Archive pour mai 2016

Tomasz Usyk, dessinateur des timbres « beaux gestes du football » : « C’est une belle expérience, je serais ravi de la renouveler »

Illustrateur et graphiste indépendant, Tomasz Usyk travaille habituellement pour des magazines internationaux et des agences de publicité.

IMG_4843C’est lui qui a été retenu pour dessiner les timbres du carnet Football, vos 10 gestes préférés que La Poste émet à l’occasion de l’Euro 2016. Interview.

Vous venez de réaliser 10 timbres pour la Poste française. En aviez-vous déjà dessinés auparavant  ou est-ce une première ?

C’est ma toute première commande de timbres, je n’avais encore jamais été sollicité pour ce type de création. C’était vraiment un exercice nouveau pour moi. Travailler pour un petit format, je n’en avais pas l’habitude, ça m’a permis d’apprendre beaucoup de choses, au niveau de la composition, de la perspective de rendu final. J’ai trouvé ça très sympa, j’espère que d’autres occasions se représenteront.

 

Comment avez-vous été choisi ?

J’ai été contacté par Huitième Jour, une des agences auxquelles La Poste avait fait appel pour trouver des graphistes susceptibles de répondre à son attente.

A Paris-Philex, Tomasz Usyk a rencontré plusieurs contacts avec qui il a été en relation lors de la réalisation des 10 timbres du carnet "Beaux gestes" : à gauche, Claudine Porcher, de l'agence Huitième Jour, à droite, Annie Pannetier, de la direction du Courrier de La Poste.

A Paris-Philex, Tomasz Usyk a rencontré plusieurs contacts avec qui il a été en relation lors de la réalisation des 10 timbres du carnet « Beaux gestes » : à gauche, Claudine Porcher, de l’agence Huitième Jour, à droite, Annie Pannetier, de la direction du Courrier de La Poste.

Je suis moi-même sportif, parallèlement à mes études artistiques j’ai aussi fait des études de sport, je suis toujours entraîneur de lutte, je m’intéresse également au foot, alors bien sûr ce projet de timbres montrant les beaux gestes de ce sport m’a tout de suite intéressé.

J’ai envoyé une première esquisse, un coup de pied retourné, ça a plus à l’agence et à La Poste, ils ont alors décidé de faire appel à moi.

 

De quelle manière avez-vous travaillé ensuite ?

Croquis de Tomasz Usyk pour le geste "Aile de pigeon".

Croquis de Tomasz Usyk pour le geste « Aile de pigeon ».

Je recevais 3 ou quatre photos de chacun des 10 gestes qui devaient être traités. J’analysais d’abord chacun d’eux, pour comprendre les positions, les mouvements, la tension, l’équilibre.

Et puis après je faisais beaucoup de croquis, et je proposais certains d’entre eux sous forme de crayonnés. Je faisais aussi des tests en réduction au format du timbre pour être sûr de la qualité finale.

Il y a eu pour quelques-uns de ces dessins quelques aller et retour bien sûr, des demandes complémentaires, d’ajustements, de modifications. Et dès que j’avais le feu vert, je réalisais ensuite le dessin sur ordinateur.

 

Il y a des gestes qui ont été plus difficiles à maîtriser que d’autres ?

FB_Sombrero_2016Le « coup du sombrero » m’a posé quelques problèmes, ça a peut-être été le plus compliqué à dessiner. La compréhension du geste n’était vraiment pas simple à faire passer.

Il faut montrer un mouvement, une amplitude… On m’a refusé mes esquisses à plusieurs reprises, mais ça fait partie du job. Au final, je suis parvenu à rendre les gestes, les postures de manière satisfaisante.

 

Vous communiquiez dans quelle langue ?

En anglais essentiellement. Mais même si la barrière de la langue existe – je suis polonais et mes interlocuteurs étaient tous français -, ça m’a même un peu surpris, mais tout s’est vraiment bien passé. Au fond, c’est avant tout un langage visuel, ce travail, et ça a été très agréable de travailler comme ça.

Plus que la manière de communiquer, c’est l’importance du travail à accomplir qui m’a au fond étonné. Je ne m’attendais pas à un tel volume de préparation, d’exigence, de précision. Ca a été passionnant, et ça s’est déroulé de façon très cordiale.

 

IMG_4841Vous travaillez pour des publications dont les tirages sont le plus souvent très conséquents. Mais là, c’est par millions d’exemplaires que vos œuvres seront reproduites…

Cela ne m’était jamais arrivé, comme cela ne m’était jamais arrivé non plus de signer autant d’autographes.

Au-delà de ça, j’ai été très intéressé par ce travail. Créer une image usuelle, que l’on voit partout, qui voyage, ça m’a vraiment plu. C’est une belle expérience, je serais ravi de la renouveler.

 

Des 10 timbres, quel est celui que vous préférez ?

