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Jacqueline Caurat : « Le timbre mériterait toujours que la télévision lui accorde du temps »

« Ce qui me faisait le plus plaisir dans les réactions des téléspectateurs, c’était les gens qui me disaient, je ne suis pas philatéliste, mais ce que vous faites et ce que vous dites dans l’émission m’intéresse, me plaît beaucoup. »

C’est une grande dame de la télévision et une grande dame de la philatélie.

Collectionneuse de timbres dès le plus jeune âge, Jacqueline Caurat, comédienne un temps dans les années 1950, a d’abord rejoint le petit écran en tant que speakerine.

Et puis très vite comme journaliste de l’émission Télé-Philatélie, qu’elle a créée avec son mari Jacques Mancier. L’aventure durera 22 ans…

Elle raconte…

« Mon père était collectionneur, d’ailleurs sans plus, mais c’est quand même son intérêt pour les timbres qui a éveillé en moi le goût de la philatélie.

J’ai commencé vraiment à collectionner à mon tour à l’adolescence, en récupérant des timbres, en échangeant aussi entre amis, une pratique courante à l’époque.

Jacqueline Caurat et son mari Jacques Mancier ont créé en 1961 l’émission Télé-Philatélie. L’aventure durera 22 ans.

J’étais attirée par la thématique de l’histoire, par celle de la politique aussi, tout ça m’intéressait beaucoup.

Mais également par tout ce qu’il y a derrière les timbres, c’est à dire les cachets, les marques postales, qui racontent aussi tellement de choses.

J’ai continué à collectionner même quand je suis entrée dans la vie professionnelle. C’était après la guerre, j’ai alors été quelques années comédienne. Presque un paradoxe pour moi, que mes cousins appelaient « la môme cerise », tellement je rougissais facilement.

Mais je rêvais plutôt de réalisation, de mise en scène, ce que d’une certaine façon j’ai fait par la suite sur le petit écran. Là encore, comme pour les timbres, c’était la curiosité qui me menait.

« Jean Cocteau venait de dessiner le nouveau timbre Marianne. Il a été l’invité de la première émission, que nous avons réalisée chez lui, dans sud de la France. Le programme a immédiatement été rendu célèbre par le fait que lors du tournage, Cocteau m’a demandé mon bâton de rouge à lèvres pour reproduire sur une vitre le visuel de la Marianne. »

Et puis j’ai rejoint la télévision, après avoir répondu à une annonce. Ils cherchaient quelqu’un qui parlait anglais pour traduire ce que les commentateurs britanniques disaient à l’antenne lors du couronnement de la Reine d’Angleterre. J’étais bilingue, ma carrière à la télévision a démarré comme ça.

J’ai poursuivi comme speakerine, en commençant notamment par annoncer des émissions destinées aux enfants et des services religieux. J’ai exercé ce métier aujourd’hui disparu une vingtaine d’années.

Assez vite, j’ai aussi découvert que les PTT de l’époque, à des fins pédagogiques et ludiques, donnaient des timbres aux écoles. Je me suis alors dit, pourquoi ne pas faire une émission à la télé qui parle des timbres, montre tout ce qu’ils peuvent apporter en connaissances, en culture, en plaisir aussi.

J’en ai parlé à Claude Darget, qui travaillait aussi à la télé et était un philatéliste passionné. Ca l’intéressait, mais la direction en place n’a pas donné suite. Heureusement, l’historien Albert Ollivier a alors été nommé à la tête des programmes de la chaîne.

Un bloc-feuillet de 4 timbres a été émis en 2011 à l’occasion du cinquantième anniversaire du lancement de l’émission Télé-Philatélie. Le Musée de La Poste s’était associé à l’événement.

J’ai évoqué avec lui mon projet, arguant du fait que les timbres, c’était avant tout des images. Il m’a dit je vous donne votre chance, faites cette émission.

C’est comme cela que Télé-Philatélie est né.

L’autre chance, c’est qu’à ce moment-là, Jean Cocteau venait de dessiner le nouveau timbre Marianne. Il a été l’invité de la première émission, que nous avons réalisée chez lui, dans sud de la France. Le programme a immédiatement été rendu célèbre par le fait que lors du tournage, Cocteau m’a demandé mon bâton de rouge à lèvres pour reproduire sur une vitre le visuel de la Marianne.

« Durant toutes ces années, j’ai pu faire partager aux téléspectateurs mes rencontres avec tellement d’artistes, des graveurs, des dessinateurs de timbres, Dali, Miro, Decaris, Gandon… »

C’était parti… pour 22 ans d’émissions consacrées à la philatélie.

