Archive pour mai 2017

Flaubert : des timbres, des relais de Poste et du théâtre

Timbre « Flaubert 1821-1880 » (émission de 1952), dessiné par Pierre Paul Lemagny, gravé par Charles Paul Dufresne.

Quelques émissions philatéliques ont été consacrées à Gustave Flaubert.

Mais les liens de l’écrivain avec l’univers postal se sont aussi tissés à travers les séjours et les voyages que ce dernier effectuait régulièrement dans les relais de Poste.

Et pour les amoureux de sa langue et de son regard, Flaubert est aussi tout l’été sur scène.

A travers une adaptation d’Emma Bovary proposée par le comédien André Salzet.

Timbre « Flaubert » (1982), émis par la Poste du Gabon.

« La Poste d’Auray eût été arrivée, nous fussions partis tout de suite pour Belle-Isle ; mais on attendait la Poste d’Auray. Assis dans la cuisine de l’auberge, en chemise et les bras nus, les marins de passage patientaient en buvant chopine. »

Alors qu’il voyage en Bretagne avec son ami et écrivain Maxime Du Camp, Gustave Flaubert a l’occasion à de nombreuses reprises d’utiliser les services de la Poste, pour se déplacer, se restaurer.

Ancien relais de Poste, à Auray (Morbihan).

Et d’observer ses employés comme ses usagers.

Il évoque ainsi ses séjours dans les relais de Poste et ses trajets en malle-poste dans l’ouvrage Voyage en Bretagne, par les champs et par les grèves.

En dehors de ses pérégrinations à travers les régions de France, Flaubert fréquente de façon récurrente un autre relais de Poste, celui de Nogent-sur-Seine, dans l’Aube. Pour des excursions culinaires cette fois.

L’auberge du Cygne de la Croix, à Nogent-sur-Seine (Aube).

Comme d’autres artistes à l’époque – Alfred Boucher, Camille Claudel… -, Flaubert apprécie la cuisine de cette auberge baptisée Le Cygne de la Croix. Un lieu que l’on retrouvera dans L’éducation sentimentale.

La Poste finit par arriver. Un peu plus loin dans Le voyage en Bretagne, Flaubert s’en donne à cœur joie : « Un bruit étouffé se fit entendre. Un grelot sonna, un chapeau parût. C’était la Poste d’Auray, toujours même homme, toujours même cheval, même sac à lettres. Il s’en allait tranquillement vers Quiberon, dont il reviendra tantôt pour s’en retourner demain. C’est l’hôte du rivage, il le passe le matin, il le repasse le soir. Sa vie est de le parcourir, lui seul l’anime, il en fait l’épisode, j’allais presque dire la grâce. »

Rodolphe Pays

Madame Bovary tout l’été au théâtre du Lucernaire

Il a joué Zweig, Kafka, Maupassant, Schnitzler, Vian…

André Salzet poursuit sa quête des beaux textes avec Flaubert et son Emma Bovary.

Le comédien a participé à l’adaptation du roman et la propose sur scène de juin à septembre au théâtre du Lucernaire, à Paris.

  • du 10 juin au au 9 juillet à 18 h 30 du mardi au samedi,  et à 16 h le dimanche
  • du 12 juillet au 27 août à 18 h 30 du mercredi au samedi, et à 16 h le dimanche
  • du 29 août au 3 septembre à 18 h 30 du mardi au samedi, et à 16 h le dimanche

Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème. Réservations au 01 45 44 57 34.

En savoir plus sur André Salzet : http://theatre.carpediem.free.fr/

En savoir plus sur le théâtre du Lucernaire : http://theatre.carpediem.free.fr/

 

Pierre Josse, le rédacteur en chef des Guides du Routard, publie ses « Chroniques vagabondes »

Pierre Josse est depuis quarante ans la colonne vertébrale des Guides du Routard, leur cheville ouvrière.

Il a décidé de parler un peu de lui, de ses souvenirs, de ses rencontres, des gens qui l’on aidé, marqué, ému… Des lieux qui l’ont ébloui, changé…

Ses premières Chroniques vagabondes ont ainsi été éditées il y a quelques semaines. Sous forme d’un abécédaire très libre, débridé… A l’image de leur auteur.

Pierre Josse est depuis toujours un amoureux inconditionnel de l’Irlande et des Irlandais. « J’en reviens tout juste, dit-il, c’était mon 43ème séjour là-bas. »

Une comptabilité précise – en même temps qu’un peu vertigineuse – qui pourrait étonner de la part d’un voyageur aussi aguerri.