Le premier, celui sur le retourné. Ce que j’apprécie aussi, ce qui m’a surpris également, c’est la très grande qualité d’impression des images. C’est vraiment remarquable.

 

Vous aimez le football, quelle équipe soutiendrez-vous lors de l’Euro ?

D’abord la Pologne, et ensuite la France.

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Le carnet « Football, vos 10 gestes préférés » sera en vente à partir du 30 mai à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème.

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Tomasz Usyk est né en Pologne. Illustrateur et dessinateur, Il vit et travaille en Irlande. Collaborateur de nombreux magazines, comme le New-York Times, il s’est spécialisé dans les images de mouvement. Il a mené de front des études de graphisme et de sport. Il a enseigné l’éducation physique et est toujours entraîneur de lutte.

 

 

Euro 2016 : Tomasz Usyk, le dessinateur des timbres du carnet « Football, vos 10 gestes préférés » aujourd’hui à Paris-Philex pour une séance de signatures

Séance de dédicace aujourd'hui à Paris-Philex pour le dessinateur Tomasz Usyk.

Séance de dédicaces aujourd’hui à Paris-Philex pour le dessinateur Tomasz Usyk.

Illustrateur et graphiste (et lui-même sportif), Tomasz Usyk a dessiné les timbres du carnet Football, vos 10 gestes préférés, réalisé dans le cadre du partenariat qui lie l’Euro 2016 de football et La Poste, opérateur courrier de la compétition.

Tomasz Usyk a passé cette journée de vendredi à Paris-Philex et dédicacé aux visiteurs des centaines de carnets.

Interview à venir : il évoquera la semaine prochaine sur le blog la façon dont il a créé ces timbres et l’intérêt et le plaisir qu’il y a pris.

Rodolphe Pays

A l’aise dans les descentes, Siné termine par une Ascension

Photo Jacques Demarthon/AFP

Photo Jacques Demarthon/AFP

Siné s’est éteint jeudi 5 mai. « L’anartiste » avait exercé sa verve dans tous les domaines. Y compris ceux de La Poste et des postiers…

Il était des quartiers nord de Paris. Né en 1928 un peu plus à l’est, dans le XXème arrondissement de la capitale, il avait passé son enfance du côté de Barbès, de Pigalle. Une mère épicière, un père ferronnier d’art, plutôt anar…

990_001-1Un « titi » parisien comme on n’en fait plus, comme on n’en entend plus, avec l’accent, la gouaille, la vanne jamais en reste, le regard et le sourire carnassiers.

Définitivement rebelle à toutes les autorités. Dans ses dessins comme dans ses propos. Forcément grande gueule, forcément parfois dans l’outrance… Mais si souvent tordant.

Siné a tiré sa révérence hier, le jour de l’Ascension. Comme un dernier clin d’œil de l’anticlérical militant qu’il n’a de toute sa vie jamais cessé d’être.

A 14 ans, Maurice Sinet – futur Siné – intègre l’école Estienne, il y étudie le dessin, le graphisme… Il découvre le dessinateur Staul Steinberg. C’est comme un coup de foudre, c’est aussi ce qu’il veut faire…

Un inédit de Siné... Proposé pour le magazine interne de La Poste il y a une vingtaine d'années...

Un inédit de Siné…
Proposé pour le magazine interne de La Poste il y a une vingtaine d’années…

Après la guerre, cet amoureux du jazz sera aussi le chanteur d’un groupe de cabaret nommé Les garçons de la rue. Mais sa passion de la musique (qu’il manifestera toujours en illustrant beaucoup d’albums de jazz) ne le détournera pas de sa vocation pour le dessin, la caricature.

En 1952, il publie son premier dessin. Dans France-Dimanche. Trois ans plus tard, il remporte le Prix de l’humour noir pour son recueil Complainte sans paroles.

Il travaillera ensuite avec Jean Yanne (autre titi parisien), entrera à L’Express. A la fin des années 1960, il fonde L’Enragé, puis rejoint Charlie Hebdo (dont il sera évincé en 2008). Puis ce sera Siné-Hebdo, Siné-Mensuel, les deux dernières revues qu’il a créées.

Siné a traité de tous les sujets. Avec toujours le même regard, caustique, acéré et rigolard. Y compris les philatélistes, les postiers, les postières…

Rodolphe Pays

 

 

Quand les timbres français racontent le monde… , un hors-série de « Timbres magazine »

le-dessous-des-timbres-hors-serie-1Sous les timbres, des pages… D’aventures, de voyages, d’Histoire, de curiosités… Des pages qui évoquent aussi l’actualité, les guerres, la géopolitique…

Tous continents confondus, parce que la Poste française y a été ou reste présente. Via ses colonies, ses comptoirs, ses protectorats, ses territoires d’outre-mer…

C’est à ce tour du monde philatélique et culturel qu’invite le nouveau hors-série de Timbres magazine.

