Archive pour juin 2014



Grigny, Aubervilliers… : le musée de La Poste aux côtés des initiatives citoyennes

bnfgrigny2Participation à une exposition réalisée par des habitants de Grigny sur la citoyenneté, à la Fête de la ville d’Aubervilliers : le musée de La Poste continue d’investir le champ social…

C’est en péniche qu’elle a rejoint les quais situés à proximité de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Et c’est à bord de cette même embarcation que les visiteurs ont pu la découvrir. Conçue – sous l’égide de la BnF – par les habitants du quartier La grande Borne de Grigny (Essonne) en partenariat avec l’association locale Décider, l’exposition « La citoyenneté, un chantier en construction » a ainsi été dévoilée au public le 11 juin. Thématiques abordées : « Comprendre la citoyenneté », « Etre respecté, respecter autrui », « Comment agir en tant que citoyen », « Citoyenneté et intégration ».

Les 12 panneaux de la présentation sont le fruit de rencontres que les participants au projet ont notamment eues avec des avocats, des magistrats et d’ateliers d’échanges et de réflexion qu’ils ont menés enbnfgrigny1 partenariat avec la BnF. Dans le cadre des liens noués avec cette dernière et avec l’association Décider, le musée de La Poste a également été partie prenante de l’opération.

« Des initiatives telle que celle-ci s’inscrivent parfaitement dans la démarche que le musée conduit depuis plusieurs années en faveur de l’accès à la culture pour tous, rappelle Noémie Boudet, en charge du « champ social » au sein du service de la politique des publics du musée, c’est pourquoi nous avons à la fois prêté notre concours à la réalisation de plusieurs panneaux de l’exposition associant les timbres et la citoyenneté et organisé des ateliers autour des thèmes choisis. » L’exposition, inaugurée en présence Bruno Racine, président de la BnF, Philippe Rio, maire de Grigny et Jérôme Coumet, maire du XIIIème arrondissement de Paris sera exposée à partir du 1er octobre à la médiathèque de Grigny.

Autre projet « citoyen » auquel le musée de La Poste s’associe : la Fêfêteaubervite de la ville et des associations d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), dont l’édition 2014 se déroule cet prochain dimanche. Plus de 200 stands tenus par des bénévoles des associations culturelles de la ville et des environs recevront les visiteurs. Au programme, des débats sur la solidarité, la démocratie, des compétitions et des initiations sportives, des concerts, des conférences et démonstrations sur les thèmes des jardins, de la cuisine…

Le musée de La Poste, comme l’an dernier, proposera un atelier d‘écriture et de mail art intitulé « Lettres d’Aubervilliers ». Tous les courriers ainsi rédigés seront « relevés » en fin de journée par le directeur de La Poste de la commune, qui les expédiera au plus vite à leurs destinataires… A nouveau, un beau dimanche en perspective au nord de Paris… Rodolphe Pays

En savoir plus sur l’association « Décider » de Grigny : http://www.mairie.biz/association-association-d-appui-individualise-decider-31148.html

En savoir plus sur la Fête de la ville d’Aubervilliers : http://www.aubervilliers.fr/article1872.html

 

 

 

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Musée de La Poste : des cantines/spectacles dans le cadre de l’expo « L’art fait ventre »

affiche40x60l'artfaitventre_Mise en page 1L’art fait ventre, l’exposition du musée de La Poste ouverte depuis le début du mois est accompagnée de performances gastronomiques et artistiques : trois cantines/spectacles sont ainsi proposées dans les jours et les semaines qui viennent. Une manière de retrouver le Montparnasse des artistes du début du XXème siècle.

Les « cantines » de Montparnasse… En regard de son exposition L’art fait ventre, le musée de La Poste s’attache aujourd’hui à les faire revivre. Initiées dès 1915 par la peintre et sculptrice russe Marie Vassilieff (1884-1957), elles étaient destinées aux artistes venus du monde entier – dont beaucoup n’étaient pas encore connus et vivaient dans la précarité – installés dans le quartier. Pour l’équivalent à l’époque de quelques euros, ils avaient ainsi accès à la « popote » de Marie, servie dans son atelier du Chemin du Montparnasse, là-même où le musée de La Poste présente son exposition.