Ce qui me faisait le plus plaisir dans les réactions des téléspectateurs, c’étaient les gens qui me disaient, je ne suis pas philatéliste, mais ce que vous faites et ce que vous dites dans l’émission m’intéresse, me plaît beaucoup.

Durant toutes ces années, j’ai pu faire partager aux téléspectateurs mes rencontres avec tellement d’artistes, des graveurs, des dessinateurs de timbres, Dali, Miro, Decaris, Gandon…

Avec des grands collectionneurs aussi. Comme Rainier de Monaco, le conservateur des collections de la Reine d’Angleterre, le grand-duc de Luxembourg…

En 1974, l’émission Télé-Philatélie est devenue Philatélie club.

Le timbre – le vrai, pas ces petites vignettes qui le remplacent désormais trop souvent -, cette œuvre d’art en petit format, source de savoir dans tous les domaines, et puis support pédagogique, lien entre les générations méritait que la télévision lui accorde du temps.

Et le mériterait sans doute toujours. Alors, avis aux… professionnels de la télévision d’aujourd’hui.

En attendant, j’ai hâte de voir le nouveau musée de La Poste, qui va rouvrir dans quelques semaines. Et la place que le timbre y tient. »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

 

 

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Sylvain Kastendeuch : footballeur… et philatéliste

Footballeur talentueux et exemplaire près de 20 ans durant, Sylvain Kastendeuch a aussi été un philatéliste acharné dans sa jeunesse.

Footballeur talentueux et exemplaire près de 20 ans durant, Sylvain Kastendeuch a aussi été un philatéliste acharné dans sa jeunesse.

Son lien avec La Poste ne s’est jamais interrompu, depuis sa formation de joueur au sein de l’ASPTT à sa présence régulière lors d’événements organisés autour du sport par l’entreprise.

« J’ai découvert la philatélie tout gamin à travers les albums de timbres d’un oncle. Ils étaient stockés chez ma grand-mère, chez qui j’allais souvent en vacances. Je les ai feuilletés, et puis, ces petites images, ça m’a intéressé, ça m’a donné envie.

« J’ai découvert la philatélie tout gamin à travers les albums de timbres d’un oncle. C’est comme ça que j’ai commencé à collectionner… en piochant d’abord dans les albums de cet oncle. Je m’y suis consacré jusqu’à l’adolescence, après je suis passé à autre chose, au foot essentiellement… »

C’est comme ça que j’ai commencé à collectionner… en piochant d’abord dans les albums de cet oncle.

J’avais une dizaine d’années à l’époque, je m’y suis consacré jusqu’à l’adolescence, après je suis passé à autre chose, au foot essentiellement…

Ce qui m’a d’abord plu dans la philatélie, c’est déjà l’idée de collection, d’accumuler le plus de timbres possible, on en veut toujours davantage, ça devenait même une sorte d’addiction.

Je m’attachais aussi beaucoup à leur valeur, leur rareté, leur taille, leur ancienneté…

Et puis les timbres illustraient la plupart des domaines qui m’attiraient, l’histoire, la géographie, les monuments…

Ils étaient le point de départ de recherches pour en savoir plus. On n’avait pas internet alors, c’est dans les bouquins, les dictionnaires que je complétais mes connaissances.

C’était – c’est – une manière très plaisante de s’instruire.

J’étais assez insatiable, je collectionnais tout. J’avais des albums par pays, par thèmes.

Pour me procurer des timbres, je n’échangeais pas tellement avec des copains. C’était plutôt une activité solitaire. Je m’étais quand même constitué un petit réseau, assez familial.

« Même si je ne m’en occupe plus depuis longtemps, j’ai toujours conservé mes albums. J’ai encore en tête certains timbres, illustrés d’animaux, de monuments, de drapeaux, des célèbres « semeuses. »

J’avais notamment une tante qui recevait pas mal de courriers de partout, je ne sais plus vraiment pourquoi, j’en récoltais un grand nombre, ça a bien enrichi ma collection.

J’aimais bien aussi les opérations pour décoller les timbres, l’eau chaude, la vapeur, les précautions, tout un rituel. Là-encore, c’est un truc assez personnel, on gère seul ses timbres, on les regarde, on les met en place…

Même si je ne m’en occupe plus depuis longtemps, j’ai toujours conservé mes albums. J’ai encore en tête certains timbres, illustrés d’animaux, de monuments, de drapeaux, des célèbres « semeuses ».

