Archive pour mars 2018

« Aux Ormes, mozartiens ! » : un festival de Musique de chambre proposé dans un splendide relais de Poste de la Vienne

Un festival de Musique de chambre se déroule chaque année au relais de Poste des Ormes, dans le département de la Vienne.

Pour la dixième édition de cette manifestation, une programmation exceptionnelle est proposée.

Un lieu magique auquel le Musée de La Poste s’associe également via des conférences et des expositions.

Le génie précoce de Mozart lui a valu très tôt une grande notoriété. Une renommée qui s’est vite étendue au-delà des frontières de son Autriche natale.

Bien avant l’adolescence, le jeune prodige était ainsi devenu une « star » attendue un peu partout en Europe. Avec sa famille, il se déplaçait de pays en pays afin d’y donner des concerts, de jouer pour des gens de cour, des personnalités…

Pas d’avion ni de train à l’époque pour effectuer ces « tournées », mais le plus souvent des malles-poste. Et des relais de Poste pour faire étape.

C’est dans l’un deux, à Gournay-sur-Aronde, dans l’Oise, qu’il a séjourné avec ses parents et sa sœur aînée Nannerl le 17 novembre 1763.

Venue de Belgique, où Wolfgang – alors âgé de sept ans – avait interprété plusieurs œuvres devant un auditoire choisi, toute la famille se rendait à Paris pour un prestation dédiée à Victoire de France, l’une des filles de Louis XV.

Un siècle et demi plus tard, en 2004, la petite commune de Gournay-sur-Aronde rendait hommage au musicien et à sa sœur en baptisant une de ses allées « Sente Nannerl et Wolfgang Mozart ».

Le relais de Poste des Ormes accueille chaque année un festival de Musique de chambre.

D’autres relais de Poste honorent la mémoire de l’artiste. Comme celui des Ormes-sur-Vienne, au nord de Châtellerault, dans le département de la Vienne.

Un joyau que ce domaine, dont la propriétaire, Anne de Logivière, est une descendante de François Marquet, le dernier maître de poste du relais.

Philippe et Anne de Logivière.

Un joyau partagé. Des visites y sont régulièrement organisées.

Et des concerts donnés chaque année dans le cadre d’un festival de Musique de chambre appelé… Aux Ormes, mozartiens !

Pour la dixième édition de la manifestation, Anne de Logivière et son mari Philippe ont à nouveau fait appel au violoniste et professeur de musique Michel Michalakakos afin d’assurer la direction artistique de l’événement.

Michel Michalakakos, au cente de la photo, lors d’une édition précédente du festival Aux Ormes, mozartiens !

Et la programmation est exceptionnelle. Ainsi que les interprètes.

Au cours des six après-midi et soirées proposés en mai et juillet prochains, le public aura le plaisir d’entendre dans ce lieu magique – et à l’acoustique réellement remarquable – quelques-uns des plus grands compositeurs de Musique de chambres : Arriaga, Schumann, Beethoven, Schubert, Bach, Rossini, Brahms… Et bien sûr Mozart.

Le Musée de La Poste, régulièrement présent au relais de Poste des Ormes à travers des conférences données par ses historiens et des expositions, s’associe à cette belle série de concerts.

Rodolphe Pays

En savoir plus :

http://www.laposteauxchevaux.com/La_Poste_aux_Chevaux/Festivals.html

 

 

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Alain Valentin, président de la Fédération omnisports ASPTT : « Pas une dame un peu vieillissante, un club sportif jeune qui se développe »

Elle est née en 1898. On ne l’appelait pas encore Fédération omnisports ASPTT, mais simplement ASPTT.

Des festivités sont organisées un peu partout en France à l’occasion de ses 120 ans.

Alain Valentin, son président, évoque le passé et surtout le présent de ce club sportif historique.

L’ASPTT, aujourd’hui Fédération omnisports ASPTT, fête cette année ses 120 ans. Comment se porte ce plus que centenaire ?