Mais elle ne traduit rien d’autre que la délectation que procurent toujours ses déplacements professionnels au rédacteur en chef historique des Guides du routard.

Dans la même veine, il affiche aussi volontiers ses « 107 pays au compteur ».

« Avec la dislocation de la Yougoslavie, j’en ai à l’époque ajouté 7 à la liste en peu de temps », s’amuse-t-il. Pas de forfanterie là-dedans. Plutôt une jubilation de l’éternel étudiant qu’il n’a sans doute jamais tout à fait cessé d’être.

Et même une sorte d’étonnement, comme si à travers ces chiffrages, il se pinçait pour vérifier que son insatiable désir de rencontres et de visions avait réellement été exaucé. Un léger syndrome de collectionneur peut-être aussi…

Quasiment quarante ans que Pierre Josse arpente ainsi le monde en tous sens (éveillés) pour le mythique guide touristique né au début des années 1970.

Pierre Josse est aussi un adepte du mail art. Son ouvrage reproduit plusieurs de ces cartes postales illustrées qu’il expédie de tous les pays du monde (le Musée de La Poste en a exposé une sélection il y a quelques années).

D’abord correcteur des textes (un de ses premiers métiers, cf. encadré), il fait part à Philippe Gloaguen, l’un des deux fondateurs du guide – l’autre, Michel Duval, était déjà parti rejoindre de nouveaux horizons professionnels -, de son envie d’aller voir en vrai ce qu’il lit et annote tous les jours.

« Tout vient d’un déjeuner avec Philippe dans un restaurant du 15ème, se souvient Pierre Josse, à l’entrée je lui ai parlé de ma frustration de ne voyager que par procuration, et au dessert j’étais promu grand voyageur. »

C’était parti. Pour longtemps, pour toujours. Londres d’abord. Et très vite, l’Inde, le Brésil… Et partout ailleurs.

Cette aventure permanente, il a décidé d’en raconter des bribes dans un ouvrage abécédaire. Ces « Chroniques vagabondes » évoquent des petits bouts de ses voyages, de ses rencontres, de ses sentiments, de ses révoltes.

De sa vie en dehors du Routard aussi. Militante, familiale… Aventures et (petites) mésaventures se succèdent. Et l’humour n’est jamais loin.

Quarante ans de Guide du Routard, ça occupe une vie… et pas mal d’espace.

On passe ainsi un peu de temps – et c’est un bonheur – en compagnie de Sophie Sarroff, une vieille syndicaliste new-yorkaise que Pierre Josse a rencontré à plusieurs reprises.

« Elle était originaire d’Ukraine, elle me racontait ses luttes ouvrières, ses combats, se rappelle-t-il, j’en étais ému aux larmes. »

Et on file en Afrique du sud. Une destination au fond paradoxale pour l’ancien militant anti-apartheid. Mais passionnante. « A cette occasion, j’ai eu la chance de pouvoir sympathiser avec un des derniers gardiens de prison de Nelson Mandela, poursuit-il, un type très intéressant, c’était un moment incroyable. »

« En visitant le Japon pour le Routard, en 2006, je suis tombé de l’armoire, j’ai découvert un pays si éloigné de mes préjugés. » P. Josse.

Et c’est un ex-roi du Dahomey que l’on croise. On assiste aussi à un meeting de l’opposante birmane Aung Saan Suu Kyi. Les portraits se succèdent, les anecdotes aussi.

On est au cœur des échanges, avec des ouvrières cubaines, des patrons de bistros de Paris et d’ailleurs, on longe les allées de cimetières d’Italie, de Madagascar, Le Père Lachaise…

« J’ai toujours voulu donner du sens à mes voyages, insiste Pierre Josse, comprendre où j’étais, avec qui j’étais, que je sois en présence d’un président ou d’un berger. »

De retour d’Irlande, l’intégration des modifications et actualisations nécessaires…

Son goût des voyages – on pourrait sans doute parler d’addiction -, il a mis du temps à prendre conscience de son origine.

« C’est sur le tard que j’ai compris ce que je devais à ma mère, admet-il aujourd’hui, elle était très catho, mais c’était une routarde-née, adhérente de la première heure des randonnées et des auberges de jeunesse. »

Les photos des balades sac au dos de sa mère qui recouvraient les murs du logement parisien de la famille Josse ont vraisemblablement, sans qu’il s’en doute, marqué le « petit Pierre ». Elles ne sont pas pour rien dans sa vocation.

