Archive pour juin 2016

30 septembre 1870 : Gaston Tissandier passe les lignes prussiennes à bord d’un ballon postal

merv_624Gaston Tissandier, constructeur et pilote réputé de ballon, a embarqué le 30 septembre 1870 à bord du Céleste.

Avec lui à bord, 80 kg de courrier, 3 pigeons et des tracts à lâcher au-dessus des lignes prussiennes qui assiègent la capitale.

La nacelle du ballon, qui figure dans les collections du Musée de La Poste, fait actuellement l’objet d’une restauration.

« Le ballon était dans un état déplorable, a raconté Gaston Tissandier à l’époque, mais j’avais promis de partir pour emporter des dépêches urgentes. » Accompagné de ses frères, il quitte son domicile à 5 h du matin.

Arrivé sur le lieu d’embarquement, au parc de Vaugirard, au cœur de Paris, il constate que l’étoffe du ballon est « gelée, roide et cassante… et criblée de trous ». Une couturière procède à quelques réparations, on colle aussi des bandelettes de papier.

Gaston Tissandier (1843-1899).

Gaston Tissandier (1843-1899).

Le vent est favorable, il souffle de l’est, le ballon devrait se diriger vers la Normandie. Ernest Picard, alors ministre de l’Intérieur, informe Gaston Tissandier de l’importance des dépêches qu’il transporte à l’attention du gouvernement replié à Tours.

Il indique à l’aérostier que celui-ci devrait dans toute la mesure du possible brûler ou encore avaler ces lettres en cas de danger ou de risque de capture.

A 9 h, le ballon est gonflé, on hisse le courrier. Van Roosebeke, chargé des pigeons, donne quelques consignes à Tissandier. « A l’arrivée, donnez-leur à boire et quelques grains de blé, lui dit-il, et ensuite vous attacherez à leur queue un message pour dire que vous êtes bien arrivé. »

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L’élevage de pigeons de Van Roosebeke.

Tissandier monte à bord du ballon, embrasse ses frères. Il décolle, atteint rapidement 100 mètres d’altitude. Paris lui semble désert, triste, tous les ponts sont détruits…

Les pigeons, inquiets, gémissent. Le vent pousse effectivement à l’ouest. St Cloud est survolé, puis Versailles. Altitude 1600 mètres. Les prussiens sont dessous. Tissandier racontera la joie qu’il a alors éprouvée en pensant que les lettres qu’il transportait ne seraient pas arrêtées par l’ennemi.

Il lance par dessus bord les tracts en allemand à destinations des soldats prussiens, se fait tirer dessus. Il jette à nouveau des tracts, arrive sur Houdan, puis se débarrasse d’un sac de lest.

Tissandier dira qu’il a alors commencé à avoir froid. Il se déleste encore et commence sa descente. Il est trop bas, à 500 mètres. Il se fait à nouveau tirer dessus, mais le vent vif l’éloigne rapidement.

500px-Les_ballons_sortis_pendant_le_Siege_de_Paris,_1870-1871Il aperçoit Dreux, descend aussi bas qu’il est possible, à quelques dizaines de mètres du sol, parvient à demander à des personnes si des prussiens sont dans le secteur.

On l’informe que non, qu’il peut descendre. Il percute un monticule, rebondit, remonte et finit par se poser sans trop se blesser.

Une voiture viendra le chercher, l’emmènera au bureau de poste où il déposera le courrier, puis à la sous-préfecture. Après les avoir alimentés, il attachera à leurs queues les messages à destination de Paris. Mission accomplie.

Rodolphe Pays

naceRestauration de la nacelle du « Céleste »

La nacelle du ballon « Le Céleste » figure dans les collections du Musée de La Poste.

Elle a longtemps été présentée au public et est actuellement en cours de restauration.

 

 

 

Plus d’une vingtaine de postiers au semi-marathon « Meuse Grande Guerre » organisé dimanche dernier à Verdun

illustration-semi-marathon-meuse-grande-guerre-et-10-km-de-verdun_1-1458497405Evénement sportif autour des commémorations de la Grande Guerre dimanche dernier à Verdun.

Avec au programme un semi-marathon et un 10 km. Une délégation de postiers en était…

Mécène de la Mission du centenaire 14-18, La Poste est régulièrement associée à des événements commémoratifs rendant hommage aux combattants de la Grande Guerre.

Elle est aussi au rendez-vous de manifestations programmées pour en rappeler le souvenir et favoriser sa connaissance auprès de toutes les générations.

