La passion selon Jean-Claude Labbé : cinquante ans de collection ininterrompue d’histoire postale


Plus de cinquante ans que Jean-Claude Labbé arpente les allées des brocantes, vide-greniers et autres foires à tout de l’ouest de la France à la recherche de perles postales.

Des collectionneurs, il n’en manque pas. Mais des passionnés tel que Jean-Claude Labbé, ça n’est pas si fréquent.

Depuis plus d’un demi-siècle, cet infatigable chineur arpente les allées des brocantes, vide-greniers et autres foires à tout de l’ouest de la France à la recherche de perles postales.

Et il en a amassées des milliers, dont beaucoup sont exposées régulièrement.

Il y a des anecdotes qui en disent long sur les gens, parfois bien plus que d’interminables entretiens.

Elles révèlent d’un trait les ressorts d’une personnalité, la volonté, l’énergie, la pugnacité… Et mieux encore, témoignent à l’occasion d’une totale et inextinguible passion.

Le bureau de Jean-Claude Labbé est un authentique petit musée. Il n’y a que la fenêtre de la pièce pour ne pas être obstruée par une vitrine remplie de trésors.

Celle qui anime – on peut même dire envahit – Jean-Claude Labbé depuis l’adolescence, l’attrait irrépressible et parfaitement assumé pour tout ce qui concerne l’histoire postale, est ainsi dévoilée à travers une habitude peu banale prise alors qu’il était encore en activité.

Postier aujourd’hui retraité, Jean-Claude a fait toute sa carrière au centre de tri de Caen, en Normandie. Exclusivement en service de nuit. Et certaines aubes post-professionnelles sont édifiantes.

« En principe, on finissait la vacation à 6 heures du matin, mais le samedi surtout, je m’arrangeais pour partir un peu plus tôt, raconte-t-il, je ne rentrais pas chez moi, je filais alors aussitôt vers les brocantes ou les vide-greniers organisés dans la région. »

Tout est dit. En collectionneur avisé, Jean-Claude savait que les bonnes affaires se négocient au petit matin.

Jean-Claude possède des dizaines de boîtes à timbres. Toutes plus belles, plus fines et délicates les unes que les autres. En argent, en ivoire, en bois, en carton…

Et des perles rares dénichées aux aurores, il en a accumulées des centaines, des milliers. Passion, quand tu nous tiens, la chasse aux timbres, lettres, objets postaux de toutes sortes se poursuit aujourd’hui encore inlassablement.

Son domicile, situé aux confins de la Normandie, à quelques centaines de mètres de sa Bretagne natale, est à lui-seul une preuve intangible de l’appétit permanent de son propriétaire pour toutes ces « reliques » qui évoquent la longue histoire de la Poste et un peu aussi celle de la France.

Le bureau de Jean-Claude est un authentique petit musée. Il n’y a que la fenêtre de la pièce pour ne pas être obstruée par une vitrine remplie de trésors. Les couloirs de la maison font figure de salles annexes. Le salon et la cuisine ne sont pas non plus épargnés.

Pas plus que l’atelier, où Jean-Claude procède de temps en temps à de méticuleuses restaurations d’objets.

Et c’est même jusque dans le jardin que l’on retrouve des traces de son addiction : plusieurs boîtes aux lettres de toutes les époques y trônent en différents endroits.

« J’ai commencé par collectionner les timbres, j’avais 16 ans, et j’ai embrayé assez vite sur les objets, pas forcément postaux à l’époque, se rappelle-t-il, c’étaient les débuts des chiffonniers d’Emmaüs, lancés par l’Abbé Pierre, dans mon coin de Bretagne ils nous autorisaient à fouiller dans leur réserves, on y glanait de petites merveilles. »

Le virus, le goût d’amasser des choses, était pris. Définitivement. Service militaire accompli, Jean-Claude intègre la Poste et adhère aux Postiers philatélistes (future Philapostel) du Calvados. Il y rencontre notamment Jean-Claude Coste, le président de l’association – auquel il succèdera quelques années plus tard -, grand collectionneur de boîtes à timbres.

Ces petites antiquités de toutes les époques plaisent beaucoup à Jean-Claude. « Un jour, j’en ai ai vu une chez mes beaux-parents, ils ne savaient pas ce que c’était, n’en connaissaient pas l’usage, explique-t-il, ça a démarré comme ça, je me suis mis à en rechercher dans les brocantes, les vide-greniers, les foires à tout. »

Plusieurs décennies après, Jean-Claude en possède des dizaines. Toutes plus belles, plus fines et délicates les unes que les autres. En argent, en ivoire, en bois, en carton… Des miniatures en forme d’enveloppe, de boîte aux lettres…

De boîtes aux lettres, des « vraies », Jean-Claude n’en manque pas non plus. Si quelques-unes sont installées dans son jardin, d’autres sont accrochées dans différents recoins de sa maison.

