Archive pour janvier 2019

Dans le Pas-de-Calais, le musée des ambulants postaux d’Oignies fait peau neuve

Aux côtés des musées du chemin de fer et de la mine, le centre Denis Papin d’Oignies (62) accueille le musée des ambulants postaux.

Des cheminots, mineurs et postiers ambulants à la retraite font vivre près de Lens des musées consacrés à leur ancien métier.

Une visite originale et passionnante…

Si pas mal d’entre eux ont cessé leurs activités professionnelles pour faire valoir leurs droits à une retraite plutôt bien méritée, ils ne chôment pas pour autant Loin s’en faut. Pour le plaisir, le leur et celui de leurs visiteurs, ils continuent de travailler.

Le musée du chemin de fer présente notamment des maquettes et des circuits exceptionnels.

Avec exactement les mêmes détermination et application que lorsqu’ils exerçaient leur profession.

Une manière pour les uns et les autres de vivre – bien que différemment – la passion de leur métier qu’ils ont toujours chevillée au corps.

Les ex-cheminots persistent à faire siffler la vapeur. Quant aux anciens mineurs, ils « rejouent » eux l’extraction du charbon.

Les anciens mineurs racontent l’extraction du charbon.

Et les postiers ambulants pensionnés refont les lignes qui rayonnaient la nuit vers toutes les agglomérations de l‘hexagone.

Trois métiers, trois musées réunis sur un site mis à disposition par la municipalité d’Oignies, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Lens.

Avant la restauration…

D’un côté des ateliers où l’on met au point des trains de toutes échelles, où l’on présente des maquettes et des circuits exceptionnels ; d’un autre, des galeries et des salles qui racontent les journées des « gueules noires » ; et au milieu, les wagons postaux où l’on triait le courrier destiné à être distribué le lendemain partout en France.

Et après…

« Faire visiter, enrichir les collections, améliorer les présentations, c’est ce que nous faisons au fil de l’eau, explique Elie Ramon, le président de l’Association pour la conservation d’ambulants postaux ferroviaires (ACAPF), mais le très gros entretien est également  important, et c’est ce à quoi nous nous sommes attachés l’an dernier en rénovant plusieurs de nos wagons. »

Avec le soutien de la Fédération nationale des associations de personnel de La Poste et d’Orange pour la recherche historique (FNARH) et la Direction nationale des activités sociales de La Poste (DNAS), une entreprise spécialisée a ainsi restauré extérieurement – étanchéité et peinture – une « allège », un wagon utilisé exclusivement pour le transport du courrier.

« Pour la saison 2019, nos visiteurs pourront apprécier au mieux nos véhicules et les collections qu’ils abritent. » Elie Ramon.

« Parallèlement, nous avons aussi nous-mêmes réhabilité deux autres wagons, poursuit Elie Ramon, c’est ainsi que pour la saison 2019, nos visiteurs pourront apprécier au mieux nos véhicules et les collections qu’ils abritent. »

Ouverts toute l’année sur réservation pour les groupes, les trois musées rouvriront leur porte aux particuliers dès le mois d’avril.

Un plaisir à partager avec ces cheminots, mineurs et postiers passionnés.

Rodolphe Pays

Centre Denis Papin, rue Emile Zola, Oignies (Pas-de-Calais).

Réservations de groupes : contacter le 03 21 74 80 62 aux heures d’ouverture de la Mairie d’Oignies.

Visites individuelles : le site est accessible de 14 h à 18 h le deuxième dimanche du mois d’avril à octobre.

En savoir plus : http://www.tourisme-lenslievin.fr/centre-vivant-de-la-mine-du-chemin-de-fer-et-des-ambulants-postaux/oignies/tabid/9068/offreid/2a4062a7-f40b-475a-99b8-7946c301e7d1/detail.aspx

 

 

 

Des timbres rendent hommage à Louise Michel, disparue le 9 janvier 1905

L’anarchiste et féministe Louise Michel s’en est allée le 9 janvier 1905. Après une vie combative, militante, totalement vouée aux gens du peuple, de tous les peuples.

Illustré des timbres qui lui ont été consacrés, portrait/parcours de l’autre incorruptible.