Les coureurs avant le départ : à l'arr., de g. à dr., André Laplane, Sébastien Richez, Rodolphe Pays, Patricia Huby, Sandrine Soulas, Vianney Petit, Claudine Roux et Louise Duroyon. Au premier plan, Christian Bigay, Rémy Roques, Maryline Girodias et Catherine Chauvière (les supporteurs étaient en face, portables en main... ).

Les coureurs avant le départ : à l’arrière, de g. à dr., André Laplane, Sébastien Richez, Rodolphe Pays, Patricia Huby, Sandrine Soulas, Vianney Petit, Claudine Roux et Louise Duroyon. Au premier plan, Christian Bigay, Rémy Roques, Maryline Girodias et Catherine Chauvière (les supporteurs étaient en face, portables en main… ).

De nombreuses initiatives sont ainsi prises régulièrement. Y compris sportives. Comme les semi-marathon et 10 km Meuse Grande Guerre organisés depuis deux ans à Verdun.

Un groupe de plus d’une vingtaine de postiers était présent à l’édition 2016 qui s’est déroulée dimanche dernier (à noter aussi la mobilisation sur place de membres de l’ASPTT de Verdun, soutien de la manifestation ) : une douzaine de coureurs – 10 au 10 km et 2 au semi-marathon – et autant de supporteurs.

Des collaborateurs du Musée, de la Fondation et du Comité pour l’Histoire de La Poste ainsi qu’une délégation – particulièrement véloce – de la direction des archives de l’entreprise.

Avec à l’arrivée de belles performances, d’honnêtes participations et de constants encouragements…

Rodolphe Pays

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Francis Cabrel en concert au Palais Idéal du Facteur Cheval : « Un lieu unique, le fruit du rêve d’un homme »

Francis Cabrel il ya quelques jours sur la scène du Palais Idéal du Facteur Cheval.

Francis Cabrel il y a quelques jours sur la scène du Palais Idéal du Facteur Cheval.

L’association Voix du Sud, créée il y a près de 25 ans par Francis Cabrel, vient d’organiser une semaine d’ateliers d‘écriture au Palais Idéal du Facteur Cheval.

En clôture de cette session, le chanteur a donné il y a quelques jours un concert sur place.

Il livre ses impressions sur le lieu, Ferdinand Cheval… et son propre facteur.

« Jouer ici, au Palais du Facteur Cheval, c’est une ambiance spéciale, celle d’un lieu unique, le fruit du rêve d’un homme. Il faut aller au bout de ses rêves, et lui l’a fait.

IMG_4978C’est aussi le plaisir de jouer pour un public proche, ce n’est pas si fréquent de pouvoir le faire dans ces conditions, l’atmosphère est forcément différente de celle des grandes salles, on sent la présence des gens, on les voit, l’échange entre le public et les musiciens est plus intime.

Et puis ici, c’est un peu comme faire un concert dans un jardin, et pas n’importe lequel, dans le jardin d’un original, d’un créateur, d’un homme dont la personnalité était vraiment singulière.

Je ne sais pas quel postier il était, cet homme, mais en tout cas un facteur, c’était et ça reste un personnage important dans nos vies de tous les jours. Pour les services qu’il rend évidemment, mais aussi pour le contact qu’il établit, le lien qu’il maintient.

Francis-Cabrel-Ne-pas-vouloir-toujours-accrocher-un-public-de-15-ans_article_popinC’est sûr, aujourd’hui le facteur a moins le temps de s’arrêter un instant pour échanger un peu, prendre des nouvelles, on lui demande probablement davantage…

Chez moi, le facteur vient de changer, c’était un enfant du pays, il connaissait tout le monde, on se croisait régulièrement. Et c’est désormais une factrice qui a pris le relais, j’imagine qu’on entretiendra les mêmes bonnes relations qu’avec son prédécesseur.

La Poste, comme les services publics, en ville ou à la campagne, c’est du lien, c’est nécessaire… »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

 

Des ateliers soutenus par la Fondation La Poste

imagesLes ateliers d’écriture initiés par l’association « Voix du Sud » (que soutient la Fondation La Poste), créée au milieu des années 1990 par Francis Cabrel, visent à faire éclore les talents d’auteur des collégiens. Animés par un chanteur professionnel, ces sessions se tiennent régulièrement partout en France.

Bastien Lanza a animé l'atelier d'écriture qui vient de se tenir au Palais Idéal du facteur Chaval.

Bastien Lanza a animé l’atelier d’écriture qui vient de se tenir au Palais Idéal du Facteur Cheval.

Bastien Lanza, qui a déjà joué en première partie de Grand Corps Malade, Renan Luce ou encore Francis Cabrel, vient ainsi d’initier une quarantaine de jeunes de la Drôme à la création de chansons.

