Archive pour mai 2016



Mauricette Feuillas, directrice du Musée de La Poste : « La richesse des collections sera davantage mise en avant »

Transformation, avancée des travaux, présence hors les murs, lancement d’un chantier qualité… : Mauricette Feuillas fait le point sur la stratégie et l’actualité du musée. Volet 1 de l’interview.

La transformation du Musée de La Poste se poursuit. Quelle est l’ambition de ce projet, quelles en sont les intentions ?

396L’origine du projet est d’abord liée à la loi Handicap de 2005 sur l’accessibilité des lieux publics aux personnes handicapées. Le musée devait lui aussi s’y conformer.

De ce qui au départ peut être perçu comme une contrainte, nous avons voulu faire une opportunité. En élaborant un projet visant à ouvrir le musée à tous les publics. Aux malentendants, malvoyants, déficients cognitifs… Mais aussi aux personnes âgées, aux familles avec de jeunes enfants. Et bien sûr à tous les autres visiteurs.

Nous avons également souhaité que la richesse des collections soit davantage mise en avant. La configuration précédente n’y contribuait pas suffisamment. Les gens venaient pour les expositions temporaires, la boutique, le point philatélie – autant d’aspects qui seront préservés -, mais pas assez pour l’histoire de la Poste.

Le nouveau musée, plus ouvert, plus interactif, permettra à tous d’en découvrir l’étendue.

La structure initiale du bâtiment, avec ses murs latéraux aveugles et sa façade classée et sans fenêtres, n’a-t-elle pas été un obstacle à cette volonté d’ouverture ?

"On est à environ dix-huit mois de la réouverture. La première phase des travaux est achevée, nous abordons maintenant la reconstruction."

 » On est à environ dix-huit mois de la réouverture. La première phase des travaux est achevée, nous abordons maintenant la reconstruction. « 

Là encore, il s’est agi de transformer les contraintes en opportunités. La lumière et la visibilité que nous ne pouvons pas obtenir de l’extérieur, il faut les recueillir autrement. C’est toute l’idée du totem, de ce large puits vertical traversant l’immeuble du rez-de-chaussée presqu’à son sommet, qui est comme la colonne vertébrale du projet.

Que le visiteur se rende à une exposition, se dirige vers les collections, aille à la boutique ou la bibliothèque, il pourra, dès l’entrée franchie, entrevoir d’un seul coup d’œil tout ce que le musée propose. Et en particulier les collections, dont des pièces de grand volume seront suspendues au cœur du totem.

De la même manière, les personnes qui rejoindront les salles de réunion, l’auditorium ainsi que le café – une nouveauté, avec vue sur la Tour Eiffel -, tous situés au haut de l’immeuble, emprunteront des ascenseurs panoramiques traversant les plateaux de présentation des collections. Ils pourront là aussi se rendre compte de leur abondance et de leur intérêt.

 

Les travaux ont démarré au printemps 2015. Où en sont-ils aujourd’hui ?

On est à environ dix-huit mois de la réouverture. La première phase des travaux, le curage, est désormais achevée. Nous abordons maintenant la reconstruction, dont le gros œuvre a été confié à l’entreprise CBC Vinci. Et tout se déroule conformément au planning prévu.

On était dans un musée conçu un peu comme un coffre-fort mettant à l’abri les collections, ce qui était une option encouragée dans les années 1970, toute la démarche de la transformation entreprise aujourd’hui, c’est de s’en extraire autant qu’il est possible.

Si la vaste galerie d’exposition située au pied du bâtiment sera avant tout modernisée, mieux adaptée à sa vocation, ce sont les espaces voués aux collections qui vont connaître la plus grande mutation : de 15 salles de petite ou moyenne surface se succédant en colimaçon via des escaliers, on va passer à trois larges plateaux de présentation. L’accueil des visiteurs, les lieux d’animations et de réunions et la boutique seront eux-aussi sensiblement transformés.

Propos recueillis par Rodolphe Pays  

 

 

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Réunion plénière, internet, expos, produits philatéliques… : la 64ème assemblée générale de PHILAPOSTEL se tient les 3 et 4 juin

cache_36366928L’assemblée générale de PHILAPOSTEL se tiendra début juin sur l’île d’Oléron. Représentant les 27 entités régionales et départementales de l’association, plus de 150 congressistes y sont attendus.

