« Mésopotamie, Carrefour des cultures » : la nouvelle exposition des Archives nationales retrace les grandes heures des manuscrits irakiens


Exposition "Mésopotamie, carrefour des cultures" Exposition du 20 mai au 24 août 2015 à l'hôtel de Soubise - site de Paris. Illustration © Elio di Raimondo

Exposition « Mésopotamie, carrefour des cultures »
Exposition du 20 mai au 24 août 2015 à l’hôtel de Soubise – site de Paris. Illustration © Elio di Raimondo

Histoire et écriture… Une association qui est au cœur de l’activité du Musée de La Poste. Et aussi pour une large part de celle de Mésopotamie, carrefour des cultures, la nouvelle exposition proposée aux Archives nationales.

Le Musée de La Poste est d’abord le musée des différents moyens d’acheminement des messages utilisés depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. En cela il est aussi, par extension, celui de l’écrit. Avant qu’il ne ferme ses portes pour travaux, le musée consacrait d’ailleurs la première de ses salles de collections aux débuts de l’écriture. Y était notamment présentée une réplique de tablette mésopotamienne accompagnée d’une « enveloppe » d’argile.

Tablette mésopotamienne appartenant aux collections du Musée de La Poste.

Tablette mésopotamienne appartenant aux collections du Musée de La Poste.

« Le musée possède au sein de ses collections plusieurs originaux de ces tablettes, explique Pascal Roman, conseiller historique, elles sont dites capadociennes parce qu’elles émanent de guildes de marchands d’Anatolie qui faisaient parvenir ainsi des relevés comptables à leur maisons-mères installées en différents lieux de Mésopotamie. » Des tablettes, on est ensuite passé du papyrus au parchemin puis au papier (autant d’évolutions techniques dont le Musée de La Poste s’est fait l’écho en montrant à ses visiteurs des pièces et des documents historiques rédigés sur ces différents types de support). En Mésopotamie et ailleurs.

IMG_3342Une exposition proposée jusqu’en août aux Archives nationales s’appuie notamment sur l’écriture pour évoquer cette région du monde aujourd’hui ravagée par la guerre. Organisée à l’occasion du huitième centenaire de l’Ordre dominicain (né à Toulouse en 1215), elle retrace à travers de très nombreux manuscrits l’histoire des missions et de l’implantation des « frères prêcheurs » dans la plaine de Mésopotamie. Cette contrée, l’Irak aujourd’hui, berceau de l’écriture et des civilisations urbaines de l’Antiquité – les tablettes du musée de La Poste en témoignent elles-aussi -, considérée comme l’un des plus vieux foyers du monde chrétien, n’a cessé d’être visitée par des missionnaires de l’Ordre depuis sa création.

IMG_3345Des frères italiens, dépêchés à Mossoul (l’antique Ninive) par le pape Benoit XIV dès 1750, y ont œuvré des siècles durant. Et des Dominicains français ont perpétué cette présence à partir du Second Empire. Les uns et les autres se sont attachés à développer des structures hospitalières et éducatives, des imprimeries, des ateliers de reliure… Ils ont aussi collaboré aux recherches historiques concernant la Mésopotamie et ainsi collecté une multitude de manuscrits. Menacés par le conflit qui s’étend dans la région, ces précieux documents – on en dénombre plus de 800 – sont désormais à l’abri au Kurdistan.

Et beaucoup ont été sauvés et numérisés grâce au travail acharné de l’équipe du centre de préservation des manuscrits créé sur place il y a une quinzaine d’années. Des textes de grammaire, de poésie, médicaux, littéraires, liturgiques, musicaux, hagiographiques… « Ces jeunes gens ont fait un travail formidable de sauvegarde et d’une certaine manière de copiste contemporain, souligne le frère dominicain Najeeb Michael, et cela souvent au péril de leur vie. »

IMG_3341Aux côtés d’une trentaine de manuscrits comparables (Evangiles datant de 1192, Nouveau Testament de 1223, Coran de 1289 … ) tirés des collections françaises et de la bibliothèque apostolique vaticane, l’exposition Mésopotamie, carrefour des cultures présente sept fac-similés de ces trésors inestimables. L’exposition est aussi plus largement l’occasion de se replonger dans la Mésopotamie du XIXe siècle, via notamment les œuvres picturales du Père Besson, dominicain et artiste qui a réalisé un grand nombre d’aquarelles et de dessins représentant des scènes de la vie quotidienne de l’époque.

Rodolphe Pays

« Mésopotamie, carrefour des cultures », au site de Paris des Archives nationales, Hôtel de Soubise, 60 rue des Francs-Bourgeois, Paris 3ème, jusqu’au 24 août, ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 17 h 30 et les samedi et dimanche de 14 h à 17 h 30 (fermé mardi et jours fériés).  

 

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