« L’art fait ventre », la nouvelle expo du Musée de La Poste, a mis en appétit ses 300 premiers visiteurs


 

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« L’art fait ventre », la nouvelle exposition du musée de La Poste a ouvert ses portes lundi. Près de 300 personnes étaient présentes à la soirée inaugurale.

Les livrets-recettes multicolores symétriquement apposés sur un pan de mur surplombent des plateaux repas – marqués de légendes délicieusement drôles – accueillant des préparations culinaires contemporaines peu fréquentables. Ces suggestions de Martine Camillieri suscitent les unes et les autres les commentaires, les sourires entendus, les approbations. Provoquent aussi des échanges de bons procédés gastronomiques. Plus loin, les clichés argentiques infrarouges de Roseline Delacour témoignent d’autres malbouffes, celles des « sans terre », des « sans domicile ». Visages escamotés, gobelets en mains, bouteilles à même le sol, reliefs de repas glanés dans des sacs de déchets… Mais ils disent aussi – sans les montrer – des moments plus conviviaux, dans la préparation ou le partage d’une nourriture, d’une boisson.

Laurent Duthion a réalisé pour l'exposition "L'art fait ventre" trois installations sur le thème de l'odorat.

Laurent Duthion a réalisé pour l’exposition « L’art fait ventre » trois installations sur le thème de l’odorat.

A l’étage, beaucoup de monde également autour d’autres photos, d’installations, d’écrans. Ils étaient ainsi près de 300 visiteurs lundi soir lors de la soirée inaugurale organisée pour l’ouverture de la nouvelle exposition du musée de La Poste. Après celui consacré en début d’année aux nuages, l’accrochage – toujours accueilli en résidence au musée du Montparnasse – est cette fois dédié à la nourriture et à la consommation. Aux plaisirs qu’elles procurent comme aux dérives qu’elles entraînent.

« Au départ, on est un peu décontenancé, il faut du temps pour entrer dans les univers qui sont proposés, raconte un habitué des expositions du musée, mais petit à petit on s’imprègne du regard des différents artistes, on comprend mieux leur démarche. » L’espace étant un peu compté, les œuvres en sont comme densifiées, leur force d’évocation démultipliée. Au bout de l’exposition, la « Nature morte vivante de légumes avec chrysalide » de Stéphane Soulié fait l’unanimité. A travers un large écran, posés sur une nappe apparaissent, se développent, s’affaissent ou se flétrissent puis se raniment – comme autant de vanités – radis, tomates, choux-fleurs, carottes, pommes de terres, artichauts…

Tout près, un guéridon aux volailles, un étal de boucher portant un amoncellement de viande crue, œuvres carnassières de Gilles Barbier. Et puis, il y a ces petits poissons qui intriguent tout le monde. Une demi-douzaine, tournoyant dans un aquarium cubique. « Ce sont des morphes, des poissons communs en apparence, explique Laurent Duthion, le plasticien créateur de l’installation, se retrouvant enfermés dans une grotte au Mexique il y a cinquante mille ans, ils ont perdu l’usage de leurs yeux et ont alors développé un sens olfactif exceptionnel. »

En regard de l’aquarium, plusieurs masques aveugles conçus par l’artiste déclinent différentes manières d’utiliser l’odorat. Et un écran diffuse les images d’un plongeur respirant par le nez affairé à une dégustation subaquatique. « Dans cette expérience, le goût n’est que peu stimulé, poursuit Laurent Duthion, en revanche l’odeur des aliments est fortement éprouvée. » L’exposition réserve bien d’autres surprises aux visiteurs. Des pyramides alimentaires, un squelette de pâtes, une soupière ventriloque, des gamelles de prisonniers…

La « soupière ventriloque » de Brigitte de Malau

Et dans l’allée qui mène au musée, des danseuses, une chanteuse et un pianiste proposent une performance chorégraphique… « Cette expo ne peut laisser indifférent tant le thème abordé est une préoccupation majeure d’aujourd’hui et bien sûr de demain, résume Pascale, régulièrement présente depuis plusieurs années aux vernissages du musée de La Poste, et quand l’art s’en mêle – certains artistes brillent généreusement, même si ce n’est pas toujours gourmand – l’esthétique fait du bien… »

Rodolphe Pays

« L’art fait ventre », jusqu’au 20 septembre, une exposition du musée de La Poste accueillie en résidence au musée du Montparnasse, 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Ouvert tous les jours (sauf le dimanche) de 13 h à 18 h, entrée libre.

Le catalogue de l’exposition « L’art fait ventre » est disponible – au prix de 20 € – à la boutique du musée (située à immédiate proximité du musée du Montparnasse), 21 avenue du Maine, Paris 15ème. Tél. : 01 53 71 98 49.

 

 

 

 

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