Les pages qu’il dédie à cette mère initiatrice sont très belles.

Pierre Josse continue sa route. En levant un peu le pied. Plus que 5 ou 6 voyages par an, alors qu’il en faisait le double il n’y a pas si longtemps. Nul doute qu’il repartira prochainement en Irlande. Le 44ème séjour Pierre, non ?

Rodolphe Pays

« Chroniques vagabondes, petit dictionnaire insolite des rencontres et itinéraires d’un Routard », Pierre Josse (chez Hachette).

Etalagiste, instit de prison, ouvrier imprimeur…

Propos souvent vus ou entendus : « Je n’ai pas toujours fait de la politique, je n’ai pas toujours été artiste, ou journaliste en vue. La vraie vie, je la connais aussi, j’ai exercé toutes sortes de métiers avant de m’engager dans la vie publique, avant de vivre de mon art, de mes articles… »

Lorsque des personnalités acquièrent une certaine notoriété, il n’est pas rare qu’elles affichent ainsi d’autres vies professionnelles. Pour donner le change, dire combien elles ne sont pas seulement ce que les médias renvoient d’elles, qu’elles n’ignorent pas le quotidien des citoyens anonymes, des « vraies » gens.

En se gardant toutefois de préciser que ces expériences professionnelles se sont souvent limitées à d’épisodiques jobs d’étudiant, l’été, entre examens de fin d’année, vacances au soleil et retour à la fac.

D’autres ont en revanche réellement mené des carrières différentes en attendant d’accomplir celles qui les ont fait connaître du public. Et pas seulement occasionnellement. C’est le cas de Pierre Josse qui, avant de rejoindre le « Routard », avait pratiqué durant des années plusieurs métiers le plus souvent très éloignés de celui de journaliste.

Comme décorateur-étalagiste chez Braun. Un job qui l’expédiait en permanence aux quatre coins de la France. Ses patrons étaient plutôt satisfaits de ses résultats. Du coup, ils l’avaient même bombardé responsable commercial. Costume de rigueur, marketing… Là, c’était quand même « trop », il a décroché. Après plus de 5 ans quand même…

Pour devenir instituteur de prison. A Fleury-Mérogis, au sud de Paris. L’expérience a duré deux ans. Et a tourné court quand le futur routard a aidé un jeune détenu en difficulté à passer un examen de Français. L’affaire est remontée à sa hiérarchie. Exit l’enseignement.

Et bonjour l’imprimerie. Quatre années comme bobinier, ouvrier- imprimeur. Puis correcteur à la suite d’un sévère accident du travail. C’est ainsi que Pierre Josse s’est au final rapproché de l’univers de l’édition. Et du guide où il allait passer les quarante années suivantes…

 

1924 : les Jeux Olympiques de Paris se déroulent au stade de Colombes

Le stade de Colombes a accueilli les JO de 1924.

Un stade olympique à Colombes, des sportifs devenus parfois des gloires d’Hollywood, des timbres que l’on ne ferait peut-être plus aujourd’hui…

C’étaient les Jeux Olympiques de 1924…

Los Angeles ou Paris ? Les deux villes se disputent actuellement l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques qui se dérouleront en 2024. Décision en septembre…

La deuxième métropole des Etats-Unis par sa population comme la capitale française ont déjà accueilli les JO par deux fois. En 1932 puis 1984 pour Los Angeles, en 1900 et 1924 pour Paris.

Au-delà de la qualité des équipements mis à la disposition des délégations et des spectateurs (et de ce point de vue les deux villes proposent des dossiers solides), la décision d’attribuer ces JO à la France pourrait aussi être motivée par un siècle de sevrage olympique.

Relancés par le baron Pierre de Coubertin, les jeux de l’ère moderne ont d’abord symboliquement eu lieu à Athènes en 1900 et Paris quatre ans après.

Et c’est la ville de Colombes, cité ouvrière située au nord-ouest de la capitale, qui les a abrités 20 ans plus tard, en 1924.

Bâti sur le territoire de la commune, le stade Yves du Manoir, dont une partie des tribunes subsiste encore aujourd’hui, a été le pivot du dispositif olympique mis en place à l’époque.