Pour Alain Valentin, le président de la Fédération omnisports ASPTT, « une structure comme celle de l’ASPTT a beaucoup d’atouts pour satisfaire les aspirations émergentes ».
(Photo Baptiste Fernandez/Icon Sport)

Il se porte plutôt bien. D’abord en termes de licenciés. La Fédération compte en effet désormais plus de 200 000 adhérents, un chiffre en augmentation.

Mais ce n’est pas seulement cette progression qui est positive, c’est aussi le fait que beaucoup de jeunes nous rejoignent, un tiers des membres de l’association a ainsi moins de 18 ans.

Et puis, même si les femmes ont depuis le début été présentes au sein du club, on se félicite aussi d’en compter pas moins de 40 % dans nos rangs. La Fédération ASPTT n’est pas une dame un peu vieillissante, c’est un club sportif jeune qui se développe.

Comment la Fédération s’organise-t-elle pour répondre aux pratiques sportives qui évoluent,  aux attentes des nouvelles générations ?

Auparavant, on entrait souvent dans un club pour y pratiquer une seule discipline, faire de la compétition, puis poursuivre à un autre rythme en fonction de l’âge, et ensuite prendre éventuellement des responsabilités dans les instances dirigeantes.

Aujourd’hui, même s’il reste toujours des passionnés d’un seul sport, on a beaucoup de gens qui sont moins dans la compétition, plus dans le loisir, le ludique. On observe aussi que nombreux sont ceux qui passent d’un sport à l’autre.

Avec son offre de 210 disciplines sportives différentes – du football au cricket… -, une structure omnisports comme celle de l’ASPTT a beaucoup d’atouts pour satisfaire ces aspirations émergentes.

Un timbre est émis à l’occasion des 120 ans des ASPTT (création Stéphane Humbert-Basset).

Comment conciliez-vous cette forte demande de sport loisir et la tradition du sport de compétition ?

On travaille au service des deux pratiques. Bien sûr, on répond à la demande forte de sport loisir, avec l’idée que chez nous, on peut faire du sport tout au long de la vie, pour paraphraser et élargir une formule connue, de un an à 101 ans. Et toutes sortes de sports, exigeants comme la natation par exemple, mais aussi plus soft comme la balade en rivière, la marche douce.

Mais on accompagne également les compétiteurs « durs ». Comme par exemples, les athlètes féminines du foot ou encore du volley. Il faut cependant reconnaître que pour bien soutenir et entourer les sportifs de haut niveau, il nous est nécessaire d’agir en partenariat, avec les collectivités territoriales en particulier.

Est-ce que la filiation historique avec La Poste et Orange, ex France-Télécom, est toujours existante ?

Elle est différente. France-Télécom possède aujourd’hui un comité d’entreprise et n’est en conséquence plus dans le soutien. En revanche, nous avons un partenariat avec la Fondation Orange.

Et ce n’est pas anodin, il s’agit d’intégrer des enfants autistes à des groupes de pratiquants de disciplines sportives diverses comme le basket, les jeux de raquettes… Ca a été lancé il y a deux ans, et c’est unique en France. Comme quoi, l’histoire se prolonge, mais autrement.

Pour ce qui est de La Poste, le lien reste plus traditionnel. Notamment financier, son aide importante est en effet précieuse à la pérennité de notre action. La Poste demeure à nos côtés…

Propos recueillis par Rodolphe Pays

 La Fédération omnisports ASPTT en chiffres

  • Plus de 200 000 licenciés
  • 10 % de postiers et télécommunicants
  • 210 disciplines proposées
  • de nouvelles activités : bridge, échecs, photo…

 En savoir plus : https://asptt.com/actualites/a-la-une/en-selle-pour-les-120-ans-de-lasptt/

 

 

Les beaux plans des ambulants s’acheminent vers les Archives nationales

Le Musée de La Poste s’apprête à transférer aux Archives nationales plusieurs milliers de plans de wagons postaux.

