Archive Page 2

Nicolas Vial a dessiné le timbre du cinquantenaire de la Société Nationale de Sauvetage en Mer

La Société Nationale de Sauvetage en Mer fête ses 50 ans.

La Poste a choisi de marquer cet anniversaire en émettant un timbre dont elle a confié la réalisation au peintre et dessinateur Nicolas Vial.

« Pour illustrer le timbre consacré à ses 50 ans, la Société Nationale de Sauvetage en Mer, la SNSM, souhaitait que l’on fasse appel à un peintre officiel de la Marine, indique Nicolas Vial, c’est ainsi que Phil@poste m’a demandé de m’occuper de cette création. »

Nicolas Vial est peintre officiel de la Marine.

Un choix d’autant plus pertinent que l’artiste est depuis toujours un amoureux de la mer et des bateaux (il les a dessinés et peints à de nombreuses reprises, pour des gravures, des toiles et même déjà des timbres).

« Je connais bien la SNSM, ses bénévoles aguerris, ses sorties par tous les temps, explique Nicolas Vial, j’ai longtemps fait de la voile, les fameux canots vert et orange de l’association, j’en ai vu un peu partout, au port comme en mission. »

A travers le visuel de ce timbre, l’artiste a voulu rendre hommage au courage de ces marins qui interviennent souvent en risquant leur vie pour porter secours à des gens en difficulté, en grand danger.

L’oeuvre originale de Nicolas Vial.

« J’ai travaillé un peu comme un affichiste, avec la volonté de surprendre, en dépeignant une scène plutôt métaphorique, raconte Nicolas Vial, ce bateau juché sur une vague symbolise le péril, la brutalité des éléments à laquelle les gens de la SNSM sont confrontés. »

Un ciel sombre, tourmenté conforte cette impression de menace. Tout comme le blanc de l’écume qui souligne la noirceur des nuages.

Nicolas Vial était en Bretagne le week-end dernier pour participer à des opérations « 1er jour ». Il y a en particulier rencontré des adhérents de la SNSM et des membres d’associations philatéliques.

A cette occasion, Xavier de la Gorce, le président de la SNSM, a déclaré que « dorénavant ce timbre du cinquantenaire serait privilégié pour affranchir tous les envois de l’association ».

Des enveloppes à venir illustrées aux couleurs du courage et de la beauté…

Rodolphe Pays

Timbre « Société Nationale de Sauvetage en Mer, 50ème anniversaire », création Nicolas Vial, mise en page Bruno Ghiringhelli, impression héliogravure.

Disponible à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème, ouvert de 10 h à 18 h du lundi au vendredi (tél. : 01 53 71 98 49).

Un peu d’histoire

La SNSM est née de la fusion en 1967 de deux sociétés créées au XIXe siècle, la Société centrale de sauvetage des naufragés et la Société des hospitaliers sauveteurs bretons.

Ces associations organisaient le principe ancien de solidarité entre gens de mer au profit de toutes les professions maritimes.

La fusion a pris en compte la profonde mutation des activités maritimes depuis l’après-guerre, liée notamment au développement considérable des loisirs nautiques et de la plaisance.

Sept mille bénévoles ont rejoint l’association : 4 400 d’entre eux sont embarqués et se tiennent prêts à intervenir sur ordre des autorités maritimes.

Répartis entre 218 « stations de sauvetage » sur le littoral, y compris outre-mer, ils mettent en œuvre près de 400 embarcations de tous types. A leur côté, 1 300 jeunes « nageurs sauveteurs », formés par la SNSM, sont chaque année mis à la disposition de municipalités pour assurer la sécurité sur les plages.

La SNSM, association, reconnue d’utilité publique en 1970, assure plus de la moitié des opérations de sauvetage en zone littorale.

Soutenue en partie par l’Etat et les collectivités locales, elle fonctionne principalement grâce au soutien de donateurs privés et de mécènes.

(source Phil@poste).

 

 

Flaubert : des timbres, des relais de Poste et du théâtre

Timbre « Flaubert 1821-1880 » (émission de 1952), dessiné par Pierre Paul Lemagny, gravé par Charles Paul Dufresne.

Quelques émissions philatéliques ont été consacrées à Gustave Flaubert.

