Katre : « J’ai pu créer la profondeur et les perspectives que j’avais envisagées »


Le projet, l’idée, la réalisation, les réactions des passants… : Katre évoque la fresque qu’il vient de créer pour le Musée de La Poste.

katre ce soir

IMG_4659Vous venez de réaliser une fresque sur la palissade qui cerne le chantier de transformation du Musée de La Poste. Comment cette collaboration avec le musée s’est-elle enclenchée ?

Céline Neveux, la commissaire d’exposition du Musée de La Poste qui pilote le projet, connaissait mon travail. Elle savait que je me passionne depuis longtemps déjà pour les friches industrielles, les lieux désaffectés, en attente.

Elle a pensé que cette correspondance entre ce que je fais et l’actuelle transformation du musée pouvait m’intéresser. Elle m’a alors proposé d’ouvrir cette série de fresques réalisées successivement par différents street artistes.

 

katr1Est-ce que vous avez été entièrement libre de créer ce que vous souhaitiez ou est-ce que le musée vous a demandé d’intégrer à cette fresque des aspects postaux ?

La seule indication de la commissaire d’exposition était de faire apparaître quelque part un sorte de clin d’œil à La Poste, rien d’autre. Mon idée étant de partir d’un espace du bâtiment actuellement en travaux et de développer autour des prolongements, des mouvements, la question d’une touche postale ne s’est même pas posée.

 

J'ai collé une photo au centre de la palissade, dont j'ai prolongé les éléments pour réaliser la fresque."

« J’ai collé une photo au centre de la palissade, dont j’ai prolongé les éléments pour réaliser la fresque. »

Avant d’intervenir directement sur la palissade, quelles ont été les étapes préalables ?

Je n’étais pas venu au Musée de La Poste depuis quelques années, depuis l’exposition de 2012 sur le street art. Le bâtiment étant totalement en chantier, évidemment, je n’ai rien reconnu. Il y avait cependant encore les escaliers, j’ai pu aller partout, faire toutes les photos que je désirais.

Et puis j’ai trouvé un espace au premier étage qui m’a particulièrement intéressé. Il y avait tout ce que je recherche, des tôles qui pendent, des systèmes de ventilations ouverts, des portes cassées, des gravats… C’était une salle en longueur, ça collait avec la palissade, avec les perspectives que je voulais projeter.

J’ai pris beaucoup de photos de cette salle, que j’ai retravaillées sur ordinateur, passées en noir et blanc. J’aime utiliser des tons marqués, alors j’ai accentué les contrastes, des poutres, des tuyaux. J’en ai retenu une que j’ai imprimée en grand format, 3 mètres de haut et 6 de large. C’est cette photo, collée au centre de la palissade, dont j’ai prolongé les éléments pour réaliser la fresque.

 

IMG_4694Vous avez ensuite travaillé durant trois jours sur la palissade…

J’ai juste auparavant fait une esquisse, une simulation sur ordinateur pour voir si tout était au bon format. Quand je suis arrivé sur place, j’ai été un peu surpris, le passage entre la palissade et la barrière séparant de la chaussée était très étroit. Cela me laissait un espace pour peindre assez réduit.

Je devais aussi faire attention aux piétons, tout ça était un peu compliqué pour rester concentré. Mais j’ai pu mener à bien le projet, créer la profondeur et les perspectives que j’avais envisagées.

 

La proximité aidant, vous avez eu beaucoup d’échanges avec les passants ?

Un peu tout le temps, oui. Les gens parlaient entre eux en regardant la fresque, s’adressaient à moi, réagissaient plus ou moins favorablement selon leur sensibilité, leurs goûts. La plupart du temps, les réactions étaient positives. Les gens appréciaient l’idée, le principe, trouvaient ça dynamique.

Parfois, il y avait aussi une sorte d’incompréhension. Un monsieur approchant de la retraite estimait ainsi que peindre des friches, ça ne sert à rien, que c’est la beauté qui doit être montrée. Ca m’a un peu fait rire. Le regard sur ce que je fais ne me pose jamais de problème, confronter son travail avec les gens qui passent, c’est très bien, ça fait partie du jeu.

 

Et le fait que cette œuvre disparaîtra dans trois mois, recouverte par une autre ?

Ces œuvres, elles ont souvent vocation à disparaître. Beaucoup de choses que j’ai faites sont parties, recouvertes, détruites, enlevées… Ca ne me dérange pas. Qu’une réalisation se substitue à la précédente, le principe de ce projet initié par le Musée de La Poste, c’est une très bonne idée.

Propos recueillis par Rodolphe Pays

 

logo_Wallworks_Galerie_GrisKatre expose à la galerie Wallworks jusqu’au 28 mai (4 rue Martel, Paris 10ème).

Il sera prochainement à La Réunion à l’occasion de la 2ème édition de « Ville-Musée », un festival d’art urbain.

 

 

 

 

 

 

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