Archive pour juin 2012

Street art : Vhils a déjà fait le mur… mais reviendra à l’automne

Au-delà du street art : c’est le titre de l’expo que prépare l’Adresse Musée de La Poste pour l’automne. Parmi les artistes qui exposeront, certains sont en train de concevoir des oeuvres. Comme Vhils, présent depuis hier au musée pour réaliser un véritable et remarquable bas-relief…

S’il est une oeuvre qui fera sensation lors de l’expo que l’Adresse Musée de La Poste consacrera cet automne aux artistes dits de rue, c’est bien celle-là. Le portrait qu’achève actuellement de graver sur un mur le créateur portugais Vhils est en effet remarquable. Tous ceux qui s’intéressent au travail de cet artiste ne seront pas surpris : malgré son jeune âge – il est né en 1987, à Lisbonne – l’originalité de son travail et son immense talent sont déjà internationalement reconnus. Les équipes techniques du musée avaient préparé le terrain en construisant à son attention un mur de briques recouvert d’enduit puis de plâtre (cf. billet publié le 8 juin). Vhils est ensuite venu hier soir pour dessiner sur ce mur  le portrait qu’il avait prévu de réaliser. Aidé dans un premier temps par des collaborateurs (photo), Vhils a aujourd’hui gravé l’essentiel de l’oeuvre. En retirant du plâtre ou de l’enduit, en laissant parfois apparaître la brique. A l’aide de burins et d’une série de ciseaux à bois. Et comme à chaque fois, la magie opère : le portrait se dessine, se précise, les traits se révèlent, le regard devient intense…

Bien que conçue directement au musée, il faudra cependant patienter pour voir cette oeuvre. Ainsi que toutes celles qui seront exposées cet automne dans le cadre de l’exposition Au-delà du street art. Quatorze street artist français et étrangers présenteront ainsi des oeuvres originales ou récentes. Au vu du travail de Vhils, l’événement devrait tenir toutes ses promesses… (RP)

« Au-delà du street art », à partir du 28 novembre, galerie du Messager, l’Adresse Musée de La Poste, 34 Bd de Vaugirard, Paris 15ème.

Auprès de Gleizes et Metzinger, la « Section d’Or » à l’Adresse Musée de La Poste

« Pointes sèches » de Louis Marcoussis, gravure sur bois de Léopold Survage, encres sur papier de Frantisek Kupka, crayon sur papier d’Auguste Herbin… Près d’une vingtaine  d’oeuvres de peintres de la Section d’Or (ou groupe de Puteaux) figure au sein l »exposition Gleizes-Metzinger. Du cubisme et après actuellement proposée à l’Adresse Musée de La Poste.

Marcoussis, Kupka, Survage, le Fauconnier, La Fresnaye, Lhote… Avec Gleizes et Metzinger, tous ces peintres se sont retrouvés dans les années 1912/1914 à Puteaux – dans la bien nommée rue Lemaître -, près de Paris, dans l’atelier des frères Villon. Pour y travailler, échanger leurs points de vue, préparer des expositions. Adeptes d’un cubisme « orphique » – lié au nombre d’or de la Renaissance -, ils souhaitaient aussi affirmer leur différence par rapport à la vision du cubisme affichée par Picasso et Braque (qui travaillaient alors à Montmartre). Baptisé la Section d’Or (ou groupe de Puteaux), cet ensemble d’artistes a notamment exposé en 1912 à la galerie de la Boëtie (deux autres grandes expositions suivront). Près d’une vingtaine d’oeuvres de ces artistes figure aux côtés de celles d’Albert Gleizes et de Jean Metzinger dans l’expositon consacrée à ces derniers qui se tient actuellement à l’Adresse Musée de La Poste.

Gleizes-Metzinger. Du cubisme et après, jusqu’au 22 septembre, galerie du Messager, l’Adresse Musée de La Poste, 34 Bd de Vaugirard, Paris 15ème.