Considéré par les autorités policières comme un club privé, l’endroit n’était alors pas soumis au couvre-feu en vigueur. Marie Vassilieff donnait aussi régulièrement des fêtes, pour des personnalités en vue du monde de l‘art et parfois également pour des hommes politiques estimés dérangeants. Lénine et Trotski furent ainsi invités, ce qui ne fut pas du goût de la police, qui fit quelques ennuis à Marie Vassilieff…

Dans l’esprit de celles organisées par cette dernière, le musée de La Poste propose en juin et juillet trois cantines/spectacles – drôles et rafraîchissantes – qui rappelleront aux convives les grandes heures du Montparnasse des artistes. Dans le Chemin du Montparnasse, privatisé pour l’occasion, lors de chacune de ces soirées un dîner, simple et néanmoins délicieux, sera donné. Et deux comédiennes – Clémence Azincourt et Léna Soulié – incarneront les « ébraquerepasgéries » de l’époque, femmes artistes, amies d’artistes…

Seront ainsi évoqués, Braque, Picasso, Man Ray, Apollinaire, Modigliani… Modigliani qui n’avait pas été invité en raison de son penchant pour la bouteille au repas que Marie Vassilieff avait organisé le 14 janvier 1917 en l’honneur de Braque, blessé lors de combats sur le front (cf. invitation ci-contre). Modigliani qui s’était tout de même présenté – ivre – à l’atelier, et qui en avait été sorti manu militari par Picasso entre autres… Les cantines que proposent le musée de La Poste ne connaîtront pas ce genre d’incident, elles seront cependant joyeuses, contemporaines… et goûtues. Pour ceux – il reste encore quelques places – qui auront réservé…

Rodolphe Pays  

Cantines/spectacles « Les égéries de Montparnasse reçoivent ! », mardi 17 juin, mardi 24 juin, jeudi 10 juillet, 19 h 45, proposition, décors et mise en scène de Brigitte de Malau. Tarif : 30 €. Réservation : souscription@lesfertiles.fr

« L’art fait ventre », jusqu’au 20 septembre, une exposition du musée de La Poste accueillie en résidence au musée du Montparnasse, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouvert tous les jours (sauf le dimanche) de 13 h à 18 h, entrée libre.

Le catalogue de l’exposition « L’art fait ventre » est disponible – au prix de 20 € – à la boutique du musée (située à immédiate proximité du musée du Montparnasse), 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Tél. : 01 53 71 98 49.  

Philatélie : un timbre rend hommage aux Martyrs de Tulle

timbre tulleEmis le 9 juin, à l’occasion du 70ème anniversaire du drame, un timbre honore la mémoire des Martyrs de Tulle. Pour en concevoir le visuel, les auteurs se sont inspirés d’un dessin qu’ils avaient auparavant réalisé sur le même thème pour les besoins d’un album jeunesse.

L’histoire de la création du timbre émis cette semaine en hommage aux Martyrs de Tulle prend sa source dans un livre édité en 2010. Retour en arrière… « C’était écrit comme ça » est un album destiné aux enfants. L’ouvrage satisfait en effet leur inclination naturelle pour les univers oniriques. Et il fait aussi appel à leurs capacités de compréhension, et déjà de maîtrise de leurs émotions. Un vrai livre pour la jeunesse donc, qui suscite le plaisir du lecteur et considère son intelligence. Pourtant, le pari n’était pas gagné d’avance.