« C’est vrai qu’aujourd’hui il y a moins de courrier qui circule, mais j’espère quand même que le timbre restera un vecteur d’apprentissage, d’ouverture, de culture…Peut-être peut-on faire un parallèle avec les vignettes Panini, dont on prédisait la disparition et qui au final sont toujours appréciées. »

Je ne collectionne plus, mais quand même je garde les supports de communication – collectors, invitation, documents divers… – que l’on m’envoie et qui sont affranchis de beaux timbres ou de timbres commémoratifs ou événementiels. C’est au fond un peu une manière de prolonger ce hobby.

C’est vrai qu’aujourd’hui il y a moins de courrier qui circule, mais j’espère quand même que le timbre restera un vecteur d’apprentissage, d’ouverture, de culture… Restera aussi un lien entre les générations, parce que c’est une passion de tous les âges…

Peut-être peut-on faire un parallèle avec les vignettes Panini, dont on prédisait la disparition et qui au final sont toujours appréciées.

En tant que maire adjoint de Metz dans les années 2000 ou comme président de l’Union des Footballeurs Professionnels depuis 2006, Sylvain Kastendeuch (au centre de la photo) a été présent lors de nombreux événements parfois organisés en partenariat avec La Poste.

Ce qui est encourageant, c’est que l’on voit encore pas mal de marchands de timbres. Dans le passage des Panoramas, à Paris, tout près du siège de l’Union Nationale des Footballeurs Professionnels, il en reste plusieurs qui semblent très actifs.

Au-delà des timbres, j’ai toujours eu des liens avec l’univers de La Poste. D’abord parce que mon premier vrai club formateur, ça a été l’ASPTT de Metz. Et puis par la suite j’ai eu des contacts réguliers avec les gens de La Poste, à l’occasion de manifestations liées au soutien de l’entreprise à des compétitions ou encore à l’arbitrage.

On dit souvent que les gens collectionnent les timbres jeunes et qu’ils reprennent cette activité une fois leur vie active bien en place… Qui sait, c’est peut-être l’occasion pour moi de m’y remettre… »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Footballeur, maire-adjoint et dirigeant sportif

Originaire d’Hayange, en Moselle, Sylvain Kastendeuch a notamment démarré sa carrière de footballeur à l’ASPTT de Metz. Il a été joueur professionnel de 1982 à 2001.

Sylvain Kastendeuch et Philippe Piat coprésident l’Union Nationale des Footballeurs Professionnels.

Sylvain Kastendeuch a disputé près de 600 matches en ligue 1 – au FC Metz, à l’AS Saint-Etienne et au Toulouse FC – sans prendre un seul carton rouge, une performance pour un défenseur.

Il compte aussi neuf sélections en équipe de France (de 1987 à 1989).

De 2001 à 2008, Sylvain Kastendeuch a été maire-adjoint de Metz, chargé de la jeunesse et des sports.

Depuis 2006, il est coprésident de l’Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP). Il est également président de la Fédération Nationale des Associations et des Syndicats de Sportifs (FNASS), le syndicat des footballeurs, rugbymen, basketteurs, handballeurs et cyclistes.

Pierre Perret : « Mon goût de la découverte, du monde s’est éveillé à travers les timbres »

« Les timbres, j’ai commencé à m’y intéresser, j’avais 6 ou 7 ans. Mon tonton Etienne, militaire de carrière affecté à l’époque en Syrie, en ramenait lors de ses permissions. » (Photo David Bakhoum)

Les personnalités publiques n’y échappent pas : nombreuses elles-aussi collectionnent ou ont un temps collectionné les timbres.

Comme Pierre Perret, chez qui la philatélie a déclenché le goût du voyage, de l’ailleurs, des autres…

« Les timbres, j’ai commencé à m’y intéresser, j’avais 6 ou 7 ans. Mon tonton Etienne, militaire de carrière affecté à l’époque en Syrie, en ramenait régulièrement lors de ses permissions.

Il y avait des timbres de Syrie, bien sûr, mais aussi de Mauritanie, du Maroc, de toutes sortes d’endroits qui me faisaient rêver.

« Je me souviens d’un des premiers cadeaux de mon oncle Etienne, une planche de vignettes des Alaouites, c’était un trésor pour moi, une ouverture sur le monde, j’ouvrais de grands yeux. »

Je me souviens d’un de ses premiers cadeaux, une planche de vignettes des Alaouites, c’était un trésor pour moi, une ouverture sur le monde, j’ouvrais de grands yeux.

