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Benoît Allemane, voix off des « Histoires de timbres » : « En deux ou trois minutes, on raconte des pages sur la France, les arts, les sciences… »

Il a déjà assuré le commentaire de plus d’une centaine d’épisodes de la série Histoires de timbres : Benoît Allemane dit tout l’intérêt qu’il porte à ces films courts produits par le Musée de La Poste avec le soutien de l’Adphile.

Et évoque aussi les coulisses des enregistrements.

Le début de l’histoire

Benoît Allemane a déjà fait la voix de plus d’une centaine d’épisodes de la série « Histoires de timbres ».

« C’était il y a quatre ans. Christophe Gaillard m’a appelé un jour pour me proposer de faire la voix d’Histoires de timbres, une série de films courts dont le Musée de La Poste lui avait confié la réalisation. Des gens avec qui j’avais travaillé lui avaient parlé de moi…

J’ai tout de suite trouvé que l’idée de cette série – une première, personne ne l’avait eue auparavant – était très bonne.

Œuvrer autour des timbres et des thèmes qu’ils inspirent, c’était nouveau pour moi, une belle surprise au fond, j’ai tout de suite adhéré…

L’intérêt pour le projet

C’est un exercice particulier, une narration très courte, et ça fonctionne vraiment bien.

En une, deux ou trois minutes, on raconte des pages de l’histoire de France, de celle des arts aussi, de l’évolution des sciences, des techniques…

Tous ces domaines racontés via les timbres, c’est de la vulgarisation dans le bon sens du terme, c’est fourmillant d’informations.

J’y apprends pour ma part des tas de choses. Et jamais de façon doctorale, bien au contraire, le ton est toujours vif, accessible…

Les textes

Documentés et rédigés par le réalisateur et validés par Pascal Roman, un historien du Musée de La Poste, les textes de la série sont vraiment bien écrits. Et ce n’est pas de la complaisance. Ils sont toujours parfaitement conçus et articulés par rapport aux images.

Au strict plan technique pour ce qui me concerne, je n’ai jamais été réticent sur une formulation, je n’ai jamais eu à demander une modification. Les phrases sont justes, rythmées, adaptées, ça facilite beaucoup mon travail.

La façon de travailler

A chaque séance, on enregistre la voix de plusieurs épisodes. Je ne lis jamais le texte auparavant, j’en prends connaissance en même temps que je le dis. Et en direct sur les images. Pour moi, on n’a pas la même liberté si on connaît déjà le texte. En fait, je veux le découvrir un peu comme le découvriront ensuite les téléspectateurs.

Bien sûr, si ça ne va pas, si on n’est pas satisfait de la prise, on la refait. Mais à la longue, on est vraiment rodés, c’est comme un jeu, le rythme, les changements de plan, le ton, les relances, ça vient à peu près toujours bien.

L’intérêt qui demeure

Je prends toujours le même plaisir à faire la voix de ces films. Ce sont des histoires différentes à chaque fois, il y une telle richesse des thèmes abordés, toute cette matière me passionne. Comme, j’en suis convaincu, elle intéresse aussi ceux à qui elle s’adresse.

Quand on traite par exemple du Concorde, ce n’est pas seulement d’un avion dont on parle, c’est une technologie exceptionnelle bien sûr, mais c’est aussi une histoire, une aventure…

La diffusion

Les Histoires de timbres sont déjà diffusées sur plusieurs chaînes de télévision. Mais ces petits modules pourraient aussi parfaitement être programmés sur d’autres médias, y compris de plus grande écoute encore.

Avant ou après des écrans publicitaires, avant ou après la météo… Ce pourrait aussi être des sortes d’interludes, d’intermèdes entre deux émissions.

Ces films sont une idée superbe, ils méritent la diffusion la plus large.  »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

Plus de 100 Histoires de timbres

Près de quatre ans déjà que le Musée de La Poste a lancé sa série Histoires de timbres.