Le Musée de La Poste et le service des archives de l’entreprise préparent le transfert aux Archives nationales de plusieurs milliers de plans « ambulants ».

Un travail collaboratif initié par le musée, mené avec des bénévoles et en partenariat avec des services de la SNCF et du ministère de la Culture.

Ils ont accompagné plus d’un demi-siècle durant l’activité des ambulants, les fameux « seigneurs » de la Poste. De 1920 aux années 1970.

les plans « ambulants » fournis à La Poste par la SNCF ont permis d’assurer la maintenance des wagons postaux.

Pas moins de 20 000 plans, où figure chaque détail d’une quinzaine de types de wagons exploités lors de cette période et de l’intégralité de leurs dispositifs techniques et aménagements intérieurs.

Tous indispensables aux services postaux chargés d’assurer la maintenance de ces voitures.

Fournis par la SNCF avec le matériel ferroviaire mis à la disposition de la Poste pour l’acheminement par rail du courrier, ces documents n’ont plus eu d’utilité à l’arrêt – il y a un peu plus d’une vingtaine d’années – des services ambulants.

Pour Agnès Mirambet-Paris, la conservatrice du Musée de La Poste, « ces archives, à l’intérêt patrimonial considérable, ont vocation à être portées à la connaissance de chercheurs, d’étudiants, de passionnés… »

La compagnie nationale de chemin de fer n’ayant pas souhaité les reprendre, la Poste en a alors gardé une partie importante.

« Sur la totalité de ces plans, 7 000 ont au final été récupérés et mis à l’abri dans nos réserves, mais sans pour autant intégrer les collections, indique Agnès Mirambet-Paris, la conservatrice du Musée de La Poste, il s’agit là d’archives dont l’intérêt patrimonial est considérable, et qui ont de ce fait vocation à être portées à la connaissance de chercheurs, d’étudiants, de passionnés… »

Avant leur transfert, les documents doivent faire l’objet d’un inventaire très précis.

C’est dans cette perspective que le Musée et La Poste préparent actuellement leur transfert aux Archives nationales (entité qui dépend du ministère de la Culture).

Pas si simple cependant. Pour être ainsi transmis, les documents doivent d’abord faire l’objet d’un inventaire très précis. Une tâche déjà entamée dès la fin des années 1990 par Jean-Philippe Thernisien, cheminot à la retraite passionné de matériel ferroviaire et ami du Musée de La Poste.

Chacun des plans a dû faire l’objet d’un diagnostic « amiante ».

« Ce travail effectué bénévolement pendant des années a bien préparé le terrain, relève Chantal Paitreau, chargée de conservation et pilote du projet, 5 000 de ces plans avaient en effet été étudiés, identifiés et photographiés par ses soins. »

De l’automne à janvier derniers, un chantier de traitement des plans, mené notamment en collaboration avec le Service archives et documentation (SARDO) de la SNCF, a permis de finaliser l’opération.

 Les plans font apparaître avec force détails et indications tous les dispositifs techniques ainsi que les aménagements intérieurs des wagons postaux.

« Toutes les pièces jugées intéressantes par les experts, environ 70 % de l’ensemble des documents disponibles, ont été traitées, poursuit Chantal Paireau, et celles qui n’ont pas été estimées exploitables ont fait l’objet d’un procès-verbal de destruction validé par les Archives de France, une entité spécialisée dépendant du ministère de la Culture. »

Autre condition au transfert : le diagnostic « amiante ». Pratiqué récemment, il n’a rien révélé de douteux, les documents en étaient tous exempts.

Fin janvier, ce sont ainsi près de 3 000 de ces plans « ambulants » qui ont rejoint la Direction des archives du groupe La Poste (DIRAG). A ce service désormais d’en dresser un inventaire définitif. Puis de les verser aux Archives nationales.

De 1920 aux années 1970, les plans prochainement transférés auront accompagné l’activité des ambulants, les fameux « seigneurs » de la Poste.