A ce moment-là, c’étaient des choses que l’on ne voyait guère, pas ou peu de télévision, de cinéma, pour le tout petit gars de Castelsarrasin que j’étais alors, ces images, c’était des initiations à l’exotisme.

Mon goût de la découverte, du monde s’est éveillé là, à travers les timbres.

« Ado, j’avais déjà un petit orchestre, on jouait dans les fêtes de village, les maigres recettes que j’en retirais, je les consacrais pour moitié aux timbres. » (Pierre Perret, saxophone en mains, est à droite sur la photo).

Un peu plus tard, j’ai vraiment commencé à collectionner. J’avais 13 ou 14 ans, des copains s’y intéressaient aussi. Mon thème, c’était la France. Et très vite les timbres anciens, les « Napoléon » par exemple.

Mais je n’avais pas les moyens de me les payer. Alors je faisais des économies.

Ado, j’avais déjà un petit orchestre, on jouait dans les fêtes de village, les maigres recettes que j’en retirais, je les consacrais pour moitié aux timbres.

Après, quand ça a commencé à décoller pour moi dans la musique, j’ai un peu laissé tomber.

« J’ai fait plusieurs chansons autour de l’univers postal, La philatélie, Les postières, Avant on s’écrivait… La Poste, c’est un peu comme une sorte de fil rouge finalement. »

Mais j’ai fait plusieurs chansons autour de l’univers postal, La philatélie, Les postières, Avant on s’écrivait

La Poste, c’est un peu comme une sorte de fil rouge finalement.

Au milieu des années 1970, alors que ça marchait vraiment bien – je faisais 150 spectacles par an, mes disques se vendaient beaucoup -, j’ai décidé de prendre une année sabbatique, qui s’est d’ailleurs transformée en quasiment deux années sabbatiques.

On est partis pour un tour du monde. Au fond, c’était pour voir en vrai ce que j’avais entrevu dans les timbres.

« Le Musée de La Poste, je l’ai visité il y a longtemps, avec mon ami Louis Mexandeau, qui était alors ministre des PTT.
Et je serais heureux d’y retourner à sa prochaine réouverture. Et d’y voir en particulier tous les timbres qui seront exposés. Toujours histoire de rêver. »
(Photo DR)

Aujourd’hui, je n’ai plus mes albums de timbres, on me les a fauchés, chez moi. C’est comme ça. Il me reste quand même quelques planches, notamment sur le monde sous-marin, des timbres que j’ai aimé collectionner aussi.

Le Musée de La Poste, je l’ai visité il y a longtemps, avec mon ami Louis Mexandeau, qui était alors ministre des PTT. Il m’avait dit « viens, il y a des tas de choses qui vont t’intéresser ». Il avait raison.

Et je serais heureux d’y retourner à sa prochaine réouverture. Et d’y voir en particulier tous les timbres qui seront exposés. Toujours histoire de rêver. »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Pierre Perret est né le 9 juillet 1934 à Castelsarrasin, dans le Tarn-et-Garonne. Auteur-compositeur-interprète, il a enregistré ses premières chansons dès 1957. Et n’a cessé depuis de produire des albums.

Dans le plus récent, « Humour liberté », sorti il y a quelques mois, le chanteur rend notamment hommage à ses copains de Charlie-Hebdo.

Pierre Perret a également publié de nombreux ouvrages autobiographiques et gastronomiques.

Anne Pauly, lauréate du Prix « Envoyé par La Poste » : « A s’enivrer ou à s’émerveiller devant un coucher de soleil, mon père trouvait là de la consolation »

En ouverture de la saison littéraire, le Prix Envoyé par La Poste vient d’être décerné à Anne Pauly pour son livre Avant que j’oublie.

Entretien avec l’auteure.

Avant que j’oublie est votre premier ouvrage édité. Vous vous étiez déjà essayée à l’écriture auparavant ?

L’écriture, que je côtoie aussi au quotidien dans le travail que j’exerce pour des magazines, m’a toujours intéressée. Depuis longtemps je m’y étais essayée, des tentatives plus ou moins abouties, remisées par manque de confiance.

J’avais en revanche déjà rédigé des articles qui ont paru, sur la pop culture, d’autres destinés à des revues féministes, queer… J’ai parfois fait des textes assez copieux et documentés sur des sujets qui me passionnent, mais pas forcément exploitables sur des supports en raison de leur longueur.

En tout cas, je ne m’étais jamais confrontée à la fiction.

