Archive pour juillet 2018

Soutien de Philapostel à « La Parisienne » : quatre timbres dans la course contre le cancer du sein

L’édition 2018 de la course La parisienne est placée sous le signe de New-York.

La prochaine édition de La Parisienne se profile.

La première course à pied féminine d’Europe sera cette année accompagnée d’un collector de timbres proposé par l’association Philapostel.

Avec un message fort sur chacune des vignettes : « Ensemble, faisons reculer le cancer du sein. »

Bientôt 70 ans que Philapostel œuvre au service de la philatélie. Mais pas seulement avec pour objectif de favoriser la collection ou la promotion du timbre.

L’association, fondée au début des années 1950 par des agents des Postes et Télécommunications (et ouverte à tous), soutient aussi régulièrement des projets éthiques ou caritatifs.

Elle en apportera une nouvelle fois la preuve début septembre : en émettant un collector de timbres à l’occasion de La Parisienne, course à pied exclusivement féminine dont c’est cette année la 22ème édition.

Pour la 22ème édition de La Parisienne, l’association Philapostel émet un collector de 4 timbres vendu au profit de la recherche contre le cancer du sein.

Les recettes de la vente seront en effet reversées à la Fondation pour la recherche médicale (FRM), associée de longue date à l’épreuve.

Elles contribueront en particulier à la lutte contre le cancer du sein.

30 000 concurrentes sont attendues, dont plus de 200 postières soutenues par la Fédération des ASPTT.

Chacun des quatre timbres du collector – aux visuels tous différents – sera ainsi signé d’un message fort : « Ensemble, faisons reculer le cancer du sein. »

Au-delà de la participation de Philapostel, La Poste sera également partie prenante de la course. Avec plus de 200 postières alignées au départ – préparées et prises en charge par des équipes de la Fédération des ASPTT – aux côtés de 30 000 autres concurrentes (un nombre d’inscrites qui fait de La Parisienne la première course européenne).

Un parcours de 7 km, de la Tour Eiffel au Champ de Mars.

Et un tracé de rêve : 7 kilomètres de la Tour Eiffel au Champ de Mars en passant par les Champs-Elysées, les Petit et Grand Palais, les Invalides, les quais de Seine…

Tout au long du parcours des ravitaillements seront proposés, des animations organisées, de nombreux orchestres se feront aussi entendre (fanfare, rock, percussions… ).

Une belle manière de clôturer l’été. Et d’aider à la recherche sur le cancer en se rendant sur le stand de Philapostel pour y retirer son collector…

Rodolphe Pays

La Parisienne,

les 7, 8 et 9 septembre (course le dimanche 9 septembre).

En savoir plus : http://www.la-parisienne.net/

 

En savoir plus sur Philapostel : http://www.philapostel.net/

On peut aussi commander le collector de 4 timbres Ensemble, faisons reculer le cancer du sein – vendu 10 euros directement auprès de l’association Philapostel (voir le bon de commande ci-dessous) :

Illustration de Christel Serrano.

Une création de postière

Un des timbres du collector Ensemble, faisons reculer le cancer du sein est une création d’une postière, Christel Serrano.

 

Publicités

Des timbres et un mur : la nouvelle « Marianne » dévoilée à Périgueux

« Marianne, l’engagée », le nouveau timbre d’usage courant symbolisant les valeurs de la République, a été dévoilé jeudi 19 juillet.

Une nouvelle Marianne est désormais disponible.

Le timbre d’usage courant symbolisant les valeurs de la France, traditionnellement émis dans le sillage de l’élection du Président de la République, a été dévoilé ce jeudi.  

« Ca y est, le voile est levé sur la Marianne… Un ouvrage qui marque une vie, une rencontre formidable avec la street artiste Yseult, une magnifique collaboration artistique entre femmes et un challenge de réalisation et de confidentialité… »

Elsa Catelin, la graveure du timbre, présente l’œuvre de Yz, la conceptrice du projet.

C’est ainsi qu’Elsa Catelin, la graveure du nouveau timbre d’usage courant de la République, résume le travail qu’elle et Yseult Digan, Yz de son nom d’artiste (prononcer à l’anglaise« eyes »), la conceptrice et dessinatrice du projet, ont mené ensemble.

Le projet, désormais achevé, a été rendu public ce jeudi … C’est à Périgueux, à proximité de l’imprimerie des timbres-poste (l’unité de production de Phil@poste), qu’Emmanuel Macron a dévoilé en fin de matinée la Marianne de son quinquennat.