IMG_4749L’aventure est aux coins de la lettre, de son timbre… La connaissance aussi. La revue Timbres magazine en apporte une fois encore la preuve.

Son nouveau hors-série propose ainsi de partir à la découverte du dessous des timbres. De tout ce que racontent ou traduisent ces milliers de vignettes que la Poste française a émises partout dans le monde depuis plus d’un siècle et demi.

« Nos postiers œuvraient à Zanzibar, Yokohama, Pondichéry, dans de multiples villes d’Afrique, de Chine, rappelle Gauthier Toulemonde, le rédacteur en chef de Timbres magazine, encore aujourd’hui en outre-mer français nos vignettes sont utilisées dans des lieux improbables, comme aux îles Eparses, étonnants confettis – hautement stratégiques – posés sur l’océan Indien… »

IMG_4746C’est par un hommage rendu aux hommes de l’art que débute le voyage. Deux « facteurs de l’extrême » partis de Paris en ballon le 24 novembre 1870 peu avant minuit, la nacelle chargée de plus de 100 kg de courrier.

S’ils ont d’abord pu échapper aux tirs des prussiens qui faisaient le siège de la capitale, le plus dur était à venir : porté par les vents, dans l’incapacité de maîtriser leur engin, ils ont survolé la mer du Nord, tenté au petit matin d’approcher des navires pour finalement atterrir dans les neiges de Norvège…

IMG_4747Avant de s’éloigner réellement de la France, c’est à une visite insolite à laquelle le lecteur est convié, celle d’une petite république héréditaire de 128 km2 située dans le Haut-Doubs.

Née en 1947, la République libre du Saugeais, constituée de 11 communes, possède une douane, un blason, un drapeau. Et des timbres…

IMG_4748Pas moins étonnant, l’excentrique industriel français Jacques Lebaudy, à peine débarqué au Maroc en 1903 et s’autoproclamant Empereur du Sahara. Si le « monarque » n’a pas fait émettre de timbres, le nom de Lebaudy reste attaché à un timbre classique, le 20 c bleu Empire (selon le catalogue Yvert, le « « T II, dit Lebaudy, avril 1869 »).

Lebaudy sera victime d’un régicide : sa compagne Augustine le tue de plusieurs balles de revolver le 11 janvier 1919. Il faut dire (à sa décharge… ) que « l’empereur » n’avait plus toute sa raison et devenait passablement dangereux…

Le tour du monde est lancé. On passe par la Crète où l’on apprend que les premiers timbres ont été fabriqués à la main. Par l’Egypte, où un timbre utilisé avant 1862 rappelle combien les relations entre les deux pays sont anciennes. L’Ethiopie, où l’on observe que les Pères blancs sont également postiers.

Détour par Zanzibar, pour découvrir qu’il y a 127 ans la France y IMG_4750ouvrait un bureau de poste (l’île était autrefois le point de départ des grandes explorations vers les terres inconnues de l’Est Africain et les sources du Nil).

On traverse ensuite l’océan Atlantique pour rejoindre le rocher du Diamant, au sud-ouest de la Martinique. Plusieurs timbres sont illustrés de cette petite merveille géologique dont on apprend que les Britanniques nous contestent la possession.

IMG_4751De l’autre côté de l’Amérique centrale, on fait aussi un détour par Clipperton, anneau de terre planté en plein Pacifique.

Bien que français depuis 1858, cet îlot a longtemps été revendiqué par le Mexique. D’où les nombreuses batailles menées notamment à coup de fausses surcharges sur les timbres…

Et puis Fort Bayard, une concession – le Kouang-Tchéou-Wan – accordée à la France en 1898 par la Chine. Un territoire côtier un peu plus petit que la Camargue situé tout au sud du pays, à l’est de l’île de Formose.

Plusieurs bureaux de poste y sont implantés. La région ressemble un peu à la Côte d’Azur, la France y ouvre de larges avenues bordées d’arbres, bâtit une superbe résidence pour le gouverneur, une église, un orphelinat, l’enseignement du français y est dispensé au lycée Pasteur…

Un lieu cependant pas si idyllique : trafics, maisons de jeux, fumeries y fleurissent aussi…

IMG_4754La revue emmène à la découverte de bien d’autres « dessous » des timbres. A Trinidad, La Réunion, en Afghanistan, en Crète…

« Le timbre est un petit morceau de la grande Histoire, résume Gauthier Toulemonde, en moins de caractères qu’un tweet, il délivre une étonnante quantité d’informations. »

Une trentaine de chapitres à lire au gré de ses humeurs, de ses envies. Plus de 130 pages entre roman d’aventure, livre d’Histoire, guide touristique… et original album philatélique.

Rodolphe Pays

le-dessous-des-timbres-hors-serie-1Le dessous des timbres, un hors-série de Timbres magazine, 132 pages, 7,80 €, en vente en kiosque (en savoir plus : http://www.timbro.fr/fr/)

 

 

 

 


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