Anne Pauly s’intéresse à l’écriture depuis l’enfance. Elle n’avait jusqu’à présent publié que des articles. Avant que j’oublie est son premier roman. (Photo DR)

Qu’est-ce que vous avez ressenti quand les éditions Verdier vous ont contactée pour vous annoncer qu’elles voulaient publier votre manuscrit ?

D’abord avant tout, c’était beaucoup d’étonnement. Que les éditions Verdier s’intéressent à mon travail, j’en étais évidemment très heureuse, mais j’étais quand même un peu dans mes petits souliers.

Le catalogue Verdier, ce n’est pas rien, paraître chez eux c’était pour moi plutôt assez impressionnant. Surtout dans leur collection Chaoïd, dirigée par David et Lionel Ruffel, qui accueille des écritures renouvelées, dissidentes.

Débarquer et intégrer cette maison, oui, c’était vraiment étonnant et impressionnant.

Anne Pauly a reçu son prix le 29 août à l’Hôtel de Choiseul-Praslin, siège de La Banque Postale, des mains de Philippe Bajou, directeur général adjoint du groupe La Poste (à droite sur la photo) et d’Olivier Poivre d’Arvor, le président du jury.

Et quand vous avez appris que vous aviez obtenu avec ce livre le Prix Envoyé par La Poste

Se lancer dans l’écriture et recevoir ce prix, c’est un encouragement très fort. A la fois symbolique et, ce n’est pas négligeable, financier. Cela signifie beaucoup.

Qu’un jury trouve votre travail intéressant au point de le récompenser, ça veut dire que la langue a porté, que l’histoire a été reçue.

Cela me conforte beaucoup dans l’idée de poursuivre, d’explorer de nouveaux horizons.

Lors de la remise du prix, de gauche à droite : Olivier Poivre d’Arvor, président du jury, Pauline Delabroy-Allard, professeur-documentaliste et écrivaine (lauréate du 4ème Prix Envoyé par La Poste), Anne Pauly, Marie Llobères, déléguée générale de la Fondation d’entreprise La Poste, Philippe Bajou, directeur général adjoint du groupe La Poste et Jean-Pierre Guéno, directeur de la valorisation de la branche services courrier et colis de La Poste (qui a lu des passages de chacun des six livres en compétition).

L’ouvrage raconte un père, colosse complexe, sa mort, les mois qui ont suivi, des étapes de sa vie souvent chaotique, les liens longtemps douloureux de sa fille avec lui… Et puis comme des retrouvailles entre eux, une réhabilitation, une affection retrouvée…

A la disparition de mon père, j’avais tout observé, beaucoup mémorisé : l’invraisemblable de la mort, toutes ces choses qui m’ont alors semblées folles, rocambolesques, absurdes, les hôpitaux, leurs couleurs, leurs odeurs, les mots, les rituels, les comportements… Les situations cocasses, violentes, la tragi-comédie de la mort. Pour lui, je m’étais promis de raconter ça.

Mon inscription à un Master de création littéraire à Paris 8 m’en a donné l’occasion, a été une sorte de déclic. Il fallait proposer un projet. Le livre, en tout cas son début, sa partie surtout liée à la mort du père, est né de là.

Les 6 derniers ouvrages en compétition pour le Prix.

J’ai ensuite laissé passer du temps, deux ans quand même. Et puis il fallait que ça sorte, après la mort je voulais revenir sur l’interrogation liée à la filiation, sur l’apaisement, la réconciliation. Comme un bilan.

Et là, c’est davantage devenu une fiction. Les mots sont arrivés vite, ça a déroulé, en peu de mois j’ai mené à son terme ce premier livre.

Qu’est ce qui ressort de cette plongée dans l’intime d’une famille, d’un père ?

Des réalités qu’assez souvent on n’ignore pas au fond, que l’on vit avec les gens, mais que tant de choses ne sont pas dites, qu’on s’engueule mais que l’essentiel est ailleurs, que les parents ne donnent pas, au moins en apparence, de reconnaissance.

Jean-Pierre Guéno, directeur de la valorisation de la branche services courrier et colis de La Poste, écrivain, a lu des extraits des livres sélectionnés pour le Prix.

Que la violence d’un père, ses emportements, ses addictions mais aussi ses passions, pour la nature, la spiritualité orientale ne sont en fait que des consolations, qui accueillent, protègent…

Mon père avait connu la guerre, la misère, prenait le car à 6 heures le matin pour aller travailler, rentrait chaque soir à 18 ou 19 h, n’a jamais manqué une journée à l’usine. A s’enivrer ou à s’émerveiller devant un coucher de soleil, il trouvait là de la consolation.