Mais les liens de l’écrivain avec l’univers postal se sont aussi tissés à travers les séjours et les voyages que ce dernier effectuait régulièrement dans les relais de Poste.

Et pour les amoureux de sa langue et de son regard, Flaubert est aussi tout l’été sur scène.

A travers une adaptation d’Emma Bovary proposée par le comédien André Salzet.

Timbre « Flaubert » (1982), émis par la Poste du Gabon.

« La Poste d’Auray eût été arrivée, nous fussions partis tout de suite pour Belle-Isle ; mais on attendait la Poste d’Auray. Assis dans la cuisine de l’auberge, en chemise et les bras nus, les marins de passage patientaient en buvant chopine. »

Alors qu’il voyage en Bretagne avec son ami et écrivain Maxime Du Camp, Gustave Flaubert a l’occasion à de nombreuses reprises d’utiliser les services de la Poste, pour se déplacer, se restaurer.

Ancien relais de Poste, à Auray (Morbihan).

Et d’observer ses employés comme ses usagers.

Il évoque ainsi ses séjours dans les relais de Poste et ses trajets en malle-poste dans l’ouvrage Voyage en Bretagne, par les champs et par les grèves.

En dehors de ses pérégrinations à travers les régions de France, Flaubert fréquente de façon récurrente un autre relais de Poste, celui de Nogent-sur-Seine, dans l’Aube. Pour des excursions culinaires cette fois.

L’auberge du Cygne de la Croix, à Nogent-sur-Seine (Aube).

Comme d’autres artistes à l’époque – Alfred Boucher, Camille Claudel… -, Flaubert apprécie la cuisine de cette auberge baptisée Le Cygne de la Croix. Un lieu que l’on retrouvera dans L’éducation sentimentale.

La Poste finit par arriver. Un peu plus loin dans Le voyage en Bretagne, Flaubert s’en donne à cœur joie : « Un bruit étouffé se fit entendre. Un grelot sonna, un chapeau parût. C’était la Poste d’Auray, toujours même homme, toujours même cheval, même sac à lettres. Il s’en allait tranquillement vers Quiberon, dont il reviendra tantôt pour s’en retourner demain. C’est l’hôte du rivage, il le passe le matin, il le repasse le soir. Sa vie est de le parcourir, lui seul l’anime, il en fait l’épisode, j’allais presque dire la grâce. »

Rodolphe Pays

Madame Bovary tout l’été au théâtre du Lucernaire

Il a joué Zweig, Kafka, Maupassant, Schnitzler, Vian…

André Salzet poursuit sa quête des beaux textes avec Flaubert et son Emma Bovary.

Le comédien a participé à l’adaptation du roman et la propose sur scène de juin à septembre au théâtre du Lucernaire, à Paris.

  • du 10 juin au au 9 juillet à 18 h 30 du mardi au samedi,  et à 16 h le dimanche
  • du 12 juillet au 27 août à 18 h 30 du mercredi au samedi, et à 16 h le dimanche
  • du 29 août au 3 septembre à 18 h 30 du mardi au samedi, et à 16 h le dimanche

Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6ème. Réservations au 01 45 44 57 34.

En savoir plus sur André Salzet : http://theatre.carpediem.free.fr/

En savoir plus sur le théâtre du Lucernaire : http://theatre.carpediem.free.fr/

 

Pierre Josse, le rédacteur en chef des Guides du Routard, publie ses « Chroniques vagabondes »

Pierre Josse est depuis quarante ans la colonne vertébrale des Guides du Routard, leur cheville ouvrière.

Il a décidé de parler un peu de lui, de ses souvenirs, de ses rencontres, des gens qui l’on aidé, marqué, ému… Des lieux qui l’ont ébloui, changé…

Ses premières Chroniques vagabondes ont ainsi été éditées il y a quelques semaines. Sous forme d’un abécédaire très libre, débridé… A l’image de leur auteur.

Pierre Josse est depuis toujours un amoureux inconditionnel de l’Irlande et des Irlandais. « J’en reviens tout juste, dit-il, c’était mon 43ème séjour là-bas. »

Une comptabilité précise – en même temps qu’un peu vertigineuse – qui pourrait étonner de la part d’un voyageur aussi aguerri.