Des films courts – 2 à 3 minutes – qui à partir d’un timbre racontent les sciences, les arts, la vie politique, la nature…

Alors que la troisième « saison » s’amorce, c’est déjà plus d’une centaine d’épisodes qui a été réalisée.

Jusque là diffusées sur le site du musée (http://www.ladressemuseedelaposte.fr/Histoires-de-timbres-Saison-2) et sur les chaînes LCP et TV5Monde, les Histoires de timbres sont désormais également relayées par Equidia (plusieurs épisodes évoquent le cheval), Vosges TV et MirabelleTV.

 Un acteur rompu à tous les exercices

Benoît Allemane est fréquemment la voix française de l’acteur américain Morgan Freeman.

Comédien chevronné, Benoît Allemane est aussi un comédien boulimique. Et rompu à tous les exercices.

Si sa passion originelle reste le théâtre (ses premières et toujours amours), il s’adonne avec la même délectation à tous les genres : radio, télévision, publicité, voix off de documentaires, jeux vidéo…

Il tâte aussi un peu à l’occasion du cinéma. Sans grande conviction cette fois (« ce n’est pas ce que je préfère, je ne me sens pas plus à l’aise que cela dans cet univers »).

L’acteur travaille actuellement un texte pour le théâtre et devrait remonter sur les planches à la rentrée.

Il pratique beaucoup le doublage. C’est lui par exemple qui fait fréquemment la voix française de Morgan Freeman (« sans jamais l’avoir croisé, je le connais depuis 25 ans, si je le rencontrais, je lui dirais toute l’admiration que j’ai pour lui en tant que comédien et en tant qu’homme »).

Lorsque Christophe Gaillard, le réalisateur de la série de films courts Histoires de timbres, lui a proposé d’en assurer les commentaires, Benoît Allemane n’a pas hésité (« c’est un projet superbe, je suis ravi d’y participer »).

Mais le théâtre n’est jamais très loin : le comédien travaille actuellement à l’écriture d’un texte (« c’est bien parti ») et devrait remonter sur les planches dès la rentrée prochaine. Passion, quand tu nous tiens…

RP

 

Le Prix « Wepler-Fondation La Poste » fêtera cette année ses 20 ans

L’affiche de l’édition 2016.

Le Wepler-Fondation La Poste fêtera l’automne prochain sa double décennie.

Vingt ans déjà en effet que ce prix littéraire pas tout à fait comme les autres a été lancé.

Le jury est en cours de constitution…

Comme à chaque édition, un postier passionné de livres en fera partie.

Le Prix Wepler-Fondation La Poste va sur ses vingt ans. A l’initiative de ce projet ambitieux – sa vocation est de distinguer des œuvres originales, dérangeantes -, une vraie passionnée de la chose écrite, Marie-Rose Guarniéri, fondatrice de la désormais célèbre Librairie des Abbesses.

Le Prix 2016 est revenu à Stéphane Audeguy pour « Histoire du lion Personne » (Seuil).
La Mention a été attribuée à Ali Zamir pour « Anguille sous roche » (Le Tripode).

A quelques encablures de ce petit temple parisien dédié aux (bons) livres situé au pied de Montmartre, la brasserie Wepler.

Un établissement de la place de Clichy qui a toujours reçu beaucoup d’artistes, et dont le patron Michel Bessières a dès le départ soutenu le Prix créé par Marie-Rose Guarniéri.

La Fondation La Poste n’a pas fait autre chose : elle a elle-aussi tout de suite apporté son appui au projet de récompenser les romans d’écrivains novateurs.

A prix audacieux, jury audacieux. Et renouvelé tous les ans.

