En attendant peut-être le timbre, les deux nouveaux albums d’Antoine Chereau


A travers ses dessins, Antoine Chereau réfléchit au monde, aux gens, aux problématiques d’aujourd’hui.

Antoine Chereau rit de tout, mais pas avec n’importe quoi. Il le prouve deux nouvelles fois à travers les albums qu’il vient d’éditer.

L’un qui demande comment et si on peut être heureux et l’autre qui évoque le « bonheur » d’être auteur…

C’est devenu au fil des années une sorte de mission, celle de favoriser toutes les approches culturelles. Par segment, par bribe. La philatélie agit telle une poursuite dont le faisceau serait un temps braqué sur un détail de l’infini espace des connaissances.

Si elle évoque volontiers l’histoire, le patrimoine, l’art ou encore la mode, elle aborde aussi régulièrement les questions que l’on dit de société, les problèmes d’actualité, les thèmes sensibles : les Droits de l’Homme, les associations caritatives, l’armistice, la solidarité, la protection de la nature…

Avec humour parfois. Mais pas si souvent. Pas assez souvent. Et c’est peut-être dommage, tant un regard amusé, facétieux, ironique peut attirer l’attention, l’intérêt, provoquer l’envie d’en savoir plus. Et aussi, simplement faire du bien.

Mêler réflexion et rire ou sourire, un cocktail utile, savoureux, rafraîchissant même s’il peut à l’occasion – et alors… – être détonnant. Il est un artiste – dessinateur de presse, illustrateur, auteur… – qui se frotte avec bonheur à l’exercice depuis un long moment déjà.

Un artiste d’ailleurs pas inconnu des services… postaux (il a par ses dessins longtemps œuvré à détendre les publications et les grandes réunions de La Poste).

Des lustres qu’Antoine Chereau réfléchit au monde, aux gens, aux problématiques contemporaines. Il a la férocité aimable, la malice pas innocente.

Mais jamais la brutalité gratuite : dans sa vie comme dans son œuvre l’homme pratique une empathie naturelle, la bienveillance (à ne pas confondre avec la complaisance dont il n’est rigoureusement pas adepte), et depuis bien avant qu’elle soit devenue à la mode.

Les albums de dessins qu’il a publiés ces dernières années en attestent. Consacrés à des thèmes tels que la santé, l’égalité, le travail, l’amour…

Au vu de ce travail associant toujours la pertinence du journaliste, la liberté de l’éditorialiste et la verve du caricaturiste, on aurait bien pu lui confier la réalisation d’un timbre (avis aux professionnels… ). Pour s’en convaincre une nouvelle fois, il suffit de se plonger dans ses deux plus récents opus.

Dans celui qui traite du bonheur, de sa quête, de ses ersatz, de ses substituts opportunément intitulé Alors, heureux ? Au travail, à la maison, en vacances, chez le psy (les planches autour du divan sont inoubliables de vista et de drôlerie), avec des copains… , Chereau interroge, nous interroge, s’interroge lui-aussi sur cette légitime envie de tenter d’aller bien.

« Bien sûr, moi comme tout le monde on aspire à être au moins un peu heureux, mais le discours sur ce sujet est forcément ambigu, à double tranchant, explique-t-il, on est tous pareils, on fait ce que l’on peut, c’est pas si simple, on peut quand même en rire, il faut quand même en rire. »

Et on en rit beaucoup. Pas toujours de la même manière. Parfois, la réflexion saute d’abord aux yeux, le fond du propos nous percute, et le rire vient ensuite, comme une évidence, une déferlante. Et d’autres fois, c’est l’inverse, le rire est immédiat, déclenché, et l’idée, l’intention s’ouvre alors à nous.

L’autre ouvrage qu‘Antoine Chereau soumet en ce moment à notre soif de comprendre et de rire, tourne lui-aussi autour de l’idée du bonheur. Mais cette fois, celui d’être auteur.

Là, Chereau puise son inspiration dans sa propre expérience. Et dans l’observation de celles de ses confrères. Et, pour notre plus grand plaisir, il ne s’épargne ni ne nous épargne rien.

Ni des auteurs en herbe, à la recherche de leur parfois hypothétique talent, ni des ateliers d’écriture, écoles à ne pas forcément prendre à la lettre, ni des éditeurs roués et cyniques ou encore des lecteurs improbables.

Les dessins consacrés aux séances de dédicaces dans les librairies de France et de Navarre sont particulièrement croustillants. Tout comme ceux sur les aléatoires droits d’auteur…

L’un et l’autre de ces deux albums sont à consommer (et à offrir) sans modération. En attendant de retrouver un jour l’une de ces pépites sur une petite vignette dentelée collée en haut à droite d’un de vos courriers…

Rodolphe Pays

 

Dans toutes les bonnes librairies, à la FNAC… :

  • Alors, heureux ?, dessins et textes d’Antoine Chereau, chez Pixel Fever Editions, 87 saynètes, 23 €.
  • Le Bonheur d’être auteur !, dessins et textes d’Antoine Chereau, chez Pixel Fever Editions, 62 dessins, 12 €.

Déjà parus :

 

 

 

 

 

 

 

 

(Merci à Isabelle Chereau pour son concours et les infos.)

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