Pour autant, ce n’est pas qu’autobiographique. Même si ce livre contient une part importante de ce que j’ai pu vivre, c’est aussi une réflexion plus universelle, sur le temps, les relations, les non-dits…

Et si j’ai gardé le nom de mon père et le mien, c’est parce qu’en essayant de mettre les mots dans d’autres bouches, je ne parvenais pas à exprimer ce que je souhaitais, je n’y arrivais pas, ça ne fonctionnait pas.

Vous avez déjà d’autres projets littéraires en vue ?

L’écriture ne me lâchera pas, d’autant que je me sens désormais encouragée, ce prix, cette reconnaissance, ça apporte de la confiance. J’ai déjà quelques idées qui se profilent, ça doit encore un peu mûrir. Peut-être sur le fait de vieillir par exemple, en particulier pour une femme, ça veut dire quelque chose, c’est pas facile… L’effervescence, les sollicitations passées, je vais m’y remettre…

Propos recueillis par Rodolphe Pays

(photos Thierry Debonnaire)

Avant que j’oublie, d’Anne Pauly (aux Éditions Verdier).

 

La remise du Prix Envoyé par La Poste s’est déroulée jeudi 29 août à Paris à l’Hôtel de Choiseul-Praslin, siège de La Banque Postale. Extraits des propos tenus par les différents intervenants…

« Je voudrais adresser des remerciements aux éditeurs, qui jouent le jeu, et aux écrivains, qui nous font confiance. » Philippe Bajou, directeur général adjoint du groupe La Poste.

« A travers ce prix, c’est un travail de découverte et d’identification des talents que soutient la Fondation La Poste. »  Marie Llobères, déléguée générale de la Fondation d’entreprise La Poste.

« Je suis reconnaissant à la Fondation La Poste de cet amour de la littérature, du grand respect des auteurs, de ce pari de rencontre entre un écrivain et un public. » Olivier Poivre d’Arvor, président du jury du prix Envoyé par La Poste.

 

Un texte adressé par courrier et sans recommandation

Créé par la Fondation d’entreprise La Poste en 2015, le Prix Envoyé par La Poste distingue un texte (roman ou récit) adressé par courrier et sans recommandation à un éditeur. Le comité de lecture de ce dernier, après avoir décelé un talent d’écriture et décidé de le publier, propose au jury du prix de l’intégrer à la sélection des ouvrages susceptibles d’être récompensés.

Le lauréat reçoit 2 500 €, son livre est aussi notamment promu auprès des 500 000 postiers actifs et retraités et La Poste passe également commande de 600 exemplaires auprès de l’éditeur.

 

Les membres du jury :

Olivier Poivre d’Arvor, écrivain, diplomate, président du jury
Marie Llobères, déléguée générale de la Fondation d’entreprise La Poste
Dominique Blanchecotte, présidente de l’association Paris Sciences et Lettres Alumni
Pauline Delabroy-Allard, professeur-documentaliste et écrivaine (lauréate du 4ème Prix Envoyé par La Poste)
Marie-Laure Delorme, journaliste
Serge Joncour, écrivain
Christophe Ono-dit-Biot, écrivain, directeur adjoint de la rédaction du Point

Demain déjà la rentrée… et juste après celle du Musée de La Poste

La rénovation du Musée de La Poste est presque arrivée à son terme.

Ouverture franchement en vue…  

(photo Thierry Debonnaire)

Il ne s’agit désormais plus de dernière ligne droite, mais bien plutôt des ultimes dizaines de mètres avant la ligne d’arrivée.

La réouverture du Musée de La Poste approche ainsi à grandes foulées.

Pas tout à fait encore à la rentrée, c’est vrai déjà quasi imminente, mais guère plus tard. En fin d’automne. Demain donc…

Sans rien dévoiler de ce que les visiteurs découvriront – il est des « secrets » qui se doivent d’être gardés… -, on peut cependant dire qu’ils ne devraient pas être déçus.

Clarté, espace, ouverture, transparence… Quelques mots qui traduisent la nouvelle configuration du musée .

Et aussi, accessibilité, interactivité, services…

Le blog du Musée de La Poste reviendra très vite pour en dire plus.

Après une trêve de quelques semaines.

Bonne fin d’été. Et à la rentrée pour poursuivre l’aventure…

Rodolphe Pays  

Fondation et Musée de La Poste : un jour à Epône avec « Bibliothèques Sans Frontières »

A Epône, à une petite cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Paris, le cœur opérationnel de l’ONG Bibliothèques Sans Frontières.

