine additionne les petits boulots. Passe des concours : Impôts, Banque de France, Poste… « En attendant les résultats, j’ai bossé notamment pour la sécurité sociale des agriculteurs, au bout de 15 jours, je suis partie, c’était vraiment trop galère. »

Christine ne se décourage pas. Elle envoie un courrier à La Poste de Meulan, un autre à la direction de La Poste de Versailles…

"Les femmes de La Poste", une exposition itinérante du Musée de la Poste qui raconte trois siècles de présence des femmes au sein de l'univers postal.

« Les femmes de La Poste », une exposition itinérante du Musée de La Poste qui raconte trois siècles de présence des femmes au sein de l’univers postal.

Il faut dire que La Poste ne lui est pas inconnue. Son grand-père maternel était receveur distributeur… dans les Yvelines. Gazé pendant la Première Guerre mondiale, il décèdera très vite. Son épouse reprendra alors son activité – une disposition sociale prise par l’Administration de l’époque pour ne pas laisser les veuves de guerre dans les difficultés.

La mère de Christine, elle-aussi postière – au central téléphonique de… Meulan -, lui disait parfois « Rentre à La Poste », et Christine répondait invariablement « Jamais ».

Jamais ? « Un jour, Jean-Paul, le facteur, sonne à la porte de la maison, raconte Christine, et me dit que l’on m’attend le lendemain à 7 h à La Poste de Meulan ». C’est ainsi que le 15 juin 1977, Christine signe un contrat d’été en tant que guichetière auxiliaire. Après les grands-parents et la maman, la petite fille…

A l’issue de cette première expérience, toujours pour La Poste, elle obtiendra à trois reprises des contrats de trois mois en tant que vacataire.

Les femmes de La Poste 8C’est durant cette période, qu’elle passe – avec succès – le concours de contrôleur à La Poste. Et le 17 juillet 1978, elle intègre le centre de chèques Paris-Bourseul. « J‘y suis restée un an, précise Christine, et après j’ai été nommée pour deux ans au centre de chèques de Paris-Vaugirard, aujourd’hui devenu – pour quelques mois encore – siège de La Poste ».

Christine aurait préféré intégrer EDF, parce qu’elle pensait à l’époque qu’il était possible d’y associer travail et implication dans des centres de vacances. Mais on lui dit, et elle le constate, que cette alternance professionnelle est également envisageable à La Poste. Elle prend alors des contacts. Et obtient d’être engagée pour les vacances de Noël en tant qu’animatrice saisonnière dans un centre de vacances « PTT ». C’était à Aspres-sur-Buech, dans les Hautes-Alpes. Une première qui était loin d’être une dernière. …

C’est justement à ce moment-là que la Banque de France se manifeste. Pour l’embaucher. Tout de suite et en étant libre de tout engagement par ailleurs. Christine connaît le statut favorable des employés de la Banque de France, mais l’attirance pour l’activité des centres de vacances est la plus forte, elle choisit de rester à La Poste.

Meulan en Yvelines, le "fief" de Christine (sur la carte postale, les hôtels de ville et des postes).

Meulan en Yvelines, le « fief » de Christine (sur la carte postale, les hôtels de ville et des postes).

Comme un aimant, au propre ou au figuré, Meulan l’attire. Elle dépose des « vœux » (demandes de mutation) pour y exercer son activité de postière. Et ça marche. Le 2 novembre 1981, elle doit prendre son service au bureau de poste de la ville.

Mais ça ne tombe pas très bien : parallèlement, elle a programmé un voyage de quelques semaines en Bolivie et au Pérou. Parce que non seulement Christine souhaite s’investir dans le « social », et en particulier dans les centres de vacances, mais elle goûte déjà les expéditions et randonnées personnelles à l’étranger.

Christine Husson2Et depuis pas mal de temps déjà. Ainsi, son premier séjour hors des frontières, c’était en Irlande. Elle n’a alors que 17 ans. L’occasion pour la première fois de sa vie de prendre l’avion. « Il faisait un bruit infernal avec ses hélices », se rappelle-t-elle. C’était un camp d’ado, avec logement sous la tente et activités équestres. « Inoubliable ».

Et Meulan alors, à l’automne 81 ? La Poste accepte finalement de reporter sa mutation de quelques semaines. Elle intègre le bureau en tant que guichetière polyvalente – guichet, service arrière, caisse… Elle y restera de novembre 1981 à octobre 2002.