Il est ainsi composé de douze lecteurs venant d’horizons très différents : journalistes, libraires, une détenue de longue peine (les créateurs du prix ont souhaité de cette manière mener une action de réinsertion par la lecture), un(e) collaborateur(trice) du Groupe La Poste…

Nul doute que le jury 2017 couronnera une nouvelle fois une œuvre forte, atypique, libre…

Rendez-vous cet automne…

Rodolphe Pays

Les postiers qui souhaitent se porter candidat pour être membre du jury du Prix Wepler-Fondation la Poste doivent envoyer – avant le 23 mai – une lettre de motivation et un compte rendu des derniers ouvrages qu’ils ont lus aux adresses suivantes :

  • Par courrier à la Fondation d’entreprise La Poste, 9 rue du Colonel Pierre Avia, 75015 PARIS
  • Par courriel à l’adresse fondation.la poste@laposte.fr

La participation de chacun des membres du jury se déroule en deux étapes :

  • lire une sélection d’ouvrages pendant l’été
  • participer à plusieurs réunions avec l’ensemble du jury

 

Imprimerie Phil@poste : la passion des métiers

L’imprimerie Phil@poste est implantée à Boulazac, près de Périgueux (Dordogne).

Plus de 400 personnes travaillent quotidiennement à l’imprimerie Phil@poste, située en Dordogne près de Périgueux.

Parmi elles, Elsa Catelin, graveuse de timbres, et Vianney Foltzer, imprimeur taille-douce.

Proposition, programmation, choix du concepteur, validation, création, impression, diffusion… : avant que celui-ci soit collé sur une enveloppe ou qu’il rejoigne l’album d’un collectionneur, plusieurs étapes concourent à la naissance d’un timbre.

Dessinatrice et graveuse de timbres, Elsa Catelin a rejoint l’imprimerie Phil@poste en 2004.

L’impression restant naturellement l’opération la plus « visible », la plus spectaculaire du processus. Et ce d’autant plus lorsque l’option « taille-douce » – le nec plus ultra pour les philatélistes – est retenue.

Avec deux maillons étroitement associés : la gravure et l’impression spécifique qui s’y rattache.

Des techniques, des savoir-faire que les équipes de l’imprimerie Phil@poste, implantée à Boulazac (Dordogne), maîtrisent depuis longtemps. Autant pour les besoins de la Poste française que pour ceux d’opérateurs postaux ou de groupes étrangers.

Pour graver (sur des plaques métalliques appelées « poinçons ») les illustrations qui seront reproduites sur les timbres, l’imprimerie fait appel à des artistes aguerris. Elle utilise ainsi les services de professionnels indépendants et ceux de deux graveurs salariés, Elsa Catelin et Pierre Bara.

La savoir-faire des graveurs, un atout pour l’imprimerie Phil@poste.

Deux collaborateurs qui sont aujourd’hui des « noms » dans le petit monde de la gravure. Avec raison. Elsa, diplômée de l’école Estienne, a intégré Phil@poste en 2004.

Et a complété sa formation sur place auprès « d’anciens » très expérimentés, Claude Jumelet et Jacky Larivière.

Depuis elle a gravé plus de 150 timbres (pour une moitié d’entre eux, elle a également réalisé le dessin initial).

« J’aime travailler sur des thèmes ou des sujets comme l’architecture, les portraits, indique-t-elle, mais on me demande aussi souvent de graver des paysages, et j’y prends également beaucoup de plaisir. »

Vianney Foltzer : « Avec la taille-douce, on ne sait jamais tout, on n’en fait pas le tour comme ça, il faut des années et des années, et encore… »

Elsa comme son collègue Pierre Bara est fréquemment en contact avec d’autres professionnels en charge de l’étape suivante, l’impression. Comme Vianney Foltzer, imprimeur « taille-doucier », un métier qui requiert lui-aussi un apprentissage particulier.

Et permanent. « Avec la taille-douce, on ne sait jamais tout, on n’en fait pas le tour comme ça, explique-t-il, il faut des années et des années, et encore… »

Vianney a été conquis par l’imprimerie lors du stage d’observation en entreprise que les collégiens suivent en troisième. Sa passion est partie de là, depuis elle ne l’a plus quitté.