Il faut dire que le sujet aborde un épisode particulièrement douloureux de l’histoire récente de la France, celui des Martyrs de Tulle, en juin 1944. Comment évoquer dans une publication réalisée à l’attention d’un public composé de gamins d’une dizaine d’années des faits abominables, des crimes abjects ? Des questions que se sont d’abord longuement posés Didier Jean et Zad, les auteurs de l’album.

ddierzad« Entre l’idée et sa concrétisation, il nous a fallu du temps, plusieurs années, avant de trouver la manière de traiter ce thème, explique Didier Jean, et puis nous avons entrevu une solution, celle consistant à faire vivre et à raconter le parcours d’un enfant n’ayant pu être conçu à cause de ce terrible drame. » Alternativement, des pages imaginaires, aux couleurs denses, profondes, comme apaisées montrent la vie telle qu’elle aurait pu être, aurait dû être, tandis que d’autres, dans les sépia, la décrivent telle qu’elle s’est déroulée…

« Un jour, j’ai relu l’album, je m’y suis plongé comme si je n’y avais pas contribué, et même si le déroulement des faits demeure en filigrane, se souvient Didier Jean, l’espérance, la fraternité qu’il porte me semble-t-il m’ont paru prédominantes, j’ai alors eu la conviction que nous avions atteint notre objectif dans cette entreprise. »

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Et le timbre que les deux artistes ont créé à la demande du Comité des Martyrs de Tulle et de La Poste n’est pas moins réussi. « Lorsque nous avons été contactés pour travailler sur ce timbre, nous avons repensé à un des dessins de l’album, poursuit Didier Jean, un dessin qui évoquait le sinistre tri auquel les SS se sont livrés. » Didier et Zad ont alors recomposé la scène, modifié les couleurs, changé le format, passant de vertical à horizontal…

Le timbre fait ainsi apparaître trois files de silhouettes attendant leur sort, la pendaison, la déportation… Avec à l’arrière la façade de l’usine, la « Manu » (manufacture d’armes de Tulle), dans l’enceinte de laquelle tous les hommes valides de la ville avaient été rassemblés par les soldats allemands de la 2ème division blindée SS Das Reich (dont un détachement allait le lendemain commettre le massacre d’Oradour-sur-Glane). Un timbre à garder en mémoire…

Rodolphe Pays  

Timbre « Martyrs de Tulle », auteurs Didier Jean et Zad, impression héliogravure, valeur faciale 0,66 €, tirage 1 200 000 million d’exemplaires. Le timbre est disponible à la boutique du musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème (ouverte du lundi au vendredi de 10 h à 18 h). Tél. : 01 53 71 98 49.

Et pour découvrir le livre « C’était écrit comme ça » : http://www.utopique.fr/13-c-etait-ecrit-comme-ca.html

 

 

 

 

Louvre-Lens : des collections permanentes et des expos temporaires auxquelles La Poste apporte désormais son soutien

Lens2Lens1La Poste a rejoint il y a quelques semaines le cercle « Entreprises » du Musée Louvre-Lens. Une manière d’être activement présente aux côtés d’une institution culturelle exceptionnelle implantée dans le nord de la France. En 2013, plus de 900 000 personnes on visité ce lieu symboliquement posé sur d’anciennes galeries de mines de charbon.

A Lens étaient depuis des décennies immédiatement associées ses mines de charbon et son équipe de foot, les « Sang et Or ». Le dernier puits a fermé ses portes en 1990. Restait le RC Lens, avec son public réputé le plus fervent de France, son mythique stade Bollaert. Et reste toujours : le club fait son retour en Ligue 1 pour la saison 2014-2015. Et puis, fin 2012, le Louvre-Lens a ouvert ses portes. Pas n’importe où. Sous ce nouveau temple de l’art et de l’histoire, des kilomètres de galeries d’où était extrait le charbon, dans le vaste parc qui l’entoure, des îlots de verdure qui figurent et indiquent les entrées de la mine…

Au noir de la nuit souterraine, de la houille et des « gueules » a succédé la blancheur… Celle des parois extérieures du bâtiment, qui s’étire en longs cubes clairs, celle de l’immense accueil, transpercé de lumière, celle des salles d’expositions permanentes et temporaires, aux sols et aux murs immaculés… Tout n’est pas que transparence pour autant. Le thème de l’expo temporaire qui a ouvert ses portes fin mai aborde de sombres périodes, celles de la guerre, des guerres.