Plus de vingt ans au cours desquels elles alternera activités postales et investissement dans les centres de vacances de ce qui était encore l’Administration des PTT. En gros 5 mois à la ville et 7 mois aux champs (ou à la montagne, ou au bord de la mer).

846_001Au départ Christine est animatrice, encadre des stages de planches à voile, de voile, de ski… Pour tous les âges. « Les organismes pour lesquels je travaillais dans ce domaine – l’ASSOVAC, l’association de gestion des centres de vacances des PTT, puis l’AVEA, l’association de gestion des vacances des enfants du personnel de La Poste – m’ont formée afin que je sois en mesure d’accompagner et d’épauler au mieux les jeunes. »

L'ASSOVAC, l'association de gestion des centres de vacances des PTT, puis l'AVEA, l'association de gestion des vacances des enfants du personnel de La Poste, deux structures auxquelles Christine Husson a consacré une partie de sa carrière au sein de La Poste.

L’ASSOVAC, l’association de gestion des centres de vacances des PTT, puis l’AVEA, l’association de gestion des vacances des enfants du personnel de La Poste, deux structures auxquelles Christine Husson a consacré une partie de sa carrière au sein de La Poste.

Au plan administratif, en revanche, c’est un peu plus compliqué : il faut gérer les absences de Christine, la remplacer. « Mes collègues animateurs qui travaillaient dans les centres de tri par exemple, ils étaient nombreux dans leur job, leur remplacement posait moins de problème, explique-t-elle, pour moi, en bureau de poste, c’était plus difficile, mais j’ai toujours eu la chance d’avoir des responsables hiérarchiques et des collègues compréhensifs. »

Une bienveillance qui ne réglait pas tout : côté évolution professionnelle, pour Christine ça n’avançait en effet pas beaucoup…

Ca se passait mieux au sein des centres de vacances, où l’on confie assez vite à Christine des responsabilités de sous-directrice puis d’économe.

Des souvenirs de ces années-là, Christine en conserve de très nombreux. Elle a ainsi en tête un séjour dans le Tarn, au centre d’équitation de Roussayrolles. « C’étaient des gamins de 16/17 ans, venant de partout. On était hébergé par un jeune agriculteur d’origine belge. Dans des bâtiments en pierres qu’il avait lui-même retapés. C’était splendide. On était loin de tout. Il y avait une quarantaine de chevaux. Des fêtes dans les villages alentour tous les soirs. »

Elle se souvient aussi de la Toussuire, en Savoie, où elle allait en toutes saisons. « On avait 30 jeunes l’été, un peu mois l’hiver, des 13/14 ans. On faisait des randos en montagne, on dormait sous la tente, dans des refuges. C’était formidable. »

Et la vallée d’Abondance aussi, un peu plus au nord, en Haute-Savoie. « Avec des mômes de partout, Paris, Strasbourg, Dijon… Un endroit merveilleux. »

Sa passion pour les centres de vacances, elle la résume ainsi : « L’intérêt des colos, c’est de sortir de son milieu… et aussi de se dire au retour, on est bien chez soi. Et puis, sans elles, jamais je n’aurais pu pratiquer autant de disciplines sportives comme je l’ai fait pendant toutes ces années. »

Longtemps animatrice, puis sous-directrice et également économe de centres de vacances de La Poste, Christine devient en 2002 permanente de l'AVEA, où elle s'occupera de l'accompagnement et du soutien des directeurs de centres (sur la photo, le centre de vacance d'Urrugne, dans les Pyrénées Atlantiques).

Longtemps animatrice, puis sous-directrice et également économe de centres de vacances de La Poste, Christine devient en 2002 permanente de l’AVEA, où elle s’occupera de l’accompagnement et du soutien des directeurs de centres (sur la photo, le centre de vacances d’Urrugne, dans les Pyrénées Atlantiques).

A partir de 2002, elle est recrutée comme permanente à l’AVEA, au service pédagogique. Fini les déplacements sur le terrain, elle s’occupe désormais de l’accompagnement et du soutien des directeurs de centres de vacances. Elle prend même la direction du service après le départ de la personne qui jusque là occupait le poste. Elle restera à l’AVEA jusqu’en 2008.

Christine passe ensuite un concours de cadre, spécialité « RH Com ». C’est comme cela qu’elle rejoint au siège de La Poste la direction des services partagés (DSP), où elle œuvrera comme gestionnaire RH jusqu’en 2011. « Patrick Pietravalle, à l’époque DRH de cette direction, a cru en moi, il m’a en quelque sorte confié un rôle de facilitatrice, explique Christine, ainsi j’aidais les cadres stratégiques et dirigeants dans leurs missions. »

En 2011, Chistine rejoint le Musée de La Poste en qualité de de responsable des publics.