« La taille-douce, c’est une sorte de fleuron, j’ai découvert ça ici après avoir été embauché, raconte-t-il, j’ai alors demandé à intégrer les équipes de taille-douce, et j’ai été formé sur le tas par des collègues qui pratiquaient le métier depuis longtemps. »

A l’imprimerie Phil@poste de Boulazac, on imprime, on dessine, on grave, on fait de la chimie, de la couleur, de l’informatique, on assure de la maintenance, on conditionne, on fait visiter…

Plus de 400 personnes font tourner cette unité de production dont le savoir-faire et la qualité du travail – toutes techniques d’impression confondues -, sont appréciés en France et à l’international.

Tous passionnés par leur métier. Comme le sont Elsa Catelin et Vianney Foltzer.

Rodolphe Pays

 

 

C215 et SP 38 : deux street artistes dont le Musée de La Poste suit toujours l’actualité

SP 38 l’automne dernier dans son atelier de Séoul.

SP 38 et C215 : deux street artistes dont le Musée de La Poste suit le cheminement et le succès.

Le premier a terminé récemment une résidence en Corée du Sud.

Le second est actuellement exposé à Nice, au musée national du sport.

C215 lors du vernissage de l’exposition « Athlètes : carte blanche à C215 ».

Depuis des années, tous deux ont déjà fait beaucoup de chemin. En France et bien au-delà.

Leur travail est désormais apprécié dans de nombreux endroits du monde, et leur notoriété, auprès du grand public comme du milieu de l’art, ne cesse de s’affirmer.

Le Musée de La Poste suit leur parcours depuis pas mal de temps. C215 figurait parmi les artistes que le musée avait présentés en 2013 lors de son expo Au-delà du street art (depuis il a aussi dessiné plusieurs timbres pour La Poste).

Et SP 38 a signé l’été 2016 une immense fresque sur la palissade du chantier de rénovation du musée.

Mais c’est notamment en Corée du Sud que SP 38 a récemment exercé son talent.

En résidence deux mois à Séoul l’automne dernier, il a mené un vaste projet baptisé « Hide and Seek » (cacher et chercher).

Et apposé ses affiches dans les rues, le métro, sur des bâtiments abandonnés, animé des ateliers avec des enfants…

Tout comme Berlin, où il réside depuis des années, Séoul est aujourd’hui parsemée des messages et de la typographie de l’artiste.

C215 est lui présent au musée national du sport, à Nice. Avec une exposition elle-aussi particulièrement originale intitulée Athlètes : carte blanche à C215. L’artiste y présente autour de 75 pochoirs réalisés pour la plupart sur des supports uniques – vêtements, accessoires… – utilisés par les sportifs eux-mêmes.

Un accrochage dédié à Camille Muffat, Florence Arthaud et Alexis Vastine, trois athlètes décédés en 2015 au cours du tournage d’une émission de télévision.

Deux artistes passionnés et passionnants dont le Musée de La Poste continuera de suivre le remarquable parcours…

Rodolphe Pays

Expo « Athlètes : carte blanche à C215« , jusqu’au 21 mai, musée national du sport, Nice.

 

Les vide-greniers refont le plein : le Musée de La Poste présent samedi à celui du quartier Maine-Montparnasse

La boutique du Musée de La Poste participe ce samedi au vide-grenier organisé par l’association des commerçants du quartier Maine-Montparnasse.

C’est un des signes annonciateurs du retour des beaux jours : les  vide-greniers commencent à réinvestir les trottoirs.

La boutique du Musée de La Poste participe à celui organisé ce samedi à Paris par l’association des commerçants du sud du quartier Maine-Montparnasse.

