Archive pour avril 2015

Jean-Charles de Castelbajac : « J’aime le timbre, c’est un lien vital de ma vie »

Jean-Charles de Castelbajac présente son timbre "Coeur" (photo Guilhem de Castelbajac).

Jean-Charles de Castelbajac a dessiné le timbre Coeur 2015  (photo Guilhem de Castelbajac).

Le créateur de mode et designer Jean-Charles de Castelbajac est aussi dessinateur de timbres. S’il n’est pas lui-même collectionneur, il entretient depuis l’enfance un lien particulier avec le timbre, objet sentimental, medium de connaissance et de culture… et œuvre d’art.

Il raconte comment il est « fasciné par la force de si petits objets ».

« Le timbre, c’est un lien vital de ma vie, ça remonte à l’enfance lorsque j’étais en pension. Avant même de lire les lettres que je recevais, c’est le timbre, ses couleurs, ses images qui m’enchantaient. C’était une vraie relation sentimentale.

Séance de dédicace du timbre Bleuet de France.

Séance de dédicace du timbre Bleuet de France.

Le timbre n’est pas un medium comme un autre, c’est un medium plus qu’un autre, c’est d’abord historique, c’est de la mémoire, un voyage dans le temps. Les deux expositions actuellement proposées en partenariat par le Musée de La Poste, qui associent les timbres avec l’histoire et l’architecture, en témoignent. Elles contribuent à la connaissance, à la compréhension, et c’est important, nécessaire…

Le timbre "Bleuet de France " dessiné en 2014 par J.-C. de Castelbajac.

Le timbre Bleuet de France dessiné en 2014 par J.-C. de Castelbajac.

Avec le « Bleuet de France », le premier timbre que j’ai dessiné pour La Poste, j’ai voulu rendre un hommage à tous les soldats, à ces jeunes gens si courageux.

Et c’est aussi à travers eux un hommage à tous ceux de ma famille qui ont servi la France.

Avec une pensée particulière pour Blanche, ma grand-mère, qui lors de la Première guerre mondiale faisait transporter à ses propres frais des victuailles pour les soldats.

Le pétale rouge en forme de cœur du timbre « Bleuet », je l’ai dessiné en pensant au « Dormeur du val » de Rimbaud, au sacrifice qu’il symbolise.

imag-tp-coeursLe bleu et le jaune, les couleurs de La Poste, j’y suis aussi viscéralement attaché. Ce sont celles des vitraux et de nombre d’œuvres qui nourrissent mon imaginaire. Je les ai d’autant plus utilisées pour le timbre « Cœur 2015 » que La Poste m’a demandé de concevoir.

Dans ce dessin, j’ai voulu que les deux personnages s’embrassent de manière poétique, pudique. Un peu comme l’auraient fait Peynet ou Savignac, des dessinateurs injustement oubliés aujourd’hui, avec émotion et tendresse. Et puis, il faut le dire, j’ai adoré travailler avec La Poste, j’ai adoré ce tissu social…

Oui, j’aime le timbre, j’ai toujours été fasciné par la force d’un si petit objet. »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Larousse-CastelbajacJean-Charles de Castelbajac a illustré la couverture de l’édition 2015 du Larousse.

Et il sera présent du 20 au 24 mai au festival « Art Rock » de Saint-Brieuc avec « Fantômes », une performance qu’il a conçue et à laquelle seront associés le musicien Mr NÔ et le bagad de Saint-Brieuc. 

arton2312-resp600« Mémoires Gravées », une exposition qui raconte la guerre 39-45 à travers les timbres proposée en partenariat par le Musée Leclerc-Musée Jean Moulin et le Musée de La Poste, jusqu’au 8 novembre, Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris-Musée Jean Moulin, 23 allée de la 2ème DB, Paris 15ème.

archi-timbre_e-2-resp300« Archi-Timbrée », un parcours philatélique et architectural proposé en partenariat par la Musée des Monuments français et le Musée de La Poste, jusqu’au 21 septembre, Cité de l’architecture & du patrimoine, 1 place du Trocadéro, Paris 16ème.

 

 

Anne Ruelland, directrice des publics à la Cité de l’architecture & du patrimoine : « Archi-Timbrée, c’est la convergence de deux disciplines »

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Proposé en partenariat par la Cité de l’architecture & du patrimoine et le Musée de La Poste, Archi-Timbrée ouvre ses portes ce mercredi.

Anne Ruelland, directrice des publics à la Cité de l’architecture & du patrimoine, évoque ce parcours philatélique et architectural ouvert dans les galeries du musée des Monuments français.

« Archi-Timbrée » met en regard des œuvres patrimoniales exposées au musée des Monuments français et les timbres qui les reproduisent. Comment est née l’idée de ce projet ?