En 2011, Christine rejoint le Musée de La Poste en qualité de responsable des publics.

En janvier 2011, réorganisation des services, la DSP disparaît. « J’avais vu qu’un job de responsable de la gestion commerciale du public était proposé au musée de La Poste, poursuit Christine, je pensais que ce n’était pas trop pour moi, mais des collègues m’ont convaincue que ce poste pouvait parfaitement me convenir. »

C’est ainsi que, fin mars, elle intègre le musée. « Je n’en savais pas grand-chose, ce que je connaissais surtout, c’était le contact avec le public, se souvient-elle, et j’ai compris que c’était plus facile avec les visiteurs qu’avec les clients… »

Et des clients, faciles ou non, elle en a connu lors de son long séjour au bureau de poste de Meulan. Et des « célèbres ». « Jean-Bedel Bokassa, je l’ai vu deux fois au bureau, il avait un château à proximité, un jour il est venu pour envoyer un télégramme, raconte Christine, mais il n’avait pas assez de monnaie pour payer, une dame lui a proposé de lui donner le complément manquant, il a alors répondu, non je n’accepte pas que vous me donniez cette somme, je vous rembourserai… »

« L’empereur » de Centrafrique ne pénétrait jamais dans le bureau sans que son chauffeur se soit assuré de la présence d’un guichetier ou d’une guichetière disponible pour recevoir sans perte de temps son altesse…

Christine n’a aucun regret concernant sa carrière. « J’ai un CV atypique, dit-elle, j’ai multiplié les expériences. » C’est le moins qu’on puisse dire. Elle a par exemple navigué sur le bateau La Poste lors de la première Whitbread. « C’était dans le cadre d’entraînements pour préparer la course, indique-t-elle, mais ce n’est pas allé plus loin, Daniel Mallé, le skipper, ne voulait pas de femme dans l’équipage pour la course elle-même. » Elle s’est aussi occupée du parcours de la flamme olympique – dont La Poste était l’organisateur officiel – à l’occasion des Jeux Olympiques d’Albertville de 1992.

Dans le privé, ce n’est pas une surprise, Christine fait beaucoup de choses. Elle est membre d’un club de marche, elle s’occupe d’un grand jardin hérité de ses parents, de la jeune fille de sa nièce… Et prépare régulièrement des voyages. « Pour randonner, et de préférence dans des zones plutôt accidentées ou au moins vallonnées », précise-t-elle.

La Russie orientale, une des destinations favorites de Christine.

La Russie orientale, une des destinations favorites de Christine.

C’est près d’une soixantaine de pays qu’elle a ainsi déjà visités. Ses préférés ? La Russie de l’extrême est, avec ses volcans, où l’on y fait du ski et où l’on se baigne ensuite dans des eaux à 37 degrés.

C’est le Burkina Faso aussi, pour les gens, le plus souvent très pauvres, mais d’une gentillesse extrême, avec qui on discute toute la journée, partout… Christine aime aussi la Nouvelle-Zélande, pour sa beauté, la diversité de ses paysages. « Une terre vivante », dit-elle.

« J’aime découvrir les lieux à travers la randonnée », conclut-elle. Elle pense déjà à l’Altaï, entre Mongolie, Russie et Kazakhstan… Mais elle revient toujours chez elle. Dans les Yvelines.

Rodolphe Pays

(photos de Christine Husson : Thierry Debonnaire)

 

 

 

Musée de La Poste : un pigeon au menu de la restauration des collections

FL 175 PAR 11 Pigeon du siège de Paris 1870Les restaurations des objets qui seront présentés à la réouverture du Musée de La Poste vont bon train.

Parmi les dernières en date, celle d’un pigeon achemineur de dépêches lors du siège de Paris de 1870.

Restauratrice de matières organiques, Yveline Huguet enseigne aussi l'entretien du patrimoine à des élèves d'un lycée professionnel parisien se destinant à des métiers d'art.

Restauratrice de matières organiques, Yveline Huguet enseigne aussi l’entretien du patrimoine à des élèves d’un lycée professionnel parisien se destinant à des métiers d’art.

Quand on lui a présenté l’animal pour la première fois, Yveline Huguet l’a de prime abord trouvé « plutôt bien ». Mais à y regarder de plus près, elle a vite constaté qu’il était en fin de compte « pas mal cassé ».

