Archive pour août 2010

1er septembre : ask a curator au musée !

Le 1er septembre 2010 – et uniquement ce jour-là -, l’opération Ask a curator (demandez au conservateur) est à l’ordre du jour, avec la participation de près de 300 musées. L’Adresse Musée de La Poste participe – avec d’autres musées français – à cette journée spéciale qui permet aux visiteurs et à tout public de poser ses questions aux personnels des musées – plus particulièrement aux conservateurs. Cette opération se passe sur Twitter, réseau par lequel on pourra poser ses questions…

Quelles questions ? selon vos envies et vos centres d’intérêt : le patrimoine, nos expositions, nos collections, le musée et son personnel, ou encore la programmation à venir… soyez sans limite !

Comment poser ses questions ? Directement à l’Adresse Musée de La Poste sur Twitter avec le tag #askacurator ou en utilisant @museedelaposte. Une condition : votre question doit faire moins de 140 signes… et si notre réponse en fait plus, elle sera dans les commentaires de ce billet

Qui répondra ? L’Adresse Musée de La Poste mobilise son personnel, principalement issu du service du Patrimoine et du département Histoire & Prospective. Un petit trombinoscope et leurs goûts vous permettront de mieux les connaître :


Marthe
, chargée de conservation des collections philatéliques (elle aime le chant des oiseaux, elle n’aime pas l’injustice).
Laure, bibliothécaire, chargé du fonds ancien – monographies et périodiques (elle aime les voyages, le soleil et la Provence, elle n’aime pas la pluie et les moustiques).
Pascal, conservateur des collections historiques et postales (il aime la nature, la sérénité et le calme, il n’aime pas l’agressivité et la violence).
Didier, chargé de conservation du fonds objets – objets de métiers, art populaire, machines… -, textiles et iconographie – cartes postales et affiches – (il aime la tarte aux pommes et le chant choral, il n’aime pas la foule).

Patrick
, chargé de conservation du fonds peintures et estampes, cartes et plans, mobilier postal.
Pascal, conseiller historique du musée (il aime les météorites et les vieux livres, il n’aime pas trop les ordinateurs).
Laurent, historien chargé de la stratégie et de la veille patrimoniale, community manager (il aime le whisky japonais et le rugby, il n’aime pas les parapluies et la ligne B du RER).

Ils attendent vos questions le 1er septembre !

Vous avez dit “gyroplane du Couzinet Arc-en-Ciel” ?

L’Adresse Musée de La Poste vient de faire l’acquisition d’un objet rare, jouet d’un autre temps. Il s’agit d’un gyroplane de d’une réplique libre de l’avion Couzinet Arc-en-Ciel. Un gyroplane est un jouet actionné par un système gyroscopique qui permet à l’avion de “voler”, suspendu en fait et en mouvement au d’un bout d’un bras métallique qui donne l’illusion de voler. L’avion monoplan trimoteur Couzinet 70 Arc-en-Ciel (“Arc” pour Avions René Couzinet, l’ingénieur inventeur de l’appareil) a volé dès 1932. Son profil très particulier est facilement reconnaissable. Il fut utilisé en 1933 pour la traversée de l’Atlantique sud par Jean Mermoz pour le compte d’Air France, sur le trajet postal Paris-Buenos Aires, soit 25.000 km dont 7.000 km de parcours maritime, à une vitesse moyenne de 220 km/h ! Malgré le succès, René Couzinet ne fut pas sollicité par l’État, les avions Latécoère étant préféré par Air France. Le Couzinet 70, racheté par son constructeur en 1937, fut détruit dans son hangar en 1940 par un bombardement.

Dans sa boîte d’origine, ce jouet en aluminium peint a été fabriqué par Mécavion, intitulé “Mécavion gyroplane. Imitation parfaite d’un avion en vol. Jouet scientifique. Breveté S.G.D.G. Marques et Modèles déposés. N°1“. Il fut une des nouveautés du catalogue des jouets de la Samaritaine de l’année 1935.

Vous avez reçu un bélinogramme !

L’Adresse Musée de La Poste a acquis récemment un télégramme autographe étonnant, plus connu sous le nom… de bélinogramme. C’est en 1907 qu’Edouard Belin a donné son nom à son invention, le bélinographe, un appareil de transmission capable d’envoyer des photographies à distance via le réseau téléphonique et télégraphique. L’ancêtre du fax en somme. Aujourd’hui, les télécopieurs et les imprimantes multifonctions modernes s’appuient sur le même principe. Les télégrammes autographes permettent aux destinataires de recevoir la reproduction fidèle et intégrale des caractères ou des dessins tracés à la plume sur la formule d’envoi disponible dans les bureaux de poste. Les documents envoyés, bélinogrammes donc, prennent des formes diverses : photographies bien sûr, mais aussi croquis, dessins industriels, textes sténographiés ou manuscrits… .

Celui acquis par le musée est une lettre envoyée de Nice par monsieur Gancel en 1940 à Monsieur Pariset, notaire à Lyon.