Mais elle ne traduit rien d’autre que la délectation que procurent toujours ses déplacements professionnels au rédacteur en chef historique des Guides du routard.

Dans la même veine, il affiche aussi volontiers ses « 107 pays au compteur ».

« Avec la dislocation de la Yougoslavie, j’en ai à l’époque ajouté 7 à la liste en peu de temps », s’amuse-t-il. Pas de forfanterie là-dedans. Plutôt une jubilation de l’éternel étudiant qu’il n’a sans doute jamais tout à fait cessé d’être.

Et même une sorte d’étonnement, comme si à travers ces chiffrages, il se pinçait pour vérifier que son insatiable désir de rencontres et de visions avait réellement été exaucé. Un léger syndrome de collectionneur peut-être aussi…

Quasiment quarante ans que Pierre Josse arpente ainsi le monde en tous sens (éveillés) pour le mythique guide touristique né au début des années 1970.

Pierre Josse est aussi un adepte du mail art. Son ouvrage reproduit plusieurs de ces cartes postales illustrées qu’il expédie de tous les pays du monde (le Musée de La Poste en a exposé une sélection il y a quelques années).

D’abord correcteur des textes (un de ses premiers métiers, cf. encadré), il fait part à Philippe Gloaguen, l’un des deux fondateurs du guide – l’autre, Michel Duval, était déjà parti rejoindre de nouveaux horizons professionnels -, de son envie d’aller voir en vrai ce qu’il lit et annote tous les jours.

« Tout vient d’un déjeuner avec Philippe dans un restaurant du 15ème, se souvient Pierre Josse, à l’entrée je lui ai parlé de ma frustration de ne voyager que par procuration, et au dessert j’étais promu grand voyageur. »

C’était parti. Pour longtemps, pour toujours. Londres d’abord. Et très vite, l’Inde, le Brésil… Et partout ailleurs.

Cette aventure permanente, il a décidé d’en raconter des bribes dans un ouvrage abécédaire. Ces « Chroniques vagabondes » évoquent des petits bouts de ses voyages, de ses rencontres, de ses sentiments, de ses révoltes.

De sa vie en dehors du Routard aussi. Militante, familiale… Aventures et (petites) mésaventures se succèdent. Et l’humour n’est jamais loin.

Quarante ans de Guide du Routard, ça occupe une vie… et pas mal d’espace.

On passe ainsi un peu de temps – et c’est un bonheur – en compagnie de Sophie Sarroff, une vieille syndicaliste new-yorkaise que Pierre Josse a rencontré à plusieurs reprises.

« Elle était originaire d’Ukraine, elle me racontait ses luttes ouvrières, ses combats, se rappelle-t-il, j’en étais ému aux larmes. »

Et on file en Afrique du sud. Une destination au fond paradoxale pour l’ancien militant anti-apartheid. Mais passionnante. « A cette occasion, j’ai eu la chance de pouvoir sympathiser avec un des derniers gardiens de prison de Nelson Mandela, poursuit-il, un type très intéressant, c’était un moment incroyable. »

« En visitant le Japon pour le Routard, en 2006, je suis tombé de l’armoire, j’ai découvert un pays si éloigné de mes préjugés. » P. Josse.

Et c’est un ex-roi du Dahomey que l’on croise. On assiste aussi à un meeting de l’opposante birmane Aung Saan Suu Kyi. Les portraits se succèdent, les anecdotes aussi.

On est au cœur des échanges, avec des ouvrières cubaines, des patrons de bistros de Paris et d’ailleurs, on longe les allées de cimetières d’Italie, de Madagascar, Le Père Lachaise…

« J’ai toujours voulu donner du sens à mes voyages, insiste Pierre Josse, comprendre où j’étais, avec qui j’étais, que je sois en présence d’un président ou d’un berger. »

De retour d’Irlande, l’intégration des modifications et actualisations nécessaires…

Son goût des voyages – on pourrait sans doute parler d’addiction -, il a mis du temps à prendre conscience de son origine.