Rien de surprenant au fond, à bientôt 150 ans, la bête – un pigeon voyageur actif au service de la Poste durant le siège de Paris de 1870 – totalise désormais un nombre respectable d’heures de vol. Et a forcément laissé quelques plumes dans les différentes bagarres – aériennes comme sédentaires – auxquelles il a été mêlé.

Indications figurant sous le socle de présentation du pigeon

Indications figurant sous le socle de présentation du pigeon.

Même si les équipes  de conservation successives du Musée de La Poste, depuis plus d’un demi-siècle qu’il figure dans les collections, se sont efforcées de maintenir le volatile dans le meilleur état possible, une cure de rajeunissement s’imposait.

Et compte tenu de la tâche délicate à accomplir, il importait de faire appel aux services d’un professionnel expérimenté. La restauration du pigeon, qui à deux reprises en novembre 1870 est vraisemblablement parvenu à rentrer dans Paris les ailes chargées de « pigeongrammes » – des microfilms reproduisant des milliers de correspondances -, a ainsi été confiée à Yveline Huguet.

POur Yveline Huguer,

POur Yveline Huguer,

Etape préalable pour cette spécialiste du traitement des matières organiques : établir un diagnostic.

« En raison de l’âge de l’animal, des périodes de stockage et d’exposition, des manipulations, il s’est avéré dès les premières constatations que plusieurs soins et réparations étaient à envisager, raconte la restauratrice, le plumage avait souffert, une partie du cou était déchiré et les pattes ainsi que les doigts comportaient d’importantes lésions. »

Le constat posé, il a ensuite fallu déterminer le niveau d’intervention. Retrouver l’authenticité originelle, reconstituer totalement ou partiellement les parties abîmées tout en sauvegardant l’aspect actuel, simplement préserver l’existant… ?

« Lorsqu’il s’agit de travailler sur un spécimen historique comme celui-ci, avec une forte valeur patrimoniale, être trop interventionniste comporte des risques, celui de dénaturer, d’enlever une part de la personnalité de l’animal, de sa charge émotionnelle, explique Yveline, c’est pourquoi, avec la conservation du musée, nous avons opté pour une restauration réparatrice et un embellissement qui régénère sans masquer toutes les marques du temps. »

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Yveline Huguet s’est attachée à préserver les différents cachets apposés sur l’animal : ici, celui de son propriétaire, Edouard Cassiers.

Yveline a ainsi d’abord nettoyé le pigeon. En préférant des opérations « à sec » plutôt que des traitements à base de solvants, qui auraient risqué d’endommager les plumes.

Et elle s’est naturellement attachée à préserver les différents cachets postaux apposés sur l’animal à l’occasion des deux acheminements dont il avait eu la charge : celui de son propriétaire, Edouard Cassiers, colombophile qui a fourni à l’époque de nombreux pigeons, timbre à date du 23 novembre 1870, numéro de série des dépêches transportées…

« J’ai remplacé certaines plumes qui avaient disparu par d’autres prélevées ailleurs sur le corps du pigeon, j’ai aussi colmaté les déchirures, explique Yveline, il a également fallu refixer un doigt qui s’était détaché. » Restait à traiter les couleurs. Celles des pattes, du bec, du tour des yeux. « Pour ce type de besoins, on privilégie plutôt l’aquarelle, indique la restauratrice, et sur le choix des teintes, on se réfère aux modèles que l’on peut trouver notamment sur internet. »

Pour toutes ces opérations, Yveline utilise une multitude d’outils : nébuliseurs, petites éponges pour agripper les poussières, pinceaux de toutes sortes, peignes, brosses… Pas moins de trois journées de travail auront ainsi été nécessaires pour redonner au héros du siège de Paris un peu de sa splendeur. A l’issue desquelles Yveline a un remis un rapport au musée précisant chacune des étapes de son intervention. Un document que le pigeon n’a cette fois pas pris sous ses ailes…

Rodolphe Pays

(Photos Thierry Debonnaire)

Le goût de la découverte

Yveline Huguet a rerstauré pour le LO>Uvre-Lens une momie de crocodile.

Yveline Huguet, à gauche, a restauré pour le Louvre-Lens une momie de crocodile.

Restauratrice de matières organiques, Yveline Huguet redonne de la vie et des couleurs à des animaux aussi différents que les oiseaux, les mammifères, les crustacés, les coquillages, les insectes…

Elle met son savoir-faire au service de musées comme celui du quai Branly ou du Louvre-Lens ou encore de galeries ou de zoos. Sans pratiquer elle-même cette discipline, elle travaille aussi pour des passionnés de taxidermie. Et elle forme par ailleurs des jeunes d’un lycée professionnel parisien aux techniques de l’entretien du patrimoine.

