Archive for the 'L'histoire et le patrimoine' Category

La Poste, commanditaire d’œuvres d’art

Si le timbre-poste est d’abord une valeur fiduciaire il est aussi support de création. En effet, des centaines d’artistes ont participé depuis sa création en France, en 1849, à l’enrichissement de l’univers philatélique. Le timbre est un véritable tableau en miniature que la série artistique, apparue en 1961, met d’avantage en valeur. Les figurines de cette série sont plus grandes et leur impression se fait, pour la première fois, en taille-douce 6 couleurs. Les reproductions de toiles des grands maîtres d’art contemporain tels que Cézanne ou Matisse, ou d’œuvres plus anciennes, inaugurent la série. Cependant, à partir de l’année 1974, cette galerie d’art s’enrichit de timbres représentant des œuvres commandées par la Poste directement aux artistes de renommée et conçues spécialement pour le timbre. Support de création artistique, le timbre démontre alors la volonté politique d’exposer la modernité de la France, lieu de référence de la création artistique. L’artiste Miro est ainsi suivi de Dali, Dewasne, Soulages, Ubac, Messagier, Vasarely et bien d’autres… Ils ont tous libre choix de la représentation, de la technique et des dimensions. Ces sculptures, peintures, dessins, tapisseries, bas-reliefs…, sont aujourd’hui conservées à l’Adresse Musée de La Poste et seront à découvrir à partir du mois de septembre dans l’une des salles des collections permanentes. (MN)

Victor Vasarely, Hommage à l’hexagone, maquette du timbre-poste, 1977  © Coll. L’Adresse Musée de La Poste, Paris / © ADAGP, Paris 2012



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Hans Hartung et son timbre non émis pour la France …

A partir de 1974, la Poste émet des timbres-poste reproduisant des œuvres originales d’artistes contemporains. Miro est l’un des premiers. Il est suivi d’Agam, Alechinsky, Buffet, Dali, Dewasne, Manessier, Soulages et bien d’autres… Toutes ces œuvres sont à découvrir ou redécouvrir à l’Adresse Musée de La Poste.
En 1980, la Poste commande une œuvre à l’artiste français d’origine allemande
Hans Hartung (1904-1989). Celui-ci accepte avec enthousiasme cette proposition et soumet un petit dessin au pastel d’environ 5 cm sur 6, qu’il signe et date au crayon :  » Hartung 80 « . L’Imprimerie des timbres-poste tire, en héliogravure, une feuille d’essai non dentelée de 25 timbres à 3 francs mais Hans Hartung n’est pas satisfait de la reproduction de son œuvre, et notamment de la mise en page contenant de nombreuses inscriptions, un encadrement, et refuse l’émission. La maquette et l’unique feuille de ce timbre non-émis sont conservées au département de la conservation des collections philatéliques du musée.

L’artiste propose une autre œuvre intitulée « T 1958-3 » et réalisée, cette fois-ci, dans les années 1950. Le 30 avril 1980, il approuve le timbre de la nouvelle feuille d’essai non dentelée reproduisant son tableau. La figurine est alors imprimée à 5 500 000 exemplaires et mise en vente générale le 22 décembre 1980. (MN)

Hans Hartung, « Hartung 80 », maquette du timbre-poste non émis, dessin au pastel sur papier, 1980. © L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste / © ADAGP, Paris 2012.


Antoni Tapiès et son timbre pour la France

Le peintre et sculpteur catalan Antoni Tapiès, un des plus grands noms de l’art contemporain européen, est décédé lundi 6 février à Barcelone à 88 ans. Artiste autodidacte qui avait obtenu une reconnaissance internationale avec ses toiles et compositions étonnantes, parfois réalisées avec des matériaux de récupération, Tapiès est également auteur d’un timbre-poste pour la France. Son oeuvre est aujourd’hui associée à d’autres grands noms de l’art du XXème siècle, tels que Joan Miro et Salvador Dali, eux aussi catalans, ainsi qu’au mouvement surréaliste. Après ses études de droit et de dessin, à Barcelone, l’artiste fonde le groupe et la revue « Dau al Set », période surréaliste après laquelle il transmue les matériaux les plus divers et les plus pauvres en signes picturaux. Dès 1950, année de sa première exposition personnelle, il inclut couleurs et fossiles dans des blocs empâtés de colle, de sable et de plâtre. Il utilise des journaux, des bouts de ficelle pour des collages au contenu social provocant (« Journal avec signe », 1964). A la fin des années 1960, il revient à des compositions plus figuratives – tableaux-objets et bas-reliefs -, toiles barrées de croix ou imprimées de « croix manifestes ». Cette croix, signe graphique omniprésent, obsédant, présente tout au long du cheminement de Tapiès (apparaît dans son œuvre en 1945 : « Croix de papier journal »), est la première lettre de la femme aimée « Térésa » ou tout simplement le « T » de Tapiès, la signature, qui assume totalement au regard du spectateur la charge émotionnelle du tableau. Cette croix, qui barre et qui refuse, symbole de ses compositions lacérées et griffées exprimant une attitude de contestation, figure également sur l’œuvre de Tapiès créée spécialement pour un timbre-poste de France, émis le 23 novembre 1992. (MN)

Antoni Tapiès, bon à tirer du timbre-poste imprimé en héliogravure, dessin d’Antoni Tapiès, mise en page de Michel Durand-Mégret, impression en 1992 /© L’Adresse Musée de La Poste / La Poste / ADAGP, Paris 2012