« C’est sur le tard que j’ai compris ce que je devais à ma mère, admet-il aujourd’hui, elle était très catho, mais c’était une routarde-née, adhérente de la première heure des randonnées et des auberges de jeunesse. »

Les photos des balades sac au dos de sa mère qui recouvraient les murs du logement parisien de la famille Josse ont vraisemblablement, sans qu’il s’en doute, marqué le « petit Pierre ». Elles ne sont pas pour rien dans sa vocation.

Les pages qu’il dédie à cette mère initiatrice sont très belles.

Pierre Josse continue sa route. En levant un peu le pied. Plus que 5 ou 6 voyages par an, alors qu’il en faisait le double il n’y a pas si longtemps. Nul doute qu’il repartira prochainement en Irlande. Le 44ème séjour Pierre, non ?

Rodolphe Pays

« Chroniques vagabondes, petit dictionnaire insolite des rencontres et itinéraires d’un Routard », Pierre Josse (chez Hachette).

Etalagiste, instit de prison, ouvrier imprimeur…

Propos souvent vus ou entendus : « Je n’ai pas toujours fait de la politique, je n’ai pas toujours été artiste, ou journaliste en vue. La vraie vie, je la connais aussi, j’ai exercé toutes sortes de métiers avant de m’engager dans la vie publique, avant de vivre de mon art, de mes articles… »

Lorsque des personnalités acquièrent une certaine notoriété, il n’est pas rare qu’elles affichent ainsi d’autres vies professionnelles. Pour donner le change, dire combien elles ne sont pas seulement ce que les médias renvoient d’elles, qu’elles n’ignorent pas le quotidien des citoyens anonymes, des « vraies » gens.

En se gardant toutefois de préciser que ces expériences professionnelles se sont souvent limitées à d’épisodiques jobs d’étudiant, l’été, entre examens de fin d’année, vacances au soleil et retour à la fac.

D’autres ont en revanche réellement mené des carrières différentes en attendant d’accomplir celles qui les ont fait connaître du public. Et pas seulement occasionnellement. C’est le cas de Pierre Josse qui, avant de rejoindre le « Routard », avait pratiqué durant des années plusieurs métiers le plus souvent très éloignés de celui de journaliste.

Comme décorateur-étalagiste chez Braun. Un job qui l’expédiait en permanence aux quatre coins de la France. Ses patrons étaient plutôt satisfaits de ses résultats. Du coup, ils l’avaient même bombardé responsable commercial. Costume de rigueur, marketing… Là, c’était quand même « trop », il a décroché. Après plus de 5 ans quand même…

Pour devenir instituteur de prison. A Fleury-Mérogis, au sud de Paris. L’expérience a duré deux ans. Et a tourné court quand le futur routard a aidé un jeune détenu en difficulté à passer un examen de Français. L’affaire est remontée à sa hiérarchie. Exit l’enseignement.

Et bonjour l’imprimerie. Quatre années comme bobinier, ouvrier- imprimeur. Puis correcteur à la suite d’un sévère accident du travail. C’est ainsi que Pierre Josse s’est au final rapproché de l’univers de l’édition. Et du guide où il allait passer les quarante années suivantes…

 

Un hackathon ce week-end pour imaginer le timbre autrement

Un hackathon pour préparer le timbre de demain. C’est ce week-end à Paris et c’est organisé par l’Adphile et Paris&Co.

Avec la participation et le soutien du Musée de La Poste.

Imaginer le timbre de demain… Ses formes, ses usages, ses connexions…

C’est à cette tâche que vont s’atteler les participants du « Hackathon timbré » qu’organise ce week-end l’Adphile, l’association pour le développement de la philatélie.

Proposé en partenariat avec Paris&Co, l’agence de développement et d’innovation de Paris, l’événement va réunir une quarantaine de passionnés de numérique et de culture, développeurs, concepteurs, marketeurs, designers et créatifs en tous genres.

Quelle correspondance se profile pour les enfants du digital, quelle collection pour la génération « Y » (les jeunes adultes nés dans les années 1980 et 1990), quel sens donner au timbre à l’heure du numérique… ?

Autant de questions auxquelles l’Adphile et Paris&Co attendent des réponses à l’issue de ce hackathon.