Anne_RuellandNotre musée conserve et présente au public des moulages, des répliques de peintures murales et des maquettes reproduisant des chefs-d’œuvre du patrimoine architectural français. Et nous connaissions par ailleurs l’intérêt que La Poste porte à l’art et l’architecture à travers la philatélie. Mais c’est notamment lorsque nous avons découvert qu’un carnet de timbres sur l’art roman avait été émis, que cette proximité entre notre musée et celui de La Poste est apparue plus évidente. On s’est alors rencontrés, et en visitant les collections philatéliques du Musée de La Poste nous avons vu tout le potentiel de promotion et d’éclairage de l’architecture qu’elles représentent. L’idée d’associer les œuvres et leurs timbres est partie de là.

 

Le musée des Monuments français avait-il déjà accueilli dans ses murs un autre musée ?

L'abbaye du Mont-Saint-Michel en timbre et en moulage. Photo Thierry Debonnaire.

L’abbaye du Mont-Saint-Michel en timbre et en moulage.
Photo Thierry Debonnaire.

Nous proposons régulièrement des expositions temporaires ou encore des ateliers autour du patrimoine architectural. Mais Archi-Timbrée, c’est une première, un projet mené en étroit partenariat avec un autre musée. Le résultat obtenu est ainsi le fruit des échanges fructueux entre nos deux institutions et de la grande réceptivité du Musée de La Poste.

Ce parcours établit un dialogue constant entre le timbre miniature et l’architecture monumentale. La convergence de deux disciplines en quelque sorte…

 

Comment cette convergence se traduit-elle pour les visiteurs ?

Le timbre "Maison de la Radio" devant la maquette du bâtiment. Photo Rodolphe Pays.

Le timbre « Maison de la Radio » devant la maquette du bâtiment.
Photo Rodolphe Pays.

C’est un autre regard sur nos collections qui leur est proposé. Plus large, plus riche. Notre musée expose en effet beaucoup de fragments d’œuvres. Bien sûr, les visioguides que nous mettons à disposition des visiteurs permettent de montrer des reconstitutions, mais les timbres y contribuent aussi en fournissant un grand nombre de détails, d’éléments, d’angles de vue… C’est remarquable de voir ce que le timbre peut véhiculer comme informations complémentaires pour le grand public. Et puis, l’ajout des timbres aux œuvres présentées, ça ne peut qu’attiser la curiosité…

Propos recueillis par Rodolphe Pays

« Archi-Timbrée », du 15 avril au 21 septembre, Cité de l’architecture & du patrimoine, 1 place du Trocadéro, Paris 16ème.

« Churchill De Gaulle » : une exposition rétrospective exceptionnelle proposée au Musée de l’Armée

IMG_3142A l’occasion du 70ème anniversaire de la Libération et du cinquantième anniversaire de la disparition de Winston Churchill, le Musée de l’Armée propose une exposition rétrospective consacrée à De Gaulle et Churchill. Le Musée de La Poste apporte sa contribution à l’événement en prêtant une pièce unique et symbolique : un projet de timbre franco-anglais scellant l’union imaginée un temps entre les deux pays.

Projet de timbre de  1940 scellant l'union franco-anglaise dessiné par Henry Cheffer.

Projet de timbre de 1940 scellant l’union franco-anglaise dessiné par Henry Cheffer.

Il aurait été le symbole de l’union politique franco-anglaise envisagée entre septembre 1939 et juin 1940 par les gouvernants des deux pays. Et le premier fruit de la fusion des postes française et anglaise notamment projetée dans le cadre de cette hypothétique – et restée méconnue – « confédération ». C’est en effet ainsi qu’un timbre commun présentant les effigies du roi George VI et du président de la République Albert Lebrun a failli voir le jour… On en était même aux essais de couleur…

Essai de couleur du timbre franco-anglais de 1940.

Essai de couleur du timbre franco-anglais de 1940.

Mais la guerre tourne au désastre, et le 16 juin le Conseil de Ministres repousse le projet d’union franco-anglaise. Philippe Pétain remplace alors Paul Reynaud. L’idée d’émettre le timbre est abandonnée. Reste l’œuvre d’Henry Cheffer qui devait l’illustrer. Avec l’ouverture de l’exposition Churchill-De Gaulle au Musée de l’Armée, elle sort aujourd’hui de l’oubli. Le Musée de La Poste a en effet prêté le dessin de l’artiste pour cette double rétrospective consacrée aux parcours – de la naissance à la disparition – de ces deux hommes d’exception. Une pièce qui a toute sa place dans l’accrochage : au cours de leurs différentes rencontres en juin 1940, Churchill et De Gaulle – dans la perspective de continuer efficacement le combat – évoqueront en effet le projet d’union entre le Royaume-Uni et la France.