Yveline HuguetSi elle œuvre aujourd’hui dans un environnement qui tient tout à la fois du laboratoire médical et de l’atelier d’artiste, Yveline Huguet n’a pas toujours mené des activités professionnelles sédentaires.

Elle a ainsi d’abord exercé le métier d’infirmière, notamment en Afrique et en Asie. Elle s’est aussi occupée de rapatriement sanitaire. Son goût de la découverte, elle l’a également satisfait en étudiant des langues orientales, puis l’archéologie. Et c’est en 2005 qu’elle a obtenu ses diplômes de restauratrice et démarré une nouvelle aventure.

Transformation du Musée de La Poste : place à la reconstruction

Le numéro 4 de "34 Bd de Vaugirard", le supplément "travaux" de la revue L'Adresse-LeMag, fait le point sur le chantier de tranformation du musée.

Le numéro 4 de « 34 Bd de Vaugirard », le supplément « travaux » de la revue L’Adresse-LeMag, fait le point sur le chantier de tranformation du musée.

Les travaux de transformation du Musée de La Poste se poursuivent : après les opérations de démolition intérieure, la reconstruction est en marche. Le supplément « travaux » de L’Adresse-LeMag fait le point sur l’avancée du chantier.  

Le Musée de La Poste est en travaux… Et ces travaux avancent. Pas encore au point d’être terminés – c’est un chantier considérable -, mais l’année 2016 marquera une étape importante dans la transformation du musée. Lancées en 2015, les premières opérations réalisées, dites de « curage », ont d’abord consisté au retrait des éléments non constructifs (cloisons, parois, revêtements… ) du bâtiment.

SUP4P MAG26 BIS_Page_2SUP4P MAG26 BIS_Page_3En clair, derrière ces termes d’architecte, ce sont les travaux de démolition intérieure qui ont ainsi été opérés ces derniers mois. Ces interventions sont désormais achevées. Et l’année 2016 verra le début de la reconstruction. Les différentes entreprises qui interviendront lors de cette deuxième phase du chantier viennent d’être choisies (les marchés sont actuellement en cours de signature).

SUP4P MAG26 BIS_Page_4Très vite, les installations de chantier (clôture, bungalows, grue… ) nécessaires à son démarrage vont être mises en place. Et les travaux de reconstruction s’enclencher (ils se prolongeront en 2017). Les délais déjà évoqués sont par ailleurs confirmés : la livraison du bâtiment reste programmée pour décembre 2017.

Toutes les informations concernant l’actualité et l’avancée du chantier figurent dans le supplément « travaux » intégré à L’Adresse-LeMag, la publication grand public du musée.

Rodolphe Pays

LeMag 26_Page_1SUP4P MAG26 BIS_Page_1Diffusés par abonnement, « L’Adresse-LeMag » et son supplément « travaux » sont également disponibles à la boutique du Musée de La Poste (21 avenue du Maine, Paris 15ème).

La revue est aussi téléchargeable sur le site internet du musée : http://www.ladressemuseedelaposte.fr/ (rubrique « Focus »).

 

Des street artistes dans la rue : une lapalissade

La transformation du Musée de La Poste est aussi l’occasion d’initiatives originales. Parmi elles, la mise à disposition à des street artistes de la palissade entourant le chantier. A tour de rôle, les artistes sollicités réaliseront pour les passants du boulevard de Vaugirard une fresque s’étendant sur plusieurs dizaines de mètres carrés. Titre de l’exposition : « Ralentir street art ». Rendez-vous à partir de la fin mars…

La plasticienne Nicole Bayle fait don au Musée de La Poste de plus de 700 œuvres de mail art

Parmi les oeuvres de mail art que Nicole Bayle a données au musée figurent de nombreuses créations du graveur dessinateur et éditeur Marc Pessin.

Parmi les oeuvres de mail art que Nicole Bayle a données au musée, figurent de nombreuses créations du graveur, dessinateur et éditeur Marc Pessin.

Les collections du Musée de La Poste viennent de s’enrichir de plus de 700 œuvres de mail art. Toutes ces pièces originales proviennent des archives accumulées pendant des années par l’artiste Nicole Bayle.