Le visuel du timbre reproduit sur un bâtiment du quartier Bas-Toulon de Périgueux.

Un événement organisé en deux temps, qui s’est notamment déroulé en présence de Philippe Wahl, le Président du groupe La Poste, et auquel participaient élus, personnalités et habitants de la région.

Le Président de la République a d’abord dévoilé la fresque, reproduisant le visuel du timbre, peinte par Yz sur le pignon d’un bâtiment du quartier Bas-Toulon de la ville.

« Parallèlement à la sortie du timbre, j’ai souhaité réaliser cette œuvre sur un mur d’immeuble, explique l’artiste, ça représente bien ce que j’ai voulu transmettre, la volonté, l’engagement, et ça dans un cadre pluriculturel, un lieu de passage… »

Emmanuel Macron a apposé le cachet du jour sur la nouvelle Marianne (à droite du Président, Philippe Wahl, le Président du groupe La Poste).

Emmanuel Macron s’est ensuite rendu à l’imprimerie des timbres-poste. Il y a visité les ateliers de gravure et d’impression.

Le Président a alors pu constater que la Marianne de son choix (le projet avait aussi au préalable été soumis à l’avis de 2000 pupilles de la Nation) correspondait en tous points aux valeurs qu’il souhaitait mettre en avant, en particulier l’expression de la jeunesse, de l’émancipation, de la volonté, de l’engagement…

Montrée de profil, la nouvelle Marianne tourne résolument son visage vers l’avenir.

Son regard est à la fois doux et déterminé, le menton est volontaire, la bouche légèrement entr’ouverte.

Elle est coiffée du traditionnel bonnet phrygien (symbole de la libération des esclaves), sur lequel s’accroche la cocarde de la Nation. Et une abondante chevelure bouclée, comme indocile, lui couvre les épaules…

Yz, street artiste et créatrice du timbre. (photo Olivier Metzger)

« Pour faire ce portrait si particulier, si singulier, j’ai voulu sortir de l’esthétisation féminine, conclut Yz, pour moi Marianne, c’est le peuple, les Français, l’énergie, l’implication… »

Une énergie et une implication qui vont désormais accompagner nombre de lettres…

Rodolphe Pays

La nouvelle Marianne sera en vente à la boutique du Musée de La Poste à partir du lundi 23 juillet, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 18 h (tél. 01 53 71 98 49).

La Marianne… et sa gravure…

Œuvre de la street artiste Yz, la nouvelle « Marianne » dévoilée ce jeudi

La street artiste Yz a conçu la Marianne 2018 qui sera dévoilée demain par le Président de la République.

La sortie de la Marianne choisie par Emmanuel Macron est imminente.

Le nouveau timbre d’usage courant illustré de l’incarnation de la République sera dévoilé ce jeudi lors d’une visite du Chef de l’Etat à Périgueux.

C’est à Yz – prononcer « eyes » – qu’a été confiée la création du visuel du nouveau timbre Marianne.

Ici, floutée sur le pignon d’un bâtiment de Périgueux, se cache peut-être la nouvelle Marianne.

Si le secret a comme toujours été bien gardé par les équipes de Phil@poste, quelques indications sur le travail de la street artiste ont cependant filtré. A la faveur notamment d’un cliché de fresque murale publié sur internet.

L’œuvre photographiée recouvrant le pignon d’un bâtiment de Périgueux (Dordogne) pourrait bien en effet être celle que l’on retrouvera aussi sur le timbre dévoilé demain – à Périgueux… – par le Président de la République.

L’illustration conçue pour ce nouveau timbre d’usage courant devrait en tout cas réunir les caractéristiques propres au travail de Yz : simplicité des formes, unicité de la couleur, puissance poétique…

La nouvelle Marianne apparaîtrait ainsi de profil, coiffée bien sûr d’un bonnet phrygien, avec de très longs cheveux bouclés tombant sur ses épaules.

Et un visage universel, qui pourrait être celui d’une occidentale autant que celui d’une femme originaire d’Afrique (artiste engagée – elle a souvent traité les thèmes de l’esclavage et des droits civiques -, Yz a réalisé beaucoup de portraits de femmes africaines et antillaises).

Vérification et officialisation demain…

Rodolphe Pays

Une des femmes les plus actives de la scène Street art

Originaire de Châteauroux, Yz (Yseult Digan sur ses papiers d’identité) s’est d’abord essayée aux films documentaires.