IMG_3124Militaires d’abord, politiques ensuite, hommes à la détermination sans faille, habités par leur pays, ayant l’un et l’autre occupés le pouvoir et connus des traversées du désert, Churchill et De Gaulle ont beaucoup en commun. Ils ont aussi été tous les deux des prisonniers de guerre : Churchill lors de la guerre des Boers, et de Gaulle entre 1916 et 1918 (l’exposition présente notamment d’émouvantes lettres du prisonnier adressées à son « Cher papa »). Il n’y avait cependant guère de place pour l’amitié dans leur relation, nourrie d’intérêts communs mais aussi de stratégies parfois inconciliables. Ils se respectaient profondément, s’estimaient tout autant… et entretenaient des relations à la fois courtoises et sans concessions.

Winston Churchill et Charles de Gaulle enfants.

Winston Churchill et Charles de Gaulle enfants.

L’exposition évoque d’abord leur enfance. Churchill, né dans la haute aristocratie anglaise, passant ses vacances dans un château familial de 320 pièces. Tandis que De Gaulle se contente d’une simple maison bourgeoise à Lille. Puis les années de formation. Directement militaire pour De Gaulle. En passant par une première case politique pour Churchill. Mais la famille de ce dernier n’est pas sûre qu’il soit à la hauteur de ce type de carrière. On le remet dans le droit chemin en l’intégrant à l’armée. Il y restera jusqu’en 1900 (il traversera quatre conflits durant cette période), et reviendra alors à la politique. Mais l’armée ne sera jamais loin…

"Plug Street", le premier tableau peint par Churchill.

« Plug Street », le premier tableau peint par Churchill.

Tous deux sont terriblement affectés par la Première Guerre mondiale. Au point que Churchill, effondré par sa responsabilité dans l’échec de la bataille des Dardanelles, souffre de dépression et se soigne alors en peignant ses premières toiles (un hobby qu’il pratiquera jusqu’à sa mort). Prisonnier des allemands, De Gaulle lui se réfugie dans le travail, la réflexion, l’écriture. Plusieurs des livres qui seront publiés dans le prolongement de cette période figurent au sein de l’exposition.

IMG_3133Le parcours des deux hommes dans l’entre-deux-guerres, leurs rencontres, leurs relations à Londres, les batailles menées ensemble sont évoquées en détail. Photos, films, enregistrements sonores, documents, témoignages, objets ayant appartenu à l’un et à l’autre racontent le cheminement individuel et commun de ces deux figures majeures de la seconde guerre mondiale et plus largement du siècle passé.

IMG_3141Sur un grand écran, des images du défilé organisé le 11 novembre 1944 à Paris pour commémorer l’armistice de 1918 disent beaucoup du lien qui unissaient De Gaulle et Churchill. Ils remontent ensemble les Champs-Elysées, acclamés par une foule considérable. Tous les deux se recueillent à l’Arc de Triomphe, s’arrêtent devant la statue de Clémenceau. De Gaulle savait que Churchill et « le Tigre » s’étaient rencontrés en 1918 et connaissait l’admiration de l’anglais pour ce français indomptable. Une halte voulue par De Gaulle, et l’émotion visible de Churchill…

Et puis l’après-guerre, les traversées du désert pour l’un et l’autre. Le bureau de De Gaulle reconstitué : classique, vue sur le parc de la Boisserie, un porte-plume… Celui de Churchill, : vue sur un parc anglais, un bureau plus petit, une Remington munie d’un système « silencieux…

Le retour aux affaires, la fin de carrière… Une rétrospective d’une richesse exceptionnelle.

Rodolphe Pays

« Churchill De Gaulle », jusqu’au 26 juillet, Musée de l’Armée, Hôtel des Invalides, 129 rue de Grenelle, Paris 7ème.

 

 

 

 

 

 

 

 

Animations en milieu scolaire : quand le Musée de La Poste fait la classe

IMG_2991Des conférenciers du Musée de La Poste se rendent régulièrement dans les écoles. Pour des animations autour de l’histoire des messages, du mail art, de la philatélie… Résumé d’une séance tenue fin mars dans un établissement parisien.

Jean, Charles, Line, Matilde, Sasha, Victoria… Au total, 23 élèves de CE2 d’un établissement situé près des Invalides, dans le VIIe arrondissement de Paris. Et peut-être parmi eux de futurs postiers… En tout cas, ils auront déjà acquis quelques notions sur l’histoire de l’écriture et celle du courrier et des moyens de l’acheminer : à l’invitation de Patricia Serio, leur professeure des écoles, une conférencière dépêchée par le Musée de La Poste est en effet venue animer à leur intention une séance à la fois instructive et récréative intitulée Du messager au facteur.