Plasticienne, créatrice de tricots géants… , Nicole Bayle est une artiste aux talents multiples. Ses Timbrés de conserve – peintures réalisées à partir d’un timbre collé sur un couvercle de boîte de conserve – ont été exposés en 2011 au Musée de La Poste (le musée s’en est depuis porté acquéreur).

Et ses tableaux comme ses réalisations hors normes de laine sont régulièrement présentées un peu partout en France.

Nicole Bayle fait aussi partie d’un réseau de mail artistes qui communiquent entre eux de longue date. Ce sont plus de 700 de ces lettres originales envoyées par quatre de ses correspondants – dont le graveur, dessinateur et éditeur Marc Pessin – dont elle vient de faire don au musée. « Il s’agit pour le musée d’une acquisition exceptionnelle, se réjouit Chantal Reynaud, chargée de conservation, par son volume, mais aussi et surtout par sa qualité créative et esthétique. »

Autant d’œuvres remarquables qui entrent ainsi dans les collections et pourraient à terme être exposées au public.

Rodolphe Pays

 

Artiste et enseignante

Nicole Bayle devant ses "Timbrés de conserve", exposés en 2011 au Musée de La Poste.

Nicole Bayle devant ses « Timbrés de conserve », exposés en 2011 au Musée de La Poste.

Parisienne d’origine – du XVIIIème arrondissement -, Nicole Bayle vit et travaille à Dieppe, en Normandie, depuis de nombreuses années.

Formée aux arts appliqués, aux arts décos – elle a aussi étudié l’histoire de l’art -, elle a longtemps mené de front son activité de professeur d’arts plastiques et sa carrière d’artiste.

Aujourd’hui retraitée de l’enseignement, elle se consacre exclusivement à ses travaux de plasticienne.    

 

Initiatives, projets, partenariats… : toute l’actualité du Musée de La Poste est dans le numéro de janvier de « L’Adresse-LeMag »

LeMag 26_Page_1Champ social, « insolites » des collections, fonds d’ouvrages, animations… : le nouveau numéro de L’Adresse-LeMag détaille toute l’actualité du Musée de La Poste.

L’édition de janvier de L’Adresse-LeMag, la revue grand public du Musée de La Poste, est parue. Un numéro largement consacré aux initiatives du musée dans le domaine du champ social. LeMag revient ainsi en détail sur Aux timbres citoyens !, une conférence/animation conçue l’an dernier et destinée notamment aux publics en situation d’exclusion ou de vulnérabilité sociale ou économique. Un reportage réalisé dans un établissement public de formation pour adultes de Seine-Saint-Denis montre en particulier comment le timbre peut être un support pour une meilleure connaissance de la langue et de la culture française.

LeMag 26_Page_7Cette prestation du musée est également évoquée dans la rubrique Parole de visiteur. Dans son billet, l’universitaire et spécialiste des religions Odon Vallet indique en quoi une animation telle qu’Aux timbres citoyens ! lui paraît intéressante et suggère même quelques pistes pour l’enrichir. Et il évoque par ailleurs le soutien qu’il apporte via sa Fondation à des étudiants méritants issus de milieux défavorisés.

LeMag 26_Page_5La publication ouvre aussi une série sur les « insolites » des collections. Avec un papier sur un pigeon porteur de lettres – sous forme de microfilms – lors du siège de Paris en 1870. Un animal authentifié grâce à plusieurs tampons postaux de l’époque imprimés sous son plumage.

Autre thème abordé : l’accessibilité d’une partie importante du fonds d’ouvrages de la bibliothèque durant les travaux de transformation du musée. Un contrat de dépôt passé avec la Bibliothèque Historique des Postes et Télécommunications permet en effet de pouvoir consulter plus de 10 000 livres et de nombreuses collections de revues.

Au sommaire également, l’offre d’animations hors les murs, les nouvelles acquisitions, les prêts, les partenariats… Bonne lecture.

Rodolphe Pays

LeMag 26_Page_1Diffusé par abonnement, « L’Adresse-LeMag » est également disponible à la boutique du Musée de La Poste (21 avenue du Maine, Paris 15ème).

La revue est aussi téléchargeable sur le site internet du musée : ladressemuseedelaposte.fr (rubrique « Focus »).

 

Mail art : le Musée de La Poste se prête à la révolte

Parmi les oeuvres prêtées par le Musée de La Poste

Parmi les oeuvres prêtées par le Musée de La Poste, cette création de Chris Besser.

Le Musée de La Poste prête régulièrement des œuvres issues de ses collections à des musées, des collectivités territoriales, des médiathèques…

Une soixantaine de créations de mail art sera ainsi exposée en février dans le cadre d’une exposition proposée dans le Val-d’Oise.