La plupart des compétitions d’athlétisme s’y est déroulée.

Ainsi que celles de cyclisme, de gymnastique, d’équitation (à l’emplacement du stade, se trouvait auparavant un hippodrome), de tennis, de football…

Johnny Weissmuller.

Des sportifs dont les noms sont restés dans l’histoire ont participé à ces épreuves.

Comme Paavo Nurmi – le finlandais volant -, un des plus grands coureurs de fond et demi-fond de tous les temps (5 fois médaillé d’or aux Jeux de 1924).

Ou encore le nageur américain d’origine austro-hongroise Johnny Weissmuller (3 fois médaillé d’or), le futur Tarzan d’Hollywood.

La philatélie n’était pas absente de ces jeux. De nombreux timbres ont été émis par la Poste française à leur occasion.

Avec des visuels qui reprenaient des postures antiques… mais ne seraient probablement plus reproduites de nos jours (images ci-contre).

Souhaitons que la philatélie française soit à nouveau présente pour les JO de 2024…

Rodolphe Pays

« Du moment qu’on s’aime » : le nouvel album d’Antoine Chereau conte de drôles de fleurettes

Après le travail, la santé, le net, l’égalité, Antoine Chereau a choisi dans son nouvel album de parler d’amour, de familles, d’enfants…

Comme à son habitude, le dessinateur – un temps partenaire de La Poste et de son musée – s’amuse, nous amuse de nos travers.

L’homme n’est pas du genre à désarmer. Un carquois toujours en bandoulière, à portée de main, Antoine Chereau n’est jamais en retard pour décocher une volée de flèches. Et la dernière en date fait mouche une fois encore. Pour le plus grand plaisir des lecteurs… cibles.

Si on ne peut pas vraiment dire que tous ses projectiles soient inoffensifs, ils ne sont cependant jamais assassins.

Et c’est tant mieux, d’autant plus réjouissant, d’autant plus drôle. Et efficace.

Son nouvel opus en apporte une nouvelle fois la preuve. Après avoir publié des albums sur les thèmes du travail, de la santé, d’internet, de l’égalité encore tout récemment, le dessinateur s’attaque aujourd’hui à l’amour.

Aux amours plutôt. Celles des époux, des jeunes et vieux amants, des parents d’enfants, puis d’ados, puis d’adultes…

Personne n’est épargné, oublié, dragueurs ou gays éconduits, géniteurs déboussolés, maris traditionnels, femmes dépitées ou décomplexées, couples chez le psy, mômes goguenards… Et même handicapés. Mais personne n’est condamné non plus.

Entre deux élections, marquées par un certain désamour, Antoine Chereau prend lui le parti de l’amour, le vrai, et celui d’en rire. Et nous entraîne avec lui.

Il s’amuse des petits et parfois grands travers familiaux, des – mauvaises – habitudes qui perdurent, de l’ennui qui prend place, des échecs programmés, des démissions contemporaines, des trahisons médiocres ou ridicules…

Les situations que décrit Chereau – du vécu parfois sans doute… – pourraient être tristes, voire désespérantes, il les dénonce et en même temps les désamorce, leur tord le cou. Il nous met devant nos faits accomplis, nos renoncements, nos défaillances.

Et nous fait rire, de nous, de nos proches, de nos voisins. Aux éclats souvent. Et ça fait le plus grand bien.

En une centaine de dessins et de planches appuyés de très belles couleurs, tout le talent de Chereau s’exprime dans ce nouvel album. C’est vif, bien vu, c’est aujourd’hui en France, en famille. Suivez les flèches…

Rodolphe Pays

L’album « Du moment qu’on s’aime », d’Antoine Chereau (chez Pixel Fever Editions), 23 € en librairie et via les sites d’achat en ligne (FNAC, Amazon… )

Antoine Chereau bientôt en tournée de dédicaces : première séance, samedi 13 mai, de 15 h à 19 h 30 à la librairie « La petite Lumière », 14 rue Boulard , PARIS (14ème).

En savoir plus : https://m.facebook.com/antoinechereau.dessinateurdepresse/#_=_

Chereau croque aussi les postiers

Antoine Chereau est un fidèle de La Poste. Il a longtemps croqué en direct des intervenants lors de réunions organisées par l’entreprise, produit d’innombrables dessins pour son site intranet (dont une sélection a été exposée en 2013 au Musée de La Poste).

 


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