Des timbres rendent hommage à Louise Michel, disparue le 9 janvier 1905


L’anarchiste et féministe Louise Michel s’en est allée le 9 janvier 1905. Après une vie combative, militante, totalement vouée aux gens du peuple, de tous les peuples.

Illustré des timbres qui lui ont été consacrés, portrait/parcours de l’autre incorruptible.

Des écoles portent le nom de Louise Michel, des lieux culturels, des rues aussi… Une station de métro également, aux portes de Paris, à Levallois-Perret, la commune où elle est enterrée.

Des écoles portent son nom, des lieux culturels, des rues aussi… Mais pas tant que ça…

Elle a quand même sa station de métro, aux portes de Paris, à Levallois-Perret, la commune où elle est enterrée. Et une ou deux statues…

Quelques repères, des rappels qui contribuent un peu à entretenir sa mémoire.

La Poste a consacré en 1986 un timbre à Louise Michel (dessiné par Huguette Sainson et gravé par Cécile Guillame).

Mais cette relative notoriété reste abstraite : ils ne sont pas si nombreux ceux qui pourraient dire vraiment qui était Louise Michel, quels ont été ses combats, de quelle foi cette femme était habitée, l’aventure tumultueuse qu’a été sa vie…

La vierge rouge, comme on l’a souvent et plutôt à tort appelée, est morte – le 9 janvier 1905 – comme elle a toujours vécu, en luttant, en militant, en persuadant : elle s’est éteinte à Marseille au soir d’un énième meeting. Elle avait 74 ans.

Sa vie entière, elle l’a passée sur des estrades, celles des écoles où elle a enseigné ou qu’elle a ouvertes, celles des réunions politiques, celles que constituaient à leur manière aussi les barricades de la Commune…

Elle l’a passée à dire des mots, à défendre des idées – sociales, politiques, féministes… – qu’elle écrivait aussi dans ses poèmes, dans des textes, dans ses lettres échangées avec des proches ou des personnalités telles que Victor Hugo ou Clémenceau (dont l’amitié et l’affection pour elle n’ont jamais fait défaut).

Timbre de Nouvelle-Calédonie émis en 1991 en hommage à Louise Michel (dessiné et gravé par André Lavergne). Elle y avait été déportée de 1873 à 1880 au motif de sa participation à la Commune.

Tout avait commencé en Haute-Marne, au château de Vroncourt, où sa mère travaillait en tant que domestique. La petite Louise Michel y voit le jour le 29 mai 1830. De père inconnu.

Ou presque. Républicains, nourris de la culture du siècle des Lumières, les châtelains – dont il semble que le fils ait été le géniteur de l’enfant – assurent à Louise une éducation libérale et de bonnes études.

En âge de travailler Louise devient institutrice et ouvre une école « libre » (ne voulant pas prêter serment à l’empereur, elle n’est pas autorisée à accéder à l’enseignement public).

Elle rejoint ensuite Paris, où elle se lie aux milieux opposants, aux socialistes révolutionnaires. Elle côtoie Jules Vallès, Eugène Varlin… Elle prendra une part active la Commune de Paris.

Jugée pour sa participation à l’insurrection, elle est déportée en 1873 en Nouvelle-Calédonie. C’est là-bas qu’elle ralliera l’anarchisme.

Elle apprend alors la langue canaque, prend la défense des tribus qui s’élèvent contre le colonialisme, donne des cours…

Décédée à Marseille le 9 janvier, Louise Michel sera enterrée au cimetière de Levallois-Perret le 22 janvier 1905.

Amnistiée en juillet 1880, elle revient à Paris et reprend son action militante, écrit, donne des conférences en France, en Europe…

Puis elle sera à nouveau condamnée – à 6 ans de prison – en 1883 pour « incitation au pillage ».

Libérée en en 1886, elle est deux ans plus tard victime d’un attentat (jusqu’à la fin de ses jours, elle conservera dans la tête une balle qui n’a pu être extraite). Et choisira de ne pas porter plainte contre son agresseur.

Elle s’exile à Londres, y crée une école libertaire. Elle fera ensuite de nombreux allers et retours entre l’Angleterre et la France.

Et continuera jusqu’au bout à œuvrer au service du peuple, des femmes, du droit, de la justice… Jusqu’à son dernier meeting, à Marseille, le 9 janvier 1905.

Il ne serait pas scandaleux que plus d’écoles, de rues, de lieux et de statues portent son nom. Et que l’on sache pourquoi…

Rodolphe Pays

 

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