Des écoles portent le nom de Louise Michel, des lieux culturels, des rues aussi… Une station de métro également, aux portes de Paris, à Levallois-Perret, la commune où elle est enterrée.

Des écoles portent son nom, des lieux culturels, des rues aussi… Mais pas tant que ça…

Elle a quand même sa station de métro, aux portes de Paris, à Levallois-Perret, la commune où elle est enterrée. Et une ou deux statues…

Quelques repères, des rappels qui contribuent un peu à entretenir sa mémoire.

La Poste a consacré en 1986 un timbre à Louise Michel (dessiné par Huguette Sainson et gravé par Cécile Guillame).

Mais cette relative notoriété reste abstraite : ils ne sont pas si nombreux ceux qui pourraient dire vraiment qui était Louise Michel, quels ont été ses combats, de quelle foi cette femme était habitée, l’aventure tumultueuse qu’a été sa vie…

La vierge rouge, comme on l’a souvent et plutôt à tort appelée, est morte – le 9 janvier 1905 – comme elle a toujours vécu, en luttant, en militant, en persuadant : elle s’est éteinte à Marseille au soir d’un énième meeting. Elle avait 74 ans.

Sa vie entière, elle l’a passée sur des estrades, celles des écoles où elle a enseigné ou qu’elle a ouvertes, celles des réunions politiques, celles que constituaient à leur manière aussi les barricades de la Commune…

Elle l’a passée à dire des mots, à défendre des idées – sociales, politiques, féministes… – qu’elle écrivait aussi dans ses poèmes, dans des textes, dans ses lettres échangées avec des proches ou des personnalités telles que Victor Hugo ou Clémenceau (dont l’amitié et l’affection pour elle n’ont jamais fait défaut).

Timbre de Nouvelle-Calédonie émis en 1991 en hommage à Louise Michel (dessiné et gravé par André Lavergne). Elle y avait été déportée de 1873 à 1880 au motif de sa participation à la Commune.

Tout avait commencé en Haute-Marne, au château de Vroncourt, où sa mère travaillait en tant que domestique. La petite Louise Michel y voit le jour le 29 mai 1830. De père inconnu.

Ou presque. Républicains, nourris de la culture du siècle des Lumières, les châtelains – dont il semble que le fils ait été le géniteur de l’enfant – assurent à Louise une éducation libérale et de bonnes études.

En âge de travailler Louise devient institutrice et ouvre une école « libre » (ne voulant pas prêter serment à l’empereur, elle n’est pas autorisée à accéder à l’enseignement public).

Elle rejoint ensuite Paris, où elle se lie aux milieux opposants, aux socialistes révolutionnaires. Elle côtoie Jules Vallès, Eugène Varlin… Elle prendra une part active la Commune de Paris.

Jugée pour sa participation à l’insurrection, elle est déportée en 1873 en Nouvelle-Calédonie. C’est là-bas qu’elle ralliera l’anarchisme.

Elle apprend alors la langue canaque, prend la défense des tribus qui s’élèvent contre le colonialisme, donne des cours…

Décédée à Marseille le 9 janvier, Louise Michel sera enterrée au cimetière de Levallois-Perret le 22 janvier 1905.

Amnistiée en juillet 1880, elle revient à Paris et reprend son action militante, écrit, donne des conférences en France, en Europe…

Puis elle sera à nouveau condamnée – à 6 ans de prison – en 1883 pour « incitation au pillage ».

Libérée en en 1886, elle est deux ans plus tard victime d’un attentat (jusqu’à la fin de ses jours, elle conservera dans la tête une balle qui n’a pu être extraite). Et choisira de ne pas porter plainte contre son agresseur.

Elle s’exile à Londres, y crée une école libertaire. Elle fera ensuite de nombreux allers et retours entre l’Angleterre et la France.

Et continuera jusqu’au bout à œuvrer au service du peuple, des femmes, du droit, de la justice… Jusqu’à son dernier meeting, à Marseille, le 9 janvier 1905.

Il ne serait pas scandaleux que plus d’écoles, de rues, de lieux et de statues portent son nom. Et que l’on sache pourquoi…

Rodolphe Pays

 


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