Egalement au programme de ce rendez-vous annuel, une exposition philatélique de prestige, une présentation de mail art, des animations…

Après les bords de la Méditerranée l’an dernier, c’est cette fois le long du littoral atlantique que les congressistes de l’assemblée générale de la fédération philatélique PHILAPOSTEL vont se retrouver. La réunion annuelle de l’association se tient en effet début juin sur l’Île d’Oléron, en Charente-Maritime.

François Mennessiez préside PHILAPOSTEL depuis six ans.

François Mennessiez préside PHILAPOSTEL depuis six ans.

« Comme tous les trois ans, nous allons notamment procéder à l’élection d’un nouveau bureau, indique François Mennessiez, qui achève son second mandat à la présidence de l’association, et pour la première fois, plusieurs femmes sont candidates et en situation d’être élues. »

Au-delà de la reconduction et du renouvellement des instances dirigeantes, l’avenir de l’association sera l’un des thèmes abordés lors de la rencontre. L’appui qu’internet peut apporter à la notoriété et à l’attraction de la philatélie sera en particulier évoqué.

« Nous allons consacrer une partie de nos échanges à la façon de gérer et de faire vivre un site internet, poursuit François Mennessiez, en nous appuyant sur des exemples et des savoir-faire qui nous paraissent favoriser l’intérêt de tous, pratiquants comme novices. »

Pas d’événement philatélique sans produits philatéliques dédiés. Une vignette Libre Service d’Affranchissement (LISA) a été créée spécialement pour l’occasion. Elle est l’œuvre de Joël Lemaine (qui oleron_collectorsera présent sur place pour des dédicaces), grand prix 2015 de l’art philatélique francophone pour le bloc de timbres de St-Pierre-et-Miquelon Voyage de l’Hermione. oleron_envCollector, cartes postales, timbres-poste personnalisés, cachet spécial seront aussi de la fête…

Et pas d’assemblée générale de PHILAPOSTEL sans exposition. Celle-ci, parrainée par la Fédération Française des Associations Philatéliques (FFAP), sera ouverte gratuitement au public.

Deux autres présentations seront également proposées : une collection « Coups de cœur », réservée à une cinquantaine d’adhérents de PHILAPOSTEL, et un accrochage de mail art – sur le thème du pont et de l’île d’Oléron – organisé avec le soutien du Musée de La Poste.

Beaucoup d’autres animations sont aussi au programme, conférences, présentations de cartes postales… C’est début juin, sur l’île d’Oléron…

Rodolphe Pays

Congrès de la Fédération PHILAPOSTEL, 3 et 4 juin, village-vacances « Les Beaupins », St Denis d’Oléron, île d’Oléron (17).

imagesContacts et informations :

– Secrétariat national de PHILAPOSTEL, 8 rue Brillat-Savarin, 75013 Paris (tél. : 01 49 70 09 36, philapostel.secnat@wanadoo.fr).

– François Mennessiez, Président national, tél. : 06 08 75 09 06

– Pierre Compain, Président régional, p-compain@orange.fr

Site Internet : http://www.philapostel.net/

 

 

A l’aise dans les descentes, Siné termine par une Ascension

Photo Jacques Demarthon/AFP

Photo Jacques Demarthon/AFP

Siné s’est éteint jeudi 5 mai. « L’anartiste » avait exercé sa verve dans tous les domaines. Y compris ceux de La Poste et des postiers…

Il était des quartiers nord de Paris. Né en 1928 un peu plus à l’est, dans le XXème arrondissement de la capitale, il avait passé son enfance du côté de Barbès, de Pigalle. Une mère épicière, un père ferronnier d’art, plutôt anar…

990_001-1Un « titi » parisien comme on n’en fait plus, comme on n’en entend plus, avec l’accent, la gouaille, la vanne jamais en reste, le regard et le sourire carnassiers.

Définitivement rebelle à toutes les autorités. Dans ses dessins comme dans ses propos. Forcément grande gueule, forcément parfois dans l’outrance… Mais si souvent tordant.

Siné a tiré sa révérence hier, le jour de l’Ascension. Comme un dernier clin d’œil de l’anticlérical militant qu’il n’a de toute sa vie jamais cessé d’être.

A 14 ans, Maurice Sinet – futur Siné – intègre l’école Estienne, il y étudie le dessin, le graphisme… Il découvre le dessinateur Staul Steinberg. C’est comme un coup de foudre, c’est aussi ce qu’il veut faire…

Un inédit de Siné... Proposé pour le magazine interne de La Poste il y a une vingtaine d'années...