Deux siècles de conflits à travers le monde y sont montrés. Des campagnes napoléoniennes à la guerre de Crimée (1853-1856), la Commune, aux conflits mondiaux, aux affrontements contemporains. Tableaux, sculptures, photos, textes, installations témoignent de l’horreur. Nous la rappellent. Nous l’apprennent. Au total pas moins de 500 œuvres qui disent comment les artistes voient la guerre, la révèle, la dénonce.

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Et puis le Louvre-Lens, ce sont aussi les collections permanentes (ou presque, elles sont exposées pour 5 ans avant d’être renouvelées), plus de 200 œuvres rassemblées dans la Galerie du Temps. Tous les départements du Louvre ont prêté des pièces exceptionnelles (antiquités égyptiennes, grecques, étrusques et romaines, art de l’Islam… ). A voir et revoir…

Rodolphe Pays

« Les désastres de la guerre », musée du Louvre-Lens, 99 rue Paul Bert, Lens (Pas-de-Calais). Ouvert du mercredi au lundi de 10 h à 18 h. Jusqu’au 6 octobre. http://www.louvrelens.fr

 

 

 

 

« 6 juin 44  » : l’expo de 15 élèves du lycée Buffon soutenue par le musée de La Poste

buffonbuffon2C’est le fruit de plusieurs mois de travail : quinze élèves du lycée Buffon à Paris ont présenté jeudi 5 juin une exposition sur le thème du « 6 juin 1944 ». Une réalisation remarquable – menée avec l’appui du musée de La Poste – qui a vocation à être proposée dans les établissements d’Ile-de-France.

Dans le cadre du Club histoire de leur établissement, des élèves du lycée Buffon, dans le 15ème arrondissement de Paris, ont travaillé durant toute l’année scolaire sur le thème du 6 juin 1944. En partenariat avec le musée de La Poste, une quinzaine de garçons et de filles encadrée par Claude Basuyau (à la tribune sur la photo du bas) et Laurent Piel, leurs professeurs d’histoire, a ainsi pendant des mois mené des recherches, compulsé des documents, recueilli des témoignages… Et ils ont fait des résultats de leurs travaux et de leur réflexion une exposition. Avec l’appui des historiens et le soutien technique et logistique du musée de La Poste, les élèves ont ainsi réalisé 14 panneaux, présentés en avant-première dans leur lycée jeudi 5 juin.

Une « cérémonie » à laquelle ont participé près de 200 personnes, représentants du rectorat, direction de l’établissement, enseignants, élèves, anciens élèves et parents d’élèves. « On est fiers de cette exposition, on y a travaillé avec intérêt, fait des recherches, on s’est aussi rendus sur place sur les plages de Normandie, raconte Raphaëlle, qui a notamment planché sur les panneaux faisant apparaître les cartes géographiques du débarquement, et tout ça a bien été mis en valeur par le graphiste du musée, on est vraiment contents du résultat. » Lise-Marie, autre élève à s’être investie dans le projet, porte même pour la circonstance une veste militaire sur laquelle elle a accroché des écussons symbolisant le débarquement.

« Nos professeurs nous ont donné des conseils, nous ont indiqué des pistes d’ouvrages à consulter, explique-t-elle, on a aussi fait nos propres démarches, et au final, on est satisfaits de ce que cela a donné. » Esteban, Diego et Paul ont eux enquêté sur l’opération Fortitude, qui consistait à tromper les allemands à travers la réalisation et l’utilisation de leurres. « On a lu des bouquins, on a acheté des revues qui parlaient de ces pièces d’artillerie factices, de ces chars ne pesant quelques kilogrammes, de ces faux signaux radio, racontent-ils, l’imagination dont ont fait preuve les auteurs de ces procédés est extraordinaire. »

Michel Pantèbre, le proviseur du lycée Buffon et ses deux professeurs d’histoire se félicitent aussi du travail de leurs élèves et de la qualité du projet. « Je me réjouis de cette réalisation soutenue par le musée de La Poste, et je voudrais à cet égard notamment remercier Vonick Morel, Patrick Marchand et Philippe Rodier pour leur aide précieuse, apprécie le proviseur, et j’espère que beaucoup d’établissements pourront dans les mois qui viennent en profiter. » Pour leur part, Claude Basuyau, fondateur du Club histoire en 1999, et Laurent Piel disent le plaisir qu’ils ont eu à travailler avec les élèves sur le projet.