IMG_2993« Le programme de l’année prévoit de travailler avec les élèves sur les débuts de l’écriture, explique l’institutrice, c’est pourquoi j’ai choisi cette prestation au sein des différentes offres de mallettes pédagogiques proposées par le Musée de La Poste. » Au mur de la classe, auprès de la traditionnelle planisphère, une frise égrène les époques, de la préhistoire au XXIe siècle. Maîtresse, conférencière et écoliers s’y réfèreront à plusieurs reprises au cours de l’heure et demie qu’ils passeront ensemble. L’animation commence.

IMG_3006« Quand les hommes ont-ils commencé à écrire, à s’envoyer des messages, et sur quels supports ? », interroge Valeria Monaldi, la jeune conférencière. Les élèves ont déjà un peu travaillé le sujet avec leur professeure, beaucoup de doigts se lèvent. « Il y a des milliers d’années », « En Mésopotamie », « Sur des tablettes d’argile », « Avec des papyrus », répondent-ils. Vient ensuite la saga des messagers : courriers, postillons et leurs bottes, facteurs… Illustrée par des images projetées au tableau. Et appuyée par un livret-jeu permettant à chaque élève de cocher les informations reçues.

IMG_3034Le Moyen-Age, la « Rotula », la Poste aux chevaux, les étapes de l’aventure postale se succèdent. « Vous savez ce que le roi Louis XI a fait pour faciliter le transport des lettres ? », demande Valeria. « Des auberges de poste », se précipite une petite tête blonde. « C’est presque ça, ce sont des relais de poste », ajuste Valeria. Tous les moyens de transport du courrier sont aussi évoqués, tricycle, barque, skis, voiture… Autant de véhicules qui interpellent les enfants et suscitent de nombreux échanges avec leur maîtresse et la conférencière.

L’animation s’achève par un « atelier » de travaux manuels. Chaque élève rédige un message – aux parents, une copine… – sur une feuille de papier pliée ensuite telle une enveloppe. Après l’effervescence du début, l’atmosphère est plus studieuse. Les courriers écrits puis cachetés, la séance est levée. « C’était bien, enjoué, c’était positif », apprécie Patricia Serio. Les sourires des 23 écoliers confirment.

Rodolphe Pays

Pour en savoir plus sur les Mallettes pédagogiques du Musée de La Poste, joindre le service « Réservation » au 01 42 79 24 24 ou via l’adresse reservation.dnmp@laposte.fr.

 

 

« Mémoires Gravées » : visite guidée par Séverine Maréchal, co-commissaire de l’exposition (volet 2)

arton2312-resp600«  L’exposition fait apparaître le regard singulier que portent les artistes sur l’histoire »

Proposée conjointement par le Musée Leclerc-Jean Moulin et le Musée de La Poste, l’exposition Mémoires Gravées a ouvert ses portes mi-mars. Un accrochage qui raconte la guerre 39-45 à travers les œuvres des artistes sollicités pour illustrer les timbres évoquant le conflit. Visite guidée en images par Séverine Maréchal, co-commissaire de l’exposition pour le Musée Leclerc-Jean Moulin. Volet 2…

TDB_3370_1« Deux personnalités majeures et très fortes de la guerre font l’objet d’une attention toute particulière au sein de l’exposition : de Gaulle, l’homme du 18 juin, et Leclerc, le libérateur de Paris, le meneur d’hommes. Epreuves d’artistes et documents accompagnent les timbres émis en leur hommage. Dans la vitrine consacrée à Leclerc, un de ses képis, une de ses célèbres cannes, son passeport… »

TDB_3379« L’espace consacré à la déportation symbolise à lui-seul le principe de l’exposition, celui de faire apparaître le regard singulier que portent les artistes sur des moments de l’histoire. Regards qui diffèrent aussi selon les époques. Entre Decaris, en 1955, Aldebert en 1964 et Plantu en 2005, si le thème traité est le même, le propos et la forme qu’il revêt se distinguent radicalement. Désolation et absence d’humain pour le premier, souffrance des visages pour le second et, sans pour autant oublier, comme une renaissance et un espoir pour le troisième. »

TDB_3380« Le panorama des timbres-poste français, qui n’avait plus été présenté depuis la fermeture du Musée de La Poste pour rénovation, forme à la fois une sorte de décor et d’enceinte pour l’exposition. Les visiteurs s’y plongent volontiers, leur curiosité est éveillée, ils passent d’un timbre à l’autre, un peu comme on feuillette un dictionnaire… »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Photos Thierry Debonnaire

arton2312-resp600« Mémoires Gravées », jusqu’au 8 novembre, Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris-Musée Jean Moulin, 23 allée de la 2ème DB, Paris 15ème (tél. 01 40 64 39 44).

 


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