Ceux-ci devraient ensuite être entreposés, sous la responsabilité de Nadine Gastaldi, conservatrice des cartes et plans, dans des locaux situés à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.

Et ouverts à la consultation aux personnes désirant obtenir des informations sur le service des ambulants postaux.

« Cette collaboration, ces échanges avec le ministère de la Culture et différents services d’archives ont généré une dynamique, de la confiance aussi, conclut Agnès-Mirambet-Paris, c’est pourquoi nous pensons qu’il demeurera possible d’utiliser ces plans, pour des expositions, des colloques, pourquoi pas aussi des prêts à des musées des ambulants postaux, comme ceux de Toulouse ou d’Oignies. »

Le quotidien des « seigneurs » de la Poste est peut-être archivé, mais pas achevé, et il n’est ainsi pas prêt d’être oublié.

Rodolphe Pays

Force détails et indications

Documents d’assez grande taille (en moyenne 120 cm x 90 cm), les plans « ambulants » entreposés depuis la fin des années 1990 au Musée de La Poste étaient réalisés sur des supports de papier calque ou de toile, plus rarement sur simple papier.

Conçus par des dessinateurs de la SNCF, certains d’entre eux reproduisent avec la plus grande précision la configuration d’une quinzaine de wagons postaux différents.

Et nombre d’autres font apparaître avec force détails et indications tous les dispositifs techniques ainsi que les aménagements intérieurs : ressorts de traction, lames, visserie, casiers de tri, sièges, éclairage, toilettes… Une mine de renseignements pour tous les passionnés.

 

Archives courantes ou archives patrimoniales

La Poste conserve un certain nombre de ses archives dites « contemporaines ». Des documents liés à son fonctionnement, son quotidien, à la gestion courante de ses activités et de ses relations.

Les plans « ambulants » rejoindront prochainement un bâtiment des Archives nationales situé à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.

Lorsque ces documents revêtent une dimension patrimoniale (organisation, réforme, accord important, partenariat majeur, évolution de technique… ), leur vocation est alors de rejoindre les Archives nationales.

C’est le cas des plans « ambulants » transmis à La Poste par la SNCF des années 1920 aux années 1970.

 

 

Extract

The La Poste Museum and the Archives Department of the Company are preparing the transfer to the National Archives of several thousand « itinerant » plans.

Collaborative work initiated by the museum, conducted with volunteers and in partnership whith the services of the French National Railway (SNCF) and the Ministry of Culture.


 

La Poste de la République centrafricaine avait émis en 2017 une série de timbres consacrée au physicien Stephen Hawking décédé mardi

Le physicien britannique Stephen Hawking est décédé mardi dernier à l’âge de 76 ans.

Le physicien de génie Stephen Hawking est mort mardi 14 mars.

La Poste de la République centrafricaine lui avait consacré une belle émission philatélique l’an dernier.

Comme un hommage anticipé.

Malgré son corps qui n’a de toute sa vie cessé de le lâcher, Stephen Hawking ne s’est jamais départi d’un solide sens de l’humour.

Et comme un dernier clin d’œil, il est mort le jour de la date anniversaire de la naissance de son « pair », Albert Einstein.

Le génial mathématicien, physicien et cosmologiste britannique est décédé mardi 14 mars à Cambridge, là où il avait fait ses études et enseigné trois décennies durant. Il venait d’avoir 76 ans.

La Poste de la République centrafricaine avait consacré en 2017 un carnet de timbres à Stephen Hawking à l’occasion de son 75ème anniversaire.

C’est dans l’autre des plus célèbres villes universitaires anglaises, Oxford, que ce fils d’un père biologiste et d’une mère impliquée en politique avait vu le jour le 8 janvier 1942.

Bien qu’atteint de la maladie de Charcot, une affection dégénérative des motoneurones de l’adulte qui provoque une paralysie progressive de l’ensemble de la musculature, Stephen Hawking a mené une exceptionnelle carrière à la fois d’enseignant et de chercheur.

