Le premier musée Diderot vient d’être inauguré à Langres


did2Langres : son tout nouveau musée consacré à Denis Diderot, son Secrétaire d’Etat aux postes, son ballon monté… Balade en Haute-Marne.

Son plateau rappelle quelques souvenirs de cours de géographie, la source de la Seine d’abord, et pour les collégiens les plus studieux, celles aussi de la Marne et de l’Aube. Les bons élèves gastronomes n’ignorent rien non plus de la qualité de son fromage. Et sa rivalité climatique avec la doubienne Mouthe fait toujours débat : laquelle des deux a droit au titre de ville la plus froide de France ? Mais malgré cette notoriété éparse, Langres demeure discrète, comme un peu à l’écart. D’ailleurs cette sous-préfecture du département de la Haute-Marne, bien qu’intégrée à la région Champagne-Ardenne, est située aux confins de celles de Lorraine, Franche-Comté et Bourgogne. Loin des yeux…

did4Langres la sage, juchée à 500 mètres d’altitude sur un éperon calcaire, cernée de magnifiques remparts, n’est en rien anodine. En premier lieu, parce que Denis Diderot y a vu le jour il y a trois siècles, le 5 octobre 1713. Et la ville fête toute cette année l’événement. Point d’orgue des festivités liées à cet anniversaire, l’inauguration il y a quelques semaines de la Maison des Lumières Denis Diderot, un remarquable musée consacré au philosophe (le seul en France qui lui soit dédié), au XVIIIème siècle et aux Lumières. Installées sur trois niveaux dans un hôtel du 16ème siècle – doté de tous les dispositifs environnementaux -, ses huit salles retracent la vie du philosophe et de ses précurseurs et détaillent le mouvement et l’influence des Lumières en France, en Europe et ailleurs dans le monde.

L’encyclopédie, l’œuvre majeure de Diderot, occupe à elle seule deux de ces salles. Dans la première, les 35 volumes de l’édition originale – 20 millions de mots, 72 000 articles – sont présentés. « Il ne s’agissait pas seulement de montrer les couvertures et les tranches de ces ouvrages historiques, explique Olivier Caumont, le conservateur du musée, l’idée, c’est aussi que les visiteurs puissent apprécier leur contenu, c’est pourquoi nous en exposons en permanence qui sont ouverts. » Aux murs, des frises précisent les grandes dates de la réalisation de l’encyclopédie, une somme de travail colossale qui s’est étalée sur plus de trente années, de 1745 à 1776.  L’autre salle consacrée à l’encyclopédie évoque tous ceux qui y ont contribué. Voltaire, pour ce qui concerne l’esprit, Rousseau pour la musique, l’économie politique, D’Alembert, pour les mathématiques…

did3Les relations de Diderot avec sa ville de naissance et de jeunesse, son arrivée à Paris, son lien avec les arts (ses écrits, « drames bourgeois », essais sur la peinture, les couleurs… ), le monde au temps des Lumières sont aussi évoqués au fil d’un parcours très riche en documents, œuvres, lettres, objets et documents (plus de 250 au total). « Avec ce musée, notre ambition est bien sûr de présenter Diderot, ses contemporains, le mouvement des Lumières auquel le philosophe a grandement participé, indique Didier Loiseau, le maire de Langres, et l’objectif est aussi d’amener le visiteur à construire sa propre perception du XVIIIème siècle. »

Langres, c’est donc Diderot. Et c’est aussi Léon Mougeot. Natif de Montigny-le-Roi, un village tout proche, Léon Mougeot a en effet été maire de Langres de 1888 à 1898. Mais aussi Secrétaire d’Etat aux postes et télégraphes de 1898 à 1902. Sous son autorité, la Poste va connaître plusieurs évolutions importantes. C’est lui notamment qui fait rénover le réseau des boîtes aux lettres, en introduisant un modèle « vert-bronze » en fonte signalant l’avancement des tournées quotidiennes (boîtes communément désignées depuis sous l’appellation « Mougeottes »). Une petite révolution. C’est aussi lui qui encouragera – par des indemnités – l’achat et l’entretien de vélos  pour les facteurs. Une autre petite révolution… qui dure toujours.

Mais les liens de Langres avec la Poste ne s’arrêtent pas là. C’est à Montigny-le-Roi, la patrie de Mougeot, qu’atterrira l’un des 67 ballons postaux expédiés de Paris vers la province lors du siège de la capitale par les Prussiens l’hiver 1870/1871. C’était le 23 novembre. A bord, un aérostier, Ferdinand Gilles, 460 kg de courrier… et 6 pigeons voyageurs. Pour autant, pas un de ces courriers parvenus par les airs ne pouvait cependant alors être affranchi d’un timbre à l’effigie de Diderot. Et pour cause, la première vignette dédiée au philosophe ne sera émise qu’en 1958. D’autres suivront, en France comme à l’étranger. L’une d’elles est illustrée d’un portrait de Diderot peint par Louis-Michel Van Loo. Une œuvre exposée à la Maison des Lumières Denis Diderot. (RP)

L’Adresse Musée de La Poste, 34 boulevard de Vaugirard, Paris 15ème. Tél. : 01 42 79 24 24.

Plus d’infos sur le musée Diderot de Langres : http://www.langres.fr/la-maison-des-lumieres-denis-diderot-174

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