« Montée » à Paris, le virus du street art l’a alors envahie pour ne plus la quitter. Et dès 2003, son premier grand projet l’a fait connaître un peu partout dans le monde.

A l’époque, elle réalise au pochoir 30 mêmes portraits d’homme (inspirés du rappeur américain Divine Styler) sur des armoires électriques et des murs délabrés parisiens (les 30 lieux pointés sur un plan de la capitale reproduisant le portrait).

Yz vit et travaille à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Connue et appréciée pour ses portraits poétiques qui « racontent une histoire », elle est aujourd’hui une des femmes les plus actives de la scène Street art.

La trentième Marianne

Le renouvellement du visuel du timbre d’usage courant Marianne est choisi par chaque Président de la République pour sa mandature.

Ce timbre devenant une représentation officielle du pays qui l’émet.

Depuis 168 ans, 29 versions différentes du timbre Marianne ont été émises.

La Marianne dévoilée jeudi 19 juillet, qui consacrera la trentième version, sera mise en vente générale lundi 23 juillet.

 

La Poste émet un collector de quatre timbres « Merci les Bleus »

Quelques heures après la victoire de l’équipe de France de football, La Poste a émis un collector de quatre timbres Merci les Bleus.

Quelques heures après la victoire de l’équipe de France de football, La Poste a émis un collector de quatre timbres Merci les Bleus.

Un carnet disponible à la boutique du Musée de La Poste dès cette semaine.

La victoire de l’équipe de France en finale de la coupe du Monde de football dimanche à Moscou a décuplé la réactivité et la créativité des institutions comme des particuliers.

Sur les réseaux sociaux, on rivalise de montages ingénieux : parcours de l’équipe de France commenté par des propos de Louis de Funès extraits de ses films, détournement de photos prises dans les tribunes du stade Loujniki transformant le Président de la République en soldat de la Guerre des Etoiles ou en Maréchal d’empire…

La RATP de son côté a rebaptisé plusieurs de ses stations de métro : Bercy les Bleus, Deschamps-Elysées Clémenceau, Victor Hugo Lloris…

La Poste n’est pas en reste.

Comme elle l’avait déjà fait en 1998, avec le timbre rond « Champion du monde » émis le soir-même de la victoire des Bleus, et en 2006 en Allemagne lorsque l’équipe de France est devenue vice-championne du monde, La Poste a sorti carnet collector de 4 timbres pour fêter la deuxième étoile sur le maillot des joueurs.

La couverture du collector.

Tiré à 60 000 exemplaires et vendu 5 €, ce collector Merci les Bleus est composé de timbres à validité permanente prévus pour un envoi jusqu’à 20 grammes à destination de la France, acheminée en « Lettre verte ».

Déjà diffusé au Carré d’encre, la boutique de Phil@poste, le collector sera disponible à la boutique du Musée de La Poste en milieu de semaine.

Rodolphe Pays

Collector Merci les Bleus, disponible en milieu de semaine à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème.

Ouvert de 10 h à 18 h du lundi au vendredi (Tél. : 01 53 71 98 49).

Expo « Par amour du jeu » : le Musée de La Poste prête une œuvre de Ben aux Magasins généraux de Pantin

Le foot est d’actualité. Et l’expo qui se déroule aux portes nord de Paris ne l’est pas moins.

Consacrée au sport « roi », elle évoque ses héros, ses joies, ses débordements, ses travers…

La Poste en est partenaire. Et le musée a prêté une de ses œuvres.

« Tous arbitres »… Deux mots qui sonnent comme un slogan, une injonction, un appel, un constat, une évidence…

Deux mots sur un tableau qui accueillent les visiteurs de l’exposition proposée aux anciens Magasins généraux de Pantin (Seine-Saint-Denis) à l’occasion des 20 ans de la victoire en coupe du monde de l’équipe de France de football et du Mondial 2018.

Le Musée de La Poste a prêté une œuvre de Ben réalisée il y a quelques années en écho à la campagne de soutien à l’arbitrage menée par La Poste.

L’un et l’autre manuscrits (manuspeints ?) en blanc sur fond bleu – le même que celui du maillot des joueurs de l’équipe de France – et signés Ben.

Créée par le plasticien il y a quelques années en écho à la campagne de soutien à l’arbitrage menée par La Poste, l’œuvre figure désormais dans les collections du Musée de La Poste.