L’ONG Bibliothèques Sans Frontières œuvre depuis des années en faveur des populations françaises et étrangères privées de livres.

Une mission que soutient notamment la Fondation La Poste.

Le Musée de La Poste a lui aussi récemment apporté sa contribution en faisant don de quelques centaines d’ouvrages à l’association.

Des livres partout. Toutes sortes de livres. Romans, essais, biographies, ouvrages de vulgarisation… Neufs, édités il y a quelques années, parfois anciens, reliés…

Des BD aussi, en grand nombre. Contemporaines, classiques, pour les grands, les petits… Là aussi, récentes comme plus « vintage »…

Un million deux cent mille livres sont entreposés avant d’être triés et expédiés…

Les uns comme les autres, innombrables, disposés sur des étagères géantes, le long des murs et sur des palettes déposées au sol d’un entrepôt tout en longueur.

Une vraie bibliothèque industrielle. Une caverne, un antre des mots et des images… Tout près de Mantes-la-Jolie, à Epône, à une petite cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Paris. Le cœur opérationnel de l’ONG Bibliothèques Sans Frontières.

« Il y a approximativement un million deux cent mille livres ici, indique Jean-Marc Jolivet, le gestionnaire des flux et responsable des collectes de l’association, et notre travail, c’est de recevoir les ouvrages, de les trier et de les remettre dans différents circuits culturels et éducatifs à travers des dons ou des ventes à caractère social. »

« Notre travail, c’est de recevoir les ouvrages, de les trier et de les remettre dans différents circuits culturels et éducatifs à travers des dons ou des ventes à caractère social ». Jean-Marc Jolivet, gestionnaire des flux et responsable des collectes de l’association.

Une tâche plutôt considérable qui concrétise au quotidien l’objectif initial profondément altruiste du fondateur de Bibliothèques Sans Frontières.

En créant en 2007 l’association, l’historien Patrick Weil n’avait en effet qu’une idée en tête : contribuer à apporter de la culture en France et dans le monde partout où elle est absente ou n’est pas suffisamment présente.

Pour mener à bien leur mission, les équipes d’Epône – composées de quelques permanents, de jeunes en service civique et de bénévoles – œuvrent sans relâche. Organisation rigoureuse et polyvalence des activités à l’appui.

Le tri des ouvrages…

Ce qui n’empêche pas la bonne humeur. « Cela va faire deux ans que je viens donner un coup de main ici, raconte Sabine, jeune retraitée d’une enseigne bancaire, le travail se fait dans une très bonne ambiance, c’est vraiment sympa, et puis c’est pour la bonne cause. »

Première des opérations, récupérer les livres. Via des dons amenés directement sur place ou par l’intermédiaire de points de collectes (la FNAC apporte aussi sa contribution en livrant des ouvrages lors de la semaine du développement durable).

Vente en ligne : le chantier « expéditions aux particuliers ».

« Plus de 600 000 ouvrages en moyenne nous parviennent chaque année, en majorité émanant de particuliers, poursuit Jean-Marc Jolivet, en fonction de leur contenu et de leur état ils sont ensuite triés et aiguillés vers différentes destinations. »

Beaucoup d’entre eux sont alors reversés à des bibliothèques nouvellement crées en France et à l’étranger (notamment en Afrique francophone et au Moyen-Orient), à des écoles, des centres culturels et associatifs, dans plusieurs dizaine de lieux d’hébergement des services du SAMU…

Des ouvrages sont aussi revendus à des prix très réduits lors d’une braderie solidaire organisée à l’entrepôt d’Epône tous les premiers samedis du mois.

Bibliothèques Sans Frontières s’appuie aussi depuis quelques années sur les IdeasBox pour venir en aide aux populations vulnérables.

« Avec l’argent récupéré à l’occasion de ces ventes, et aussi avec celui que nous rapportent les livres inexploitables que nous rétrocédons pour faire de la pâte à papier, continue Jean-Marc Jolivet, nous achetons des livres qui nous semblent correspondre au mieux aux attentes et aux besoins des populations que nous soutenons. »

Autre chantier, opérationnel celui-là seulement depuis le début de l’année : la vente en ligne. Toujours à des prix particulièrement attractifs. Grâce à leurs code-barres, les ouvrages sont catalogués et les acheteurs peuvent ainsi disposer sur internet de toutes les informations utiles. Entre 30 et 50 commandes sont honorées de cette manière chaque jour.

Bibliothèques Sans Frontières s’appuie aussi depuis quelques années sur les nouvelles technologies pour venir en aide aux populations vulnérables (comme au Bangladesh, en Colombie, à Haïti, St-Martin… ).