De nouvelles idées qui succéderont à celles récemment expérimentées : le timbre à effet miroir émis pour les 350 ans de Saint-Gobain, le timbre à l’odeur de pelouse pour l’UEFA Euro 2016, le timbre à gratter, en réalité augmentée, ou encore le timbre numérique personnalisé…

Un jury sélectionnera les trois projets considérés comme les meilleurs. Leurs auteurs se partageront une dotation de 5 000 €. Le projet « grand gagnant » sera ensuite transmis au Groupe La Poste qui, en fonction de sa pertinence, décidera le cas échéant de le développer.

Rodolphe Pays

Déroulement  du hackathon

Vendredi 19 mai à partir de 18 h : accueil des participants et constitution des groupes

Samedi 20 mai : inspiration – idéation – premières conceptions

Dimanche 21 mai : prototypages – présentation des prototypes devant un jury

L’hackathon se déroule au Labo de l’édition, 2 rue Saint-Médard, Paris 5ème. En savoir plus : http://www.labodeledition.com/hackathon-timbre/

 

A propos de l’Adphile…

Créée en 1986, l’Adphile a pour membres La Poste, le Musée de La Poste, la Fédération Française des Associations Philatéliques, la Chambre syndicale des Négociants et Experts en Philatélie, la Croix-Rouge française et le Cercle de la Presse Philatélique.

L’association a pour mission d’imaginer des solutions innovantes et originales  pour redynamiser les usages du timbre.

… et de Paris&Co

Paris&Co est l’agence de développement économique et d’innovation de Paris. Elle est spécialisée sur les thématiques de l’attractivité et de l’innovation en vue de la création d’emplois dans la capitale.

Elle prospecte et accueille les start-up étrangères et favorise le rayonnement de l’écosystème francilien de l’innovation à travers l’incubation de jeunes entreprises innovantes, l’expérimentation de solutions innovantes, l’organisation d’événements start-up et la mise en relation de ces start-up avec une centaine de grands comptes.

 

 

Expo Rancillac : une émotion de nature politique

Les visiteurs de l’exposition que le Musée de La Poste propose actuellement le constatent chaque jour : Bernard Rancillac est un artiste éminemment engagé.

Ceux qui aiment la peinture et la politique n’ont désormais plus que trois semaines pour profiter cet accrochage souvent sans concession.

La rétrospective que le Musée de La Poste consacre depuis février au peintre Bernard Rancillac approche de son terme.

Bernard Rancillac (photo Michel Lunardelli).

Plus que trois semaines en effet pour voir la centaine d’œuvres – tableaux, et aussi installations, collages… – retraçant un demi-siècle de création de cet artiste singulier.

Un parcours pictural qui s’apparente aussi à un parcours politique et historique.

Si Bernard Rancillac est un plasticien important de son époque, un défricheur de formes et de techniques nouvelles (usage de l’épiscope, inspiration de la bande dessinée… ), il est aussi à travers son travail un témoin engagé, un acteur de son temps.

Un des tableaux consacrés à l’activiste allemande Ulrike Meinhof.

Et c’est toute la démarche du courant de la Figuration narrative dont il est au début des années 1960, avec le peintre Haïtien Hervé Télémaque, un des initiateurs.

L’accrochage invite ainsi à la fois à la découverte ou la redécouverte d’un artiste et la mémoire de moments marquants d’une période.

Une série de panneaux dédiée à l’activiste allemande d’extrême gauche Ulrike Meinhof illustre notamment cette dualité. Plusieurs toiles grand format rappelle les années de plomb de la RFA d’alors.

« Belfast », 1977, acrylique sur toile.

Rancillac y montre les quartiers d’isolation des prisons allemandes où sont incarcérés plusieurs membres de la Rote Armee Fraktion (RAF). Des lieux vides, comme désertés de toute humanité.

On retrouve aussi dans de nombreux tableaux d’autres événements politiques. Comme les affrontements qui ont opposé en Irlande du Nord, en particulier dans les années 1960 et 1970, catholiques et forces de l’ordre britanniques.

Et l’Iran des ayatollahs, avec ces femmes voilées, bâchées…

Et Saddam, la Chine…

« Très souvent, chez moi, l’émotion est politique », dit volontiers Bernard Rancillac. Les deux cohabitent très bien. Il est encore temps – mais plus que trois semaines – de le constater…

Rodolphe Pays

 » Rancillac / Rétrospective « , jusqu’au 7 juin, une exposition du Musée de La Poste proposée à l’espace Niemeyer, 2 place du Colonel Fabien, Paris 19e.

Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 18 h 30 et les samedi et dimanche de 13 h à 18 h (fermé les jours fériés). Entrée libre.

Rencontre-signature

Une rencontre/signature avec Bernard Rancillac se tiendra mardi 23 mai à 19 h en présence de Bernard Vasseur, philosophe, directeur de la Maison Triolet/Aragon, Josette Rasle commissaire de l’exposition et Renaud Faroux, historien de l’art.

Réservation au 01 42 79 24 24 ou via l’adresse reservation.dnmp@laposte.fr

 

 

Disparition d’un postier de cœur, l’historien Pierre Nougaret

Pierre Nougaret, un chercheur, un collecteur d’informations, un collectionneur…

Pierre Nougaret n’était pas postier, mais il faisait partie de la « famille » tellement sa passion pour La Poste était grande.

Il a écrit sur le sujet des dizaines d’ouvrages et d’articles, a collecté un nombre considérable de documents et d’objets postaux.

Il s’est éteint il y a quelques jours. Hommage à un postier de cœur.

C’est un des meilleurs spécialistes de l’histoire de la Poste qui vient de disparaître. Un authentique passionné.

Un homme qui a dépensé sans compter une grande part de son énergie à raconter et expliquer le quotidien et les organisations d’une des plus anciennes institutions publiques du pays.

Lors d’une exposition à la fin des années 1980, de gauche à droite, Pierre Nougaret, Gérard Delage, directeur général de La Poste et Paul Quilès, ministre des Postes et Télécommunications.

Sa vie durant, Pierre Nougaret s’est en effet attaché à réunir un nombre incalculable de détails, d’éclairages, d’éléments de compréhension de l’immense fresque postale, à traquer des bribes, des moments, des témoignages de toutes les aventures – les grandes comme les petites – liées à l’univers du courrier et de ses serviteurs.

Et à partager aussi ses connaissances dans de très nombreux ouvrages et articles publiés.

« Pierre Nougaret, à l’instar de Paul Charbon, autre historien emblématique de la saga postale, a entretenu la flamme qu’avait allumée Eugène Vaillé, le fondateur du musée de La Poste, explique Pascal Roman, conseiller historique du musée, Pierre Nougaret était un chercheur-né, un collectionneur aussi, un infatigable collecteur d’informations. Le musée de La Poste lui doit beaucoup. »

Pourtant, rien ne prédisposait a priori le jeune Pierre, né en 1925 dans le département de l’Hérault, où sa mère exerçait le métier d’institutrice, à se pencher sur l’histoire de la Poste.

L’intérêt qu’il manifeste cependant pour la philosophie et l’histoire sont contrariés par la guerre. Il lui faut trouver un métier.

Après avoir fait du droit et de la comptabilité, il est nommé adjoint d’intendance au lycée d’Aurillac, dans le Cantal. Et commence alors à s’intéresser à la philatélie. Puis à la Poste. Le virus était contracté. Il demeurera indélogeable.

Au fur et à mesure de ses affectations (en Côte d’Or, dans le Jura, la Loire, puis – retour aux sources – l’Hérault, où il deviendra intendant gestionnaire de l’université des Sciences de Montpellier), il poursuivra sa quête postale. Dans toutes les bibliothèques, les archives…

La matière qu’il collectera ainsi au long de plusieurs décennies demeure une source unique et précieuse. Son savoir sur l’histoire de la Poste est tel qu’on lui demandera d’expertiser des collections d’autres musées postaux. Et le premier président de La Poste, Yves Cousquer, en fera même son conseiller historique.

« Pierre Nougaret était un véritable encyclopédiste, un homme de passion, travailleur acharné, passeur de culture, poursuit Pascal Roman, c’était un homme chaleureux, qui aimait les discussions, les échanges, un bon vivant aussi. »

Rodolphe Pays

(photos Archives de la famille Nougaret)

Des ouvrages, des dons, des prêts… : Pierre Nougaret a toujours été très proche du Musée de La Poste

Pierre Nougaret a été membre du conseil d’administration du Musée de La Poste jusqu’en 1993 (alors sous le statut d’établissement public). Il y avait été nommé en tant que personnalité qualifiée.