A vos étals…

Il a lieu deux fois par an sous l’égide de l’association locale des commerçants : le vide-grenier de (presque) printemps du quartier Maine-Montparnasse se tiendra ce samedi toute la journée.

Une manifestation qui se déroule dans le 15ème arrondissement de la capitale et aux lisières de ceux des 6ème, 7ème et14ème.

Aux côtés des commerçants et particuliers – à chaque édition présents en très grand nombre – qui seront installés sur les trottoirs de l’avenue du Maine et du boulevard du Montparnasse, le Musée de La Poste posera lui-aussi son étal.

Devant la boutique du musée, l’équipe commerciale, à nouveau mobilisée pour la circonstance, proposera un grand nombre d’articles à quasiment moitié prix.

Les chineurs – habitants du secteur, promeneurs, touristes… – pourront ainsi profiter d’offres particulièrement intéressantes sur une gamme de produits en lin (sacs, pochettes, albums photo… ), d’objets liés à l’écrit (coffrets d’écriture, porte-courriers, cahiers… ), d’accessoires de table originaux issus de l’exposition du musée L’art fait ventre (couverts, salières, poivrières, ustensiles décoratifs… ), de vanity en cuir Laurige…

La boutique sera également ouverte. Y seront disponibles toutes les autres références (produits dérivés des collections du Musée de La Poste, livres, cartes… ) ainsi que toute l’offre philatélique…

Bonnes affaires du côté de Maine- Montparnasse…

Rodolphe Pays

Brocante/vide grenier du quartier Sud-Maine-Montparnasse, samedi 11 mars de 10 h à 18 h.

La boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème (Tél. : 01 53 71 98 49).

 

 

Télégraphe Chappe : la « station » de Saverne toujours debout

La « station » du télégraphe Chappe de Saverne (67).

Le Musée de La Poste l’évoquera à nouveau à sa réouverture : le télégraphe aérien a été inventé et mis au point par Claude Chappe à la fin du XVIIIe siècle.

Plusieurs « stations » de ce premier réseau de télécommunications continuent d’être ouvertes au public. Dont celle de Saverne, dans le Bas-Rhin.

Visite guidée et commentée.

C’est à la communication spirituelle que semblait se destiner Claude Chappe. Après ses études au collège royal de La Flèche, il devient en effet prêtre. Le jeune ecclésiastique n’aura cependant guère à transmettre de « bonnes paroles » : nommé abbé commendataire (sans obligations religieuses), il jouit ainsi de « bénéfices » qui lui permettent d’ouvrir… un cabinet de physique à Paris.

La Révolution mettra un terme à cette confortable situation. Chappe retourne alors dans la Sarthe et y poursuit ses recherches scientifiques et techniques. Et s’intéresse en particulier à la communication, terrestre cette fois.

Il met ainsi au point un dispositif de transmission de données. Le télégraphe Chappe, premier réseau de télécommunications au monde, était né.

Copié un peu partout en Europe et ailleurs, il s’avérera le plus efficace jusqu’à l’avènement quelques dizaines d’années plus tard de la Fée électricité.

Son principe s’apparente finalement à celui des relais de poste : un peu à la manière des courriers acheminés – à cheval ou en malle-poste – d’un point à un autre via une succession de relais, les messages que prend en charge le télégraphe aérien de Chappe sont délivrés après avoir été reproduits par une série de « stations ».

Sur le toit de ces stations (en général de petites tours) éloignées les unes des autres de 10 à 15 km – toutes bâties sur une hauteur afin d’être en vue de la précédente comme de la suivante – sont fixés un grand et deux petits bras articulés.

Verticales, horizontales, diagonales : au total une centaine de positions différentes peut être utilisée. Et identifiée d’une station l’autre à la longue-vue.

Gilbert Rhim actionne les « bras » de la station (au fond à gauche le tableau des positions de transmission de message).