En faisant parvenir des IdeasBox – créées en 2013 par l’association et le créateur et designer Philippe Starck, avec le soutien de l’Agence des nations unies pour les réfugiés -, véritables médiathèques en kit.

Des équipements contenant des serveurs, des liseuses, des tablettes, des ordinateurs ou encore des télévisions… De quoi aider les personnes fragilisées par un conflit ou un séisme à se reconstruire.

De papier ou sur écran, des livres partout, pour tous…

Rodolphe Pays

En savoir plus : www.bibliosansfrontieres.org

Dans plus d’une trentaine de pays

Née en 2007 à l’initiative de l’historien Patrick Weil et de Jérémy Lachal, qui assure aujourd’hui la direction générale de l’association, Bibliothèques Sans Frontières est une ONG dont la vocation est de rapprocher de la culture ceux qui en sont le plus éloignés.

Son siège est installé à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, et sa base logistique est située à Epône, dans les Yvelines. Elle a également des bureaux régionaux à Marseille, Bordeaux, Lille et Nancy.

Bibliothèques Sans Frontières mène des actions sur tous les continents dans plus d’une trentaine de pays, où elle travaille en relation avec des représentations, des antennes et des correspondants locaux.

Elle compte parmi ses soutiens des personnalités telles que les journalistes Bernard Pivot et Augustin Trappenard.

 

« Au-delà des opérations techniques et logistiques, ce qui est le plus difficile, c’est la mise en adéquation entre tout ce que l’on reçoit et ce que les gens attendent, ce dont ils ont besoin. » Corentin Poirret, directeur du site Bibliothèques Sans Frontières d’Epône.

 

 

 

Street art : l’ECOWORLD de SP 38 exposé en Normandie lors d’un festival dédié à la transition écologique

Dédié à la transition écologique, le festival Les pluies de juillet s’est tenu le week-end dernier à Villedieu-les-Poêles, dans le département de la Manche.

Le street artiste et affichiste SP 38 a créé une œuvre à l’occasion du festival Les pluies de juillet qui s’est tenu ce week-end en Normandie.

Oui, il arrive qu’il pleuve en Normandie… Même en juillet.

Mais il n’y tombe pas que des averses. De fortes ondées de culture, de musique et de gastronomie mêlées s’y abattent aussi. Et pas moins rafraîchissantes.

Pour Les pluies de juillet, SP 38 a créé une œuvre opportunément intitulée « Ecoworld ».

Les initiateurs du festival Les pluies de juillet, dont la deuxième édition s’est tenue cette fin de semaine à Villedieu-les-Poêles, dans le pas toujours suffisamment connu département de la Manche, viennent une nouvelle fois d’en apporter la preuve.

Au programme de cette manifestation placée sous le signe de la transition écologique : concerts, projections de films, débats, conférences, rencontres, gastronomie… Et expositions.

SP 38 avait notamment contribué en 2016 au projet Ralentir Street art, série de fresques réalisées successivement par une dizaine de street artistes sur la palissade du chantier de rénovation du musée.

Parmi les plasticiens invités, SP38, affichiste internationalement reconnu dont le Musée de La Poste suit le travail depuis plusieurs années. Il avait notamment contribué en 2016 au projet Ralentir Street art, la série de fresques réalisées successivement par une dizaine de street artistes sur la palissade du chantier de rénovation du musée.

Pour Les pluies de juillet, SP 38 a créé une œuvre opportunément intitulée « Ecoworld ». Fidèle à sa pratique éprouvée depuis maintenant de longues années – en particulier à Berlin où il réside et travaille depuis 1995 -, il a aligné des caractères rouges, longilignes et entrelacés. Une esthétique qui oblige à l’attention pour mieux faire passer le message.

Jérôme Mesnager a glissé quelques-uns de ses « hommes blancs » dans l’œuvre de SP 38.

Aux côtés des lettres, des chevrons arc-en-ciel symbolisent aussi l’universalité.

La fresque est également le fruit d’une collaboration : le street artiste Jérôme Mesnager (présent l’an dernier lors de la première édition du festival), y a glissé quelques-uns de ses célèbres « hommes blancs », silhouettes évoquant la lumière, la force et la paix.

Oui, il arrive qu’il pleuve en Normandie. Et on en redemande…

Rodolphe Pays

En savoir plus sur SP 38 : http://sp38.com/

Et sur le festival Les pluies de juillet : https://www.lespluiesdejuillet.org/

 


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