Expo Rancillac : une émotion de nature politique


Les visiteurs de l’exposition que le Musée de La Poste propose actuellement le constatent chaque jour : Bernard Rancillac est un artiste éminemment engagé.

Ceux qui aiment la peinture et la politique n’ont désormais plus que trois semaines pour profiter cet accrochage souvent sans concession.

La rétrospective que le Musée de La Poste consacre depuis février au peintre Bernard Rancillac approche de son terme.

Bernard Rancillac (photo Michel Lunardelli).

Plus que trois semaines en effet pour voir la centaine d’œuvres – tableaux, et aussi installations, collages… – retraçant un demi-siècle de création de cet artiste singulier.

Un parcours pictural qui s’apparente aussi à un parcours politique et historique.

Si Bernard Rancillac est un plasticien important de son époque, un défricheur de formes et de techniques nouvelles (usage de l’épiscope, inspiration de la bande dessinée… ), il est aussi à travers son travail un témoin engagé, un acteur de son temps.

Un des tableaux consacrés à l’activiste allemande Ulrike Meinhof.

Et c’est toute la démarche du courant de la Figuration narrative dont il est au début des années 1960, avec le peintre Haïtien Hervé Télémaque, un des initiateurs.

L’accrochage invite ainsi à la fois à la découverte ou la redécouverte d’un artiste et la mémoire de moments marquants d’une période.

Une série de panneaux dédiée à l’activiste allemande d’extrême gauche Ulrike Meinhof illustre notamment cette dualité. Plusieurs toiles grand format rappelle les années de plomb de la RFA d’alors.

« Belfast », 1977, acrylique sur toile.

Rancillac y montre les quartiers d’isolation des prisons allemandes où sont incarcérés plusieurs membres de la Rote Armee Fraktion (RAF). Des lieux vides, comme désertés de toute humanité.

On retrouve aussi dans de nombreux tableaux d’autres événements politiques. Comme les affrontements qui ont opposé en Irlande du Nord, en particulier dans les années 1960 et 1970, catholiques et forces de l’ordre britanniques.

Et l’Iran des ayatollahs, avec ces femmes voilées, bâchées…

Et Saddam, la Chine…

« Très souvent, chez moi, l’émotion est politique », dit volontiers Bernard Rancillac. Les deux cohabitent très bien. Il est encore temps – mais plus que trois semaines – de le constater…

Rodolphe Pays

 » Rancillac / Rétrospective « , jusqu’au 7 juin, une exposition du Musée de La Poste proposée à l’espace Niemeyer, 2 place du Colonel Fabien, Paris 19e.

Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 18 h 30 et les samedi et dimanche de 13 h à 18 h (fermé les jours fériés). Entrée libre.

Rencontre-signature

Une rencontre/signature avec Bernard Rancillac se tiendra mardi 23 mai à 19 h en présence de Bernard Vasseur, philosophe, directeur de la Maison Triolet/Aragon, Josette Rasle commissaire de l’exposition et Renaud Faroux, historien de l’art.

Réservation au 01 42 79 24 24 ou via l’adresse reservation.dnmp@laposte.fr

 

 

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