La révolte de l’enveloppe, c’est le (joli) titre d’une manifestation de mail art proposée en février à Vauréal, dans le Val-d’Oise. Au programme : exposition, ateliers, spectacles, conférences… Partenaire de l’événement, le Musée de La Poste prête pour l’occasion une soixantaine de pièces issues de ses collections.

Réalisées par des mail artistes renommés (Chris Besser, Sylvie Graindorge… ), ces œuvres seront présentées aux côtés d’autres créations, dont un certain nombre conçues dans le cadre d’un concours ouvert à tous organisé par la commune de Vauréal. Un bel événement à ne pas manquer…

Rodolphe Pays

La Révolte de l’enveloppe, du 2 au 20 février, Bibliothèque des Dames Gilles, 98 boulevard de l’Oise, Vauréal (95). Tél. : 01 34 24 72 00. 

Odon Vallet : « Je dis souvent à ces jeunes, ne me remerciez pas, c’est moi qui vous remercie »

1739177Enseignant, conférencier, Odon Vallet est régulièrement sollicité par les médias pour parler de l’histoire des religions dont il est un des spécialistes reconnus. Il est aussi à l’origine d’une Fondation qui soutient la scolarité et les études de jeunes béninois, vietnamiens et français.

Odon Vallet évoque cette expérience menée depuis plus de 15 ans et réagit à l’initiative du Musée de La Poste de proposer des animations associant apprentissage du français et, via le timbre, valeurs de la République.

La Fondation que vous avez créée en 1999 vient en aide à des étudiants béninois, vietnamiens et français. Comment ce projet est-il né ?

Mon père était issu d’une famille ouvrière, d’un milieu vraiment modeste, et il lui a été particulièrement ardu de mener ses études. Il est mort alors que j’étais encore très jeune. Bien plus tard, lorsque la société d’assurance dont il était le directeur général a été vendue en 1989, j’ai reçu et géré son héritage. Et c’est après dix ans de réflexion que j’ai décidé de bâtir cette Fondation, de consacrer des moyens au soutien – ici en France, mais aussi au Bénin et au Vietnam – de jeunes gens très méritants dont les familles connaissent des difficultés. Je l’ai fait en pensant à mon père, à son parcours, au mien aussi, c’est à la fois un hommage et une manière de rendre un peu de ce qui m’a été accordé.

Les jeunes qui suivent leur cursus à Paris, auxquels votre Fondation a attribué des bourses, se destinent à des carrières scientifiques ou artistiques. Qu’est-ce qui a prévalu au choix de ces filières ?

648x415_odon-vallet-historien-journaliste-specialiste-religions-24-septembre-2009-a-parisL’idée de départ était, dans toute la mesure du possible, de se positionner là où apparaissent les besoins. La plupart des écoles d’arts appliqués accueillent des jeunes venus de province et de l’étranger par exemple, et elles ne disposent pas d’internat. Il nous a paru opportun de soutenir un certain nombre de ces élèves, dont peut-être de futurs graveurs de timbres-poste.

Les étudiants béninois et vietnamiens se tournent eux davantage vers les domaines scientifiques, c’est pourquoi nous les appuyons dans leurs parcours au sein d’établissements comme le lycée Louis-le-Grand ou l’Ecole polytechnique. Moi qui ne suis ni artiste, ni scientifique, ces orientations me donnent par ailleurs la satisfaction de m’ouvrir à des formes de pensée que j’ignorais complétement. Et elles mettent aussi à l’abri de tout conflit de personne.

Sur quels critères sont retenus ces jeunes gens ?

Odon Vallet suit régulièrement les jeunes auxquels il apporte son soutien. Ici, à Paris, avec des étudiants béninois (Photo J. Torregano pour Jeune Afrique)

Odon Vallet suit régulièrement les jeunes auxquels il apporte son soutien. Ici, à Paris, avec des étudiants béninois (Photo J. Torregano pour Jeune Afrique).

Les bourses qui sont remises – qu’elles favorisent des études menées au Bénin et au Vietnam ou ici en France – ne le sont qu’à des élèves au préalable sélectionnés sur la base de leurs résultats scolaires, de leur potentiel et de la motivation dont ils font preuve.