Un inédit de Siné…
Proposé pour le magazine interne de La Poste il y a une vingtaine d’années…

Après la guerre, cet amoureux du jazz sera aussi le chanteur d’un groupe de cabaret nommé Les garçons de la rue. Mais sa passion de la musique (qu’il manifestera toujours en illustrant beaucoup d’albums de jazz) ne le détournera pas de sa vocation pour le dessin, la caricature.

En 1952, il publie son premier dessin. Dans France-Dimanche. Trois ans plus tard, il remporte le Prix de l’humour noir pour son recueil Complainte sans paroles.

Il travaillera ensuite avec Jean Yanne (autre titi parisien), entrera à L’Express. A la fin des années 1960, il fonde L’Enragé, puis rejoint Charlie Hebdo (dont il sera évincé en 2008). Puis ce sera Siné-Hebdo, Siné-Mensuel, les deux dernières revues qu’il a créées.

Siné a traité de tous les sujets. Avec toujours le même regard, caustique, acéré et rigolard. Y compris les philatélistes, les postiers, les postières…

Rodolphe Pays

 

 

Le Musée de La Poste se rénove, appuie le street art, tient boutique…

IMG_4755Au-delà des expositions et des animations proposées hors les murs, l’actualité du Musée de La Poste c’est aussi sa rénovation, du street art au pied du bâtiment et une offre commerciale maintenue.

Après les opérations de curage réalisées en 2015, la phase de reconstruction du Musée de la Poste est désormais amorcée. Les différentes entreprises chargées de ces travaux ont été choisies en début d’année (le gros œuvre a été confié au Groupement CBC Vinci).

Et les travaux de démolition intérieure et de reconstruction sont désormais lancés (les installations de chantier nécessaires – clôture, bungalows… – se mettent en place). Leur durée prévisionnelle est d’environ huit mois.

A l’issue de ces travaux, ce sont les opérations d’aménagements intérieurs qui seront effectuées. La livraison du bâtiment est programmée pour décembre 2017.

IMG_4659Des street artistes pour accompagner la reconstruction

Fin 2012 et début 2013, avec l’exposition Au-delà du street art, le Musée de La Poste avait accueilli les œuvres d’une douzaine de street artistes. A l’occasion des travaux de transformation du musée, les plasticiens de la rue sont de retour.

Le musée met à leur disposition la palissade du chantier. A tour de rôle, ces créateurs réaliseront une fresque de plusieurs dizaines de mètres carrés. Katre vient de terminer la première de ces œuvres (photo), SP 38 lui succédera en juin, et d’autres après eux…

vecc81lo-3La boutique du musée toujours ouverte

Déplacée de quelques centaines de mètres, la boutique du Musée de La Poste continue de proposer à ses clients des beaux timbres, des objets dérivés des collections et des expositions et de la papeterie.

IMG_4646On peut également y trouver des articles liés à l’Euro 2016 de football (dont La Poste est l’un des partenaires). Des produits philatéliques destinés à valoriser l’événement : timbre officiel, collector de 10 timbres illustrés de vues des 10 villes accueillant les matches, timbres « beaux gestes », à jouer…

Ainsi qu’une sélection d’objets griffés Euro 2016 – mugs, ensemble écolier, ballon tirelire, porte-clefs, magnet maillot, carnets…

Rodolphe Pays

La boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème, ouverte du lundi au vendredi de 10 h à 18 h (tél. : 01 53 71 98 49).

 

 

Quand les timbres français racontent le monde… , un hors-série de « Timbres magazine »

le-dessous-des-timbres-hors-serie-1Sous les timbres, des pages… D’aventures, de voyages, d’Histoire, de curiosités… Des pages qui évoquent aussi l’actualité, les guerres, la géopolitique…

Tous continents confondus, parce que la Poste française y a été ou reste présente. Via ses colonies, ses comptoirs, ses protectorats, ses territoires d’outre-mer…

C’est à ce tour du monde philatélique et culturel qu’invite le nouveau hors-série de Timbres magazine.

IMG_4749L’aventure est aux coins de la lettre, de son timbre… La connaissance aussi. La revue Timbres magazine en apporte une fois encore la preuve.

Son nouveau hors-série propose ainsi de partir à la découverte du dessous des timbres. De tout ce que racontent ou traduisent ces milliers de vignettes que la Poste française a émises partout dans le monde depuis plus d’un siècle et demi.

