Archive for the 'L'histoire et le patrimoine' Category



Une bouteille à la mer et son message arrivés au musée

En juin 2011, la nièce d’un collectionneur d’objets postaux offre à L’Adresse Musée de La Poste une bouteille à la mer contenant un message. Voici son histoire. Mark Smith, jeune américain de 19 ans est technicien de maintenance des moteurs sur le navire gârde-côte « Diligence » stationné à Key West, en Floride, à 320 km de Nassau. Le 21 octobre 1977, il écrit une longue lettre, mentionne son adresse et l’insère dans une bouteille de vin « Mad dog » qu’il a précédemment bue. Il la jette dans une mer très agitée. Mark Smith est un peu dépressif et témoigne de la morosité de sa vie sur ce bateau. Il raconte ainsi : « Je ne sais même pas si quelqu’un retrouvera cette bouteille (…) En fait, je suis assis ici pour parler ou écrire à quelqu’un. La mer me donne envie d’être moins seul. Je veux juste dire quelque chose (…) Soyez assuré que je vous écrirai en retour. (…) A ouvrir avec précaution pour qui la trouvera. » En mai 1979, une élève du collège de Saint-Paul les Dax ramasse la bouteille sur les côtes landaises. La bouteille est intacte et livre son message. Tous les élèves du collège répondent à Mark Smith. Le 31 mai 1979, le journal « Sud Ouest » relate l’événement. Et en janvier 1980, Mark Smith s’adresse aux élèves français par l’intermédiaire d’un article publié dans le journal Evening Independent. Ainsi, grâce à l’adresse de l’expéditeur, cette correspondance qui a voyagé via le Gulf Stream, puis par le grand banc de Terre-Neuve et suivi le courant nord Atlantique, pour déboucher sur le golfe de Gascogne (soit 8000 km), aura permis de nouer des contacts épistolaires avec les enfants qui ont retrouvé le message. (PR)

 Bouteille et la lettre de Mark Smith jetées à la mer le 21 octobre 1977 et retrouvées en mai 1979 © Coll. L’Adresse Musée de La Poste / La Poste, DR. 


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26 mars 1871 : repêchage d’une « Boule de Moulins » à Quillebeuf…

Durant la guerre de 1870, Paris, assiégé par les Prussiens, ne peut plus communiquer avec la province. Du 4 au 31 janvier 1871, est organisé un service de transport du courrier par la voie fluviale. Les lettres de province pour Paris sont centralisées à Moulins sur Allier et sont mises dans une boule de zinc munies d’ailettes inventée par MM.Delort, Robert et Vonoven. Elles doivent peser moins de 4 grammes et être affranchies à 1 F dont 80 c de taxe pour les inventeurs. Le courrier est adressé avec la mention « Paris par Moulins ». Environ 55 boules contenant de 400 à 600 plis sont immergées dans la Seine en amont de Paris durant le Siège. On repêchera la première boule le 6 mars 1871.

L’Adresse Musée de La Poste a eu l’opportunité d’acquérir pour compléter sa collection de correspondances acheminées par « Boule de Moulins », une lettre du 31 décembre 1870 oblitérée de Civray, Vienne et adressée à un soldat à Paris, via Moulins. Cette lettre provient du repêchage de Quillebeuf du 26 mars 1871. Une griffe de repêchage a été apposée au verso : « Trouvée dans une boîte échouée sur les bords de la Seine, à Quillebeuf (Eure), le 26 mars 1871 ». Le bureau de poste de Pont-Audemer a apposé son cachet le 5 avril 1871 et a assuré l’expédition de ce courrier récupéré.

Le Musée possède dans ses collections d’autres lettres retrouvées ainsi après la guerre de 1870, notamment 539 lettres provenant du repêchage de Saint-Wandrille du 6 août 1968 ou 306 lettres provenant du repêchage de Vatteville la Rue du 14 avril 1982. Toutes ces lettres sont frappées d’une griffe spéciale de découverte. Les chercheurs ou les historiens peuvent les consulter (PR).

Lettre du 31 décembre 1870 à destination de Paris, via Moulins sur Allier, enfermée dans une boule immergée dans la Seine, repêchée à Quillebeuf, le 26 mars 1871 © coll. l’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste, DR.

Un Cabinet des trésors en hommage à Marie Curie

Dans le cadre de l’année internationale de la chimie, La Poste célèbre le centième anniversaire de l’attribution du Prix Nobel dans ce domaine à Marie Skłodowska Curie (1867-1934) en émettant un timbre-poste à son effigie le 28 janvier 2011. Aussi, l’Adresse Musée de La Poste commémore l’événement et propose, depuis le 15 avril 2011, dans son Cabinet des trésors (salle 11), une exposition autour de cette célèbre physicienne et chimiste, dont le nom reste lié à la découverte du radium. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir, durant les trois prochains mois, quelques pièces philatéliques rares des années 1938 et 1967 à l’effigie du couple de scientifiques Pierre et Marie Curie. (MN)

Marie Curie, maquette du timbre-poste, dessin de Jean Pheulpin, 1967 © Coll. L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste, DR.

Le retour du tableau de Busson au Musée

L’Adresse Musée de La poste avait déposé en 1986 au Musée de la Poste et des techniques de communication en Basse-Normandie à Caen le grand tableau de Georges Busson (1859-1933), La poste surprise par la marée au Mont-Saint-Michel (1,63 m x 1,95 m) peint en 1901. En raison de la fermeture de ce musée régional en 2009, les collections postales mises en dépôt ont réintégrées le l’Adresse Musée de La Poste de Paris. Le tableau de Busson a été installé récemment dans la salle 2 des collections permanentes du Musée.