Télégramme autographe, bélinogramme, 1940 © L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Créations d’artistes… une exposition au musée

D’une enveloppe décorée au projet finalisé d’un timbre-poste, l’exposition Créations d’artistes qui débutera le 15 septembre 2010 dans la salle 12 de l’Adresse Musée de La Poste, mettra en lumière quelques œuvres témoins de la création artistique postale du XXe siècle.

Marc Pessin, Nicole Bayle, Raymond Moretti, Arman… – leur point commun : avoir profondément marqué l’histoire de l’art et la création postale contemporaine.

Certains de ces artistes s’inspirent du système postal qui devient un élément de composition de l’œuvre, détournée de sa fonction première, et s’inscrivent, comme Nicole Bayle avec ses 130 « Timbrés de conserve », dans le courant artistique appelé Art Postal. D’autres, comme Arman, acceptent de réaliser des œuvres pour La Poste et les voient reproduites sur des milliers de timbres-poste. Arrivent enfin ceux qui créent, à partir d’une correspondance, une œuvre d’art affranchie (Mail Art). Le réseau postal devient alors un canal par lequel chemine, se révèle un vrai message artistique. Une exposition originale et décalée, à ne pas manquer.

Créations d’artistes, salle 12, 15 septembre 2010 – 29 janvier 2011

Arman, maquette du timbre-poste, Arman, 1996. © L’Adresse Musée de La Poste, Paris / La Poste © ADAGP, Paris 2010.

Jiří Kolář et Louis Aragon

Avant d’être mondialement connu comme créateur de collages, Jiří Kolář (1914-2002) fut poète et dramaturge, l’un des plus importants et des plus personnels de sa génération.

Fils d’un boulanger et d’une couturière, menuisier de formation, il exerce toutes sortes de métiers et expose en 1937 des collages « poétistes » avant de publier son premier recueil de poésie en 1941 qui annonce déjà l’esthétique du Groupe 42 qu’il fonde l’année suivante avec le théoricien de l’art Jindřich Chalupecký et d’autres poètes et artistes. Dans cette conception qui identifie le « sens et l’intention de l’art » au « drame quotidien, terrifiant et glorieux de l’homme et de la réalité », il publie plusieurs textes, dont Jours de l’année, journal poétique de 1947 ; le second volet en prose, Années des jours, sera saisi par la censure.

En 1953, il est condamné à un an de prison. Entre 1959 et 1961, il travaille à ses Poèmes du silence qui consomment la rupture avec la poésie verbale (la « camisole de force des mots ») en faveur d’une poésie « concrète » et « évidente » qui prendra dès lors la forme du collage à base de textes et d’images imprimés. Il est l’un des acteurs de la libéralisation du régime dans les années soixante, brutalement interrompue par l’invasion soviétique d’août 1968.

Signataire avec Vaclav Havel de la Charte 77, interdit de publication et d’exposition par le régime de la normalisation, il émigre à Paris en 1980 où il fonde la Revue K consacrée aux artistes d’origine tchèque vivant en exil. En 1984, il adopte la nationalité française. La suite de son œuvre écrite sera un commentaire de l’œuvre plastique, avec l’interview Réponses (1984) et surtout le Dictionnaire des Méthodes (1986) dans lequel il prône une ” poésie visuelle ” qui influencera de nombreux artistes, dont son ami Michel Butor qu’il ouvre à la ” conscience des possibilités plastiques de l’écriture.

Il retourne définitivement à Prague en 1999 où il meurt en 2002.

Les différentes techniques de collage recensées dont certaines sont issues de sa propre recherche créative :

  • le chiasmage : des petits bouts de papier imprimés uniformément sont mis bord-à-bord dans le désordre ;
  • le stratifié : on colle de nombreuses couches de papier et on en arrache ou ponce certaines ;
  • l’intercollage : un motif est découpé en creux et révèle un autre motif placé derrière la feuille ;
  • le muchlage : du verbe tchèque muchlat, « froisser », cela consiste à froisser la feuille que l’on colle ensuite en aplat ;
  • le prollage : variation de l’intercollage  dans laquelle le motif découpé en creux dessine en soi une figure ;
  • le rollage : juxtaposition de deux images découpées en bandes régulières et intercalées.

En 1969, alors que la normalisation est en cours, Louis Aragon lui rend un hommage remarqué dans les Lettres françaises, dans un texte qui servira de préface à un ouvrage de Georges Fall sur l’artiste tchèque (publié en 1973). Aragon écrit : ” Par exemple, ce collage qui emprunte à Delacroix, le tableau des barricades, 1830, une peinture de circonstance s’il en fut, et sous le surgissement de la liberté armée, dans le charnier des morts de juillet, introduit Bosch, un détail de Bosch, l’espèce de zoologie tragique de Jérôme Bosch, à l’envers de la grande illusion révolutionnaire, comme le ver dans le fruit, ce qui se prépare et on n’en a pas idée dans la rue où l’on meurt, une autre réalité, celle qui va détruire l’enthousiasme, l’héroïsme, le rêve humain, par une sorte de bureaucratie de l’enfer. ” Et aussi : ” Ce qui est “nouveau” chez Kolář, même si cela tient à divers précédents [...] c’est la critique globale des moyens de l’expression et de la représentation des idées. “

Hommage à Mademoiselle Rivière 1981 – Collage sur bois © Galerie Lelong, DR.

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