Il était aussi membre des académies de philatélie française et européenne.

Pierre Nougaret avait publié dès 1954 un ouvrage sur l’histoire de la Poste en Auvergne. Puis en 1960 un autre sur celle de la Poste en Bourgogne.

Il est notamment connu pour sa bibliographie critique de l’histoire postale française, un document en deux tomes d’une richesse exceptionnelle publié en 1970.

En 1984, il a également participé, avec Paul Charbon, à l’ouvrage de référence « Le facteur et ses métamorphoses ».

Le Musée de La Poste a édité en 1993 son ouvrage « Les Sources de l’histoire postale française », deux tomes toujours aussi utilisés par les étudiants et les chercheurs.

Pierre Nougaret a par ailleurs donné au musée l’intégralité de ses documents de recherche.

Il était aussi un prêteur de pièces important (une exposition du musée intitulée « Les guichets de l’enfance », proposée il y a quelques années, réunissait beaucoup d’objets lui appartenant).

De nombreuses pièces des collections de ce chercheur insatiable ont également été achetées par le Musée de La Poste.

Merci pour les informations fournies à François Nougaret, Patrick Marchand, Pascal Rabier et Pascal Roman.

1924 : les Jeux Olympiques de Paris se déroulent au stade de Colombes

Le stade de Colombes a accueilli les JO de 1924.

Un stade olympique à Colombes, des sportifs devenus parfois des gloires d’Hollywood, des timbres que l’on ne ferait peut-être plus aujourd’hui…

C’étaient les Jeux Olympiques de 1924…

Los Angeles ou Paris ? Les deux villes se disputent actuellement l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques qui se dérouleront en 2024. Décision en septembre…

La deuxième métropole des Etats-Unis par sa population comme la capitale française ont déjà accueilli les JO par deux fois. En 1932 puis 1984 pour Los Angeles, en 1900 et 1924 pour Paris.

Au-delà de la qualité des équipements mis à la disposition des délégations et des spectateurs (et de ce point de vue les deux villes proposent des dossiers solides), la décision d’attribuer ces JO à la France pourrait aussi être motivée par un siècle de sevrage olympique.

Relancés par le baron Pierre de Coubertin, les jeux de l’ère moderne ont d’abord symboliquement eu lieu à Athènes en 1900 et Paris quatre ans après.

Et c’est la ville de Colombes, cité ouvrière située au nord-ouest de la capitale, qui les a abrités 20 ans plus tard, en 1924.

Bâti sur le territoire de la commune, le stade Yves du Manoir, dont une partie des tribunes subsiste encore aujourd’hui, a été le pivot du dispositif olympique mis en place à l’époque.

La plupart des compétitions d’athlétisme s’y est déroulée.

Ainsi que celles de cyclisme, de gymnastique, d’équitation (à l’emplacement du stade, se trouvait auparavant un hippodrome), de tennis, de football…

Johnny Weissmuller.

Des sportifs dont les noms sont restés dans l’histoire ont participé à ces épreuves.

Comme Paavo Nurmi – le finlandais volant -, un des plus grands coureurs de fond et demi-fond de tous les temps (5 fois médaillé d’or aux Jeux de 1924).

Ou encore le nageur américain d’origine austro-hongroise Johnny Weissmuller (3 fois médaillé d’or), le futur Tarzan d’Hollywood.

La philatélie n’était pas absente de ces jeux. De nombreux timbres ont été émis par la Poste française à leur occasion.

Avec des visuels qui reprenaient des postures antiques… mais ne seraient probablement plus reproduites de nos jours (images ci-contre).

Souhaitons que la philatélie française soit à nouveau présente pour les JO de 2024…

Rodolphe Pays


Entrer votre courriel pour vous inscrire à ce blog et recevoir gratuitement les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 142 autres abonnés

Nos/vos photos sur Flickr

Plus de photos

Notre compte Twitter

Erreur : Twitter ne répond pas. Veuillez patienter quelques minutes avant d'actualiser cette page.

Les archives

Des chiffres

  • 276,745 visites