« Nos postiers œuvraient à Zanzibar, Yokohama, Pondichéry, dans de multiples villes d’Afrique, de Chine, rappelle Gauthier Toulemonde, le rédacteur en chef de Timbres magazine, encore aujourd’hui en outre-mer français nos vignettes sont utilisées dans des lieux improbables, comme aux îles Eparses, étonnants confettis – hautement stratégiques – posés sur l’océan Indien… »

IMG_4746C’est par un hommage rendu aux hommes de l’art que débute le voyage. Deux « facteurs de l’extrême » partis de Paris en ballon le 24 novembre 1870 peu avant minuit, la nacelle chargée de plus de 100 kg de courrier.

S’ils ont d’abord pu échapper aux tirs des prussiens qui faisaient le siège de la capitale, le plus dur était à venir : porté par les vents, dans l’incapacité de maîtriser leur engin, ils ont survolé la mer du Nord, tenté au petit matin d’approcher des navires pour finalement atterrir dans les neiges de Norvège…

IMG_4747Avant de s’éloigner réellement de la France, c’est à une visite insolite à laquelle le lecteur est convié, celle d’une petite république héréditaire de 128 km2 située dans le Haut-Doubs.

Née en 1947, la République libre du Saugeais, constituée de 11 communes, possède une douane, un blason, un drapeau. Et des timbres…

IMG_4748Pas moins étonnant, l’excentrique industriel français Jacques Lebaudy, à peine débarqué au Maroc en 1903 et s’autoproclamant Empereur du Sahara. Si le « monarque » n’a pas fait émettre de timbres, le nom de Lebaudy reste attaché à un timbre classique, le 20 c bleu Empire (selon le catalogue Yvert, le « « T II, dit Lebaudy, avril 1869 »).

Lebaudy sera victime d’un régicide : sa compagne Augustine le tue de plusieurs balles de revolver le 11 janvier 1919. Il faut dire (à sa décharge… ) que « l’empereur » n’avait plus toute sa raison et devenait passablement dangereux…

Le tour du monde est lancé. On passe par la Crète où l’on apprend que les premiers timbres ont été fabriqués à la main. Par l’Egypte, où un timbre utilisé avant 1862 rappelle combien les relations entre les deux pays sont anciennes. L’Ethiopie, où l’on observe que les Pères blancs sont également postiers.

Détour par Zanzibar, pour découvrir qu’il y a 127 ans la France y IMG_4750ouvrait un bureau de poste (l’île était autrefois le point de départ des grandes explorations vers les terres inconnues de l’Est Africain et les sources du Nil).

On traverse ensuite l’océan Atlantique pour rejoindre le rocher du Diamant, au sud-ouest de la Martinique. Plusieurs timbres sont illustrés de cette petite merveille géologique dont on apprend que les Britanniques nous contestent la possession.

IMG_4751De l’autre côté de l’Amérique centrale, on fait aussi un détour par Clipperton, anneau de terre planté en plein Pacifique.

Bien que français depuis 1858, cet îlot a longtemps été revendiqué par le Mexique. D’où les nombreuses batailles menées notamment à coup de fausses surcharges sur les timbres…

Et puis Fort Bayard, une concession – le Kouang-Tchéou-Wan – accordée à la France en 1898 par la Chine. Un territoire côtier un peu plus petit que la Camargue situé tout au sud du pays, à l’est de l’île de Formose.

Plusieurs bureaux de poste y sont implantés. La région ressemble un peu à la Côte d’Azur, la France y ouvre de larges avenues bordées d’arbres, bâtit une superbe résidence pour le gouverneur, une église, un orphelinat, l’enseignement du français y est dispensé au lycée Pasteur…

Un lieu cependant pas si idyllique : trafics, maisons de jeux, fumeries y fleurissent aussi…

IMG_4754La revue emmène à la découverte de bien d’autres « dessous » des timbres. A Trinidad, La Réunion, en Afghanistan, en Crète…

« Le timbre est un petit morceau de la grande Histoire, résume Gauthier Toulemonde, en moins de caractères qu’un tweet, il délivre une étonnante quantité d’informations. »

Une trentaine de chapitres à lire au gré de ses humeurs, de ses envies. Plus de 130 pages entre roman d’aventure, livre d’Histoire, guide touristique… et original album philatélique.

Rodolphe Pays

le-dessous-des-timbres-hors-serie-1Le dessous des timbres, un hors-série de Timbres magazine, 132 pages, 7,80 €, en vente en kiosque (en savoir plus : http://www.timbro.fr/fr/)

 

 

 

 


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