Arrivée des projets de timbres-poste de l’année 2010

Le fonds d’archives du timbre-poste s’enrichit ce vendredi 20 janvier 2012, de maquettes et projets de timbres-poste de l’année 2010. L’Adresse Musée de La Poste accueille, en effet, tous les ans, les dessins préparatoires des timbres de France et d’Andorre de l’année précédente. Aussi, le fonds déjà conséquent de 15.000 dessins du Musée, est enrichi de centaines de dessins de timbres mais également d’illustrations originales de documents philatéliques officiels (!) Aussi, cet ensemble important d’aquarelles, gouaches ou encore crayons de couleurs peut dorénavant être consulté sur rendez-vous par les chercheurs. (MN)

A. Bouldouyre, Sapeurs pompiers, maquette de l’illustration du document philatélique officiel, aquerelle sur papier, 2011 © L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste, DR.

La présentation du cabinet des trésors philatéliques du premier trimestre rend hommage à Jeanne d’Arc

© L'Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste / ADAGP, Paris 2012

Ce début d’année marque le six centième anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. La « Pucelle d’Orléans » aurait ainsi vu le jour le 6 janvier 1412 dans le village lorrain de Domrémy. La présentation du cabinet des trésors philatéliques du premier trimestre lui est consacrée.

Si on connaît précisément la date de la mort de Jeanne d’Arc – le 30 mai 1431 à Rouen -, celle de sa naissance est en revanche incertaine. On sait seulement qu’elle a vu le jour en 1412, peut-être en début d’année, dans une famille de paysans lorrains relativement aisés. A treize ans, Jeanne affirme avoir reçu des « messages » de deux saintes, Catherine et Marguerite, ainsi que de l’archange Saint-Michel l’enjoignant d’être pieuse, de libérer le royaume de France alors occupé par les Anglais et de conduire le dauphin Charles (le futur Charles VII) sur le trône. Elle répond à l’appel et se rend en 1428 à Vaucouleurs, une forteresse voisine de son village natal de Domrémy,  pour convaincre le seigneur Robert de Baudricourt de la conduire auprès du dauphin.

C’est cet épisode de sa vie qu’évoque le bon à tirer – essai de couleurs du timbre-poste « Jeanne d’Arc, départ de Vaucouleurs », dessiné et gravé par Albert Decaris en 1968 (illustration ci-dessus). Cette pièce remarquable est l’une de celles qui composent la présentation dédiée à Jeanne d’Arc du cabinet des trésors philatéliques du premier trimestre. Les visiteurs pourront y voir également le bon à tirer et épreuves de couleurs du timbre « Jeanne d’Arc » de 1946, la maquette du timbre « Orléans 1429 » de 1929 ainsi que le projet et l’épreuve d’artiste du timbre « Monument national – hommage à Jeanne d’Arc » de 1979. (RP)

Hommage à Jeanne d’Arc, présentation du cabinet des trésors philatéliques, à partir du 16 janvier, salle 11 des collections permanentes de l’Adresse Musée de La Poste.

Vous avez dit « aérogramme » ?

La grande richesse et la diversité des collections de l’Adresse Musée de La Poste, cache bon nombre de trésors… Parmi eux se trouve un fonds bien particulier jamais encore valorisé : les aérogrammes.

L’« aérogramme » est un entier postal (support, tel que la carte postale ou enveloppe, sur lequel un timbre-poste est imprimé) exclusivement réservé à la poste aérienne. Imprimé sur du papier fin et comportant un timbre préimprimé, il bénéficie, compte tenu de son faible poids, de tarifs préférentiels. Il est constitué d’une feuille qui, convenablement pliée et collée, prend la forme d’une carte postale. Le premier aérogramme français a été émis le 23 juin 1969 et comporte le timbre « Concorde » créé par l’artiste Claude Durrens et imprimé en typographie à plat. Cette sorte de lettre peut être expédiée par avion dans n’importe quel pays sans surtaxe supplémentaire. (MN)

 

Aérogramme « Concorde », création de Claude Durrens, 1969 (Inv. 2009.0.761) © L’Adresse Musée de La Poste, Paris, DR.

De nouveaux trésors exposés à l’Adresse Musée de La Poste

 L’Adresse Musée de La Poste choisit d’exposer dans son Cabinet des trésors (salle 11), durant le 3ème trimestre 2011, quelques trésors philatéliques en hommage à Louis Yvert (1866-1950). Ce dernier a marqué son époque, l’histoire de la philatélie et l’économie amiénoise. Maître imprimeur et éditeur philatélique à Amiens, Louis Yvert s’associe en 1889, avec Théodule Tellier (1856-1922) pour créer la firme « Yvert et Tellier » et fonder la revue « L’Echo de la Timbrologie», en 1895. Parallèlement au catalogue, Louis Yvert commercialise un album de timbres dont chaque page comporte des cases à l’intérieur desquelles on retrouve la reproduction des figurines postales et la même numérotation que celle portée sous chaque timbre-poste dans le catalogue.

Aujourd’hui encore, l’entreprise « Yvert et Tellier » qu’il a créé occupe une place de choix sur le marché international : elle a su rester familiale tout en s’adaptant à la philatélie des temps modernes et aux nouveaux médias. En 2010, la France lui rend hommage en lui consacrant un timbre-poste… (MN)

 Yves Beaujard, Louis Yvert, maquette du timbre-poste, crayon sur papier, 2010© L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste, DR.


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