« Nous pensions que ce tableau avait toute dans sa place dans notre projet, indiquent Anna Labouze et Keimis Henni, les commissaires de l’exposition, c’est pourquoi nous avons demandé son prêt au Musée de La Poste. »

Engagée, un rien provocatrice, la toile de l’iconoclaste Ben ne dénote pas au milieu des 75 œuvres rassemblées pour ce premier accrochage organisé dans ce lieu mythique de Paris et sa région (grenier de denrées alimentaires destinées aux parisiens des années 1930 aux années 1970, les Magasins généraux de Pantin ont été transformés en 2016 en sièges d’entreprise et espaces culturels).

Les quarante artistes internationaux présents – le plus jeune est âgé d’à peine plus de 20 ans, le plus vieux de 80 ans – ne se sont parfois pas privés d’étriller certains excès du sport « roi ».

Comme Cédric Brandilly, qui a monté des vidéos reprenant des interviews de footballeurs célèbres (Ibrahimovic, Ribéry, Ronaldo… ) sous-titrées de propos de philosophes.

Hervé Priou a réalisé trois tableaux mettant en scène des streakers.

Ou Hervé Priou, qui a réalisé trois tableaux mettant en scène des streakers (les personnes qui interrompent les rencontres en courant nues sur la pelouse) et des stadiers.

Une manière pour l’artiste d’aborder l’héroïsme, l’absurde, la subversion et l’humour de ce type de situations.

Un diorama chamarré décrit aussi la pénétration profonde de l’univers du football dans la société brésilienne (notamment via l’argent, la corruption, le marketing… ).

« Le football américain », par Bianca Argimon.

Images, photos, sculptures, installations se succedent … Regards et points de vue se font face, se croisent.

La starisation, la sensualité, la violence sont évoquées, avec humour, emphase, lyrisme selon les artistes (dont une dizaine est originaire du département de la Seine-Saint-Denis).

Et Jules Rimet n’a pas été oublié : fondateur du mythique Red Star et principal initiateur de la coupe du monde de football (1927), un tableau en plusieurs volets lui est consacré.

Une manière d’hommage à un des arbitres majeur du football dont Ben célèbre les vertus.

Rodolphe Pays

Par amour du jeu, 1998-2018, une exposition proposée aux Magasins généraux, 1 rue de l’Ancien Canal, Pantin (93).

Jusqu’au 5 août, ouvert tous les jours de 11 h à 20 h, entrée gratuite.

En savoir plus : https://magasinsgeneraux.com/fr/expositions/paj

Le foot et l’argent…

« Charlie George et Arsenal », par Sarah Lucas.

Ardif : « Des grands murs comme celui du Musée de La Poste, j’espère avoir l’occasion d’en refaire, j’ai vraiment aimé… »

Architecte de formation, passionné de dessin depuis l’enfance, Ardif s’est lancé il y a deux ans dans l’aventure du street art.

Architecte de formation, passionné de dessin depuis l’enfance, Ardif s’est lancé il y a  deux ans dans l’aventure du street art.

Après d’autres street artistes avant lui, il vient à son tour d’achever une fresque sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

Une sorte de bestiaire philatélique…

Interview.

Le contact avec le Musée de La Poste

« Je ne connaissais pas le Musée de La Poste, je n’avais pas eu l’occasion de le visiter, j’avais seulement entendu parler de l’exposition sur le street art qui s’y était déroulé en 2013.

Le premier contact, c’était il y a quelques semaines, avec Céline Neveux, la commissaire d’exposition. Elle connaissait mon travail, avait repéré des collages que j’avais fait dans Paris, elle m’a proposé de participer à mon tour au projet Ralentir street art.

« Réaliser une fresque sur soixante mètres carrés est un peu inhabituel, un peu atypique, un tel espace, c’était particulièrement enthousiasmant. »

Réaliser une fresque sur la palissade du chantier de rénovation du musée m’a d’autant plus intéressé que le format – soixante mètres carrés, tout en longueur – est un peu inhabituel, un peu atypique.

Le plus souvent on travaille sur des surfaces nettement plus réduites, disposer cette fois d’un tel espace, c’était particulièrement enthousiasmant.

« Comme beaucoup de déclinaisons de ces méchanimals, comme je les appelle, se rapprochent du format d’un timbre, j’ai tout de suite pensé à les associer. A concevoir un petit bestiaire philatélique en quelque sorte… »

L’idée

La seule indication que m’avait donnée la commissaire d’expo pour ce travail, c’était qu’y apparaisse au moins une allusion à l’univers postal.