Cette exigence porte ses fruits : 98 % de ceux que nous épaulons obtiennent leurs diplômes. Depuis plus de 15 ans que nous menons cette action, nous avons eu la joie d’accompagner 185 polytechniciens et plus de 300 détenteurs de médailles aux différentes Olympiades internationales, qu’il s’agisse de mathématiques, chimie, physique…

Les étudiants que vous aidez ont-ils les mêmes motivations, les mêmes attentes ?

Cérémonie de remise de bourses à Hô Chi Minh-Ville (photo Dan Huong/CVN).

Cérémonie de remise de bourses à Hô Chi Minh-Ville (photo Dan Huong/CVN).

Ces jeunes ont en commun d’être issus de milieux défavorisés. Et ils sont par ailleurs d’origine, de culture, de tradition et de formation diverses. Leurs motivations sont nourries de ces différences. Ceux qui ont choisi les métiers d’art sont naturellement mus par la passion des techniques, des disciplines qu’ils abordent, par la créativité.

Pour un certain nombre de béninois et de vietnamiens, c’est davantage l’élévation sociale qui est recherchée, pour eux et pour leurs familles. C’est la raison pour laquelle ils privilégient souvent les professions d’affaires ou les carrières de dirigeant d’administration ou d’entreprises. Et puis il y aussi ma propre motivation. J’avais peur qu’au fil des ans, elle ne s’émousse. Mais le fort taux de succès obtenu me conforte dans la démarche. Je dis souvent à ces jeunes, ne me remerciez pas, c’est moi qui vous remercie.

Les jeunes étrangers ayant étudié en France mettent-ils leur formation au service de projets dans leur propre pays ?

imagesD’abord, 99% des béninois et vietnamiens aidés étudient dans leur pays et le plus souvent y travaillent ensuite. Concernant ceux venus en France, cela dépend. Pour les africains en particulier, la meilleure façon de servir leur pays n’est pas forcément d’y revenir aussitôt leurs études accomplies. Certains d’entre eux mènent des activités professionnelles, en Europe et aux Etats-Unis par exemple, qui prolongent leur formation et leur permettent d’acquérir une expérience dont ils pourront se servir chez eux plus tard. Il faut aussi tenir compte du fait que parfois il leur arrive d’être un peu considérés dans leur pays comme des sortes de déserteurs.

Au Vietnam, la situation est assez différente, c’est sans doute plus facile pour ceux qui le souhaitent de rentrer chez eux, c’est pourquoi on observe davantage de retours à l’issue de leurs études. Quoi qu’il en soit, c’est le plus souvent une très grande fierté pour les régions d’origine de ces jeunes gens. Un étudiant que nous avons soutenu, premier polytechnicien du Bénin, a ainsi été reçu par le Président de son pays. Et au Vietnam, lors de remises de prix aux jeunes que nous aidons, ce sont des dizaines de millions de téléspectateurs qui suivent la cérémonie à la télévision.

L'animation Aux

L’animation du Musée de La Poste « Aux timbres citoyens ! » favorise apprentissage du français et familiarisation avec les valeurs de la République.

Avec l’animation « Aux timbres citoyens ! », le Musée de La Poste apporte son soutien à des personnes qui souhaitent améliorer leur pratique du français en associant apprentissage de la langue et, via la philatélie, familiarisation avec les valeurs de la République. Que pensez-vous de cette initiative ?

Au-delà des valeurs de la République, j’y ajouterais celles de l’Europe. En s’appuyant également sur les timbres – ces petites œuvres d’art dont la portée symbolique et culturelle est toujours importante – des pays de l’Union. Et également les valeurs de La Poste, celle de proximité notamment. Les facteurs, les agents des bureaux de poste ne figurent-ils pas ainsi parmi les derniers acteurs du lien social ? Montrer des héros aussi, ceux de l’aventure de l’Aéropostale par exemple, Mermoz, Guillaumet, Maryse Bastié, beaucoup de timbres leur ont été consacrés…

Certains de mes boursiers sont des préposés aux postes, ont des parents facteurs, l’univers postal ne m‘est pas étranger, et il peut parfaitement être un support d’approfondissement des connaissances, celle de la langue comme celles de la démocratie, de l’histoire…

Propos recueillis par Rodolphe Pays

 

Les-Enfants-du-miracle-11261-d256Les Enfants du miracle – Des milieux les plus défavorisés jusqu’aux bancs des grandes écoles, d’Odon Vallet (Albin Michel, 2009).

Les Editions Albin Michel rééditent début mars deux ouvrages d’Odon Vallet consacrés aux religions : Petit lexique des idées fausses sur les religions et Petit lexique des guerres de religion d’hier et d’aujourd’hui.

 

 


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