Un stage qui s’est déroulé dans le cadre exceptionnel du Palais Idéal du Facteur Cheval, dont le Musée de La Poste est partenaire depuis plusieurs années.

Après 5 jours d’écriture de textes et de compositions, les collégiens ont joué leurs créations mercredi dernier devant plus de 300 personnes. Le lendemain, Francis Cabrel était sur la scène du Palais Idéal, pour le plus grand plaisir de plus de 1000 spectateurs venus malgré la pluie écouter son répertoire d’hier comme ses plus récentes chansons.

 

En savoir plus :

 

 

 

 

Le moulin d’Elsa Triolet et Louis Aragon sous les eaux

3914bf_c35efd7cfa4d444e8b4d0bc06671b93b~mv2_d_2048_1365_s_2La maison/musée d’Elsa Triolet et Louis Aragon a été inondée à la suite des crues exceptionnelles qui ont touché récemment la France.

En raison des dommages ainsi occasionnés, elle est actuellement fermée… et en attente de soutien des pouvoirs publics et des amis du lieu.

Le moulin de Villeneuve n’a pas été épargné par les crues dévastatrices de la fin mai. Aujourd’hui transformée en musée et lieu d’exposition, la Louis-Aragon-et-Elsa-Triolet-800x600_visuel_miniaturemaison de campagne d’Elsa Triolet et Louis Aragon, située à Saint-Arnoult-en-Yvelines, a en effet subi d’importantes dégradations causées par la montée de la Rémarde, la rivière qui traverse la propriété.

De mémoire d’habitant de la commune on n’avait jamais vu ça : un mètre d’eau dans la cour de la maison et jusqu’à 70 cm dans le musée et les bureaux. Si l’impressionnante bibliothèque du couple a pour une bonne part été épargnée, nombre de livres posés sur les étagères les plus basses ont cependant été touchés.

Et plusieurs pièces du moulin demeurent dans un environnement humide qui affecte le mobilier comme les ouvrages. Deux bureaux de l’administration du musée ont également été détruits.

3914bf_57d9130d66f34d5e87c3abb1701618afEn attendant que la situation se rétablisse, le musée est désormais fermé. Et tente de panser ses blessures. De nombreux messages d’encouragement sont parvenus aux responsables du lieu.

Des soutiens appréciés qui n’occultent pas la nécessité de réunir des moyens pour procéder aux réparations et restaurations qui s’imposent désormais.

Des frais à venir qui risquent de mettre en péril la trésorerie de la structure associative qui gère la maison Elsa Triolet-Aragon.

imagesC’est pourquoi un appel aux dons a été lancé. Malgré ces difficultés, le concert de San Severino, programmé sur place le 3 juillet prochain, est maintenu. Un bel événement qui contribuera aussi à la renaissance de la maison.

Rodolphe Pays

Contact/en savoir plus : http://www.maison-triolet-aragon.com/ et/ou 01 30 41 21 15.

 

Depuis plusieurs années, le Musée de La Poste et la Maison Elsa Triolet-Aragon mènent ensemble des partenariats historiques et culturels (comme l’exposition « Aragon et l’art moderne », proposée au musée en 2010).

 

 

Palissade « Street art  » du Musée de La Poste : Katre passe le témoin à SP 38

Katre au printemps, SP 38 l’été… A tour de rôle, les street artistes investissent la palissade de chantier du Musée de La Poste.

Hier, avec Katre...

Hier, avec Katre…

La palissade qui entoure le chantier de transformation du Musée de La Poste ne manque pas de tenue.

Après les lettres mutantes et enflammées de Katre, embrasant les décombres noir et blanc d’une des salles en rénovation du musée, elle revêt désormais les caractères rouges et longilignes de SP 38, à décrypter, forçant l’attention, souvent chargés en ironie et toujours porteurs de réflexion.

Aujourd'hui avec SP 38.

… aujourd’hui avec SP 38.

Venu de Berlin, « la » ville du street art après la chute du Mur, où il œuvre depuis plus de vingt ans (tous les berlinois connaissent ce français peintre et colleur impénitent d’affiches), SP 38 s’attelle depuis deux jours à la fresque qu’il a conçue pour le musée.

Adeptes des slogans provocateurs – « Vive la bourgeoisie », « Vive la crise », « No Revolution today », « Ayez peur »… -, il fait cette fois un clin d’œil à l’univers de La Poste… Message à découvrir sur place…

Rodolphe Pays

(Photos Thierry Debonnaire)

 


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