Archive pour juillet 2014



Boutique du musée de La Poste : « L’art fait ventre »… et fait vendre aussi

bout2Des objets kitsch et utiles, des ustensiles qui ne le sont pas moins, des livres anciens toujours d’actualité, des ouvrages récents qui n’ont rien à envier à leurs aînés… : l’offre de produits dérivés proposée autour de l’exposition L’art fait ventre ne manque ni de charme, ni d’originalité.  

Mille manières de préparer les œufs, la parfaite cuisine bourgeoise, le précis du viticulteur, le traité usuel du chocolat… Et aussi le cours complet d’apiculteur, l’instruction pour confitures, liqueurs et fruits… Autant de manuels techniques publiés au XIXe siècle – mais pas moins d’actualité – disponibles en fac-similés à la boutique du musée de La Poste dans le cadre de l’exposition L’art fait ventre.

Et bien d’autres livres autour de la nourriture sont également proposés : La cuisine d’Alexandre Dumas, Les carnets de cuisine de Georges Sand, deux ouvrages de recettes de ces écrivains gastronomes et cuisiniers ; le livre de cuisine de Jules Gouffé (1807-1877), qui a marqué des générations de praticiens de l’art culinaire ; des recueils d’artistes exposés au sein de l’accrochage… Au total, plus d’une trentaine d’ouvrages.

bout1Egalement en lien avec l’exposition, toutes sortes d’objets originaux, drôles, colorés… et pratiques. Des bougies en forme de gâteaux, de tartelettes, de macarons, de bananes… Et aussi des « gâteaux de soin » (savons, huiles et crème de bain). Et bien sûr des ustensiles de cuisine : couteaux à fromage aux manches reproduisant de petits morceaux de Brie, de Cantal, de Gruyère… ; fourreau/baguette pour couteau à pain ; série d’assiettes décorées de légumes (tomates, artichauts, brocolis… ) ; poêlon permettant de cuire un œuf moulé en cœur…

La boutique du musée n’oublie pas les enfants, avec des coffrets « cuisinier » contenant différentes marmites et autres ustensiles en bois. Non plus que les futurs parents, avec une valisette pour deux en rotin capitonné idéale pour les pique-nique/goûter. Avec assiettes en porcelaine, verres à pied, salière, poivrière, tire-bouchon… La boutique du musée de La Poste, un bel endroit pour se mettre en appétit…

Rodolphe Pays

(Photos Thierry Debonnaire)

La boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouverte du lundi au vendredi de 10 h à 18 h (fermée les samedi, dimanche et jours fériés). Renseignements : 01 53 71 98 49.

 

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« L’art fait ventre » est proposée jusqu’en septembre au musée du Montparnasse : entretien avec Josette Rasle, la commissaire d’exposition

josette 1« L’art fait ventre », le second accrochage du musée de La Poste accueilli en résidence au musée du Montparnasse, associe l’art et la nourriture. Josette Rasle, la commissaire de l’exposition, en détaille l’intention et les contenus.

 

C’est la première fois que le musée de La Poste explore les univers liés à la nourriture. Comment est née l’idée de cette exposition ?

Traiter de ce sujet, c’est un projet auquel je pensais depuis longtemps. Et puis les thèmes ne manquant pas, d’autres choses ont été réalisées, des accrochages dédiés à l’art moderne, au cubisme, à l’art brut, aux arts contemporains aussi… Ce qui a été déclencheur, c’est le fait que pendant sa période de rénovation le musée de La Poste soit accueilli en résidence au musée du Montparnasse. Ce musée, c’est en effet l’ancien atelier de la peintre Marie Vassilieff. Elle y travaillait, elle y exposait, et c’est là aussi qu’elle organisait ses cantines pendant la Première Guerre mondiale. Des repas qui étaient servis aux artistes souvent démunis du Montparnasse de l’époque. Il m’a alors semblé que ce lieu était propice pour associer l’art et la nourriture, qu’il était tout indiqué pour aborder ces questions.