Géricault en timbre et en expo

La philatélie et l’art ont toujours plutôt fait bon ménage. La peinture se prêtant naturellement à l’exercice, nombre d’œuvres de maîtres français comme étrangers s’exposent ainsi depuis des lustres en petit format au recto supérieur d’enveloppes ou sous les feuilles transparentes d’albums de collectionneurs. C’est le cas de Théodore Géricault, dont un timbre créé il y a tout juste 50 ans reproduit son tableau Officier des chasseurs de la garde. Parallèlement à cet anniversaire, une exposition au musée d’art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand présente actuellement les études préparatoires réalisées par le peintre pour son célèbre Radeau de la Méduse.

Plusieurs des tableaux les plus célèbres exposés au musée du Louvre ont fait l’objet de timbres. La Joconde de Vinci, la Liberté guidant le peuple de Delacroix, la Dentellière de Vermeer… Et d’autres encore… En bonne place dans les collections du musée, le Radeau de la Méduse, toile illustre s’il en est, connue et reconnue bien au-delà des seuls cercles d’amateurs d’art, n’est elle jamais apparue sur aucune vignette dentelée. Géricault a bien eu en 1962 – il y a exactement 50 ans – les honneurs d’une émission, mais c’était pour son Officier des chasseurs de la garde (cf. photo médaillon), une œuvre plus consensuelle que le Radeau, moins susceptible de rappeler les passions que ce dernier a fait naître, qu’il s’agisse du thème abordé, de son style ou de la façon dont il a été réalisé.

En effet, non seulement le drame qu’évoque le tableau est épouvantable en soi (souffrance, abandon, violence, cannibalisme… ), mais Géricault a aussi fait de son œuvre un manifeste politique (qui interroge sur la colonisation, l’incurie de l’administration… ) que n’ont guère goûté à l’époque bien des dignitaires de la Restauration. La façon dont Géricault l’a préparé, en particulier en peignant des restes humains recueillis dans des hôpitaux – qui n’apparaissent pas dans le tableau -, a aussi contribué à la légende de l’œuvre « maudite ». Mais l’artiste a aussi exécuté de nombreux autres travaux de recherche (tableaux, dessins, sculptures… ) avant d’accomplir son chef-d’œuvre.

Le musée d’art Roger-Quilliot (Marq) de Clermont-Ferrand consacre actuellement une très belle exposition à ces études préparatoires. Il en possédait d’ailleurs une depuis 1861 (léguée par le comte – et futur – duc de Morny, demi-frère de Napoléon III) : un portrait d’un modèle nommé Gerfant devant figurer un naufragé sur la composition finale. Cette huile sur toile avait été successivement authentifiée comme étant de la main de Géricault, puis désattribuée et réattribuée à plusieurs reprises. C’est récemment que l’historien de l’art et expert géricaldien Bruno Chenique a certifié la paternité de l’œuvre. Paternité confirmée depuis par la société Lumière-Technology, grâce à un procédé exclusif d’imagerie multispectrale. Cette authentification est alors devenue le point de départ de l’exposition. Le musée a ainsi réuni des dizaines de dessins, de peintures et de sculptures prêtées par les plus grands musées français et étrangers et par des collectionneurs privés. Et invite aujourd’hui à explorer le processus de création du Radeau de la Méduse. Parmi toutes les oeuvres présentées (huiles, crayonnés, aquarelles, encres… ) figurent notamment de magnifiques portraits, dont beaucoup pourraient enrichir la déjà vaste galerie de timbres consacrée aux peintres… A suivre, peut-être. Et en attendant, à voir au musée d’art de Clermont-Ferrand. (RP)

Panorama des timbres français, salle 11 des collections de l’Adresse Musée de La Poste, 34 Bd de Vaugirard, Paris 15ème.

« Géricault. Etudes pour le Radeau de la Méduse »,  jusqu’au 2 septembre, musée d’art Roger-Quilliot, place Louis Deteix, Clermont-Ferrand.


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