« Ce n’est pas un alphabet dont il s’agit, à chacune de ces positions ne correspond pas une lettre mais un mot ou un groupe de mots, explique Gilbert Rhim, bénévole de l’association qui entretient et fait visiter l’ancienne station Chappe de Saverne, dans le Bas-Rhin, le système étant exclusivement réservé aux messages officiels politiques ou militaires, on transmettait ainsi une suite d’expressions telles que « Décret à placarder », « Banqueroute », « Prendre toutes les précautions » ou encore « Besoin de munitions de tel type », ces éléments mis bout à bout et reconstitués à l’arrivée étaient autant d’informations et de directives le plus souvent urgentes émanant des autorités de l’époque. »

Chaque station est équipée de deux longues-vues, l’une tournée vers la station précédente pour observer les signaux transmis, l’autre vers la suivante pour vérifier l’exactitude de ceux relayés.

En quelques positions, on pouvait de la sorte faire passer des ordres ou des communiqués courts ainsi que des textes même relativement longs.

Plusieurs lignes de télégraphe sont créées au milieu des années 1790. Entre Paris et les ports militaires – Brest, Cherbourg… -, les villes situés aux frontières – Lille, Strasbourg, Perpignan…

« De la capitale à Strasbourg, on comptait une cinquantaine de stations, indique Gilbert Rhim, au départ deux opérateurs étaient à la manœuvre dans chacune d’elle, souvent d’anciens militaires, un qui regardait à la longue vue les signaux transmis et l’autre qui les reproduisait à l’aide d’un système de poulies actionnant les bras, mais au bout d’un moment, économie oblige, un seul d’entre eux a été maintenu. »

Gilbert Rhim et les autres membres de l’association du télégraphe Chappe de Saverne effectuent des démonstrations à l’intention des visiteurs.

Pour les autorités qui usent de ce service, le gain de temps est considérable : alors qu’une malle-poste achemine un courrier de Paris à Strasbourg en 4 à 5 jours, un texte relayé par le télégraphe aérien ne met lui que 4 à 5 heures pour parvenir à son destinataire. Et en toute sécurité.

Le contenu des messages n’est en effet pas identifié par les opérateurs. Leur compétence se limite simplement à la manœuvre. Seuls les directeurs de lignes, à l’arrivée et au départ, connaissent la teneur des informations transmises.

Le télégraphe de Claude Chappe (à la réalisation et la promotion duquel plusieurs de ses frères ont également contribué) sera opérant jusqu’au milieu du XIXe siècle. Le télégraphe électrique lui succédera ensuite.

Attenant à la tour du télégraphe, un petit musée permet d’en savoir plus sur l’inventeur du système, l’histoire du réseau et son fonctionnement.

Reste de ce réseau pionnier quelques vestiges. Une vingtaine de stations entretenue par des passionnés demeure en état et peut être visitée.

C’est le cas de celle de Saverne (rénovée au milieu des années 1960), dont s’occupe une association que Gilbert Rhim a rejointe il y a une dizaine d’années. Un peu par hasard.

Ingénieur en retraite domicilié à Saverne, c’est au cours d’une balade en forêt qu’il l’a découverte. « Quelque temps plus tard, j’ai lu une annonce dans une publication locale indiquant que l’association était à la recherche de bénévoles, raconte Gilbert, ça m’a intéressé, je me suis dit que je pouvais sûrement apprendre des choses et être utile. »

Le tableau des différentes lignes du télégraphe indique les lieux desservis, essentiellement des ports militaires et des villes frontières.

Depuis, avec plusieurs autres membres, il participe régulièrement à la vie de l’association et de la station.

En effectuant de la maintenance en hiver – réparation, entretien, nettoyage… – et en assurant des permanences de guides aux beaux jours (la station est ouverte au public de mai à septembre). Une tâche qu’il apprécie beaucoup.

