Palissade du Musée de La Poste : dollars et du cochon à la place de la fresque de Tarek Benaoum


La fresque de Tarek Benaoum… la semaine dernière.

Depuis deux ans, les street artistes se succèdent pour créer des œuvres sur la palissade du chantier de rénovation du Musée de La Poste.

La « fresque » de Tarek Benaoum… cette semaine.

La dernière en date, réalisée il y a quelques semaines par Tarek Benaoum, vient d’être recouverte d’affiches publicitaires.

Quand l’art se fait doubler par l’or…

La colle est à peine sèche sous les affiches.

D’abord une jeune et forcément très jolie femme vêtue d’un costume. Veste largement ouverte sur un buste nu.

Jambes négligemment écartées. Quasi grandeur nature. Reproduite une vingtaine de fois. Pour le compte d’une marque française de prêt-à-porter.

Dans le prolongement de cette première série, le visage dessiné du styliste et couturier Jean-Paul Gaultier. Au dessus de sa tête, une petite tour Eiffel, une paire de ciseaux, une bobine de fil… et une pin-up aux seins pyramidaux, un mannequin de mode en marinière au sexe aiguille proéminent.

« #LES ESPRITS LIBRES  » : joli slogan et mauvaise méthode.

Là-encore une vingtaine d’affiches. Cette fois pour un spectacle du couturier donné l’automne prochain au théâtre parisien des Folies Bergère.

Pas posées n’importe où. Sur la fresque réalisée mi-février par le street artiste Tarek Benaoum. Une œuvre qui couvre – couvrait – toute la palissade du chantier de rénovation du musée.

Le street art a beau être un art éphémère, au « règles du jeu » connues et acceptées par les créateurs, les habitués du quartier l’ont mauvaise.

« C’est un scandale d’avoir flanqué toutes ces affiches sur cette œuvre » s’insurge carrément une résidente du boulevard de Vaugirard. « Ce n’est vraiment pas bien d’avoir fait ça, commente une autre voisine, il y a des endroits pour placarder ses messages publicitaires, qu’ils les utilisent. »

Le musée met tout en oeuvre avec ses interlocuteurs pour que la fresque de Tarek Benaoum soit reconstituée.

Une « substitution » commerciale jusqu’à présent sans précédent.  Depuis deux ans et demi que le Musée de La Poste a lancé sa série Ralentir street art – Tarek Benaoum est le huitième artiste à concevoir une œuvre sur la palissade du chantier -, aucune dégradation, aucun vandalisme n’était venu altérer les fresques ainsi réalisées.

Contactés par les services du musée, les deux entreprises dont les affiches font la publicité ont désapprouvé de telles pratiques. La responsabilité de cet acte délibéré et assez malveillant incombe en effet aux prestataires qui en amont assurent les services de promotion ou de publicité.

A l’heure où cet article est publié, le Musée de la Poste souhaite que ces affiches soient retirées et que Tarek Benaoum puisse réparer les dégâts occasionnés et recomposer son œuvre.

Pour le plaisir des passants du quartier Montparnasse. Pour que l’art retrouve sa place. Et la publicité la sienne… ailleurs.

Rodolphe Pays

 

 

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