« On les a aidés bien sûr, on a essayé de faire en sorte qu’ils travaillent aussi en dehors d’internet, avec tous les types de documents et  de sources, indiquent-ils, et puis ce qui est aussi très intéressant, c’est d’œuvrer un peu en dehors du cadre strictement scolaire, en équipe, dans une relation différente que celle qui prévaut lors des cours, ça aussi, c’était vraiment appréciable. »

Rodolphe Pays

 

« L’art fait ventre », la nouvelle expo du Musée de La Poste, a mis en appétit ses 300 premiers visiteurs

 

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« L’art fait ventre », la nouvelle exposition du musée de La Poste a ouvert ses portes lundi. Près de 300 personnes étaient présentes à la soirée inaugurale.

Les livrets-recettes multicolores symétriquement apposés sur un pan de mur surplombent des plateaux repas – marqués de légendes délicieusement drôles – accueillant des préparations culinaires contemporaines peu fréquentables. Ces suggestions de Martine Camillieri suscitent les unes et les autres les commentaires, les sourires entendus, les approbations. Provoquent aussi des échanges de bons procédés gastronomiques. Plus loin, les clichés argentiques infrarouges de Roseline Delacour témoignent d’autres malbouffes, celles des « sans terre », des « sans domicile ». Visages escamotés, gobelets en mains, bouteilles à même le sol, reliefs de repas glanés dans des sacs de déchets… Mais ils disent aussi – sans les montrer – des moments plus conviviaux, dans la préparation ou le partage d’une nourriture, d’une boisson.

Laurent Duthion a réalisé pour l'exposition "L'art fait ventre" trois installations sur le thème de l'odorat.

Laurent Duthion a réalisé pour l’exposition « L’art fait ventre » trois installations sur le thème de l’odorat.

A l’étage, beaucoup de monde également autour d’autres photos, d’installations, d’écrans. Ils étaient ainsi près de 300 visiteurs lundi soir lors de la soirée inaugurale organisée pour l’ouverture de la nouvelle exposition du musée de La Poste. Après celui consacré en début d’année aux nuages, l’accrochage – toujours accueilli en résidence au musée du Montparnasse – est cette fois dédié à la nourriture et à la consommation. Aux plaisirs qu’elles procurent comme aux dérives qu’elles entraînent.

« Au départ, on est un peu décontenancé, il faut du temps pour entrer dans les univers qui sont proposés, raconte un habitué des expositions du musée, mais petit à petit on s’imprègne du regard des différents artistes, on comprend mieux leur démarche. » L’espace étant un peu compté, les œuvres en sont comme densifiées, leur force d’évocation démultipliée. Au bout de l’exposition, la « Nature morte vivante de légumes avec chrysalide » de Stéphane Soulié fait l’unanimité. A travers un large écran, posés sur une nappe apparaissent, se développent, s’affaissent ou se flétrissent puis se raniment – comme autant de vanités – radis, tomates, choux-fleurs, carottes, pommes de terres, artichauts…

Tout près, un guéridon aux volailles, un étal de boucher portant un amoncellement de viande crue, œuvres carnassières de Gilles Barbier. Et puis, il y a ces petits poissons qui intriguent tout le monde. Une demi-douzaine, tournoyant dans un aquarium cubique. « Ce sont des morphes, des poissons communs en apparence, explique Laurent Duthion, le plasticien créateur de l’installation, se retrouvant enfermés dans une grotte au Mexique il y a cinquante mille ans, ils ont perdu l’usage de leurs yeux et ont alors développé un sens olfactif exceptionnel. »