« Le télégraphe est à immédiate proximité du château du Haut-Barr et sur le passage d’un sentier de randonnée, explique-t-il, forcément ça attire du monde, nous avons à chaque saison plusieurs milliers de visiteurs, des gens venus en famille ou en groupe, et pas si rarement même de l’étranger, comme ces touristes qu’un Tour opérateur finlandais amène sur place tous les ans. »

Ces visiteurs venus de pays européens et même parfois plus lointains ne troublent pas Gilbert. Quand il ne parlent pas le français, il les accueille et fait ses commentaires soit en anglais, soit en allemand.

« J’essaie de proposer une visite interactive, avec des questions, des échanges, documentée, souriante aussi, détaille-t-il, que ce soit dans la station elle-même comme dans le petit musée attenant où une quinzaine de vitrines permet d’en savoir plus, sur Chappe, l’implantation des lignes… »

Une manière de communiquer que n’aurait pas désavoué Claude Chappe…

Rodolphe Pays

Tour de l’ancien télégraphe Chappe, Le Haut-Barr, SAVERNE (Bas-Rhin).

Ouvert de la mi-mai à la mi-septembre (jusqu’aux Journées du patrimoine). Tél. : +33/0 3 88 52 98 99 – Fax : +33/0 3 88 52 18 11.

 

Musée de La Poste : travaux au sud, expo au nord

Le Musée de La Poste ne connaît pas de pause.

img_6419affiche_expo-resp300L’effervescence est partout : d’abord sur son chantier de rénovation, où les travaux sont permanents et spectaculaires, et aussi dans l’exposition consacrée au peintre Rancillac, où de nombreuses visites guidées sont notamment programmées.

img_6427Bientôt deux ans que la rénovation du Musée de La Poste a été lancée…

Pour permettre une accessibilité totale à tous les publics et une réelle modernisation, de très importantes transformations étaient ainsi nécessaires.

img_6438Un chantier aussi considérable demande du temps. Beaucoup a déjà été fait (démolition intérieure/reconstruction), et la perspective de réouverture commence à se profiler.

Dans dix-huit mois, l’essentiel des interventions devrait être en voie d’achèvement.

A l’extérieur du bâtiment (photo-ci-contre), les équipes du chantier travaillent également d’arrache-pied sur la terrasse de la grande galerie d’exposition du musée.

Prémices à de futurs accrochages…

_tdb3504_tdb3207En attendant, l’exposition consacrée au peintre Bernard Rancillac, que le Musée de La Poste propose depuis quelques jours à l’espace Niemeyer (Paris 19ème), continue d’attirer de nombreux visiteurs.

Bernard Rancillac, lors du vernissage de l'exposition.

Bernard Rancillac, lors du vernissage de l’exposition.

Plusieurs animations sont organisées autour d’elle. Concert et table ronde seront ainsi proposés en avril et en mai (le blog y reviendra).

Et des visites guidées sont également programmées.

Une manière de mieux pénétrer le parcours et les différents univers de l’artiste.

Bonne visite…

Rodolphe Pays

(Photos T. Debonnaire/R. Pays)

« Rancillac / Rétrospective », jusqu’au 7 juin, une exposition du Musée de La Poste proposée à l’espace Niemeyer, 2 place du Colonel Fabien, Paris 19e.

Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 18 h 30 et les samedi et dimanche de 13 h à 18 h (fermé les jours fériés). Entrée libre.

 

affiche_expo-resp300Des visites guidées

D’une durée d’1 h 30, les visites guidées de l’exposition « Rancillac/Rétrospective » sont gratuites (dans la limite des places disponibles).

Réservation nécessaire sur place, au 01 42 79 24 24 ou via l’adresse courriel « reservation.dnmp@laposte.fr ».

_tdb3404Les dates (les visites sont proposées à 15 h) : dimanche 12 mars ; samedi 25 mars ; dimanche 9 avril ; samedi 22 avril ; samedi 6 mai ; dimanche 21 mai ; samedi 3 juin.

 

 

 


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