On lui doit ainsi des travaux qui ont en particulier permis de mieux comprendre – c’était aussi un grand vulgarisateur – le « Big Bang », la théorie de la relativité générale, les trous noirs, les trous de ver…

Malgré la perte de la parole due à sa maladie en 1985 (compensée par un timbre synthétique actionné par des impulsions du pouce puis des contractions de la joue), Stephen Hawking n’a jamais cessé de travailler et de s’exprimer.

La Poste de la République centrafricaine lui avait consacré un carnet de timbres en 2017, à l’occasion de son 75ème anniversaire. Un hommage qui mérite aujourd’hui d’être rappelé.

Rodolphe Pays

 

Annette Messager fait part de son « désir » à travers un timbre

La série artistique vient de s’enrichir d’un timbre représentant une œuvre d’Annette Messager.

Une émission qui rappelle tous les parcours créatifs suivis depuis les années 1960 par cette créatrice appréciée partout dans le monde.

« Transmettre le mot désir par timbre est mon souhait de messagère – je m’appelle Messager. Désir, c’est le mot le plus important pour moi, sans désir on n’a plus le goût de vivre. Désir de vivre, d’être, de faire, d’aimer, de transmettre. Et le timbre postal est un outil de transmission. » Une profession de foi, une ode à la vie…

Exposition d’Annette Messager en 2014/2015 à Munich (photo: Horst Ossinger/dpa).

Annette Messager est depuis ses débuts une artiste animée, habitée par le désir…

Quoi de plus naturel que La Poste lui consacre un timbre illustré d’un mot qui lui est si cher. Un mot que l’artiste aux talents multiples – elle est tout à la fois peintre, photographe, sculptrice, plasticienne… – conjugue toujours avec liberté.

Sans être dupe de rien, sans angélisme béat. Son œuvre – réalisée avec des fils de fer en 2009 – reprise sur le timbre en témoigne : « Le filet noir sur le mot montre qu’il n’est pas facile de désirer librement, indique-t-elle, il y a tellement d’interdits, d’autocensure, de contraintes, d’obligations, de dépendances… le désir est enchevêtré… »

Annette Messager a décliné plusieurs œuvres sur le même mode que celui consacré au mot « désir ».

Née à Berck-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, Annette Messager a étudié aux Arts décoratifs de Paris. Désir de liberté sans doute, elle a interrompu ses études, préférant apprendre seule.

Et voyager. Son parcours artistique était enclenché. Depuis lors, Annette Messager évoque dans ses créations le quotidien, les rapports hommes-femmes, les sentiments, les émotions…

Rebelle à tout académisme, elle revendique la dimension féminine de son art, intègre l’univers domestique dans lequel le « masculin » a cantonné la femme : travaux à l’aiguille, carnets intimes, revues de beauté…

Et réaffirme encore et toujours son amour des mots : « J’aime les mots, ils sont très importants dans mon travail. J’aime jouer avec les mots, les déformer, me les approprier. Pour moi, un mot est à la fois visuel, musical et signifiant. »

Rodolphe Pays

Le timbre Désir, création Annette Messager, impression héliogravure.

Disponible à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouvert de 10 h à 18 h du lundi au vendredi (tél. : 01 56 71 98 49).

 

 

 

Palissade du Musée de La Poste : la fresque de Tarek Benaoum à nouveau visible

Les affiches ont été retirées…

Les affiches qui l’occultaient ont été retirées : les passants du quartier Montparnasse ont retrouvé le plaisir de voir l’œuvre de Tarek Benaoum.

La raison l’a emporté. Sans tergiversation ni délai. Mais pas tout à fait sans dommages…

La fresque de Tarek Benaoum, partiellement dégradée, est à nouveau visible

Recouverte ces jours derniers d’une quarantaine d’affiches publicitaires, la fresque est à nouveau visible sur toute la surface de la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

Les protestations du musée ont en effet été entendues par les deux entreprises dont ces affiches envahissantes faisaient la promotion (informées très vite de ce placardage sauvage, elles l’avaient d’ailleurs immédiatement désapprouvé).