Et de mon côté, je voulais partir de mon concept de base, c’est-à-dire les animaux mécaniques.

Comme beaucoup de déclinaisons de ces méchanimals, comme je les appelle, se rapprochent du format d’un timbre, j’ai tout de suite pensé à les associer.

A concevoir un petit bestiaire philatélique en quelque sorte…

« Pour chacun des animaux créés, comme je le fais toujours, j’ai voulu une symétrie précise : une moitié de face naturelle, dessinée, et l’autre moitié, technique, architecturale. »

La fresque

C’est une série de timbres alignés, illustrés d’animaux.

Pour chacun des animaux créés, comme je le fais toujours, j’ai voulu une symétrie précise : une moitié de face naturelle, dessinée, et l’autre moitié, technique, architecturale.

Je me suis aussi attaché à établir une symétrie collective. A gauche, j’ai placé quatre animaux domestiques, des chiens, un chat, et à droite quatre animaux sauvages, ours, zèbre, éléphant, lion.

J’ai poussé la symétrie jusqu’à inverser le positionnement naturel et technique des faces selon qu’il s’agisse des animaux domestiques ou sauvages.

« Au centre, autre clin d’œil à La Poste, j’ai imaginé comme une sorte de cathédrale-centre de tri expédiant de part et d’autre de petits sacs postaux… »

Et au centre, autre clin d’œil à La Poste, j’ai imaginé comme une sorte de cathédrale-centre de tri expédiant de part et d’autre de petits sacs postaux…

Pas d’animaux emblématiques de La Poste…

Je me suis posé la question. En particulier à propos du pigeon, qui a joué un rôle dans le transport des messages.

Mais le dessiner de face ne fonctionnait pas pour la symétrie. Et puis le pigeon avait été le thème d’une fresque réalisée récemment sur le mur par un autre street artiste, SONAC Photographe.

J’ai pensé au cheval aussi, au milieu des autres animaux, ça ne s’intégrait pas bien.

Il y a quand même un zèbre, c’était plus graphique, plus adapté à l’ensemble, du coup ça fait un peu office de cheval…

« J’ai réalisé les dents des timbres au pochoir, une technique que je n’utilise pas habituellement. Comme ce sont des grands formats, c’était un peu dur à manipuler, mais au final ça s’est bien passé. »

Les techniques

J’ai réalisé les dents des timbres au pochoir, une technique que je n’utilise pas habituellement.

Comme ce sont des grands formats, c’était un peu dur à manipuler, mais au final ça s’est bien passé.

Pour le dessin central, une allégorie de centre de tri, j’ai choisi de travailler directement sur la palissade, je fais ça de temps en temps.

Là c’était important, ce bâtiment sépare les deux séries d’animaux, je voulais ce traitement différencié, avec des grands traits tirés, éviter les impressions de relief.

Pour les animaux, j’ai réalisé les dessins de chacun d’eux comme la plupart du temps en découpant des vides, comme de la dentelle. Une fois les affiches collées sur le mur, ces parties évidées, ajourées apparaissent, marquent les univers, donnent du relief…

Je suis plutôt content du résultat, les gris sont beaux, les contrastes, les nuances aussi, l’alchimie a je crois bien fonctionné.

Le temps passé

C’était intense. Une grosse semaine de travail. De trois à quatre jours de préparation – repérage, dimensionnement, exécution en atelier … – et trois jours sur place.

Pour couvrir soixante mètres carrés, c’était difficile de faire moins.

Les outils

Pour les parties, les demi-faces « techniques », je travaille toujours avec les outils traditionnels d’architecte, ma formation initiale : compas, règle, équerre…

D’ailleurs en réalité, en architecture on n’utilise plus ces instruments classiques, tout se fait sur écran désormais, alors forcément les savoir-faire se perdent.

« Pour les parties, les demi-faces « techniques », je travaille toujours avec les outils traditionnels d’architecte, ma formation initiale : compas, règle, équerre… »

Pour moi, ces outils, c’est important, même un peu impressionnant, ça me plaît beaucoup, il y a une âme, une vraie patte dans le travail que l’on fait avec eux.

Ce savoir-faire, j’apprécie de l’exercer.

Le street art, depuis quand…

Bien sûr, dès l’enfance, l’adolescence, j’avais vu des murs, ça me paraissait bien fait, ça m’avait marqué.