Ce tableau de Busson avait été acheté en 1949 par Eugène Vaillé, fondateur et premier conservateur du Musée postal. Il se trouvait à cette époque au rez-de-chaussée du musée dans l’hôtel de Choiseul-Praslin, rue Saint-Romain, à Paris 6e. Cette peinture représente une scène de genre qui se déroule vers 1840.  Après avoir fait la traversée en provenance du Mont-Saint-Michel, une malle-poste est prise par la marée au moment où elle atteint la côte. Les passagers sont descendus et franchissent les derniers mètres à pied, pendant que les trois postillons, qui chevauchent chacun un cheval, s’affairent à tirer la voiture hors de l’eau. À l’arrière plan, on aperçoit l’abbaye du Mont-Saint-Michel au coucher du soleil. Cette scène fictive est anachronique, car il n’a jamais existé une liaison postale entre le Mont-Saint-Michel et la côte. La route de poste passait entre Avranches et Pontorson. L’Adresse musée de La Poste possède également du même artiste trois aquarelles de 1926 (Malle-poste sortant du relais, Chaise de poste tirée par deux chevaux, Diligence à quatre chevaux), deux gravures de 1890 (Départ de la diligence, Sur la route) et quatre lithographies de 1901 (En poste). Un bel ensemble (PR).

La poste surprise par la marée au Mont-Saint-Michel, Georges Busson, 1901, huile sur toile (Inv. 5023) © L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste, DR.

Les timbres-poste qui nous font voyager

En plus du versement des archives de fabrication des timbres-poste de France, Andorre et Territoires d’Outre-Mer par Phil@poste, l’Adresse Musée de La Poste reçoit régulièrement du bureau international de l’Union Postale Universelle (UPU) les émissions récentes de timbres-poste de tous les pays du monde.

Cette organisation internationale créée en 1874 à Berne, a pour but de constituer un territoire postal unique afin d’assurer le bon fonctionnement des services postaux et la libre circulation des envois entre les différents États membres. L’UPU décide en 1878, l’échange de timbres-poste entre les 22 administrations postales membres à cette époque, par l’intermédiaire de son bureau international. Dès lors, à chaque nouvelle émission de timbres, les administrations postales comportant aujourd’hui 191 pays envoient à tous les autres opérateurs postaux, par l’intermédiaire du bureau international de Berne, un exemplaire de chaque nouvelle émission de timbre-poste.

Ainsi, chaque année, l’UPU verse plus de 4200 timbres-poste étrangers à l’Adresse Musée de La Poste. Cette collection documentaire compte aujourd’hui plus de 750000 figurines. Elle est accessible à tout chercheur, sur simple demande adressée au Département du Patrimoine du Musée. Venez la découvrir sans plus attendre (MB) !!!

Timbre-poste en Liège, Portugal, 2008. Collection UPU © L’Adresse Musée de La Poste, Paris / Poste portugaise, DR.

Vous avez dit « timbre de franchise » ?

Lors de la guerre civile espagnole, de juillet 1936 à avril 1939, des réfugiés espagnols se sont exilés en France. Afin de permettre aux exilés de correspondre d’un camp à l’autre gratuitement, une franchise postale est établie.

Selon la circulaire n°99 du 1er mai 1939, chaque personne bénéficiait de deux timbres-poste par mois. La figurine choisie est le type Paix outremer de 90 c surchargée de la lettre « F » en noir pour marquer la franchise, et se différencie ainsi de la surcharge militaire FM éditée sur le même timbre.

Cela fait 72 ans que la guerre civile espagnole a pris fin, l’occasion de relire l’ouvrage remarquable de Michel Colas : Censures, marques et correspondances de la guerre civile d’Espagne et de ses suites, juillet 1936 – décembre 1945, qu’on trouve à la bibliothèque du Musée – cote 4°35 – (ACC).

Type Paix, feuille du timbre-poste, année 1936 ( Yv. FM10) © L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste, DR.

Des œuvres d’art timbrées

Nombreuses sont les thématiques dans le domaine du timbre-poste mais celle qui a sans doute fait le plus parler d’elle est la série artistique. Elle apparaît en 1961 avec l’émission de quatre figurines représentant les œuvres de Braque, Matisse, Cézanne et La Fresnaye ; et constitue, jusqu’en 1974, une sorte de petit musée en poche avec la reproduction d’œuvres contemporaines ou anciennes. L’année 1974 est porteuse d’une innovation dans ce domaine et voit arriver le premier de la grande série des timbres-poste réalisés à partir d’une oeuvre originale d’un artiste célèbre. Le premier bénéficiaire de la démarche volontariste du ministre des Postes Hubert Germain est l’artiste Joan Miró qui, à 81 ans, crée pour l’Administration postale une interprétation juvénile et pleine d’humour de l’oiseau-flèche. D’autres artistes célèbres sont sollicités dans les années à venir de façon agréablement éclectique : Dewasne, Soulages, Buffet, Dali, Manessier, Arman, Viallat…

L’Adresse Musée de la Poste conserve tous les stades de création de ces petits tableaux en miniature et notamment les œuvres originales ou bons à tirer signés par les artistes, tandis que l’Espace Timbre du musée propose à la vente, parmi nombreuses autres thématiques, les émissions récentes de la série artistique qui rendent aujourd’hui hommage à l’œuvre de Jean Bazaine, Odilon Redon, Louise Bourgeois ou encore l’art gothique et les Primitifs flamands (MN).

Joan Miro, L’œuvre de Joan Miro, maquette du timbre-poste, gouache sur papier, 1974 (Inv. 18426) © L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste / ADAGP, Paris 2011.


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