La partie droite de la fresque est demeurée intacte.

Les affiches ont ainsi été retirées ce matin, laissant à nouveau apparaître la superbe œuvre du street artiste et calligraphe Tarek Benaoum.

L’opération a malgré tout entraîné quelques dégradations…

Le facteur Ferdinand Cheval, bâtisseur infatigable et farouchement déterminé de son Palais Idéal, trône ainsi toujours au milieu de quelques-uns de ses collègues.

Entouré de caractères latins, romains, arabes… , de textes sur les femmes écrits par le postier et poète Jacques Lèbe.

La fresque restera en place jusqu’à la fin mai.

Rodolphe Pays

 

 

Palissade du Musée de La Poste : dollars et du cochon à la place de la fresque de Tarek Benaoum

La fresque de Tarek Benaoum… la semaine dernière.

Depuis deux ans, les street artistes se succèdent pour créer des œuvres sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

La « fresque » de Tarek Benaoum… cette semaine.

La dernière en date, réalisée il y a quelques semaines par Tarek Benaoum, vient d’être recouverte d’affiches publicitaires.

Quand l’art se fait doubler par l’or…

La colle est à peine sèche sous les affiches.

D’abord une jeune et forcément très jolie femme vêtue d’un costume. Veste largement ouverte sur un buste nu.

Jambes négligemment écartées. Quasi grandeur nature. Reproduite une vingtaine de fois. Pour le compte d’une marque française de prêt-à-porter.

Dans le prolongement de cette première série, le visage dessiné du styliste et couturier Jean-Paul Gaultier. Au dessus de sa tête, une petite tour Eiffel, une paire de ciseaux, une bobine de fil… et une pin-up aux seins pyramidaux, un mannequin de mode en marinière au sexe aiguille proéminent.

« #LES ESPRITS LIBRES  » : joli slogan et mauvaise méthode.

Là-encore une vingtaine d’affiches. Cette fois pour un spectacle du couturier donné l’automne prochain au théâtre parisien des Folies Bergère.

Pas posées n’importe où. Sur la fresque réalisée mi-février par le street artiste Tarek Benaoum. Une œuvre qui couvre – couvrait – toute la palissade du chantier de rénovation du musée.

Le street art a beau être un art éphémère, au « règles du jeu » connues et acceptées par les créateurs, les habitués du quartier l’ont mauvaise.

« C’est un scandale d’avoir flanqué toutes ces affiches sur cette œuvre » s’insurge carrément une résidente du boulevard de Vaugirard. « Ce n’est vraiment pas bien d’avoir fait ça, commente une autre voisine, il y a des endroits pour placarder ses messages publicitaires, qu’ils les utilisent. »

Le musée met tout en oeuvre avec ses interlocuteurs pour que la fresque de Tarek Benaoum soit reconstituée.

Une « substitution » commerciale jusqu’à présent sans précédent.  Depuis deux ans et demi que le Musée de La Poste a lancé sa série Ralentir street art – Tarek Benaoum est le huitième artiste à concevoir une œuvre sur la palissade du chantier -, aucune dégradation, aucun vandalisme n’était venu altérer les fresques ainsi réalisées.

Contactés par les services du musée, les deux entreprises dont les affiches font la publicité ont désapprouvé de telles pratiques. La responsabilité de cet acte délibéré et assez malveillant incombe en effet aux prestataires qui en amont assurent les services de promotion ou de publicité.

A l’heure où cet article est publié, le Musée de la Poste souhaite que ces affiches soient retirées et que Tarek Benaoum puisse réparer les dégâts occasionnés et recomposer son œuvre.

Pour le plaisir des passants du quartier Montparnasse. Pour que l’art retrouve sa place. Et la publicité la sienne… ailleurs.

Rodolphe Pays

 

 


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