En regard de l’aquarium, plusieurs masques aveugles conçus par l’artiste déclinent différentes manières d’utiliser l’odorat. Et un écran diffuse les images d’un plongeur respirant par le nez affairé à une dégustation subaquatique. « Dans cette expérience, le goût n’est que peu stimulé, poursuit Laurent Duthion, en revanche l’odeur des aliments est fortement éprouvée. » L’exposition réserve bien d’autres surprises aux visiteurs. Des pyramides alimentaires, un squelette de pâtes, une soupière ventriloque, des gamelles de prisonniers…

La « soupière ventriloque » de Brigitte de Malau

Et dans l’allée qui mène au musée, des danseuses, une chanteuse et un pianiste proposent une performance chorégraphique… « Cette expo ne peut laisser indifférent tant le thème abordé est une préoccupation majeure d’aujourd’hui et bien sûr de demain, résume Pascale, régulièrement présente depuis plusieurs années aux vernissages du musée de La Poste, et quand l’art s’en mêle – certains artistes brillent généreusement, même si ce n’est pas toujours gourmand – l’esthétique fait du bien… »

Rodolphe Pays

« L’art fait ventre », jusqu’au 20 septembre, une exposition du musée de La Poste accueillie en résidence au musée du Montparnasse, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouvert tous les jours (sauf le dimanche) de 13 h à 18 h, entrée libre.

Le catalogue de l’exposition « L’art fait ventre » est disponible – au prix de 20 € – à la boutique du musée (située à immédiate proximité du musée du Montparnasse), 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Tél. : 01 53 71 98 49.

 

 

 

 

Nicolas Vial a dessiné le timbre commémorant le 70ème anniversaire du Débarquement

 

Photo Christina Filetto

Photo Christina Filettto

Déjà créateur d’une dizaine de timbres, Nicolas Vial a dessiné celui émis les 5 et 6 juin à l’occasion du 70ème anniversaire du débarquement de Normandie.

Impression

Entre Nicolas Vial et La Poste, c’est une histoire qui dure. Ponctuée parfois d’éloignements sans doute, mais surtout marquée de belles présences. Comme celle qu’occasionne l’émission les 5 et 6 juin prochains d’un timbre hommage au débarquement (on se souvient aussi de son exposition au musée de La Poste d’illustrations réalisées pour le journal Le Monde). C’est en effet au peintre et dessinateur qu’a été confiée la tâche d’en réaliser le visuel.

Ainsi que des reporters l’ont fait à l’époque, Nicolas Vial a choisi de se placer aux côtés des soldats alliés et français prenant pied sur les côtes normandes. Il décrit la scène comme s’il était lui-même monté sur une des barges du débarquement. Plusieurs de celles-ci apparaissent ainsi dans une mer que l’on pressent tumultueuse, des soldats à leur bord, en descendant ou déjà courant sur la plage au loin. « J’ai voulu créer une ambiance un peu à la Turner, une ambiance maritime surtout, raconte Nicolas Vial, ces hommes sont partis de nuit, arrivent au petit matin dans la grisaille, vers une lumière que l’on distingue déjà à l’horizon. »

On retrouve les couleurs chères à l’artiste, l’ocre, qui figure tout à la fois la mer et le rivage, qui se reflète aussi sur les embarcations, les bleus profonds. Et les silhouettes sombres qu’il affectionne. « Je suis très heureux d’avoir été sollicité pour faire ce timbre, j’ai toujours aimé ce travail, confie-t-il, et je suis prêt à en concevoir d’autres, sur des thèmes qui suscitent l’émotion comme sur des sujets plus légers. » Entre Nicolas Vial et La Poste, l’histoire pourrait bien durer longtemps encore… (RP)

Timbre « 6 juin 1944 – 70ème anniversaire du Débarquement », auteur Nicolas Vial, metteur en page Aurélie Barras, impression héliogravure, tirage 1 200 000 exemplaires. Disponible à compter du 10 juin à la boutique du Musée de La Poste, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouverte tous les jours de 10 h à 18 h (sauf les samedi, dimanche et jours fériés). Tél. : 01 53 71 98 49.          


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