 

josette 2Avec cette exposition qu’est-ce que vous avez voulu soumettre à la réflexion des visiteurs ?

L’alimentation, manger, ce n’est pas simplement se nourrir, c’est une partie intégrante de nos vies, y compris dans ses excès : on se construit en mangeant, on se tue aussi… La nourriture, c’est une ouverture sur le monde, tout un environnement, des formes de production multiples, des pratiques qui le sont autant, souvent de surconsommation, des rituels aussi. L’exposition invite à réfléchir sur le sens de cette surconsommation, sur l’esthétisation de la nourriture également. Mais avec humour, et sans donner de leçons de morale.

 

L’exposition est aussi accompagnée de performances…

On ne pouvait pas tout montrer au sein de l’exposition, alors introduire du vivant, organiser autour d’elle des banquets, des spectacles avec de la danse et de la musique, des démonstrations culinaires, c’est une manière de ne pas seulement regarder la nourriture, c’est aussi un peu la vivre, l’approcher davantage, mieux l’appréhender. Et même la goûter. Le fait que l’exposition se tienne tout l’été dans le cadre du musée du Montparnasse facilite aussi la tenue de ces performances. L’allée pavée du chemin du Montparnasse est un endroit idéal pour qu’elles s’y déroulent dans les meilleures conditions.

affiche40x60l'artfaitventre_Mise en page 1Les démarches très différentes des douze artistes exposés engendrent des voisinages plutôt contrastés. Qu’est-ce que vous recherchiez à travers un éclectisme aussi marqué ?

Ils ne travaillent pas que sur cette problématique, mais ces créateurs ont en commun de s’intéresser à la thématique de l’alimentaire. Faire appel à des artistes aux cheminements singuliers, avec leurs intentions propres et utilisant toutes sortes de techniques et de matériaux, cela permet de montrer une grande richesse de points de vue, de regards contemporains. Une richesse qui ne fait rien d’autre au fond que correspondre à la diversité de nos propres goûts.

C’est une exposition plutôt militante…

C’est vrai que plusieurs des artistes présentés critiquent la dérive actuelle de la consommation, dévoilent ses dangers, dénoncent les mensonges qui l’entourent. L’exposition permet aussi de porter son regard sur les exclus de la consommation. Sur le rapport que nous entretenons avec les animaux également. On peut en effet la juger dure, assez militante à certains égards. Il y a un côté sombre, sans doute, mais c’est aussi par ailleurs très coloré, avec de la gaieté, des choses souriantes à prendre au second degré. Ce n’est pas seulement la dénonciation qui prévaut, d’ailleurs souvent à dessein caricaturale – on s’amuse par exemple des fantasmes que suscite la consommation -, la plastique y est également omniprésente.

Propos recueillis par Rodolphe Pays

« L’art fait ventre », jusqu’au 20 septembre, une exposition du musée de La Poste en résidence au musée du Montparnasse, 21 av. du Maine, Paris 15ème. Ouvert tous les jours (sauf le dimanche) de 13 h à 18 h, entrée libre.

 

 

 

Nouveau chantier de collection : le musée de La Poste soigne ses banques

mob1Il y a les pièces exposées, celles qui demeurent dans les réserves, celles qui demeurent vraiment depuis longtemps dans les réserves… Comme tous ses confrères, le musée de La Poste se préoccupe de l’état de ses collections. Il vient d’ouvrir un chantier d’entretien et de rénovation de ses mobiliers.mob3

Les chantiers de collection… Des exercices auxquels les services du patrimoine de tous les musées s’attellent régulièrement, sinon en permanence. Les équipes chargées des fonds du musée de La Poste ne font pas exception. Elles avaient récemment travaillé sur les poinçons philatéliques, sur les petits objets aussi. Et elles ont récemment ouvert un nouveau chantier de collection, qui concerne cette fois le mobilier.