Jean-Claude a déniché de nombreuses boîtes aux lettres. Si quelques-unes sont installées dans son jardin, d’autres sont accrochées dans différents recoins de sa maison.

« Un jour, des amis anglais philatélistes m’ont demandé si je pouvais leur obtenir une boîte aux lettres française, j’avais un collègue qui s’occupait du parc des boîtes pour le département du Calvados, il m’en a trouvé une réformée pour eux, se souvient Jean-Claude, je me suis dit et pourquoi pas moi, ma quête de boîtes aux lettres a démarré comme ça. »

Sa plus belle « prise », une boîte en bois de 1860. Un « must », une rareté obtenue auprès d’un directeur des postes lui aussi passionné par l’histoire de son entreprise.

Boucle de ceinturon attestant de la qualité de convoyeur du courrier.

Parmi les pièces très anciennes qu’il a pu réunir, on trouve notamment un livret de postillon (affecté au relais de poste de Pontorson) de 1829, un livret de messager (les employés qui assuraient les liaisons « transverses » aux routes de poste) de 1777.

« J’avais également une médaille de Courrier du roi de 1786 trouvée dans une kermesse d’école, une pièce assez exceptionnelle que j’ai vendue un bon prix pour acheter d’autres choses, évoque-t-il avec une pointe de nostalgie, je regrette aujourd’hui de m’en être séparé, il y a peu de chances que je puisse un jour en retrouver une identique. »

Jean-Claude possède une kyrielle de « petits » objets : casquettes et sacoches de facteurs, tampons de bureaux, maquettes de véhicules postaux, tasses, assiettes ou cendriers décorés de motifs postaux…

Si Jean-Claude possède une kyrielle de « petits » objets – casquettes et sacoches de facteurs, tampons de bureaux, maquettes de véhicules postaux, tasses, assiettes ou cendriers décorés de motifs postaux… -, il détient également quelques pièces beaucoup plus volumineuses.

Comme cette façade de guichet « 1900 » et son mobilier (casier de tri, machine à oblitérer… ), une structure monumentale en chêne extraite dans les années 1980 d’un grenier de la direction de La Poste de l’Orne.

Façade de guichet « 1900 », une structure monumentale en chêne extraite dans les années 1980 d’un grenier de la direction de La Poste de l’Orne.

Ou encore ces plaques émaillées, enseignes de bureaux de poste, parfois de plus de 3 mètres de long.

Autant de supports dont Jean-Claude se sert volontiers pour habiller les expositions qu’il présente régulièrement dans l’ouest de la France. En particulier à Mellé, le village d’Ille-et-Vilaine dont il est originaire.

« Cela fait 5 ans que j’expose là-bas, c’est un bel endroit, un enclos paroissial habituellement dédié à l’espace et à la nature, indique-t-il, le thème de l’accrochage de cet été sera la lettre, le plaisir d’écrire, le beau papier à lettre. »

Passionné de documents écrits, de calligraphie, de marcophilie (« Ma première passion »), Jean-Claude invitera les visiteurs à notamment s’intéresser aux enveloppes remarquables dont il a pu se rendre au fil du temps acquéreur.

Deux lettres de mai 1941 destinées au Maréchal Pétain portant les cachets et indications du bureau de poste du Havre et des ambulants.

Comme celles destinées au Maréchal Pétain, envoyées du Havre en mai 1941, qui comporte la particularité – faut-il y voir un signe politique, une intention… – d’avoir été « recommandée d’office » (comme c’est l’usage pour les envois destinés aux chefs de l’Etat) non pas par le bureau de poste récepteur mais par les ambulants en charge de l’acheminement ferroviaire du courrier.

Et peut-être Jean-Claude y exposera-t-il quelques-unes de ses postes enfantines, choisies parmi l’impressionnante série de « marchandes » postales – dont certaines en « Playmobil » – qu’il a rassemblées depuis des années.

Il y a des expos qui en disent long sur les gens qui les préparent. Celle-ci ne manquera évidemment pas de rappeler la passion et l’enthousiasme définitifs de Jean-Claude Labbé pour l’univers postal.

Rodolphe Pays

Jean-Claude Labbé possède une série impressionnante de postes enfantines, véritables « marchandes » de la Poste…

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