Je dessinais moi-même, je l’ai toujours fait, j’ai aussi suivi une prépa artistique avant de mener des études d’architecte.

J’ai mis un peu de temps avant de me lancer, j’y pensais, l’expression libre, non autorisée, j’en avais envie.

Après les attentats de Charlie, on était nombreux à être dans une volonté de liberté, de défendre l’expression, de la revendiquer. Ca a été sans doute en partie déclencheur. Ca fait maintenant deux ans que je colle dans la rue.

« Les Méchanicals, ces animaux hybrides mi-figuratifs mi-architecturés, qui sont ma marque de fabrique, symbolisent l’équilibre qu’il me semble important de trouver entre nature et progrès. »

Les Méchanicals…  

Ces animaux hybrides mi-figuratifs mi-architecturés, qui sont ma marque de fabrique, symbolisent l’équilibre qu’il me semble important de trouver entre nature et progrès.

Le progrès, bien sûr c’est indispensable, on ne va pas retourner à l’âge de pierre.

Mais là, on agit au détriment de la nature, de son écoute.

On peut arriver à un équilibre, et c’est ce que je cherche à établir dans mon travail.

Ardif a aussi dessiné sur la fresque de petits sacs de courrier.

Inspirations

J’ai beaucoup regardé les architectes utopistes, ceux de l’après-guerre, ceux du courant Archigram un peu plus tard…

Les univers fantastiques m’intéressent, m’ont influencé. Via le cinéma, la BD, les arts de la rue…

Dans la BD par exemple, j’aime notamment le travail de Schuiten ou Mœbius, et dans le street art, celui de Roa ou encore Ludo…

La rue, aujourd’hui

Même si comme beaucoup de street artistes, je travaille avec des galeries, je réponds à des commandes privées, le but c’est de continuer à faire de la rue, de l’affichage sauvage, sans autorisation.

Coller des affiches à l’arrache, c’est ça qui crée la spontanéité, on voit un spot, une idée vient, on prépare, on colle. Ca m’arrive aussi parfois de faire des repérages, mais le plus souvent, je travaille d’instinct, directement.

Et je colle aussi dès que je voyage, comme à Londres, New-York… »

Projets…

Après plusieurs collaborations avec des lieux de street art, des expos collectives, parfois personnelles, comme à Boulogne récemment, je prépare une expo au Lavomatic à Paris pour septembre.

Ce sera ma deuxième expo solo de l’année.

Et puis, des grands murs comme celui du Musée de La Poste, j’espère aussi avoir l’occasion d’en refaire, j’ai vraiment aimé…

Propos recueillis par Rodolphe Pays

(photos Thierry Debonnaire, Rodolphe Pays)

La fresque d’Ardif est visible tout l’été sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste, 34 boulevard de Vaugirard, Paris 15ème.

En savoir plus sur Ardif : https://www.facebook.com/ardifstreetart/

Ardif expose ses « mécanimals » devant le Musée de La Poste

Ardif a investi la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

Il y a réalisé huit de ses mécanimals.

Interview de l’artiste à venir dans quelques jours.

Avec sa vingtaine de mètres de long et ses trois mètres de haut, la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste représente un support de taille respectable pour les street artistes invités depuis deux ans à s’y exprimer.

Katre, SP 38, Lenz, Kashink, Jace, Guaté Mao, SONAC Sophie photographe et Tarek Benaoum l’ont tour à tour déjà expérimenté.

Une galerie de fresques éphémères vite appréciée par les habitants du quartier comme les gens de passage. Et dont le renouvellement est toujours attendu.

C’est désormais une œuvre d’Ardif qui se présente à leurs yeux. Elle y restera tout l’été.

Fidèle à son style et à sa démarche, l’artiste a réalisé une huitaine de mécanimals, des têtes de chien, de chat, d’ours, d’éléphant composées pour moitié d’une partie dessinée et pour l’autre moitié du pendant « technique » de chacune de ces faces (assemblage de rouages, de murs de bâtiment, de leviers, d’engrenages… ).

Entretien avec Ardif à venir sur le blog dans quelques jours…

Rodolphe Pays

 

 


Entrer votre courriel pour vous inscrire à ce blog et recevoir gratuitement les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 151 autres abonnés

Nos/vos photos sur Flickr

Notre compte Twitter

Les archives

Des chiffres

  • 301 558 visites
Publicités