Plus de 400 pièces – banques de guichet, bureaux, chaises… -, datant pour nombre d’entre elles mob2du XIXe siècle, vont ainsi subir une cure de rajeunissement. Et certaines en avaient vraiment besoin, recouvertes qu’elles étaient de graisses et de salissures estampillées d’origine. « Ces mobiliers, dont certains sont parfois en mauvais état, sont d’abord dépoussiérés, explique Patrick Moreau, le responsable du fonds Mobilier du musée, ils sont ensuite décrassés à la « popote », lustrés et retrouvent alors leur aspect originel. »

Ces soins apportés, les objets sont photographiés afin d’actualiser les informations des fichiers de collections, puis entreposés par typologie. « Nous avons spécialement aménagé des racks destinés à accueillir ces mobiliers, poursuit Patrick Moreau, et on effectue les rangements avec le plus de rigueur et de logique possible, les banques en bas, les bureaux au milieu, les chaises en hauteur… »mob4

Un travail de longue haleine qui devrait s’achever à l’automne. Et se poursuivre ensuite par un autre chantier de collection, consacré celui-là aux objets de la poste aux Armées. A suivre donc.

Rodolphe Pays

 

 

 

 

 

 

 

Grande Guerre : pour Jean-Yves Le Naour, « le courrier, c’est le lien vital qui relie le mobilisé à son foyer »

lenaourHistorien spécialiste de la Première Guerre mondiale, Jean-Yves Le Naour a rédigé les textes accompagnant les collectors de timbres « Mémoire de Guerres » émis en mai. Il évoque l’importance que revêtait le courrier pour les soldats engagés sur le front entre 1914 et 1918.

« Qu’elle en a charrié de la correspondance, cette guerre de 14-18. En quatre ans de conflit statique, où les combats heureusement sont rares et l’ennui dominant, des milliards de lettres et de cartes postales ont été échangées entre le front et l’arrière, sans compter les 200 000 colis quotidiens envoyés aux poilus pour améliorer l’ordinaire.

Avec la soupe ou le « jus », le courrier rythme la journée dans les tranchées. Parce qu’il est le lien vital qui relie le mobilisé à son foyer – et donc à la vie -, parce qu’il permet de donner un sens aux souffrances subies, ce courrier est attendu avec impatience. Il est aussi important que la soupe, écrit le légionnaire Blaise Cendrars. Plus important encore, considère même Henri Barbusse.

Jean-Yves Le Naour a rédigé les textes de la collection philatélique "Mémoire de guerres" dévoilée en mai.

Jean-Yves Le Naour a rédigé les textes de la collection philatélique « Mémoire de Guerres » dévoilée en mai.

Si la IIIe République a alphabétisé les Français, il en est beaucoup sur le front qui reprennent le crayon pour la première fois depuis l’école, avec une écriture malhabile et une orthographe approximative. Le commandement, lui, regarde la correspondance avec circonspection : il redoute les lettres sentimentales des femmes, censées émousser le courage des hommes, et les récits réalistes de la guerre qui pourraient jeter la panique à l’arrière.

Surtout, l’armée a peur de l’espionnage, et elle cherche aussi à sonder le moral de la troupe en créant un contrôle postal. Celui-ci, au plus fort de son activité, dépouille environ 180 000 lettres par semaine, une goutte d’eau par rapport aux dizaines de millions de lettres qui sont échangées dans la même période.

Mais c’est tout de même assez pour se faire une idée de ce que pensent les poilus. Il n’y avait pourtant pas besoin de lire des milliers de lettres pour se rendre compte que, très largement, les soldats maudissaient la guerre et n’espéraient qu’une seule chose : revenir le plus vite possible dans leurs foyers, embrasser leurs enfants et serrer leurs femmes dans les bras. »

Propos recueillis par Rodolphe Pays

lenaour3lenaour1Jean-Yves Le Naour est l’auteur, avec l’illustrateur Chandre, de l’album « François-Ferdinand. La mort vous attend » (Bamboo, juin 2014) et de « 1915 : l’enlisement » (Perrin, octobre 2013).

 

 

 

 

 

 


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